Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 21:41

« Ça ne marchera jamais cette histoire, tu finiras forcément par tomber amoureuse de moi ! »

Adam et Emma se sont rencontrés brièvement à plusieurs moments de leur vie. Un soir ivre, Adam va chez Emma. Au petit matin, il se réveille nu sur le canapé de celle-ci et fait la rencontre des colocataires d'Emma. Après des explications, ils finissent par avoir des relations sexuelles ensemble. Ils décident par la suite de ne pas s’engager sentimentalement et de mettre en place des règles de conduites à respecter entre eux. Cependant, Adam finit par se rendre compte qu'il est amoureux d'elle et décide de lui en parler. Seulement Emma, qui s'est aussi aperçu de ses sentiments pour lui, refuse de l'admettre et souhaite que la situation reste ainsi…

« Des sex friends qui couchent ensemble sans sentiments ? Ça n’existe pas ! »

Réalisateur culte de « Un jour sans fin », « S.O.S Fantômes 1 & 2 » ou encore de « Jumeaux », Ivan Reitman fut le roi incontesté de la comédie US des années 80. Dénicheur de talents hors pair, il révèlera ainsi une nouvelle génération de comédiens (Bill Murray, Dan Ackroyd ou encore Rock Morranis et John Candy) sur laquelle il s'appuiera dans ses films. Moins inspiré mais toujours présent dans les années 90 (« Junior », « Six jours sept nuits », « Evolution »), le cinéaste se fait beaucoup plus rare au cours de la décennie suivante, ne signant qu'un seul film en dix ans (le raté « Ma super ex » avec Uma Thurman). Cinq ans après son dernier film, Reitman signe son retour aux affaire avec « Sex friends », une comédie romantique dans l'air du temps portée par deux acteurs parmi les plus bankables du moment: Natalie Portman et Ashton Kutcher. De quoi lui permettre un retour au premier plan avant la sortie annoncée de son « Ghostbuster 3 » prévu pour 2012.

« On ne choisit pas de tomber amoureux »

Genre extrêmement codifié, la comédie romantique obéit le plus souvent à un canevas scénaristique pré-établi, s'intéressant en premier lieu aux relations entre les deux personnages principaux (qu'ils soient antagonistes ou qu'ils vivent une relation platonique) et au cheminement qui finira par les réunir. Un schéma éprouvé, usé jusqu'à la corde, dont les réalisateurs peinent à s'affranchir. Quitte à (re)produire sempiternellement des films sans aucune originalité ni personnalité. En inversant l'ordre établi (les héros couchent ensemble avant de tomber amoureux), Ivan Reitman cherchait à lui apporter un peu de fraicheur et de modernité. Armé d'un titre et d'un pitch accrocheurs ainsi que d'un casting séduisant, on attendait donc de « Sex friends » qu'il soit à la fois drôle, sexy et décomplexé. Pourtant, de toute évidence, il ne révolutionne pas le genre: Ashton Kutcher joue les hommes objets depuis « Toy boy » et de mémoire, il couchait déjà avec Amanda Peet dans « Sept ans de séduction » avant d'en tomber amoureux. Pas plus qu'il ne défrayera la morale: certes, la sexualité y est abordée de façon décomplexée et parfois crue, mais Reitman ne laisse aucun doute d'emblée sur la nature des sentiments qui unissent ses deux héros. Pourtant, l'alchimie opère. En dépit de gags un peu convenus, le film s'avère plutôt amusant et rythmé, grâce à quelques répliques savoureuses et à des seconds rôles énergiques qui assurent le show (mention particulière à Lake Bell). Assurant haut la main la partie charme du film, Natalie Portman et Ashton Kutcher forment un couple de cinéma craquant. Du coup, même si le film n'est pas inoubliable, il remplit sans problème ses objectifs, à savoir de nous divertir et de nous faire passer un bon moment.

 



Par platinoch - Publié dans : Comédies romantiques
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 23:39

« Tu veux pas te taire, s’il te plait ? Tu me fais mal à la tête »

Gab a une vie rangée : une fiancée, un mariage en préparation, une famille aisée. Leïla ne s'autorise pas de vivre la sienne : des études de droit, un petit frère turbulent, une maman partie trop tôt... Alors, lorsque Gab renverse le petit frère de Leïla, c'est le choc des mondes et le début d'une grande histoire d'amour qui va se heurter violemment à la réalité. Tina, la plus proche confidente de Leïla, est sans papiers, sous la menace d'une reconduite à la frontière et se fait arrêter. Alors que le monde de Leïla s'effondre, Gab est prêt à tout pour elle, même à s'opposer à son père, préfet de police. Qui a dit que rien n'était impossible tant qu'on a de l'amour ?

« L’amour, il n’y a que ça qui compte »

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Genre de tradition purement anglo-américaine, la comédie musicale fut en vogue à Hollywood dès les années 40. Les studios ont ainsi pu s’appuyer sur une langue particulièrement chantante et adaptée à ce genre, ainsi que sur le savoir faire des metteurs en scène et des chorégraphes de Broadway, de même que sur des acteurs qui, à la différence des nôtres, avaient déjà des formations particulièrement complètes, étant capables de jouer, chanter et danser, le tout avec la plus grande aisance. En France, Jacques Demy tentera bien, bon an mal an, de développer le genre. Mais malgré son enthousiasme et la présence d’une pointure comme Gene Kelly à ses côtés, ses films demeureront malgré tout des sommets de kitsch, à l’image des « Demoiselles de Rochefort » ou des « Parapluies de Cherbourg ». Et si rares sont les réalisateurs hexagonaux à s’y être essayés depuis, la plupart des tentatives de films musicaux français ont donné lieu le plus souvent à des films ratés, frisant même parfois le grotesque (ahhh « Jeanne et le garçon formidable » !). Quatre ans après un premier film passé inaperçu (« Regarde-moi »), Audrey Estrougo se lance donc un sacré défi pour son deuxième film en acceptant de se frotter à un genre aussi casse-gueule, qui, traditionnellement, donc, réussit assez peu aux cinéastes français.

« Comme si j’avais des amis maghrébins ! »

Pourtant, dans l’idée, il y avait quelque chose d’intéressant dans le fait de traiter en musique des maux de notre société et d’en dénoncer les dérives. En effet, la musique adoucie les mœurs, dit-on. Et puis quoi de mieux que la musique, langage universel s’il en est, pour rapprocher des gens de cultures différentes ? Et pour apporter un peu de légèreté à des sujets graves ? Car « Toi, moi, les autres » ne voulait pas se résumer à une simple histoire d’amour impossible entre deux jeunes gens de milieux socioculturels différents, façon « Roméo et Juliette » ou « West Side Story », vers qui il lorgnait tout de même ouvertement. Audrey Estrougo nourrissait ainsi de vraies ambitions pour son film, qui, au-delà de son apparente légèreté, devait lui permettre d’aborder des sujets difficiles et sensibles comme le racisme, les préjugés, l’exclusion, ou encore de dénoncer le traitement réservé aux immigrés en situation irrégulière. Une intention louable, mais qui se devait de s’appuyer sur un scénario intelligent et percutant. Il n’en sera finalement rien tant celui-ci se révèle idiot et dépourvu de toute profondeur. Le pire, c’est que le film se prend pourtant au sérieux, même quand il aligne les clichés les plus imbéciles (les immigrés corvéables à merci alors que le fils du Préfet est un oisif dédaigneux, l’héroïne qui parle avec l’accent de la cité) et ce jusque dans les moindres détails (l’autocollant royaliste dans le décor du quartier huppé). Avec ses situations caricaturales et extrêmes, son manichéisme repoussant (les gentils immigrés contre les méchants français) et ses prises de position à deux balles sur des sujets de société, on a l’impression d’assister à un épisode de « Plus belle la vie » de une heure et demi. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la partie musicale ne bénéficie pas de morceaux originaux écrits spécialement pour le film. Il faudra donc se coltiner les vieux standards de Michel Delpech et les insupportables chansons de Zazie. Le tout agrémenté de chorégraphies dont la maladresse tient de l’amateurisme extrême. Et dire que ce film devait nous interpeler. Non seulement il nous ennuie, mais en plus il nous agace. Au plus haut point.

  



Par platinoch - Publié dans : Films musicaux
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Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 21:45

« Tu sais pourquoi les Français adorent les blagues belges ? Parce qu’ils rient trois fois : une fois quand on la leur raconte, une fois quand on leur explique et une fois quand ils la comprennent ! »

1er janvier 1993 : passage à l’Europe. Deux douaniers, l’un belge, l’autre français, apprennent la disparition prochaine de leur poste frontière situé dans la commune de Courquain France et Koorkin Belgique. Francophobe de père en fils et douanier belge trop zélé, Ruben Vandevoorde (Benoît Poelvoorde) se voit contraint et forcé d’inaugurer la première brigade volante mixte franco-belge.
Son collègue français, Mathias Ducatel (Dany Boon), considéré par Ruben comme son ennemi de toujours, est secrètement amoureux de sa soeur. Il surprend tout le monde en acceptant de devenir le co-équipier de Vandevoorde et sillonner avec lui les routes de campagnes frontalières à bord d’une 4L d’interception des douanes internationales.

« Qu’est-ce que j’ai fait de mal à par de naitre à 5 km de l’autre côté de la frontière ? »

Il y a trois ans, à la surprise générale, Dany Boon et ses « Ch’tis » cassaient la baraque (à frites), pulvérisant tous les records au box office national. Ironie du sort, seul le « Titanic » de James Cameron ne sera pas coulé par « Bienvenue chez les Ch’tis ». Fort de plus de 20 millions de spectateurs en salles, avec des projets de remake en Italie ou aux Etats-Unis, Dany Boon devenait ainsi l’acteur le mieux payé d’Europe. Et accessoirement, l’homme à abattre. Car forcément, les attentes étaient grandes pour son grand retour derrière la caméra post-Ch’tis. Allait-il réussir à faire aussi drôle et aussi bien ? La vraie question qui demeurait surtout était de savoir si le nouveau film de Boon serait totalement nouveau et original ou si au contraire il allait jouer la continuité en continuant à exploiter le filon qui l’a mené au succès.

« Préférer son pays, c’est pas du racisme ! »

La première option était forcément la plus risquée, même si elle lui aurait permis de montrer une autre facette de son talent. Malheureusement, Dany Boon a semble-t-il préféré jouer la sécurité en choisissant de pousser la deuxième option à l’extrême. Construit une nouvelle fois sur le modèle des comédies de Gérard Oury autour d’une opposition entre un personnage excité et un gentil pierrot lunaire, il s’attache ainsi à reprendre point par point les éléments du scénario à succès des Ch’tis qu’il transfère à quelques kilomètres seulement de Bergues, à la frontière franco-belge. La confrontation Nord/Sud laisse ainsi place à la rivalité franco-belge, les douaniers remplacent les postiers, et l’histoire d’amour n’est plus contrariée par une mère envahissante mais par un beau-frère francophobe particulièrement retord. Ajoutons à cela que la baraque à frites laisse place à un bistrot pour routiers et on obtient à peu de choses près le même film. Certes, quelques répliques, quelques bons mots, quelques excès de Poelvoorde nous arrachent tout de même quelques sourires. Mais la déception domine quand même face à cette comédie à papa qui se contente d’aligner les poncifs et de brosser les spectateurs « vieille France » dans le sens du poil (refus de l’ordinateur, retour à la 4L). On était quand même en droit d’espérer mieux de cette affiche au casting riche regroupant quelques poids lourds de la comédie (Benoit Poelvoorde, François Damiens). D’une manière générale, c’est aussi la démarche un peu fumiste de Dany Boon, qui se contente ici de faire un copier/coller de son précédent film, qui est très déplaisante. Difficile dans ces conditions de trouver des qualités à défendre à ce « Rien à déclarer », film commercial s’il en est.  Sans vouloir tirer sur l’amblance, Dany Boon nous a quand même un peu pris pour des saucisses. Ou des fricadelles, c’est au choix.

  



Par platinoch - Publié dans : Comédies
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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 22:09

« Ce ne sont pas nos fusils, nos chiens ou nos barbelés qui vous retiennent. C’est la Sibérie toute entière qui est votre prison »

En 1940, une petite troupe de prisonniers décide de s’évader d’un camp de travail sibérien.
Pour ces hommes venus de tous les horizons, s’échapper de cet enfer ne sera que le début de l’aventure…
Ensemble, ils vont parcourir plus de 10 000 kilomètres, à travers la toundra sibérienne glacée, traversant les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi puis les sommets de l’Himalaya pour franchir la Grande Muraille de Chine. Certains s’arrêteront en chemin, d’autres ne survivront pas aux épreuves. L’Inde - alors sous contrôle anglais - est le but ultime. Mais la route est longue, les rencontres risquées, les conditions physiques épouvantables, et chacun a ses secrets…

« La bonté peut tuer ici. Mais cette faiblesse me servira : si je me blesse, tu me porteras ! »

Cinéaste prolifique, Peter Weir connût d’abord le succès dans son Australie natale durant les années 70, signant notamment des succès comme « Pique-nique à Hanging Rock » ou « La dernière vague », qui allaient lui ouvrir progressivement les portes d’Hollywood. Il traversera ainsi les années 80 avec faste et succès, signant entre autres le magnifique « Gallipoli », « L’année de tous les dangers », « Mosquito Coast », « Le cercle des poètes disparus » ou encore « Green card », collectionnant au passage les nominations aux Oscars. Se faisant beaucoup plus rare à partir de la décennie suivante, signant seulement trois films en vingt ans, Peter Weir renoue toutefois avec le succès en 1998 avec « The Truman show ». Huit ans après le médiocre et historiquement très douteux « Master and commander », il nous revient avec « Les chemins de la liberté », adapté du roman plus ou moins fictionnel et très controversé de Slavomir Rawics, « A marche forcée », paru en 1956. Si les droits du film avaient été achetés dès les années 60 par le comédien Lawrence Harvey, jamais de film n’avait à ce jour été réalisé, en dépit de nombreux projets (dont un porté par Burt Lancaster). Un demi-siècle plus tard, c’est donc Peter Weir qui mène à bien ce projet. Reconstituant les paysages de Sibérie, du désert de Gobi et de l’Himalaya entre la Bulgarie et le Maroc. C’est ce qu’on appelle la magie du cinéma !

« Merci Russie pour ton hospitalité mais je te dis adieu ! »

Véridique aux dires de Rawicz, aucun élément n’a jamais permis de prouver si l’histoire de cette folle évasion était authentique ou non. Mais au fond peu importe. Le récit de ces prisonniers du goulag, poussés par le désespoir et l’instinct de survie, se lançant dans une évasion hasardeuse qui débouchera sur une marche de plus de 11.000 km de la Sibérie à l’Inde via le désert de Gobi constituait en soi le socle d’une formidable aventure humaine. Peter Weir nous promettait ainsi un film fort où la quête intérieure, le dépassement de soi, n’avait d’égale que l’immensité des paysages naturels traversés. Une ode à la liberté et aux sacrifices qu’il faut parfois (souvent ?) faire pour la gagner. Retranscrivant plutôt bien l’atmosphère des procès staliniens et la violence des goulags, il nous proposait ainsi une réflexion sur la condition humaine : capable du meilleur comme du pire, l’Homme est à la fois un loup pour l’homme, alors qu’il est en même temps capable de bonté, de générosité et de solidarité, qualités nécessaires à sa survie. Malheureusement, cette fable humaniste et naturaliste souffre de quelques baisses de régimes notables qui alourdissent véritablement l’ensemble. Comme si ces « Chemins de la liberté » empruntaient trop souvent des chemins de traverses hasardeux qui rallongent fortement l’ensemble, à l’image de cette interminable traversée de la Mongolie. Aussi talentueux soit-il, Peter Weir n’a toutefois pas les qualités d’un Terrence Mallick pour se risquer à faire de longs plans naturalistes silencieux. Le film souffre aussi d’un casting inégal : si Ed Harris et Saoirse Ronan sont, comme à leur habitude, excellents, Jim Sturgess, le héros du film, manque, lui, cruellement de charisme pour son rôle de meneur. Soulignons aussi au passage que l’idée farfelue d’affubler les comédiens d’un accent slave pour parler l’anglais n’arrange pas vraiment les choses. Malgré cela, force est de constater que « Les chemins de la liberté », sans être le meilleur film de Weir, se situe tout de même plutôt dans le haut du panier de la production actuelle. De quoi justifier ses trois (petites) étoiles.

  



Par platinoch - Publié dans : Drames
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 23:34

« Faut pas avoir peur de mourir mais de ne pas avoir vécu assez »

Fêtard invétéré, Brit Reid semble bien décidé à vivre jusqu’au bout une existence oisive et privilégiée faite de fêtes extravagantes et de décadences de toutes sortes. 

Jusqu’au jour où son père, magnat de la presse indépendante est assassiné.

Bien décidé à reprendre l’entreprise familiale en main tout en cherchant du fun et de l’aventure, il décide donc de jouer les supers héros la nuit pour nettoyer la ville de ses criminels et pour faire parler de lui.

Accompagné de Kato, l’ancien mécano de son père, il devient donc le Frelon Vert.

« Un mec se déguise en insecte et tu te chies dessus ? »

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« Max la Menace », « Sex and the city », « Star Trek », « L’agence tous risques »: on ne compte plus les adaptations de vieilles séries tv qui se succèdent sur nos écrans depuis plus d’une décennie. A croire que les scénaristes sont en mal d’inspiration. Ou que la recette est particulièrement lucrative pour les studios qui misent sur la nostalgie des téléspectateurs pour s’assurer de bons résultats d’exploitation. Pourtant, bien souvent, la réussite n’est pas au rendez-vous (qui se souvient encore de l’infâme « Ma sorcière bien-aimée » ?). Sur un scénario écrit par l’un des nouveaux poids lourds de la comédie US, Seth Rogen, place donc à l’adaptation du « Frelon vert », série culte des années 60 qui avait révélé Bruce Lee. Après être longtemps passé en vain de main en main, c’est finalement le français Michel Gondry (à qui l’on doit notamment le sublime « Eternel sunshine of the spotless mind ») à qui été confié la lourde tâche de réaliser le projet. En 3D.

« Quand on accule un frelon, on se fait piquer ! »

On attendait de ce « Frelon vert » qu’il soit virevoltant et qu’il ait du piquant. La réussite du film reposait ainsi sur l’association surprenante de Michel Gondry – le génie visuel à l’imagination débridée – et de Seth Rogen – le poulain d’Appatow, nouveau cador de la comédie, tchatcheur hors pair qui semble n’avoir aucune limite. Ainsi, même si le film n’évite pas l'écueil d'un certain nombre de clichés inhérents au genre du film de super-héros (le riche héritier oisif qui se révèle une âme de justicier, l’assistante sexy qui entre dans la confidence, le conflit du héros avec son bras droit), force est de reconnaitre que la première moitié du film s’avère plutôt convaincante et sympathique. Les bastons s’enchainent, les poursuites sont spectaculaires, les gadgets des héros rivalisent d’explosivité (mention à la scène où la voiture est enterrée) et le duo Seth Rogen/Jay Chou distille une bonne dose de fun et de second degré au film. De quoi faire même oublier quelques maladresses scénaristiques (l’introduction maladroite du personnage pourtant important du procureur). Mais à mi parcours, « The green hornet » s’essouffle un peu. Comme si le tandem Gondry/Rogen avait grillé toutes ses cartouches dans la première moitié du film sans trop savoir comment relancer la machine et conclure. La deuxième heure se révèle donc plus fastidieuse, comme si le réalisateur essayait en vain d’étirer au maximum chaque scène pour meubler les carences d’un scénario un peu bâclé. Les bastons deviennent redondantes, les poursuites interminables (comme celle, pourtant spectaculaire, dans l’imprimerie du journal) et le film peine grandement à se terminer. Si l’ensemble n’est pas désagréable, sauvé par la cool attitude des acteurs, on attendait quand même un peu mieux de ce « Frelon vert », qui avait tout pour s’imposer comme la référence du film de super-héros tendance second degré. Dans le genre, « Kick-ass » ne semble pas prêt d’être égalé.

  



Par platinoch
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Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 21:54

« Quels ingrats au ministère de m’envoyer dans un endroit pareil »

Envoyé dans le désert de l'Arizona pour prendre le commandement de Fort Apache, le lieutenant-colonel Owen Thursday espère retrouver son grade de général. Mais au Fort il est méprisé pour son ignorance des tactiques indiennes et ses hommes n'apprécient pas sa discipline stricte.


Mais lorsqu'il apprend que Cochise, le chef des Apaches a quitté sa réserve et conduit sa tribu vers le territoire mexicain, il espère le capturer et rétablir ainsi sa renommée. Mais les indiens sont d'excellents stratèges...

« Vous lui avez donné votre parole ? Et alors ? Il n’y a pas d’honneur entre un officier américain et un indien »

Considéré comme le maitre absolu du western, John Ford s’éloigna cependant quelque peu de son genre de prédilection pendant la première moitié des années 40, durant laquelle il se consacra à des fresques sociales et historiques (« Vers sa destinée », « La route du tabac », « Les raisins de la colère », « Qu’elle était verte ma vallée ») ainsi qu’aux films sur la guerre (« La bataille de Midway », « Les hommes de la mer », l’excellent « Les sacrifiés »). De retour aux affaires avec le très bon « La poursuite infernale » (1946), il entame en 1948 avec « Le massacre de Fort Apache » sa trilogie dite « de la cavalerie », qu’il poursuivra dans les années suivantes avec « La charge héroïque » et « Rio Grande ». Si Ford s’entoure pour ce film de la plupart de ses acteurs fétiches (John Wayne, Henry Fonda, Ward Bond, Pedro Armendariz), on retiendra tout de même que « Le massacre de Fort Apache » marque le début de sa (fructueuse) collaboration avec le scénariste Franck S. Nugent, qu’il retrouvera pour la plupart de ses grands succès dans la décennie suivante, de « L’homme tranquille » au « Convoi des braves » en passant par « La prisonnière du désert » et les « Deux cavaliers ».

« Ce fut un homme qui sut mourir en héros et couvrir de gloire et d’honneurs son régiment »

« Le massacre de Fort Apache » devait faire date dans l’histoire du western. Pour la première fois, un réalisateur (et pas le moindre !) allait en effet s’affranchir des conventions morales du genre, et notamment de sa vision manichéenne primaire (les gentils pionniers contres les méchants indiens) pour y apporter un regard critique. A commencer par la perception des blancs. Fini donc les gentils pionniers luttant pour leur survie, Ford inverse ici les rôles : si les indiens se rebellent et se battent, c’est avant tout parce que les blancs les méprisent et ne respectent pas leurs engagements. A l’image du représentant du gouvernement, rongé par la cupidité, qui leur vend du mauvais whisky et des armes de contrebande. Ou du Lieutenant-colonel Thursday, étrange double fictionnel de Custer, qui, dévoré par son ambition et son égo, ne tiendra pas sa parole envers les indiens et mènera ses hommes – contre tout bon sens militaire – dans un piège fatal simplement pour se couvrir d’un peu de gloire. S’il préserve l’institution militaire en tant que telle, et notamment la bravoure et la loyauté des hommes du rang, Ford critique cependant ouvertement l’attitude et les décisions de ceux qui la dirigent. Mais la vraie nouveauté réside dans la manière dont il présente les indiens. Loin de la caricature du sauvage sanguinaire et cruel, ils sont présentés ici comme des hommes dignes et braves, civilisés (à l’image de leur redoutable stratégie militaire), ouverts à la négociation mais pas à la compromission avec des blancs ne voulant que leurs pertes. Une vraie petite révolution en soi qui annonçait la réhabilitation des indiens au cinéma. Une voie qu’allait creuser John Ford, avec des films puissants, comme « La prisonnière du désert » ou « Les Cheyennes », et qui allait se développer dans les westerns des 50’s (« La flèche brisée », « La dernière chasse », « Bronco Apache »), jusqu’à trouver sa pleine expression dans les 70’s (« Little big man », « Soldat bleu », « Un homme nommé Cheval »). Pourtant, en dépit de son approche innovante et pertinente, « Le massacre de Fort Apache », à l’instar des autres films de la trilogie de la cavalerie, souffre d’un manque criant de rythme, notamment dans ces scènes retraçant le quotidien des militaires du fort, qui le rend dans sa première moitié assez peu passionnant. Reste un John Wayne étonnant, qui loin de ses rôles de machos primaires, se révèle excellent dans le rôle de l'officier sage et progressiste. Une curiosité à voir néanmoins tant pour les amateurs de westerns que pour les fans de John Ford.  



Par platinoch - Publié dans : Westerns
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Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 22:34

« Je ne laisserai plus personne mourir pour moi »

La fin de l'aventure approche pour Harry Potter... Accompagné de Hermione Granger et Ron Weasley, le célèbre sorcier doit défendre sa vie et bien plus face à son plus grand ennemi : Lord Voldemort.

La première partie commence avec la périlleuse mission menée par Harry, Ron et Hermione pour retrouver et détruire le secret de l’immortalité et du pouvoir destructeur de Voldemort : les Horcruxes.

Seuls, sans les conseils de leurs professeurs ni la protection du professeur Dumbledore, les trois amis doivent plus que jamais compter les uns sur les autres.

Mais des forces obscures s’immiscent entre eux pour les diviser.

« Dumbledore t’envoie détruire tous les Horcruxes sans te dire comment on fait. Ça ne te chiffonne pas ? »

Dix ans après les débuts cinématographiques de la saga, on pensait – enfin ! – toucher au but. L’adaptation du dernier tome des aventures d’Harry Potter, « Les reliques de la mort », devait nous révéler le dénouement de la saga. Et se conclure en apothéose par l’affrontement final tant attendu entre Harry et Voldemort. C’était sans compter sur David Yates (réalisateur attitré de la saga depuis « Harry Potter et l’ordre du Phenix ») et sur les producteurs du film, qui décidaient de scinder ce dernier  tome en deux épisodes. Histoire de faire face à un récit particulièrement dense. Et de réaliser une bonne affaire commerciale ?

« C’est comme si rien n’avait changé. Et pourtant, tout a changé. »

On nous promettait des révélations et de l’action. Et même de l’émotion, du fait des pertes annoncées dans les rangs des fidèles protecteurs d’Harry Potter. Bref, on nous promettait un épisode mouvementé et palpitant. Malheureusement il n’en est rien. Prenant un soin suicidaire à éviter systématiquement toute scène d’action (à commencer par le transfert d’Harry à la tanière) que lui permettait son récit, David Yates nous livre un film particulièrement fade. Tel un McGuffin Hitchcockien, la quête des Horcruxes ne sert que de prétexte aux pérégrinations des personnages principaux et à leurs états d’âme. Ou comment, sous la coupe d’un médaillon maléfique, Ron va se mettre à douter de l’amitié d’Harry et de l’amour d’Hermione. Au gré des téléportations, passant successivement de la campagne à la lande, de la montagne à la mer, de l’hiver à l’été, David Yates semble se focaliser sur les relations entre les trois personnages principaux pour mieux justifier les 2h30 d’inaction de son film. S’il se fait paresseux en matière d’action et de rebondissements, le film se fait même boiteux dans son manque d’explications (que diable fait l’épée au fond de ce lac perdu ? Et pourquoi l’Elfe de maison apparait-il dans la geôle des Malefoy alors qu’il ne vient pas sauver Harry les précédentes fois où il est en danger ?). D’une manière assez générale, la réalisation de David Yates semble surtout extrêmement maladroite, notamment lorsqu’il se risque à un certain nombre de références (« Excalibur », « Le seigneur des anneaux », « Brazil »). Mal scénarisé, totalement dépourvu de rythme, « Harry Potter et les reliques de la mort » s’en remet donc au syndrome de la téléréalité (Vous avez vu grandir les personnages pendant dix ans, peut-être même avez-vous grandi en même temps qu’eux, vous serez forcément émus d’assister à leurs premiers baisers) pour attiser la sympathie des spectateurs et ainsi sauver les meubles. Avec toute cette platitude ambiante, on se retrouve même surpris de voir le réalisateur insuffler à son film un peu de génie, le temps d’une scène où la narration d’un conte nous est proposée sous forme d’animation en ombres chinoises. A part ça ? Pas grand-chose à se mettre sous la dent. Définitivement, la saga d’Harry Potter n’était déjà pas assez palpitante pour se permettre un épisode de 2h30 sans action. Espérons que le dernier épisode sera, lui, à la hauteur.

  



Par platinoch
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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 23:19

« Je veux pas d’emmerdes, je veux juste récupérer ma femme. Pour ça on m’a demandé de vous faire sortir et c’est exactement ce que je vais faire. »

Tout va pour le mieux pour Samuel et Nadia : lui est bientôt infirmier et elle, attend son premier enfant. Mais tout bascule lorsque Nadia se fait kidnapper sous l'oeil impuissant de Samuel.

A son réveil, son portable retentit : il a trois heures pour sortir de l'hôpital dans lequel il travaille un homme sous surveillance policière.

Le destin de Samuel est désormais lié à celui de Sartet, une figure du banditisme activement recherchée par tous les services de police. S'il veut revoir sa femme vivante, Samuel doit faire vite...

« Ils s’en branlent que t’aies rien fait »

Un film. Il n’en fallait pas plus à Fred Cavayé pour connaitre les honneurs d’une critique plutôt enthousiaste, d’un succès public d’estime, et même d’un remake hollywoodien réalisé par Paul Haggis et porté par Russell Crowe. Rien que ça ! La chance du débutant ? Peut-être un peu. Mais pas seulement. Le bonhomme n’aurait pas pu avoir tous ces honneurs sans avoir un peu de talent. Et l’une des grandes qualités de son cinéma réside dans son efficacité très « américaine ». A savoir un sens particulièrement développé de la concision et de l’épure qui lui permet de boucler ses films en moins de 90 minutes chrono et d’éviter ainsi tout temps mort. Une chose rare et particulièrement appréciable en ces temps où les films de genre peinent à descendre sous la barre des deux heures.

« Je te fais pas faire le flic, t’as trop une bonne tête ! »

Attendu au tournant, Fred Cavayé voulait de toutes évidences éviter de prendre des risques inutiles. Pas étonnant dès lors de le voir nous proposer une trame scénaristique finalement assez proche de son précédent long, « Pour elle ». A savoir un homme ordinaire contraint de recourir à une violence et à des pratiques extrêmes pour sauver la femme qu’il aime. Une thématique chère à des réalisateurs comme Sam Peckinpah et ses « Chiens de paille » dont on sent ici l’influence sur le cinéma de Cavayé. Mené tambour battant, le film se laisse suivre d’ailleurs sans déplaisir malgré quelques invraisemblances (Roshdy Zem qui se relève après une piqure d’adrénaline alors qu’il est encore intubé seulement quelques minutes avant). Il souffre en revanche d’un manque d’originalité flagrant, d’un côté trop « déjà vu ». En soi, ce ne sont pas tant les personnages de flics ripoux franchement caricaturaux ni l’improbable machination qui sont en cause. Mais l’impression que tout cela réuni dans un même film porté par un homme qui court non stop pour retrouver sa femme disparue a été déjà vu ailleurs et en mieux (« Ne le dis à personne », pour ne pas le citer). Une impression appuyée par une dernière scène, très explicative, qui s’avère tout simplement inutile et qui empêche cet honnête thriller de boxer dans la catégorie du dessus. Tout cela est un peu dommage car les comédiens (Lellouche et Zem en particulier) s’avèrent très convaincants, tout comme la réalisation au cordeau de Cavayé. 

           



Par platinoch - Publié dans : Films noirs/Policiers/Thrillers
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