Partager l'article ! La conspiration: Dans le cadre de son programme « Un dvd contre une critique », Cinetrafic m’a permis de découvrir le dvd du nouveau film de ...
« Ce procès en fera beaucoup plus pour maintenir la paix que n’importe quel bout
de papier »
On savait que la multiplication des sorties en salles chaque semaine empêchaient
la plupart des films de trouver leur public: à peine sortis, ils quittent déjà les écrans pour faire de la place à d'autres. Désormais, la saturation est telle (certaines
semaines, pas moins de 15 films sortent!) que de nombreux films sont privés de sorties en salles et sortent directement en DVD. Le plus étonnant, c'est qu'on trouve parmi eux de nombreux
films valables, dotés de réalisateurs ou de castings prestigieux, qui auraient largement mérités d'être exploités dans nos salles. A l'image de « La conspiration », le
nouveau film réalisé par Robert Redford (rappelons tout de même qu'il a obtenu l'Oscar du meilleur réalisateur pour « Des gens comme les autres »), qui
s'appuie sur un casting de première bourre (James McAvoy, Robin Wright-Penn, Evan Rachel Wood, Kevin Kline, Tom Wilkinson...).
Qu'il s'agisse du choix de ses rôles (« Les hommes du
Président », « Les trois jours du Condor », « Nos plus belles années », « Brubaker », « Votez McKay! ») ou de ses prises de position publiques,
Robert Redford a toujours été considéré comme un artiste engagé et humaniste. Avec son ami Paul Newman, ils ont ainsi longtemps incarné la conscience morale
d'Hollywood. Pas étonnant donc de voir le Robert Redford réalisateur s'attaquer à des sujets politiques à la fois sensibles et polémiques (« Lions et agneaux
»). Avec « La conspiration », il revient sur l'affaire de l'assassinat du président Abraham Lincoln et plus précisément sur le procès des comploteurs qui s'en est suivi.
Premier président de l'histoire des Etats-Unis à être assassiné dans l'exercice de ses fonctions, Lincoln a ainsi acquis une certaine aura posthume, devenant de fait pour de nombreux
américains une sorte d'icône mythique, de figure tutélaire de la nation. Difficile dans ces conditions de traiter d'un sujet sous l'angle de la contestation. Car c'est bien connu, on ne
touche pas aux mythes. Prenant parti pour Mary Surratt, seule femme jugée et condamnée lors de ce procès en dépit d’une implication secondaire dans le complot, Redford charge violement
contre ce procès qu’il considère injuste et s’interroge sur le fondement démocratique des Etats-Unis : une démocratie peut-elle se construire sur l’injustice et le sang ? Dénonçant tour
à tour la partialité des juges (et leur manque d’indépendance), la cruauté des châtiments (traitement des accusés qui s’apparente à de la torture), ou encore l’hypocrisie des dirigeants qui
voulaient par ce procès réglé à l’avance réaffirmer la puissance de l’Etat et de la démocratie et rétablir l’ordre dans un pays loin d’être pacifié. L’Amérique ne sort pas grandie de ce
portrait, d’autant plus que la comparaison avec les pratiques encore tolérées par l’administration Bush dans sa guerre contre le terrorisme semble assez évidente. Mais avec son idéalisme
légendaire, il conclut son film en rappelant l’importance d’avoir une presse libre et indépendante, seule à même de contrebalancer le pouvoir aux mains des politiques. Derrière son film
historique, Redford signe un là un grand film politique et un vibrant plaidoyer pour la justice et la démocratie.
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Encore une critique qui donne envie de voir le film. Et de fait, de trop nombreux films nous échappent en salle, ne passant pas ou trop de peu de temps.
Bonjour Platinoch, pourquoi ce film n'est-il pas sorti en salles? Mystère. Surtout, quand on voit certaines sorties récentes. Mais Redford semble un "has-been" plus "bankable" du tout et c'est quand même un scandale. Bonne journée et merci du conseil.
En effet, très beau, émouvant, majistralement filmé par de suprebes acteurs. ça rappele d'autres affaires aussi scandaleuses d'injustice, notamment ethel rosenberg. Dommage que ce film ne soit jamais passer en salle, quand tant de navets innondent nos écrans. Encore une incompréhension des distributeurs...