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« Certains jurent que le monde a perdu sa magie. Comment alors expliquer que
le monde entier se réunisse un même jour pour fêter l’espoir d’une nouvelle année ? »
Vieux routier du cinéma hollywoodien, Gary Marshall a fait son trou voici
trente ans en signant quelques-unes des comédies romantiques les plus cultes des années 80 et 90. A commencer par « Pretty woman » et sa fausse suite « Just
married ». Une vingtaine de films en tout, parmi lesquels « Le kid de la plage », « Frankie et Johnny » ou encore « Princesse malgré
elle », qui lui auront permis de s’imposer comme l’un des spécialistes du divertissement et de la romcom. A près de 80 ans, toutefois, le réalisateur semble avoir le plus grand mal à se
renouveler. Peinant à renouer avec le succès, celui-ci semble plus que jamais en bout de course même s’il refuse de jeter l’éponge. Alors, à défaut de scénario valable ou de belles
histoires à nous raconter, il s’amuse à combler le vide en réunissant à l’écran de gros castings, où se côtoient les acteurs à la mode du moment. Telle était la recette miracle
de « Valentine’s day », grand chassé-croisé amoureux durant le jour de la Saint-Valentin dans lequel se croisaient notamment Ashton Kutcher, Julia Roberts,
Bradley Cooper, Anne Hathaway ou encore Jessica Alba. Fort de son succès, il décide de remettre le couvert avec « Happy new year ».
Même recette, même principe, seul le jour change puisque la
Saint-Valentin fait place au 31 décembre. Pour le reste, Marshall nous ressort la même narration à tiroirs, faisant succéder les vignettes et les personnages, laissant le soin aux
spectateurs de deviner qui finira avec qui lorsque les douze coups de minuit sonneront. Dans un New York de strass et de paillettes, le réalisateur compile les situations les plus
clichées (la rencontre dans l’ascenseur entre deux opposés qui s’attirent, le rendez-vous hasardeux donné par une inconnue l’année précédente, le mourant solitaire qui espère voir la
nouvelle année) dont les protagonistes ne sont que de riches nantis et des stars du showbiz (en vrac une vice-présidente d’une géant de l’événementiel, une star de la chanson et
sa choriste, un riche héritier…). Carte postale terriblement artificielle et clichée (le discours ad nauseum d’Hilary Swank), « Happy new year »
capitalise tout ce qu’il peut sur son casting gonflé à bloc où les stars d’hier (De Niro, Pfeiffer, Elizondo) côtoient les valeurs montantes du cinéma
actuel (Hilary Swank, Halle Berry) et celles de la télé (Zac Efron, Katherine Heigl, Sarah Jessica Parker, Ashton Kutcher).
Immanquablement, le cabotinage de certains (la private joke sur les chaussures et la robe de Sarah Jessica Parker, le tour de chant spécial midinettes d’un Bon
Jovi à la chevelure éclaircie) suffira à séduire ou du moins à satisfaire les spectateurs les moins exigeants. Les autres sortiront gênés de ce spectacle affligeant, qui
s’apparente davantage à un énorme spot publicitaire (comme si Nivea, Philips ou Sony ne suffisaient pas, Michael Bloomberg vient faire son auto-promo tandis que
Carla Gugino réussit durant le « best-of » du générique final à nous vendre le dvd de l’opus précédent !) qu’à un vrai film de cinéma. Sous la houlette du
tâcheron Marshall, Hollywood nous souhaite donc une bonne année. Et nous rappelle que même les vedettes ont des impôts à payer. A votre bon cœur, m’sieurs dames !

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