Partager l'article ! Conan: Un grand merci à Cinetrafic de m’avoir permis de chroniquer le dvd de « Conan » réalisé par Marcus Nispel « Lorsqu ...
« Lorsqu’un cimmérien a soif, c’est de sang »
Il a beau être jeune, beau et fort, en pleine possession de ses moyens,
Conan n’est pourtant pas un perdreau de l’année. Né en 1932 de la plume de Robert E. Howard, considéré par beaucoup comme l’un des pères de l’heroïc fantasy, il voit ses
aventures paraitre pendant plusieurs années sous forme de nouvelles. Tombé dans l’oubli, jusqu’à ce que le personnage soit pastiché (petite cervelle et muscles hypertrophiés) avec succès par
l’auteur Lyon Sprague de Camp. Renouant avec le succès, le personnage voit ses aventures adaptées dès les années 70 sous forme de comics par Marvel. Il faudra attendre
1982 et « Conan le barbare » de John Milius pour voir le célèbre barbare débarquer au cinéma sous les traits d’Arnold Schwarzenegger. Reprise par le réalisateur Richard
Fleischer, spécialiste du cinéma d’aventures (« Les vikings », « Soleil vert », « Barrabas »), la franchise connaitra deux films supplémentaires : «
Conan le destructeur » (1984) et « Kalidor » (1985). Depuis lors, les rumeurs d’un retour des aventures de Conan au cinéma se sont multipliées. Les noms de
Oliver Stone, Robert Rodriguez ou encore Brett Rattner ont ainsi souvent été associés au projet, sans que celui-ci n’aboutisse jamais.
Finalement, le film se concrétisera sous la direction du réalisateur allemand Marcus Nispel, qui s’offre un nouveau remake après avoir signé ceux de « Vendredi 13 » et «
Massacre à la tronçonneuse ».
Tout le monde ne s’en souvient peut-être pas, mais les 80’s virent un bref
engouement pour l’Heroïc Fantasy. Sans doute le succès de « Star Wars » n’y fut pas étranger. Toujours est-il que les films plus ou moins réussis, comme « L’histoire sans
fin », « Legend », « Ladyhawke » ou « Willow », se sont succédés sur les écrans. C’est dans ce contexte que la saga « Conan » débarqua sur les
écrans. Et de mémoire, la musculature excessive de Schwarzy, son slip en peau de bête, son collier en corne et son épée nous avait laissé le souvenir un peu too much, pour ne pas dire
furieusement kitsch. De ce fait, à moins de vouloir réveiller une certaine nostalgie chez les cinéphiles de plus de trente ans, l’idée de remettre le héros au goût du jour ne semblait pas d’une
pertinence folle. En bon tâcheron spécialiste du remake, Nispel puise dans ses références (le générique introductif sur la genèse du masque tout droit tiré du «
Seigneur des anneaux », la tentative désespérée du gamin pour sauver son père façon « Il était une fois dans l’ouest ») pour étoffer son récit et lui donner des allures
de grand film. Malheureusement, ces clins d’œil ne parviennent jamais à masquer l’absence d’un scénario digne de ce nom, à même de transcender cette banale histoire de vengeance et de
libération, peuplée de personnages très stéréotypés (la sorcière démoniaque, le méchant roi, la nymphette à protéger qui sert de faire-valoir sexy, le voleur dont les talents de
crocheteurs de serrures serviront au héros). Car d’une manière assez générale, le gros défaut de ce « Conan », c’est son absence de souffle épique, renforcée par un
niveau général d’interprétation pas toujours convaincant. Reste des scènes de combat plutôt réussies (avec les hommes sable ou encore le combat final sur la roue qui dévisse le
long du précipice), qui font de ce « Conan » un nanar regardable à défaut d’inoubliable.
J'ai le souvenir d'une grosse bouse où je me suis ennuyé au possible