Films d'animation/Dessins animés

Dimanche 14 juillet 7 14 /07 /Juil 16:39

Un grand merci à Sony Pictures de m’avoir donné l’opportunité de chroniquer le blu ray de « Hotel Transylvanie » de Gendy Tartakovsky.

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/37/26/20366411.jpg« Personne ne pourra lui faire de mal ici »

Bienvenue à l’Hôtel Transylvanie, le somptueux hôtel de Dracula, où les monstres et leurs familles peuvent enfin vivre leur vie, se détendre et faire « monstrueusement » la fête comme ils en ont envie sans être embêtés par les humains. Pour l’anniversaire de sa fille, la jeune Mavis, qui fête ses 118 printemps, Dracula invite les plus célèbres monstres du monde – Frankenstein et sa femme, la Momie, l’Homme Invisible, une famille de loups-garous, et bien d’autres encore…  Tout se passe très bien, jusqu’à ce qu’un humain débarque par hasard à l’hôtel et se lie d’amitié avec Mavis…

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« Trop mortelle ton imitation de Dracula ! »

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/37/26/20416447.jpgOn connaissait l’ « Hôtel California » chanté par les Eagles (« such a lovely place! »). Et voici donc l’Hôtel Transylvanie, son équivalant pour les monstres. Sous la direction de son heureux concepteur et propriétaire, le célèbre Conte Dracula, l’hôtel s’apprête à vivre deux jours de festivités en l’honneur des 118 ans de sa fille unique et préférée. L’occasion de réunir les monstres les plus célèbres du monde entier. Pour son premier film en tant que réalisateur, le spécialiste de l’animation Genndy Tartakovsky revisite de façon humoristique le mythe de Dracula. Rappelant parfois l’esprit débonnaire de la chanson « Champagne » de Higelin, son film prend le parti pris de placer les monstres en position de gentils craintifs fuyants la folie et la violence des méchants humains. Sans être totalement révolutionnaire (« Shrek », « Monstres et Cie »), l’idée est ici suffisamment bien exploitée donnant lieu à quelques belles trouvailles (Taxi corbillard, poubelle cercueil) et quelques moments de bravoure comique (la scène de la piscine, celle de la course de tables volantes). Et même si au final le film ne parvient pas toujours à sortir des thématiques inhérentes à ce genre de films (difficulté du passage à l’âge adulte, lutte contre les préjugés et besoin de tolérance), ses dialogues savoureux et son esprit diablement fun en font un divertissement tout à fait agréable et recommandable. Seul petit bémol : les (quelques) parties chantées, d'un goût aussi douteux que les noms américains des personnages.

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/37/26/20416435.jpg http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/56/97/20176689.jpg

Edité par Sony Pictures, « Hôtel Transylvanie » est disponible dans les bacs depuis le 14 juin 2013.

Le Blu Ray : Disponible en VO, VF, arabe et néerlandais, le film propose également des sous-titres dans ces quatre mêmes langues. Côté bonus, cette très riche édition propose un court métrage très sympa (« Goodnight M. Foot ») signé Tartakovsky. On y retrouve également les traditionnels scènes coupées, commentaires audio et making of. A noter également la présence de trois modules documentaires consacrés aux voix des personnages, à la conception de l’hôtel ainsi qu’à l’animation du film. Enfin, le clip musical « Problem » complète cette belle édition.

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Lundi 24 décembre 1 24 /12 /Déc 17:34

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/31/95/20200597.jpg« Il est heureux dans la pluie et le vent. Il vit intensément ! »

Le grand-père nous accueille dans sa grotte bleue, pour de nouvelles confidences. Il restait encore de beaux souvenirs de l’enfance de Kirikou à évoquer : les moments où il a aidé les hommes et les femmes de son village et d’ailleurs… Il nous raconte alors comment Kirikou, grâce à sa bravoure et son intelligence, est venu au secours de la femme forte, dont le toit de la case avait été détruit par Karaba. Il nous apprend par quelle astuce le petit héros a retrouvé le vieux grincheux, qui s’était égaré dans la savane, puis comment une griotte menacée par la sorcière a finalement pu transmettre son savoir aux habitants du village. On découvre aussi le secret d’un mystérieux monstre bleu, et enfin, grâce à une flûte liée à la famille de notre héros petit et vaillant, le pouvoir magique de la musique.

« Aucun enfant ne doit venir avec nous. Vous êtes notre trésor et notre richesse à tous »

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/31/95/20189552.jpgKirikou, le gamin petit par la taille mais grand par son courage et sa générosité, était à l’origine un conte populaire africain. Jusqu’à ce Michel Ocelot en signe l’adaptation sur grand écran avec « Kirikou et la sorcière » en 1999. Un film qui vaudra à son auteur, de par l’intelligence de son scénario et sa beauté formelle, une large reconnaissance critique et publique. De quoi permettre à Kirikou de voir ses aventures prolongées lors d’un deuxième long-métrage, en l’occurrence « Kirikou et les bêtes sauvages » en 2005. Après quoi, Michel Ocelot partit pour d’autres pérégrinations, toujours dans l’univers du conte, mais loin de l’Afrique. Mais l’extrême naïveté de « Azur et Asmar » et le ratage complet des « Contes de la nuit » ne permirent pas au réalisateur de confirmer. Moralité, Michel Ocelot revient à ses premières amoures. Près de treize ans après ses premières aventures cinématographiques, Kirikou nous revient dans un troisième (et dernier ?) volet (et pour la première fois en 3D) : « Kirikou et les hommes et les femmes ».

« On n’a pas besoin de contes, c’est pour les enfants ! »

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/31/95/20189567.jpgTout d’abord, soyons honnêtes, cela faisait vraiment plaisir de retrouver notre petit héros après sept années d’absence. Et s’il n’a (toujours) pas grandi, force est de constater qu’il est toujours aussi brave et intrépide. Comme son prédécesseur, ce troisième volet des aventures de Kirikou se divise en cinq histoires distinctes, toujours racontées par le grand-père de Kirikou. Toutefois, même constat que pour son prédécesseur, ce troisième opus souffre d’un manque criant d’homogénéité entre ses segments. Ainsi, si les trois premières historiettes (La voisine sans toit, la fugue du « vieux » et l’enfant touareg) sont plutôt sympas, le film perd en légèreté, en rythme et en intérêt lors des deux derniers segments (la griotte et la flûte), plus volontiers « matures » et philosophiques. Inégal, le film peine donc à retenir notre attention sur la fin. Dommage, car la beauté formelle de l’ensemble est toujours là et le film se termine en plus sur une note d’espoir (en l’occurrence une trêve avec la sorcière Karaba). Ou comment conclure la saga en beauté. En attendant un quatrième épisode ?

 http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/31/95/20189555.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/31/95/20189568.jpg

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Dimanche 19 août 7 19 /08 /Août 23:09

Un grand merci à CTV et à Cinetrafic, qui dans le cadre de l’opération « Un dvd contre une critique », m’a permis de voir le film « Tatsumi » d’Eric Khoo.

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/97/10/19868086.jpg« J’ai vu l’enfer enfermé dans mon propre cœur. Et pendant vingt ans, j’ai vécu comme si je parcourais inlassablement l’enfer. »

Tatsumi célèbre l’œuvre et la vie du mangaka japonais Yoshihiro Tatsumi. Dans le Japon occupé de l’immédiat après-guerre, la passion du jeune Tatsumi pour la bande dessinée deviendra finalement le moyen d’aider sa famille dans le besoin. Publié dès l’adolescence, sa rencontre avec son idole Osamu Tezuka, le célèbre mangaka comparé à Disney, lui offrira une source d’inspiration supplémentaire. Malgré un succès constant, Tatsumi va remettre en question le manga qui n’offre aux enfants que des scénarios et des dessins au contenu mièvre et sot. En 1957, il va inventer le terme gekiga (littéralement "images dramatiques"), développant ainsi une nouvelle forme de manga destinée à un public adulte. Fortement influencé par les thématiques du cinéma néo-réaliste, Tatsumi nous offre une vision du Japon de l’après-guerre.

« Plus les hommes sont nombreux plus les liens entre eux s’amenuisent et plus leur solitude est profonde »

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/97/10/19725928.jpgFer de lance du cinéma singapourien, le réalisateur Eric Khoo (« Be with me », « My magic ») nous revient aux commandes de son premier film d’animation, consacré à la vie et à l’œuvre du célèbre mangaka japonais Yoshihiro Tatsumi. Une forme d’hommage à celui qui est communément considéré comme l’inventeur du « Gekiga » - mangas traitant de thèmes plus sombres et réalistes, spécifiquement destinés aux lecteurs adultes. Oscillant entre biopic et documentaire, le film mêle habilement récit de la vie du dessinateur (inspiré de son autobiographie, « Une vie dans les marges ») et plusieurs de ses histoires courtes (« L’enfer », « Monkey mon amour », « Juste un homme », « Occupé » et « Good bye »). Le résultat, très original et très intéressant, offre une double perspective : tout d’abord une réflexion sur le processus de création et la condition de l’artiste mais également une évocation mélancolique de la société japonaise durant les trente glorieuses, période durant laquelle la société japonaise connut de nombreuses mutations. On regrettera toutefois que la narration – qui mêle biographie et fictions – ne soit pas toujours extrêmement fluide. De même que certaines histoires se perdent un peu dans une métaphore un peu lourde (l’histoire du singe et du mutilé notamment). Reste que sa beauté visuelle et son aspect techniquement novateur font de « Tatsumi » une œuvre riche et intéressante.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/97/10/19725934.jpg http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/97/10/19725935.jpg

Le Blu Ray : Proposé en VOST, le film est accompagné d’un riche making-of (40 min) consacré à la conception technique du film et à la carrière de Yoshihiro Tatsumi.

Distribué par CTV, « Tatsumi » est disponible dans les bacs depuis le 15 juin 2012.

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Dimanche 29 janvier 7 29 /01 /Jan 19:38

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/19846340.jpg« C’est forcément à toi qu’il répond puisque tu es la seule jeune fille à hisser des drapeaux »


Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer... Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier… Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et d’espoir.


« M’occuper de tous ces gens m’empêche de me sentir triste et seule »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/19835312.jpgDans la famille Miyazaki, on connaissait déjà Hayao, le père. Réputé pour ses talents de dessinateur et d’animateur dès les années 60, celui-ci se fait connaître du grand public à la fin des années 70 en tant que réalisateur d’anime (« Le château de Cagliostro » notamment), avant de créer quelques années plus tard les Studios Ghibli. Ceux-ci feront souffler un vent de renouveau sur le monde de l’animation japonaise en développant spécifiquement des longs métrages pour le cinéma. Une vraie révolution dans un pays où l’anime était traditionnellement conçue au format série télé. Imposant son style et son excellence, Miyazaki – et à travers lui les studios Ghibli – enchaîna les succèsMon voisin Totoro », « Le voyage de Chihiro », « Princesse Mononoké »), au point de se voir ouvrir les portes des marchés européens et nord-américains, peu habitué jusqu’ici à ces productions. Travaillant dans l’ombre de son père depuis une dizaine d’années, Goro Miyazaki était passé une première fois à la réalisation en 2006 avec « Les contes de Terremer ». Il nous revient cinq ans plus tard avec sa deuxième réalisation, « La colline aux coquelicots », adapté du célèbre manga shojo (manga pour filles) de Chizuru Takahashi paru en 1980. Pour la petite histoire, c’est Hayao Miyazaki qui en signe le scénario.

 

« Il n’y a rien à faire si ce n’est réprimer ce que l’on éprouve l’un pour l’autre. Faisons comme avant : restons de bons amis »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/20000037.jpgMalgré quelques tentatives (au demeurant réussies) d’Isao Takahata, les studios Ghibli ont toujours privilégié les contes fantastiques et oniriques sur lesquels ils ont bâti leur réputation (la plupart étant signés Hayao Miyazaki, tels « Mon voisin Totoro », « Princesse Mononoké », « Le chateau ambulant ») plutôt que les récits ancrés dans une certaine réalité sociale et historiqueLe tombeau des lucioles », « Souvenirs goutte à goutte », « Mes voisins les Yamada »). De fait, si les débuts de Goro Miyazaki étaient placés résolument dans les pas de son père (« Les contes de Terremer »), son deuxième film semble marquer son émancipation de l’univers paternel. En effet, avec « La colline aux coquelicots », Goro délaisse les créatures imaginaires et merveilleuses de son père pour nous proposer une chronique lycéenne ancrée dans les contestations estudiantines qui marquèrent le Japon des années 60. Sur fond de quête identitaire et de nostalgie, « La colline des coquelicots » nous convie à un joli récit initiatique, dans lequel deux adolescents feront l’expérience du premier amour en même temps que du premier combat « politique ». Si l’histoire semble être un peu plus mature qu’à l’accoutumée, Goro Miyazaki n’en oublie pas pour autant d’y insuffler tout ce qui fait la magie des films Ghibli : des paysages d’une beauté renversante, des couleurs magnifiques, une animation ultra léchée, ainsi que des musiques accrocheuses. De quoi rendre son film émouvant jusque dans la ritualisation des gestes quotidiens (la préparation du repas, le hissage d’un drapeau). Une belle surprise donc, que cette « Colline aux coquelicots », véritable petit moment de grâce et de charme qui habite le spectateur encore longtemps après l’avoir vu. L’élève semble s’affirmer et égaler le maitre !

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/20000034.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/20000040.jpg

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Dimanche 31 juillet 7 31 /07 /Juil 23:50

« Loup ? Sorcier ? Qui es-tu ? »


Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma qui semble abandonné, mais qui est plein de merveilles.

Les trois amis inventent, se documentent, dessinent, se déguisent. Et ils jouent toutes les histoires dont ils ont envie dans une nuit magique où tout est possible...

Ils créent ainsi six contes, qui les mèneront au moyen-âge, en Afrique, aux Antilles, en pays Aztèque ou encore au Tibet.

Au programme donc: Le loup-garou, Ti'Jean et la belle sans-connaitre, L'élu de la ville d'or, Le garçon tam tam, Le garçon qui ne mentait jamais, La fille-biche et le fils de l'architecte.


« Une jolie fille c'est plus intéressant qu'une ville d'or »


Ovni dans l'univers de la production pour enfants, orfèvre dans le monde de l'animation, Michel Ocelot trace soigneusement son chemin en marge des géants du genre, faisant entendre sa petite voix singulière. Révélé il y a près de quinze ans par son « Kirikou et la sorcière », il a su imposer son style tout en ombres chinoises, hors des modes, en une poignée de films (« Princes et princesses », « Kirikou et les bêtes sauvages », « Azur et Azmar »). Cinq ans après son dernier long, il nous propose ses « Contes de la nuit », compilation de contes courts initialement prévus pour la télévision. En attendant de s'attaquer au troisième volet des aventures de Kirikou.


« C'est moi qui décide puisque nous inventons l'histoire »


« Les contes de la nuit ». Avec un titre pareil, on attendait de ce film de la féerie, de l'évasion et du rêve. Malheureusement, « Kirikou » mis à part, c'est toujours un peu pareil avec Michel Ocelot : on est toujours bluffé par la beauté formelle et visuelle de ses films, mais profondément déçu par leur contenu assez pauvre. Et ces « Contes de la nuit » n'échappent hélas pas à la règle. Pourtant, ces six contes nous promettaient de nous faire voyager aux quatre coins du monde à des époques différentes. Mais hélas, le voyage s'avère bien fade tant ceux-ci se révèlent particulièrement naïfs et simplistes. Entrecoupés de séances redondantes et pénibles dans le théâtre où ils sont conçus, ces contes manquent d'intérêt et se perdent en caricatures ridicules (l'accent de Ti'Jean, le garçon Tam-tam). Et comme si ce n'était pas assez, Ocelot finit de nous achever (et son film avec) de par sa propension à nous assener des morales à deux balles. On apprendra ainsi que mentir c'est mal. Faire la guerre et tuer aussi. Et que l'argent ne fait pas le bonheur et n'est rien comparé à l'amour. Les (très) jeunes spectateurs seront peut-être sensibles à ces messages ô combien engagés. Les autres seront obligés de passer leur chemin. La vacuité du film est d'autant plus regrettable que, visuellement, on reste sous le charme de l'esthétisme du théâtre d'ombres de Michel Ocelot ainsi que de la beauté de ses couleurs flamboyantes. A ce titre, son travail rappelle celui du Douanier Rousseau, à qui il emprunte également sa naïveté. Quoi qu'il en soit, ces qualités ne sauvent pas le film de l'ennui profond qu'il suscite.

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/95/90/19650173.jpg    http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/95/90/19650167.jpg

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Mercredi 20 avril 3 20 /04 /Avr 22:38

Rio

« Tu préfères la compagnie des humains à celle de ton espèce ? C’est incroyable… »

Blu, un perroquet bleu d’une espèce très rare, quitte sa petite ville sous la neige et le confort de sa cage pour s’aventurer au cœur des merveilles exotiques de Rio de Janeiro.

Sachant qu’il n’a jamais appris à voler, l’aventure grandiose qui l’attend au Brésil va lui faire perdre quelques plumes !

Heureusement, ses nouveaux amis hauts en couleurs sont prêts à tout pour réveiller le héros qui est en lui, et lui faire découvrir tout le sens de l’expression « prendre son envol ».

« Qu’est-ce que je voudrais être dans ma petite cage à moi avec ma petite balançoire, mon petit miroir. Et ma petite cloche ! »

Depuis près de quinze ans que l’animation numérique a pris le pas sur les dessins animés classiques, la situation pourrait se résumer en une opposition entre les deux géants du secteur que sont Pixar et DreamWorks. Une lutte accrue entre le parcimonieux et orfèvre Pixar et le prolifique DreamWorks qui ne laisse (presque) pas de place à la concurrence. Difficile donc pour les studios plus petits de parvenir à exister entre ces deux géants. Un exploit que réussissait toutefois Blue Sky, studio d’animation de la Fox, grâce à sa saga phare « L’âge de glace », ainsi que grâce à quelques productions ayant trouvé leur public (« Horton », « Robots »). Sixième long métrage des studios Blue Sky en dix ans, « Rio » a été réalisé par le poids lourd de la maison, Carlos Saldanha, réalisateur des trois épisodes de « L’âge de glace ».

« Voler, c’est être libre et ne dépendre  de personne. Tu n’as pas envie de ça ? »

Pendant longtemps, la qualité et le savoir-faire de Pixar les plaçaient un bon cran au-dessus des autres. Mais compte tenu de la qualité des récentes productions concurrentes (tels « Dragons » pour DreamWorks ou encore « Tempête de boulettes géantes » pour Sony), force est de constater que les écarts se resserrent. Une tendance que confirme ce « Rio », dernier né des studios Blue Sky, dont la qualité visuelle et scénaristique n’a pas grand-chose à envier à la concurrence. Fable aux accents gentiment écolos (sans pour autant en faire des tonnes), sur la liberté et l’apprentissage de la vie, le film s’avère être une comédie familiale assez réjouissante. En effet, avec ses personnages hyper attachants, son dynamisme, ses couleurs pétantes et son histoire trépidante et pleine d’humour, « Rio » assure le show en se jouant des clichés sur le Brésil et sans le moindre temps morts. Mieux, avec sa galerie d’animaux parlants hauts en couleur, le film rappelle par instants certains vieux films de Disney (« Oliver et compagnie », « Les Aristochats ») dont il a par instant la grâce. Côté doublage, le truculent Lorent Deutsch et la belle Laetitia Casta font merveilles. On regrettera la partie musicale, dans l’ensemble assez ratée, ainsi que l’exploitation en 3D qui dans l’ensemble (et comme pour la plupart des films utilisant cette technique) n’apporte pas grand-chose. Mais cela n’altère en rien le spectacle frais et fun que nous offre « Rio », qui a l’image de ses magnifiques plans aériens de la ville, est assez planant.

 



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Mardi 19 avril 2 19 /04 /Avr 21:11

« Un ourson prend soin de son petit bidon et sait comment le contenter ! »


Un nouveau jour se lève dans la Forêt des rêves bleus. Comme à l'habitude, Winnie l'ourson se réveille avec une faim de loup et s'aperçoit qu'il n'a plus de miel. Il part en chercher, mais cela va s'avérer plus compliqué que prévu. Il commence par être interrompu en cours de route par un concours pour trouver une nouvelle queue à Bourriquet.

Poursuivant son chemin, Winnie trouve ensuite un mot de Jean-Christophe où il est écrit : "Je suis sorti. Des choses à faire. Je reviens bientôt". Mais Maître Hibou interprète mal le message et raconte à tous que le jeune garçon a été enlevé par une créature mystérieuse. Winnie et ses amis se lancent alors dans une folle équipée pour le sortir des griffes d'un ravisseur imaginaire. Pour le petit ours qui ne rêvait que d'un peu de miel, cette journée va se révéler pleine de surprises.  


« Jean-Christophe doit avoir du miel : il aime le partager. Surtout avec moi ! »


Avec son graphisme particulier et la relative candeur de ses histoires, Winnie l'ourson est un personnage à part dans l'univers Disney, souvent considéré comme l'ami des plus petits. Ses aventures avaient déjà donné lieu à un premier film de cinéma en 1977, « Les aventures de Winnie l'ourson », labellisé « Grand classique d'animation » par Disney. S'en sont suivis ces dernières années plusieurs films mineurs, souvent consacrés à des personnages secondaires de l'univers de Winnie, comme « Les aventures de Tigrou » (2000), « Les aventures de Porcinet » (2002) ou encore « Winnie et l'éfélant » (2004). La reprise en main des studios Disney par John Lasseter, ex-éminence grise de Pixar, ayant fait souffler un vent de modernité sur les productions des studios à grandes oreilles, on ne s'attendait pas trop à revoir de sitôt l'ourson gourmand mangeur de miel revenir au premier plan. Et pourtant, c'est bien lui qui nous revient avec la lourde tâche de succéder aux très réussis et très modernes « La princesse et la grenouille » et « Raiponce », qui ont permis à Disney de renouer brillamment avec le succès. Aux commandes de ce « Winnie l'ourson », on retrouve deux vieux briscards de la firme Disney : Stephen J. Anderson (réalisateur de « Bienvenue chez les Robinson » et scénariste de « Kuzco ») et Don Hall (scénariste de « La princesse et la grenouille » et de « Kuzco »).   


« Seul un Tigrou peut attraper un tel monstre… Et je suis le seul Tigrou ! »


Tout le défi de ce projet était de réussir à moderniser un peu - ou du moins de rafraîchir - l'univers du sympathique Winnie l'ourson tout en conservant sa substantifique moelle. Et l'exercice était périlleux tant le côté désuet de Winnie, de ses aventures et de son graphisme fait partie intégrante de son univers intemporel. Avec finalement peu de marges de manoeuvre, les réalisateurs font donc le choix d'une modernisation a minima : quelques chansons un peu plus « punchy » qu'à l'habitude (avec un générique chanté en VO par Zooey Deschanel) et des génériques en « images réelles » (avec un générique de fin qui reconstitue de manière amusante les scènes clés du film avec de vrais jouets). Pour le reste, ils refont du neuf avec du vieux, en reprenant dans les grandes lignes l'esthétique et les codes du premier film de 1977, notamment tout ce qui concerne les apparitions du livre de contes et les sauts de paragraphes, visuellement intégrés au dessin animé. Côté scénario, ce « Winnie l'ourson » fait là aussi dans le très classique (une chasse au miel qui se transforme en peur contagieuse d'un monstre imaginaire), avec ce mélange de mièvrerie et d'humour qui ravira à coup sûr les plus petits tandis que les grands le trouveront un poil soporiphique. L'ensemble reste mignon tout de même (notamment le court dessin animé en ouverture), le film étant rendu supportable par sa courte durée (60 minutes à peine).


  

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Lundi 1 mars 1 01 /03 /Mars 23:02

« Tu veux te fluter avec moi, espèce de fils de flute ? »

Madame et monsieur Renard mènent une vie de famille idyllique avec leur fils, Ash et leur jeune neveu Kristofferson, qui est en visite. Mais, après douze ans de vie familiale paisible, l'existence bucolique est trop pesante pour les instincts animaux de monsieur Renard. Très rapidement, il revient à son ancienne vie de voleur de poulets et, ce faisant, met en péril non seulement sa famille bien-aimée, mais aussi la communauté animale tout entière. Coincée sous la terre, sans assez de nourriture pour tout le monde, les animaux commencent à se rassembler pour lutter contre Boggis, Bunce et Bean, trois fermiers déterminés à saisir l'audace de monsieur Renard à tout prix.

« Ton père était le meilleur : c’est pas une bonne idée de vouloir te comparer à lui »

Conteur hors pair, le talent de Roald Dahl, figure de la littérature enfantine contemporaine, n’aura pas échappé à Hollywood. Nombre de ses romans ayant fait l’objet d’adaptations réussies et le bonheur de nombreux réalisateurs, de Tim Burton (« Charlie et la chocolaterie ») à Henry Selick (« James et la pêche géante ») en passant par Danny DeVito (« Matilda »). Sans oublier les « Gremlins », adapté d’un scénario original de l’auteur gallois. Au tour cette fois de Wes Anderson, cinéaste américain le plus arty de sa génération, d’adapter sur grand écran un roman de Dahl. En l’occurrence, il s’agit de « Fantastique Maitre Renard », publié en 1970. Un film qui marque les débuts du metteur en scène dans le genre du film d’animation, celui-ci étant réalisé entièrement en motion capture (comme avant lui « Les noces funèbres » de Tim Burton ou le récent « Coraline » de Henry Selick). A noter que « Fantastic Mr. Fox » a reçu deux nominations pour les Oscars 2010, dans les catégories meilleur film d’animation et meilleure musique de film.

« Pourquoi je t’ai menti ? Parce que je suis un animal sauvage ! »

De film en film, de pérégrination en pérégrination, Wes Anderson fait montre de ce talent rare de savoir créer des univers à part, aussi colorés que décalés. Qu’il s’agisse d’une immersion au sein d’une famille de génies neurasthéniques (« La famille Tenenbaum »), d’une plongée dans les profondeurs des océans (« La vie aquatique ») ou d’un voyage au fin fond de l’Inde (« A bord du Darjeeling Limited »), le réalisateur américain semble construire une filmographie d’une rare cohérence, faite de parcours initiatiques et d’interrogations sur les notions de paternité et de transmission. A l’évidence, le génie créatif d’Anderson se devait de rencontrer tôt ou tard l’univers baroque et fantasque de Dahl. Et plus encore ce « Fantastic Mr. Fox », fable dans laquelle il est question de difficiles relations père/fils et d’affirmation de sa nature propre et de ses différences. Des thèmes universels, qui trouvent ici une résonnance particulière et actuelle avec ce final aux accents mélancoliques et écolos (s’adapter ou disparaitre sans garantie de pouvoir à l’avenir assurer la subsistance des siens), qui n’est pas sans rappeler certaines productions japonaises récentes (« Pompoko » notamment). Mais plus que tout, la réussite du film tient dans le soin apporté à la réalisation. L’univers artificiel et artisanal de la motion capture semble être un terrain de jeu idéal pour la créativité d’un orfèvre du détail de la trempe de Wes Anderson, qui se laisse même aller à citer quelques références (« West side story »). Décors, costumes, mouvements des personnages et des pelages, il se dégage une poésie à la fois élégamment désuète et en même temps très moderne de ce très enthousiasmant « Fantastic Mr. Fox ». Seul petit bémol, les voix un peu trop monocordes de la VF, en particulier celle d’Isabelle Huppert. Après le beau succès de « La princesse et la grenouille », il semblerait donc que 2010 soit placée sous le signe de la renaissance de l’animation traditionnelle.

  



Par platinoch - Publié dans : Films d'animation/Dessins animés
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