Partager l'article ! Les contes de la nuit: « Loup ? Sorcier ? Qui es-tu ? » Tous les soirs, une fille, un garçon et ...
« Loup ? Sorcier ? Qui es-tu ? »
Ovni dans l'univers de la production pour enfants, orfèvre dans le monde de l'animation, Michel Ocelot trace soigneusement son chemin en marge des géants du genre, faisant entendre sa
petite voix singulière. Révélé il y a près de quinze ans par son « Kirikou et la sorcière », il a su imposer son style tout en ombres
chinoises, hors des modes, en une poignée de films (« Princes et princesses », « Kirikou et les bêtes
sauvages », « Azur et Azmar »). Cinq ans après son dernier long, il nous propose ses
« Contes de la nuit », compilation de contes courts initialement prévus pour la
télévision. En attendant de s'attaquer au troisième volet des aventures de Kirikou.
« Les contes de la nuit ». Avec un titre pareil, on attendait de ce film de la féerie, de l'évasion et du rêve. Malheureusement,
« Kirikou » mis à part, c'est toujours un peu pareil avec Michel Ocelot : on est
toujours bluffé par la beauté formelle et visuelle de ses films, mais profondément déçu par leur contenu assez pauvre. Et ces « Contes de la
nuit » n'échappent hélas pas à la règle. Pourtant, ces six contes nous promettaient de nous faire voyager aux quatre coins du monde à des époques différentes. Mais hélas,
le voyage s'avère bien fade tant ceux-ci se révèlent particulièrement naïfs et simplistes. Entrecoupés de séances
redondantes et pénibles dans le théâtre où ils sont conçus, ces contes manquent d'intérêt et se perdent en caricatures ridicules (l'accent de Ti'Jean, le garçon Tam-tam). Et comme si ce n'était pas assez, Ocelot finit de nous achever (et son film avec) de par sa propension à nous assener des morales à deux balles. On apprendra ainsi que
mentir c'est mal. Faire la guerre et tuer aussi. Et que l'argent ne fait pas le bonheur et n'est rien comparé à l'amour. Les (très) jeunes spectateurs seront peut-être sensibles à ces messages ô
combien engagés. Les autres seront obligés de passer leur chemin. La vacuité du film est d'autant plus regrettable que, visuellement, on reste sous le charme de
l'esthétisme du théâtre d'ombres de Michel Ocelot ainsi que de la beauté de ses couleurs flamboyantes. A ce titre, son travail rappelle celui du Douanier Rousseau, à qui il emprunte également sa
naïveté. Quoi qu'il en soit, ces qualités ne sauvent pas le film de l'ennui profond qu'il suscite.
Le vrai point faible des "Contes de la nuit", à mon avis, c'est la réalisation, qui manque foncièrement de rythme et s'avère un peu ennuyeuse par moments. L'absence quasi totale de musique n'aide pas non plus à accrocher.
Visuellement par contre, il faut reconnaître que Michel Ocelot propose, une fois encore, du beau travail; d'autant plus que la 3D, bien que discrète et assez anecdotique dans l'ensemble, apporte un vrai plus, donnant une jolie profondeur de champ aux fabuleux décors.
Bref, un film imparfait mais néanmoins agréable, à voir avec des yeux d'enfant......
Malgré la naïveté et la simplicité du propos (très adapté à son public cependant), j'ai été totalement transporté par la magnificence de l'image et de la musique, surpris par la sympathique pédagogie proposée ici, qui amène les enfants à se poser pas mal de questions. Ayant travaillé en centre de loisir cet été, je peux t'assurer que celui-ci est le plus adapté entre les trois qu'on a vu (Les schtroumpfs, moment d'ennui et de prise de tête mémorable avec les gosses, Cars 2, qui fonctionne bien aussi sur les gosses, moins sur les adultes, et celui-ci). Pour moi, Les COntes de la nuit, c'est quatre étoiles!