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« Je voulais être comme Xénia, une princesse guerrière. Maintenant je veux devenir une tueuse. »
Fut un temps pas si lointain où Luc Besson enchainait les succès et trustait sur son seul nom
tout le box-office français. Malheureusement pour lui, sa réussite semble s’être un peu essoufflée au gré des années 2000 et de ses pérégrinations tantôt décevantes (la
saga des « Arthur et les Minimoys »), tantôt incompréhensibles (« Angel-A »). Aussi, si le réalisateur ne fait plus autant recette
que par le passé, le producteur, lui, n’a pas perdu le sens des affaires et a trouvé un juteux filon. A la tête de sa société EuropaCorp, il produit ainsi des films d’action à la chaine, souvent
bourrins mais divertissants, agrémentés de la présence d’une vedette américaine qui lui garantit une belle carrière à l’international. Après Jason Statham (« Le
transporteur »), Liam Neeson (« Taken ») ou encore John Travolta (« From Paris with love »), au tour de Zoe
Saldana, la princesse Na’vi de « Avatar », de venir cachetonner dans ce « Colombiana », dernier né des productions Besson dont
la réalisation est assurée par Olivier Mégaton, un habitué d’EuropaCorp pour qui il a notamment réalisé « Le transporteur 3 ».
La recette est donc connue. Et elle a le mérite de fonctionner. Du coup, pas question pour
Olivier Mégaton de tenter la moindre innovation, ce dernier préférant rester scolairement dans les clous. La seule originalité du film sera donc d’avoir confié le rôle principal
de tueur infaillible à une femme. Mais là encore, l’ombre du « Nikita » réalisé par le boss quelques vingt ans plus tôt plane lourdement sur le film. D’autant
que celui-ci peine à tenir la comparaison, scénaristiquement comme artistiquement. Au fond, que cette histoire de vengeance soit extrêmement clichée n’a pas tellement d’importance, le réalisateur
assumant totalement le côté bourrin de son film. Mais là où il se plante gravement, c’est lorsqu’il tente d’y insérer des bribes de psychologie (la souffrance de l’oncle qui a perdu un
fils et qui tente de canaliser la haine de sa nièce, la relation amoureuse que celle-ci entretien avec un peintre, histoire de lui donner une sensibilité et une vulnérabilité qui contraste avec
sa profession), qui virent souvent au ridicule. Restent les scènes d’action pure qui, bien qu’improbables, demeurent très efficaces. Au milieu de tout cela, la maigrichonne
Zoe Saldana surnage tout en paraissant bien frêle pour ce rôle de tueuse, tandis que Cliff Curtis et Michael Vartan (dans un rôle un peu sans
intérêt) cachetonnent grossièrement. Pas foncièrement désagréable, « Colombiana » assure sa partition de divertissement décérébré. Mais souffre quand même d’une large
impression de déjà-vu (en mieux).
En effet, on ne s'ennuie pas mais c'est du déjà vu. Sans grande surprise, mais toujours aussi efficace et divertissant malgré tout...