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« Vous préférez miser sur des cartes alors que des centaines de braves gens ont misé leur vie sur vous ? »
Spécialiste toutes catégories du western, le prolifique John Ford consacre la fin des années 40 à la réalisation de sa trilogie dite de la cavalerie. Un chantier de
longue haleine, qui comprend « Le massacre de Fort Apache » (1948), « La charge héroïque » (1949) et « Rio Grande » (1950). Des
films âpres entre lesquels il réalise des films plus légers. Intercalés entre les deux derniers épisodes de sa trilogie, il réalise successivement « Planqué malgré
lui » et « Le convoi des braves ». Écrit avec son fils et son scénariste attitré, ce dernier lui permet de retrouver ses acteurs fétiches (à l'exception notable de
John Wayne) qui l'ont accompagné sur sa trilogie pour un projet a priori plus divertissant. Autour de l'indéboulonnable Ward Bond, il donne les rôles principaux aux deux
jeunes de la bande, jusqu'ici cantonnés aux seconds rôles: Ben Johnson, un ancien cascadeur qui obtiendra plus tard un Oscar pour son rôle dans la « Dernière séance »
de Bogdanovic, et Harry Carey Jr., fils d'une star du muet qui fut un grand ami de Ford.
Après la rugosité de sa trilogie de la cavalerie, Ford s'offre une petite recréation avec
ce « Convoi des braves », qui, en dépit d'une scène d'ouverture qui se conclut par un meurtre, adopte vite une tonalité assez légère. A l'image du gag du sifflet
qui rend fou le cheval du shérif qui se retrouve ainsi désarçonné. Très vite on craint même le pire quand le film nous présente ses jeunes héros tels de grands adolescents droits
dans leurs bottes, qui ne fument et ne boivent pas, et qui prennent à cœur de guider à bon port le convoi de gentils pionniers mormons. Mais le cinéma de John Ford n'a jamais laissé la
place à la niaiserie, pas plus qu'à la morale bien pensante. En bon routier du genre, il attend ainsi de perdre sa caravane dans le désert pour faire apparaitre les obstacles et faire monter la
tension. Celle-ci viendra d'une bande de hors la loi qui prendra en otage le convoi pour mieux échapper à la traque du shérif. Le dénouement, d'une belle efficacité, tiendra
toutes ses promesses. Mais c'est surtout par son discours que le film demeure marquant. En présentant le véritable danger comme venant de l'homme blanc, cupide et vil, et non de l'indien, ici
plutôt pacifique, Ford prend tout son petit monde à contre pied. Et se révèle d'une incroyable modernité pour l'époque.
Très intéressant, cela me donne envie de revoir des westerns, et en particulier de ce bon vieux Ford. Je garde un souvenir ébloui de Liberty Valance en particulier.
Voilà qui me donne l'eau à la bouche ! Je n'ai pas souvenance l'avoir vu gamin, pourtant fan de western...