Partager l'article ! La permission de minuit: Un grand merci à l'agence Le K, Studio 37 et Universal qui m'ont permis de voir et de chroniquer le dvd du film «  ...
« Pendant que tu te poses des questions, les médecins, eux, ils cherchent »
« On fait tout ce qu'on peut pour que tu aies du temps »
Le nom de
Delphine Gleize ne vous dit peut-être rien. Pourtant, la réalisatrice, formée à la FEMIS, s'est montrée particulièrement
active au cours de la décennie écoulée. En effet, après avoir réalisé de nombreux courts métrages (retenus pour la plupart à Cannes et récompensé
d'un César), elle a signé trois longs en dix ans : « Carnages » (2002), « L'homme qui rêvait d'un enfant » (2006, denier film avec Darry Cowl) et le documentaire « Cavaliers seuls » (2009). Discrète et appliquée,
elle s'est ainsi toujours mise au service de sujets graves et difficiles. Son quatrième long, « La permission de minuit », ne déroge pas à la
règle puisqu'il a pour toile de fond la maladie dite « des enfants de la lune ». Une maladie génétique rare, caractérisée par une hypersensibilité de la peau à la lumière du
soleil, obligeant ces enfants à vivre cachés de la lumière du jour.
« La permission de minuit » : l'expression renvoie à des choses
positives, liées à l'adolescence. Une autorisation exceptionnelle de déroger à la règle pour sortir avec ses amis. Sauf que pour Romain, atteint de la maladie des enfants de la lune, l'exception
fait office de norme. Nocifs pour sa santé, il fuit les rayons du soleil et vit une fois la nuit tombée. Son existence d'adolescent est donc marquée par
une certaine solitude. Et par la mort, qui rôde et qui menace, inéluctablement. L'amitié qui le lit à David, le professeur hospitalier qui le suit depuis son enfance, n'en sera donc que
plus forte et plus singulière. Aussi âpre soit-il, Delphine Gleize filme son sujet avec beaucoup de pudeur. Avec une précision chirurgicale (notamment des
dialogues très bien écrits), elle impose une mise en scène froide et distanciée, qui lui permet de traiter de la maladie avec recul, sans jamais verser dans le pathos ou le misérabilisme.
Certes, l'ombre de la maladie et de la mort plane sur l'histoire. Mais en aucun cas, on ne verra qui que ce soit se plaindre. Pas plus qu'on ne nous en montrera les conséquences physiques.
Ce qui importe davantage à la réalisatrice, c'est le quotidien de Romain, la façon qu'il a d'apprivoiser sa maladie, de vivre son adolescence et ses premiers
émois. D'une manière plus générale, son film nous touche par l'espoir qu'il suscite, à chaque fois qu'il nous montre que la vie prend le dessus sur le reste. Porté par des acteurs au
diapason (Emmanuelle Devos, Vincent Challal), on saluera tout particulièrement la performance toute en finesse de Vincent
Lindon, émouvant jusque dans ses silences et ses non-dits. Après « Welcome », le comédien prouve une nouvelle fois qu'il affectionne et
qu'il excelle dans les sujets sociaux forts. Quant à ce joli film, il a le mérite de mettre dans la lumière une maladie rare qui y est
allergique.
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