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« T'as redoublé deux fois ? T'es un vrai killer ! »
Art populaire s'il en est, la BD a souvent mis à l'honneur les enfants et plus encore les écoliers. Histoire de toucher le jeune public, féru de ce type de lecture, en lui
proposant des histoires qui lui parlent. Histoire aussi de permettre aux dessinateurs de faire ressurgir leur part d'enfance, âge où toutes les bêtises, surtout
les plus régressives, sont permises. On connaissait déjà « Le petit Nicolas », « Titeuf » ou encore « Le petit Spirou » (les deux premiers ayant déjà eu droit à des adaptations pour le grand
écran). On connaissait moins « L'élève Ducobu ».
Pourtant, avec deux millions d'albums écoulés, le cancre au pull jaune et noir crée en 1992 par Zidrou et Godi fait incontestablement parti des références du genre. Il n'en fallait pas
plus pour voir ses aventures transposées sur grand écran. Scénariste de « La beuze » et de « Neuilly sa
mère ! », c'est Philippe de Chauveron qui s'y colle, réalisant avec « L'élève Ducobu »
sont troisième film, après « Les parasites » (1999) et « L'amour aux trousses »
(2005).
Le petit Nicolas et Le petit Spirou avaient en commun de traiter de l'enfance avec une certaine
tendresse. Dans un style actuel, Titeuf, lui, se retrouve confronté à des sujets assez sérieux comme la sexualité. Des subtilités un peu oubliées
(ou mal rendues) lors de leur transposition au cinéma. L'élève Ducobu n'a rien de tout cela. Pour tout dire, c'est juste
un petit gros, cancre patenté et fumiste, qui a fait de la tricherie sa raison d'être. Dès lors, ses relations avec les autres gamins ou avec les adultes,
sel habituel de ce genre de production, sont inexistantes. Elles laissent la place à une avalanche de gags répétitifs et pas drôles, dans lesquels Ducobu s'emploiera à trouver tous les subterfuges pour berner son prof (classeur à trous pour mieux voir, pistolet à antisèches, oreillette
planquée dans un sonotone). Tentatives qui lui vaudront invariablement le coin et le bonnet d'âne. Et on ne parlera pas de la caricature de maison de repos pour profs dépressifs. On vous avait prévu, ça ne vole pas haut ! Le salut de cette médiocrité humoristique viendra des apparitions d'Elie Semoun, qui excelle toujours en dragueur
maladroit. Dommage cependant qu'il ne se renouvelle pas un peu. Pour le reste c'est le néant absolu. S'il parvient à berner un temps son instituteur, ça
n'aura pas pris avec nous. Ducobu ? Recalé !

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