Partager l'article ! Nicostratos le pélican: « Il va falloir que je te cache. Si mon père te trouve, il va devenir dingue » Yannis ...
« Il va falloir que je te cache. Si mon père te trouve, il va devenir dingue »
En marge des dessins animés et autres films d'animation qui font le bonheur des jeunes spectateurs, les cinéastes ont su développer un autre genre de films dédié à ce public si
particulier, à savoir les films animaliers. Un genre très codifié dont les ficelles varient peu, si ce n'est l'espèce animale au centre du récit. Généralement centrés sur l'amitié
improbable entre un enfant et un animal sauvage, ces contes initiatiques sont l'occasion pour les enfants de faire l'apprentissage de l'amitié, de la nature ou encore des responsabilités.
« Le petit prince » semble avoir fait des émules. Au
point d'être décliné à toutes les espèces. Après les loups (« Survivre avec les loups », « Loup »), les renards (« L'enfant et le renard ») ou encore les orques (« Sauvez Willy »), place donc au pélican avec « Nicostratos ». Adapté du roman à succès d'Éric Boisset (paru en
1998), il s'agit du deuxième long d'Olivier Horlait. Quatre ans après un premier projet assez similaire, « Sunny et l'éléphant », le réalisateur
continue donc d'explorer un genre qui, semble-t-il, le passionne.
S'il reste dans les clous, Olivier Horlait innove en plaçant au centre de son récit une espèce peu vue au cinéma : le pélican. Moins commune et moins sauvage dans l'imaginaire
collectif que le loup ou le renard, le pélican se révèle être pourtant, contre toute attente, une espèce cinégénique, qui se prête étonnement bien à la comédie (maladresse, chahutage avec
la chèvre) tout en faisant preuve d'une grâce inattendue (en vol notamment). Autour de ce drôle d'oiseau, le réalisateur tricote une histoire assez
classique, abordant les thèmes habituels du genre tels que le passage à l'adolescence, la découverte des responsabilités, de l'amour, ou encore la difficulté à communiquer avec son père.
Sans révolutionner le genre, Olivier Horlait réussit cependant sans trop de difficultés à nous embarquer dans son récit doux-amer. Alternant les moments
amusants (les bêtises de l'oiseau) et les moments émouvants (la relation entre l'enfant et son père, la blessure du pélican), « Nicostratos » se révèle ainsi particulièrement
attachant. Le cadre enchanteur des iles grecques et la qualité générale des interprètes (mention spéciale à Emir
Kusturica, qu'on n'attendait pas dans ce registre) finissent de nous séduire. Et même s'il ne casse pas trois pattes à un pélican, ce « Nicostratos » demeure une bonne surprise et s'impose comme un bon film du genre.