Biopics

Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /Oct /2007 01:27

« L’amour est toujours l’ennemi du bon sens »

 

1795, Angleterre. Jane Austen est une jeune fille issue de la bonne société provinciale. Esprit libre et indépendant, passionnée par l’écriture, elle souhaite se battre contre sa condition et vivre de sa plume plutôt que de faire un mariage arrangé. C’est ainsi qu’elle refuse nombre de prétendants, au grand dam de ses parents, désargentés, qui rêvent de se retrouver à l’abri du besoin grâce au mariage de leur fille avec un bon parti. C’est alors que débarque dans la vie de Jane le jeune Tom Lefroy, jeune étudiant en droit de Londres, envoyé à la campagne par son oncle pour punir et réfréner ses excès et ses frasques. Si dans un premier temps, ces deux forts caractères s’opposent fortement, les deux jeunes gens deviennent vite éperdument amoureux l’un de l’autre, et ce en dépit des convenances sociales. Une amour de jeunesse passionnée qui marquera pour toujours l’auteur de quelques-uns des plus grands romans d’amour d’Angleterre…

 

.

« Afin d’exceller dans l’art de la fiction, l’expérience est indispensable »

 

Anne Hathaway. La Fabrique de FilmsConsidérée comme l’une des plus grandes romancières britannique, auteur entre autre d’ « Orgueil et préjugés » et de « Raisons et sentiments » (tous deux adaptés avec succès au cinéma), le biopic de Jane Austen apparaissait comme un exercice périlleux. En effet, bien que plusieurs biographes se soient penchés sur le sujet, les éléments concernant la jeunesse de la romancière semblent assez vague et incertain et dès lors, l’entreprise de raconter en extrapolant cette histoire d’amour dont on ne sait que très peu de choses, fait fortement penser au « Molière » de Laurent Tirard (2007), qui empruntait la même démarche scénaristique. Malgré tout, le film s’appuie sur la biographie écrite par Jon Spence en 2003, qui permet de confirmer que Jane Austen a bien rencontré Tom Lefroy en 1795, puis son oncle à Londres, l’année suivante. Aux manettes de ce film, on découvre Julian Jarrold, réalisateur britannique qui a fait l’essentiel de sa carrière comme réalisateur pour la télévision avant de signer une poignée de longs passés inaperçus de par chez nous. C’est donc pour lui son premier projet d’envergure.

 

«  - L’amour est appréciable, l’argent est indispensable

    -  Jane ne doit pas céder à la meilleure offre mais à l’homme qu’elle aime »

 

Anne Hathaway et James McAvoy. La Fabrique de FilmsPeu de surprises sur la forme avec ce « Jane » dont la facture est très classique. Avec un tel sujet, il aurait été surprenant qu’il en soit autrement. Néanmoins, on constate finalement peu de différences dans la mise en scène entre ce « Jane » et « Orgueil et préjugés » (Wright – 2004), ou encore « Raison et sentiments » de Ang Lee (1996) : même effort porté sur les costumes et les décors, même importance des paysages de la campagne anglaise, et même soin porté à la photographie, jouant sur des éclairages particulièrement lumineux. La surprise majeure du film et son intérêt viennent donc du fond. En effet, et pour la première fois, l’entreprise menée par Jarrold et Spence tend à désacraliser l’image que nous avions traditionnellement de Jane Austen : en nous la présentant dans ses jeunes années comme une jeune fille amoureuse, fougueuse et passionnée (véritable héroïne de ses propres romans), ils vont ainsi à l’encontre de l’image traditionnelle que nous avions d’elle, à savoir une éternelle vieille fille, indépendante, ayant connu le succès grâce à ses romans d’amour. Vraie ou non, cette version est très intéressante car elle permettrait de comprendre ce qui a influencé et nourri les romans de la romancière, et expliquerait aussi pourquoi elle n’a jamais voulu se marier. Car ce « Jane » est avant tout une jolie histoire d’amour contrariée, racontée à la manière même de l’auteur. Ce film est également l’occasion de brosser un intéressant portrait social de l’Angleterre de la fin du 18ème siècle, où le poids des convenances sociales était prédominant et où les hommes n’étaient finalement pas plus libres que les femmes (Tom ne peut ainsi pas épouser Jane, n’ayant pas obtenu le consentement de son oncle, et ayant besoin de la rente octroyé par celui-ci pour entretenir sa famille nombreuse et déshéritée en Irlande), mettant l’accent au passage sur le caractère précurseur de Jane Austen, féministe avant l’heure, ayant mené toute sa vie un combat contre les convenances sociales pour obtenir sa liberté.

 

« Comment pourrais-je assumer mes sentiments ? Vous partez demain… »

 

Anne Hathaway (au centre). La Fabrique de FilmsMise en scène classique, histoire ressemblant aux propres romans écrit par Jane Austen, le film aurait pu souffrit d’un petit air de déjà-vu. D’autant que comme toujours dans les adaptations cinématographiques de la romancière, ce « Jane » n’échappe pas à quelques longueurs et quelques problèmes de rythme. Néanmoins, sans être un grand amateur du genre, il plane un petit vent de fraîcheur sur ce film, qui est du en grande partie aux comédiens. Dans le rôle titre, Anne Hathaway se montre parfaite, faisant taire les critiques reprochant au réalisateur de ne pas avoir pris une actrice anglaise et non américaine pour jouer la célèbre romancière. Avec son charme particulier et son caractère pétillant et affirmée, elle propose une interprétation très crédible de Jane Austen. A ses côtés, James MacAvoy, découvert dans « Le dernier roi d’Ecosse » (MacDonald – 2006), se montre tout aussi convainquant, passant en un clin d’œil du gros dur frimeur à l’amoureux le plus transi. Derrière, les seconds rôles se montrent tout aussi bons et participent à l’impression convaincante qui ressort de l’ensemble. On saluera ainsi les prestations de James Cromwell, July Walters, Maggie Smith ou encore Lucy Cohu.

 

« - Vos histoires se finissent-elles bien ?

   - Après quelques péripéties, ils verront leurs vœux s’exaucer. Les belles histoires se finissent pourtant rarement bien, c’est une vérité universelle. »

 

James McAvoy et Anne Hathaway. La Fabrique de FilmsProjet finalement ambitieux et périlleux, « Jane » est au final un petit film très charmant. Les amateurs de la romancière apprécieront d’y trouver une jolie histoire comme dans ses romans, les autres seront intéressés par cette vision de sa jeunesse que nous proposent Jarrold et Spence, et qui permettrait de mieux comprendre son œuvre et sa vie. S’il fallait trouver un reproche à faire, peut-être pourrait-on reprocher que la passion des deux personnages ne soit pas représentée de manière plus dévorante. Mais cela ne relève que du détail. Un film en tous cas très recommandable et un très agréable moment de cinéma.

 Anne Hathaway. La Fabrique de Films  Anne Hathaway. La Fabrique de Films



Par platinoch - Publié dans : Biopics
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 12 septembre 2007 3 12 /09 /Sep /2007 19:07

« Vivaldi nous fait perdre la raison…Mon Dieu ! pardonnez-moi »

 

La vie torturée d’Antonio Vivaldi, musicien vénitien exceptionnel, dont le génie musical aura été contrarié par son statut de prêtre et par la volonté de la toute puissante Eglise de ne pas le laisser sortir de sa condition, et de ne pas laisser libre cours à une forme d’expression progressiste. De ses troubles personnels et de son génie créatif, en passant par le jeu de ses relations avec les personnages importants de l’époque (Pape, Cardinaux, Chefs d’Etat, Nobles et Bourgeois, Artistes…), la vie de Vivaldi est ici exposée dans toute sa complexité, et sert également de support à un portrait social de l’Italie du 17ème siècle.

 

.

« Je n’assisterais pas à cette mascarade avec vos musiciens visant à voler l’âme de mes prochains »

 

.

Stefano Dionisi (à gauche). Sipa PresseGenre américain par excellence, le biopic reste un exercice toujours passionnant mais réellement difficile. Entre travail minutieux de documentation et soucis de mêler à la fois réalisme et écriture romanesque pour rendre le récit alerte, l’exercice est toujours périlleux. Pourtant, sur des sujets assez éloignés, certaines tentatives ont donné lieu à des grands films, comme le récent « Walk the line » (Mangold – 2006). Sur le thème des compositeurs classiques, on se souvient ainsi de l’excellent « Amadeus » de Forman (1984), en attendant le « Copying Beethoven » de Holland (sortie prévue fin 2007). Mais entre temps, on notera la sortie de ce « Antonio Vivaldi, un prince à Venise », deuxième long de Jean-Marc Guillermou, réalisateur en 2003 de « Il était une fois Jean-Sébastien Bach », qui récidive ici dans le biopic de compositeur. Sorti dans le plus grand anonymat estival, le film aura surpris tout son monde en étant passé entre les mailles de la presse spécialisée qui n’en a pas parlé, et surtout en étant distribué sur un nombre de copies réellement faible et principalement dans des salles « Arts et Essais ». Mais plus que tout, ce film était l’occasion de retrouver Michel Serrault dont il s’agit de l’avant-dernier film.

 

« L’Eglise ne voit en moi qu’un parasite et un perturbateur des âmes »

 

Michel Serrault. Sipa PresseOn est tout de suite surpris par le format franco-italien, qui voit les protagonistes se répondre dans leur langue maternelle respective selon leur nationalité, le tout bien évidemment doublé par soucis d’uniformité. Et si ceci n’est qu’un détail, c’est très symptomatique de l’aspect amateur que prend ce film. On ne doute à aucun moment d’une volonté du réalisateur de traiter de la vie de Vivaldi de manière quelque peu décalée. Mais là, c’est le grand n’importe quoi. Au milieu de décors criards et de costumes d’époque, se succèdent une flopée de scènes et de rencontres elliptiques, qui ne sont pas liées et qui n’apportent souvent pas grand chose au récit (on pense à la jeune danseuse que Vivaldi finit par aider à sortir de Venise au début du film), voire qui frisent souvent le grand n’importe quoi (Goldoni qui vient arranger le texte d’un opéra en moins de trente seconde pendant que Vivaldi fait répéter sa soliste). Evidemment le tout agrémenté de quelques extraits d’opéras du Maître. Bien évidemment le résultat tient de la vaste fumisterie, et n’est pas à la hauteur de la qualité d’un mauvais téléfilm, à peine égale-t-il une sitcom AB Productions. Car à cette mise en scène laborieuse et lamentable vient s’ajouter une direction d’acteurs inexistante.

 

« Avec un carnaval qui dure six mois par an, nos concitoyens passent six mois de l’année à pécher et six mois de l’année à prier »

 

Annette Schreiber et Stefano Dionisi. Sipa PresseLe casting révèle ainsi de grandes surprises : on retrouve ainsi un Vivaldi campé par un mauvais Stefano Dionisi, qui a sa décharge est maquillé de manière grotesque au fil de son vieillissement. A ses côtés, on est déçu par Michel Serrault, qui bien qu’étant de loin le meilleur comédien du film, cabotine à mort et en fait des tonnes. On rigolera de manière gênée devant la prestation improbable de Galabru en Pape à l’œil quelque peu lubrique. Quand à Annette Schreiber, les physionomistes se rappelleront l’avoir aperçu dans des chefs d’œuvre comme « Les vacances de l’amour », et seront stupéfaits de voir que son accent germanique a été gommé au profit d’un doublage plus lisse. Du grand art à l’envers en quelque sorte. A ce petit jeu, la bonne surprise vient de Christian Vadim. Dommage qu’il ne reste pas plus de 5 minutes à l’écran.

 

« Anna, je souffre de vous avoir volé votre jeunesse et de vous avoir entraînée dans cette folie »

 

Si la vie du génial et finalement méconnu Vivaldi (dont ce film était le premier biopic qui lui était consacré) avait l’apparence du sujet idéal pour un biopic de qualité au cinéma, il va sans dire que ce « Antonio Vivaldi, un prince à Venise » est certainement le nanard de l’année. Avec un scénario écrit par un manchot, une réalisation frôlant l’amateurisme total et des acteurs perdus en cours de route, le film, tel la cité des Doges, prend l’eau de toute part, et coule irrémédiablement dans les profondeurs du ridicule. Ce génie de la musique qu’était Vivaldi méritait quand même un biopic à hauteur de son talent. Quelle honte !

  Diane Fertikh et Stefano Dionisi. Sipa PresseSipa Presse



Par platinoch - Publié dans : Biopics
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /Juin /2007 01:25

« Ne me corrige pas, tu n’es pas si parfait »

 

On connaît bien le cinéma du réalisateur Lasse Hallström, metteur en scène suédois qui officie à Hollywood depuis une quinzaine d’années déjà. S’il est capable du meilleur (« Gilbert Grape », en 1993, avec les jeunes Johnny Deep et Leonardo Di Caprio, rien de moins !), comme du pire (« Le Chocolat » en 2001, « Une vie inachevée » en 2006), on sait qu’on retrouve assez souvent le même problème dans ses histoires, à savoir des sujets qui se veulent originaux et qui ne le sont pas, et surtout une fâcheuse tendance à ne pas exploiter le peu d’originalité que ses histoires pourraient receler. En outre, il oublie souvent de laisser parler sa propre originalité et sa propre créativité dans des mises en scènes et des bons sentiments trop bien appliqués. La sortie de ce « Faussaire » semblait donc marquer un renouveau dans la filmographie du cinéaste scandinave, tant le thème de celui-ci se différenciait de ce qu’il avait pu faire par le passé. Si ce n’est pas son premier biopic (il a réalisé sa version de « Casanova »), ce film s’annonçait intéressant à plusieurs niveau : d’une part par l’originalité du personnage, auteur raté et mythomane qui a réalisé le plus gros canular de l’histoire littéraire américaine du siècle dernier. D’autre part, le poids, même relatif, de sa fausse « autobiographie autorisée » d’Howard Hughes, a quand même eu des répercussions dans une période politique agitée aux Etats-Unis. En cela, le regard d’un européen sur ces faits était aussi quelque chose d’intéressant. Enfin, il est question dans l’histoire de Howard Hughes, personnage énigmatique a la personnalité des plus complexes, qui a déjà fait l’objet d’un biopic (le très bon « Aviator » de Scorsese avec Di Caprio), et qu’il est toujours intéressant de voir évoquer. Impressions à chaud.

 

« Il ne sortira jamais de sa tanière pour me dénoncer, ce type est cinglé »

 

L’histoire :

 

Etats-Unis, 1971. Clifford Irving est un auteur raté. Tous les romans qu’il propose aux éditeurs ne sont jamais publiés. Un jour, il a une idée de génie : écrire la biographie du milliardaire le plus célèbre et le plus énigmatique de l’histoire des Etats-Unis, Howard Hughes. L’homme qui a lancé l’industrie aéronautique américaine est atteint d’une certaine forme de folie et vit reclus dans un endroit caché depuis des années. Il n’en est jamais sorti ni ne s’est exprimé publiquement depuis si longtemps que plus personne ne sait exactement où il vit. Partant de cette constatation, Irving manigance, faux à l’appui, tout un stratagème invérifiable, portant à croire que Hughes l’a désigné comme auteur de son autobiographie autorisée. La nouvelle est tellement sensationnelle que les éditeurs n’hésitent pas à payer grassement pour en obtenir la primeur. Entraînant dans sa combine sa femme et son meilleur ami, Irving doit gérer la pression permanente autour de ce projet en inventant des mensonges toujours plus gros, et en tentant des coups de bluff, au point de croire peu à peu à ses propres mensonges. Et comme toujours dans ces cas-là, plus le mensonge est gros, plus dure est la chute. D’autant qu’en fouillant dans le passé de Hughes, Irving y trouve des liens financiers occultes avec le président Nixon, dont l’Administration se méfie de plus en plus de son ouvrage.

 

« Mentir me donne la migraine »

 

C’est à un film assez peu ordinaire que nous avons droit avec ce « Faussaire ». En effet, réalisé un peu à la manière des « Hommes du président » de Alan J. Pakula (1976), dont la trame, du moins historico-politique est sensiblement le même, c’est-à-dire avec un travail en arrière-plan d’investigations, de découvertes, de témoignages, pour finalement ébranler la classe politique. Mais là où le film porté par Dustin Hoffman et Robert Redford était purement politique et journalistique, le film de Hallström s’intéresse également à la personnalité étonnante d’un personnage hors du commun, puisque capable de mentir et de bluffer au point de mener le plus gros canular littéraire du siècle, prenant quelques millions de dollar au passage. Et en ce sens, la psychologie de Irving offre un spectacle assez intéressant, tantôt manipulateur, tantôt bluffeur, tantôt mythomane, tantôt convaincu de la véracité de ses propres mensonges, et dans tous les cas toujours sur la fil.

 

« Il m’a offert un pruneau »

 

Malheureusement pour lui, le film souffre quand même de quelques lacunes. Ainsi, la mise en scène reste assez peu inspirée, Hallström s’évertuant à recréer dans les moindres détails la mode de l’époque plutôt que d’apporter un peu de personnalité et de vigueur à une réalisation bien mollassonne. Ainsi, il nous gratifie de nombreuses scènes où Gere s’identifie à Hughes, aussi bien physiquement que dans son délire psychologique, mais ces scènes sont placées de manière un peu redondantes et sans apporter grand chose de constructif au film. On pourrait dire qu’elles sont là pour faire jolies. De même, le personnage assez lâche de son meilleur ami est dans l’ensemble trop caricatural pour apporter un réel relief à l’entreprise énorme que nos héros mènent. Le film pèche par ailleurs par un manque cruel de rythme, Hallström enchaînant des passages riches en rebondissements et en exaltation pour nos deux héros, et des passages tournant plus à vide, qu’il aurait été bon de réduire.

Enfin, et ce n’est pas la faute de Hallström, il se perd dans une foultitude de détails qui, à moins de connaître parfaitement cette partie de l’histoire américaine, risque de désarçonner des spectateurs pas forcément connaisseurs.

 

« - Que ferait Howard Hughes dans une telle situation ?

   - Il achèterait une compagnie aérienne ! »

 

De manière générale les interprètes sont assez moyens. Richard Gere trouve ici un rôle assez consistant comme il n’en avait pas eu depuis pas mal de temps. Mais à ses côtés, les autres comédiens restent quand même assez en marge. Alfred Molina surjoue son rôle de gentil con gaffeur et lâche, Marcia Gay Hayden semble un peu à côté de ses pompes tant jamais elle n’est effleurée par l’enjeu risqué de la démarche de son compagnon. Les autres personnages sont assez anecdotiques, Julie Delpy n’apparaissant que quelques minutes. Dans les personnages secondaires, Hope Davis se démarque par sa grande justesse.

 

Pour conclure, Lasse Hallstrom nous revient avec un film assez inhabituel pour lui, un biopic sur Irving, l’homme qui a réalisé le plus gros canular littéraire des Etats-Unis. Personnage complexe et hors norme, traitant d’un personnage et d’une période particulièrement trouble politique aux USA, cette histoire incroyable et même improbable étonne d’autant plus qu’elle est vraie. Néanmoins, la réalisation du suédois reste un peu molle et consensuelle, ce qui pénalise un peu le film, qui avait tout pour devenir un grand film. Porté par un Richard Gere en forme, qui retrouve là un rôle digne de son rang, « Faussaire » est un film qui se laisse voir avec un certain intérêt et sans déplaisir. Sans être une œuvre impérissable.



Par platinoch - Publié dans : Biopics
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 21 juin 2006 3 21 /06 /Juin /2006 00:40

"- Tu vas à un enterrement? - Peut être"

Genre très prisé aux USA et finalement peu utilisé chez nous, "Walk the line" est un biopic retraçant la vie de Johnny Cash, icône de la musique Roch/Folk, au moins aussi connu qu'Elvis outre-Atlantique, et finalement assez peu populaire chez nous. C'est dire si à priori ce film ne devait pas spécialement nous interpeller. Et pourtant voilà... une fois les premières minutes lancées, on est skotché à son siège et on ne peut plus en décoller, bluffé par ce destin hors du commun et par l'interprétation extraordinaire de Joaquin Phoenix.

2005 Twentieth Century Fox

Le film n'a pourtant rien d'original dans la construction de son récit. En effet, il commence par un drame qui marque l'enfance de manière indélébile, puis se poursuit sur une ascension rapide et une descente aux enfers avant de finir sur la résurréction du personnage central. En y regardant de plus près, on peut voir que les récents biopics à succès "Ray" ou "Aviator" se construisent également de la même manière. De même, ce film traite d'une période déjà largement traitée lors de nombreux biopics tels que "La Bamba" sur Ritchie Valens, "Great Balls of fire" sur Jerry Lee lewis ou "The Doors" sur Jim Morrison, autres légendes rocks des années 50-60. A priori donc, rien de bien neuf sous la comète.

"I'm goin' to Jackson, I'm gonna mess a- round"

Mais voilà, "Walk the line" marche mieux que tous les autres réunis. Il est attachant, formidable, et provoque de nombreuses émotions, au point que l'on souhaite que le film dure encore quelques minutes de plus!

La recette miracle? Elle relève bien évidemment du savant mélange de plusieurs éléments. Ainsi, et en tout premier lieu, elle tient du parti pri scénaristique: l'histoire est traitée à auteur d'homme, et on ne cherche pas à rendre le héros sympathique à tout prix. Il est pri dans sa totalité, cabossé par la vie, avec ses qualités et ses défauts. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui le rendent finalement attachant. On est ainsi bien loin de l'angélisme de "La Bamba", où Ritchie Valens, en apparaissant trop gentil et parfait, finissait par agacer quelque peu et perdre tout son relief. De même, le film occultait toutes les dérives et les excès poudreux et éthyliques du milieu rock de l'époque. Ce qui altérait aussi un peu la crédibilité du film. "Walk the line" est ainsi un vrai portrait d'un milieu et d'une époque: celle des vrais rebelles, d'une Amérique opulente, de l'épopée du Rock, mais aussi de la drogue, de l'alcool, et des jeunesses qui brûlent trop vite.

"I felt in to a burning ring of fire"

Outre ce portrait, le film marche également sur le brassage des thèmes: on est skotché par les passages musicaux, totalement jouissifs, et on se laisse prendre par la tendre histoire d'amour compliquée entre le rockeur drogué et depressif et la belle chanteuse qui saura le dompter.

Mais le point fort de ce film, c'est la qualité de la performance des deux interprètes principaux, véritablement hallucinante!!! Si Reese Whiterspoon se revèle enfin comme une bonne actrice, loin des navets auxquels on la croyait abonnée, c'est véritablement Joaquin Phoenix qui est LA révélation du film. Tout en sensibilité et en pudeur, cet acteur à fleur de peau, se revèle tantôt animal, en macho à la virilité exacerbée, tantôt ultra émouvant, tout en félure contenue. Sa performance n'est pas sans rappeler le jeu subtil et sensible d'un Montgomery Clift, dont Joaquin Phoenix s'impose comme étant le successeur naturel. Sa performance prend une dimension supplémentaire, quand on sait que comme Cash, Joaquin a perdu son frère (l'acteur River Phoenix) dans des circonstances toutes aussi douloureuses.

Mais la vraie prouesse des acteurs réside dans leur interprétation de la bande originale, les standards du maître Johnny Cash. Joaquin Phoenix y est phénoménal, sa voix se confondant presque par moment avec celle de l'original. Les duos avec Reese Whiterspoon accentuent la profonde alchimie qui lie le couple formé à l'écran par les deux jeunes interprètes.

Bilan des courses: un film fantastique, mené sur un rythme enlevé, et servi par deux comédiens extraordinaires. Bien sûr, on pourra trouver quelques défauts à ce film, comme la mise en scène, un peu "bateau", ou peut être quelques traits de caractère de Johnny Cash qui ont pu être revus de manière édulcorée par les scénaristes. Mais l'ensemble est tellement attachant et la musique tellement extraordinaire, qu'au final, on ne peut qu'adorer cet excellent film.



Par platinoch - Publié dans : Biopics
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Platinoch sur les réseaux sociaux

Compteur

Derniers Commentaires

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés