Partager l'article ! Crazy, Stupid, Love.: « Depuis quand a-t-on cessé d’être un couple ? » A tout juste quarante ...
« Depuis quand a-t-on cessé d’être un couple ? »
Il y a deux ans, les scénaristes John Requa et Glen Ficara (scénaristes notamment de
l’excellent « Bad santa ») passaient à la réalisation avec « I love you Philip Morris », une comédie ubuesque franchement dingue inspiré d’une
histoire réelle. Une première remarquée, qui sortait des sentiers battus du cinéma US en flirtant avec le politiquement incorrect. De quoi effrayer les producteurs US,
conservateurs et frileux, au point que le film ne devait voir le jour qu’à la faveur de l’engagement de Luc Besson. On attendait donc leur second long avec impatience. Les revoilà donc
aux commandes de « Stupid Crazy love » dont ils n’assurent que la réalisation, le scénario était l’œuvre de Dan Fogelman, ancien scénariste de chez
Disney qui a notamment signé les scénarios de « Cars », « Volt » ou encore « Raiponce ».
Genre phare de la production cinématographique US, la comédie romantique peine à se renouveler
et à nous surprendre. On comptait donc sur le punch et le côté irrévérencieux de nos deux compères pour mettre un coup de pied dans l’ordre établi et apporter un peu de fraicheur à ce genre qui
tourne si souvent en rond. Une mission a priori à leur portée d’autant qu’ils pouvaient compter sur un casting quatre étoiles regroupant notamment Steve Carell,
Julianne Moore ou encore les très prometteurs Ryan Gosling et Emma Stone. Pour tout dire, le film partait plutôt bien. En abordant des
thèmes délicats (la crise du couple, celle de la quarantaine), d’un point de vue original (ici c’est la femme qui est touchée par la crise), le début était même assez
plaisant. On était ainsi plutôt conquis par le mutisme désabusé de Steve Carell et sa reprise en main façon « Pretty woman » par le jeune playboy
arrogant interprété par un Ryan Gosling surprenant d’autodérision. Un amusant quiproquo avec l’excellente Marisa Tomei plus tard, le film basculait alors dans sa seconde
partie, se faisant alors plus grave : le don juan patenté tombe amoureux et se range des voitures tandis que le héros manque l’occasion de retrouver sa femme. Trainant un
peu la patte, le film amorce alors un virage à 180 degrés, virant même au ridicule le temps d’une improbable (et hallucinante) scène de retrouvailles générales. Complètement en roue libre, le
film sombre dans les bons sentiments démonstratifs, le mélo bas de gamme le tout saupoudré de la bonne vieille morale puritaine américaine (le sexe étant forcément lié à certaine idée de
culpabilité, le tombeur tombant amoureux de la seule fille qui ne couche pas ; le personnage principal nous rappelant que le mariage c’est pour la vie), au point de devenir
embarrassant. Les réalisateurs auraient voulu saborder leur film ou se tirer une balle dans le pied qu’ils n’auraient pu faire mieux. Vraie déception donc pour ce film qui partait bien et dont on
attendait beaucoup plus et beaucoup mieux.
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