Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:13

« Il est probable que cette aventure se termine dans un bain de sang. Et je ne veux aucune éclaboussure sur mon équipe »

Samedi 24 décembre 1994. Quatre terroristes du GIA prennent en otage à Alger l'Airbus A-300 d'Air France reliant la capitale algérienne à Paris et les 227 personnes présentes à bord. Personne ne connaît leurs intentions : ils sont armés et apparaissent extrêmement déterminés. Les terroristes revendiquent la libération de leurs camarades d'armes et exigent le décollage immédiat de l'avion. Mais ce n'est finalement qu'après de longues négociations diplomatiques tendues entres les gouvernements français et algériens et l'exécution de 3 passagers que l'avion quitte l'aéroport d'Alger. Nous sommes le lundi 26 décembre, il est 3h33 du matin, quand l'Airbus d'Air France atterrit à Marseille-Marignane. Trois personnages, Thierry, un soldat du GIGN, Carole Jeanton, une technocrate ambitieuse et Yahia Abdallah, un Djihadiste déterminé sont au cœur de l'événement. Leurs logiques vont s'affronter jusqu'au dénouement final. Devant 21 millions de téléspectateurs, l'assaut du GIGN va mettre un terme à cette prise d'otage sans précédent dans l'histoire du terrorisme... mais annonciatrice des terribles évènements du 11 septembre 2001.

« On a pas le choix du terrain. Ni des armes »

Il y a quatre ans, Julien Leclercq signait ses débuts sur grand écran avec Chrysalis, un sombre polar futuriste. S'il n'était pas parfait, loin s'en faut, ce premier film témoignait d'une ambition formelle assez rare dans notre production SF nationale. Surtout venant d'un jeune homme âgé d'à peine 25 ans. Pour son deuxième long métrage, Leclercq choisit de nous faire revivre des heures sombres de notre histoire récente en nous replongeant dans la dramatique prise d'otages du vol AF Alger/Paris par des islamistes a Noël 1994. Un événement terrible qui allait marquer durablement le jeune homme alors âgé de 14 ans, et qui annonçait la vague d'attentats terroristes qui allait frapper la France l'année suivante.

« En face ce sont des guerriers. Pas des politiques. Et ces gars là ne négocieront pas »

Retransmis par toutes les télévisions, suivi en direct par plus de 21 millions de téléspectateurs, l’évènement était d’autant plus sensible qu’il constituait un traumatisme dans l’inconscient populaire. Forcément le sujet était risqué. Mais aussi potentiellement très fort. Pour autant, difficile d’avoir un jugement tranché quant au résultat que nous propose Leclercq, son film ayant ses qualités et ses défauts. En premier lieu desquels on pourra regretter que son récit soit parasité par des personnages inutiles (l’épouse larmoyante du héros) dont les apparitions n’apportent pas grand-chose et affectent le sérieux du film. On pourra également s’interroger sur la pertinence des choix visuels et formels du réalisateur. Comme son parti pris de filmer caméra DV à l’épaule pour traduire l’urgence et l’énergie de la situation : il en résulte une image instable, secouante, dégueulasse, qui finit par donner le mal de mer. Cela combiné à une interprétation un peu faiblarde (on a connu Vincent Elbaz plus inspiré) donne parfois l’impression d’assister à un téléfilm de luxe. Pour autant, on doit reconnaitre aussi à cet « Assaut » qu’il est plus malin qu’il n’en a l’air et qu’il devient intéressant lorsqu’il nous révèle les coulisses de la gestion de la crise (le gouvernement qui obtient rapidement et facilement un contact direct avec le cerveau de l’opération, avant de tenter d’acheter la paix). Mais plus que tout, le film réussit l’exploit de nous tenir en haleine jusqu’à la dernière minute alors qu’on en connait l’issue à l’avance. En cela, le réalisateur réussit son pari sans problème. Même si, à l’évidence, un tel sujet aurait mérité un meilleur traitement, plus exigeant et d’une approche plus documentaire. Reste que dans l’ensemble, le résultat est plutôt honnête.

 



Partager cet article

commentaires

Bob Morane 19/03/2011

Bah non justement ! parce que l'événement a été tellement marquant, il se devait de ne pas se satisfaire de peu, et surtout pas de ce mauvais téléfilm d'amateur. Et préçisément, toutes ces scènes inutiles, ce jeu de caméra stupide, ces acteurs mal dirigés aux répliques débiles "t'y mi m'onlive li pasrelle", et l'assaut aurait du être extraordinaire, au lieu de cette lenteur qui n'en fini pas au point de nous endormir. sans oublier ces commentaires risibles du genre "la République n'a pas accordé au commandant X le galon de major" complètement con, ils ne font pas ce métier pour une carrière mais pour le bien des autres. Ce n'est pas une balle qui doit donner de l'avencement. Par contre, rien sur le cerveau de l'opération (qu'est il devenu ?) pas un mot sur cette femme du ministère (a t-elle existé ? qu'elle t-elle devenue par la suite ? rien sur le commandant qui se jette du cockpit) Ce film n'aurait jamais du être imprécis, et je ne peux pas me contenter de si peu. Avec l'Histoire et nos émotions, on se doit d'être exigeant.

Christophe 28/03/2011

Je suis assez d'accord avec toi. Le fait que Julien Leclercq nous tienne en haleine sur un évènement aussi connu est déjà un petit exploit

Présentation

  • : Le cinéma de Platinoch
  • Le cinéma de Platinoch
  • : Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!
  • Contact

Platinoch sur les réseaux sociaux

Recherche

Compteur