Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 17:43

« On ouvre leurs yeux, pas leurs jambes »

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Votre fille sort avec un sale type ? Votre soeur s'est enlisée dans une relation passionnelle destructrice ? Aujourd'hui, il existe une solution radicale, elle s'appelle Alex. Son métier : briseur de couple professionnel. Sa méthode : la séduction. Sa mission : transformer n'importe quel petit ami en ex. Mais Alex a une éthique, il ne s'attaque qu'aux couples dont la femme est malheureuse.

Alors pourquoi accepter de briser un couple épanoui de riches trentenaires qui se marie dans une semaine ?

« D’habitude on a toujours un coup d’avance, là on en a dix de retard »

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On connaissait déjà « Hitch », l’expert en séduction qui prodiguait ses conseils infaillibles aux hommes désavantagés pour leur permettre de mieux conquérir leur belle. A l’opposée de la chaine alimentaire, on avait découvert Tank, (le personnage joué par Dane Cook dans « La copine de mon meilleur ami »), qui se proposait, lui, de sortir le grand jeu version goujat à votre ex le temps d’une soirée, afin de mieux la faire revenir dans vos bras. Dans la série prestataires de services, voici donc cette fois Alex, séducteur professionnel qui « brise les couples, pas les cœurs ». Ou comment, grâce à un numéro de séduction bien rodé, il arrivera à faire prendre conscience aux femmes de la médiocrité de leur couple. Mais forcément, ce genre d’entreprise, aussi professionnelle soit-elle, finit toujours par le coup de l’arroseur arrosé, le séducteur invétéré devant forcément tomber irrémédiablement  amoureux de sa proie. Pour son premier long de cinéma, le réalisateur Pascal Chaumeil (jusqu’ici réalisateur pour la télé, notamment sur les séries « Avocats et associés » et « Fais pas ci, fais pas ça ») s’aventure donc en terrain extrêmement balisé. Au point même qu’on pouvait craindre que cet « Arnacoeur » ne débouche sur un film extrêmement formaté. D’autant que les comédies romantiques azuréennes basées sur les faux semblants ont été quelque peu légions ces dernières années dans le cinéma français (on se souvient de triste mémoire de « Hors de prix » ou encore de « Quatre étoiles »).

« Que puis-je vous souhaiter ? Une belle histoire d’amour ? »

Pour autant, force est de constater que « L’arnacoeur » - aussi prévisible soit-il – fait preuve d’une belle légèreté et se révèle être un divertissement éminemment sympathique. Notamment grâce à un scénario sans chichis, qui ose de belles embardées humoristiques (la chanson de Wham ! dans la voiture, la copine nympho, la scène du plombier…) sans chercher à tout prix à faire dans la sophistication. A ce petit jeu, Romain Duris (dans un rôle un peu à contre emploi) fait merveille en jouant d’une autodérision (où il joue à fond de son physique de minet gringalet) qu’on ne soupçonnait pas jusqu’alors chez lui. La réussite du film tient également pour beaucoup à une palette de seconds rôles très réjouissants (Julie Ferrier, François Damiens, Helena Nogueira), constamment là pour relancer la comédie quand celle-ci manque de s’essouffler. Tout juste regrettera-t-on finalement le choix de Vanessa Paradis pour jouer la jeune première qui fait craquer le héros. Si on sent clairement la bonne opération publicitaire, celle-ci se révèle quand même trop godiche et trop fade pour nous faire croire véritablement à son personnage. On lui aurait préféré une actrice plus piquante, qui aurait apporté un peu de piment et de peps à cette histoire. Rien de préjudiciable cependant, « L’arnacoeur » se révélant être une réelle bonne surprise autant qu’une comédie (romantique) réussie.

  



Par platinoch - Publié dans : Comédies romantiques
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