Jeudi 2 février 2012
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« Jamais mes ancêtres n’ont vu de Sioux américains dans cette région
»
Printemps 1877. De retour d'une saison de chasse, O'Rourke, sergent des Tuniques Rouges de la cavalerie canadienne, et Cajou, indien Cree et frère
adoptif d'O'Rourke, tombent sur Grace Markey, seule survivante d'un convoi attaqué par les Sioux.
De retour au fort, O'Rourke informe le commandant Benton que les Sioux ont traversé la frontière canadienne et qu'ils vont tenter de rallier les Crees.
Benton reçoit l'ordre de désarmer les Crees et de partir pour Fort Walsh. Au cours de ce périple, O'Rourke prend la situation en main...
« Si on a été capable de maintenir la paix au Canada avec un effectif de moins de 300 hommes, c’est que jusqu’ici on traitait les indiens comme des êtres
humains »
Après avoir fait ses
classes comme acteur, producteur et assistant réalisateur (notamment pour D. W. Griffith) durant la période du cinéma muet, Raoul Walsh prend du galon avec l’avènement du
parlant, devenant un réalisateur à part entière. Se spécialisant d’abord dans les films noirs et de gangsters (« Les fantastiques années 20 », « La grande évasion », «
Une femme dangereuse ») et les films de guerre (« Du sang sur la neige », « Aventures en Birmanie »), il devient l’un des réalisateurs les plus
prolifiques des années 30 et 40. Mais plus que tout, c’est dans le western – son genre de prédilection – que Walsh s’illustre le plus. S’imposant comme l’un de ses meilleurs
spécialistes, il réalise quelques films majeurs du genre (« La charge fantastique », « La rivière d’argent », « Une corde pour te pendre », « Les aventures du
Capitaine Wyatt », « Les implacables ») et offre même son premier rôle à John Wayne (« La piste des géants » en 1930). Après un début de décennie 50 pour
le moins prolifique (pas moins de 11 films réalisés entre 1950 et 1953 !), Raoul Walsh ralentit un peu la cadence et réalise un seul film en 1954, le western « Saskatchewan
» (du nom de la province canadienne où il a été tourné), sorti en France sous le titre « La brigade héroïque ».
« Si on perd on sera scalpé. Si on gagne on sera pendu. »
Bien qu’ils ne
soient pas directement liés, « La brigade héroïque » commence là où « La charge fantastique » se terminait quinze ans plus tôt. A savoir juste après la bataille de
Little Big Horn (1876), durant laquelle les Sioux allaient s’offrir une victoire symbolique contre l’armée américaine ainsi que le scalp du mythique Custer. En
conséquence de quoi les Sioux allaient être traqués et poursuivis par la cavalerie américaine jusqu’en territoire canadien où ils tenteront de rallier à leur lutte les paisibles tribus Cree.
Assez inédit dans l’univers du western, ce changement de frontière et d’horizon devait conférer à ce film une touche d’exotisme nordique. Ainsi, les tuniques bleues de la cavalerie
américaine (élément à part entière de la mythologie du western, à laquelle le grand John Ford consacrera même une trilogie) laissent ici place aux tuniques rouges de la police montée
canadienne, qui n’avaient eu jusqu’ici les honneurs que d’un seul film, « Les tuniques écarlates » de Cecil B. DeMille (1940). En traversant la frontière,
Walsh adopte pour l’occasion le point de vue des canadiens : pragmatiques et humains envers les indiens, ceux-ci vivent d’ailleurs en bonne intelligence avec eux. Tout le
contraire de l’Amérique, qu’il critique sévèrement au travers du personnage du shérif, à la fois violent (envers la femme), lâche (il veut abandonner le soldat blessé, il tue un indien
dans le dos) et manipulateur. Et alors que l’Amérique termine dans un bain de sang ses guerres indiennes, les soldats canadiens seront sauvés des Sioux par l’intervention des Cree. Porté
par un très bon Alan Ladd et un Technicolor qui magnifie les superbes décors naturels du Saskatchewan, « La brigade héroïque » s’avère être un très bon western. Et un
plaidoyer pour la réhabilitation des indiens, comme ont pu le faire quelques mois avant lui Dalmer Daves (« La flèche brisée ») ou Anthony Mann (« La porte
du diable »).
Par Platinoch
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Publié dans : Westerns
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Mardi 31 janvier 2012
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« Je ne contrôle pas, j’anticipe. Sinon, tu te laisses surprendre et c’est là que
les problèmes commencent »
Zachary a 20 ans. Sombre et indépendant, il collectionne les conquêtes amoureuses et les échecs scolaires.
Sarah a 18 ans. Première de la classe, fragile, elle comble ses manques affectifs grâce à une maîtrise parfaite de sa vie.
Rien ne devrait les rapprocher et pourtant, l’année du bac, durant six mois, ils vont vivre un amour contre lequel on ne peut rien, le vrai, le grand,
celui qui marque une vie pour toujours.
« Je t’aime jusqu’aux étoiles »
Productrice expérimentée (notamment pour Antoine de
Caunes dont elle a produit « Monsieur N. » et « Désaccord parfait », ou encore pour Pierre Jolivet et ses « Zim anc co. » ou « Je crois
que je l’aime »), Marie-Castille Mention-Schaar était passée pour la première fois à l’écriture d’un long en 2009, co-signant le scénario de « La première étoile » avec
Lucien Jean-Baptiste. Une expérience qui devait lui donner définitivement le goût d’aller plus loin et de réaliser son premier film. C’est désormais chose faite avec « Ma
première fois », un film au titre prédestiné, dans laquelle la réalisatrice a mis beaucoup de son histoire personnelle, faisant notamment référence à son compagnon décédé
prématurément.
« Je croyais qu’avec moi tu avais changé »
Il était une fois le monde merveilleux de Marie-Castille Mention-Schaar : un
orphelinat digne du Château de Versailles dans lequel vivaient de pauvres gosses de (très) riches, souffrant tous de de problèmes de communication avec leurs parents si peu présents.
Parmi eux, il y a notamment Alice, la pimbêche de l’école. Comprendre par là la bosseuse coincée qui passe sa vie à établir des listes de choses à faire, faire du cheval et se
rêver major de Harvard. Jusqu’au jour où débarque Zach. Visiblement trop vieux pour être toujours au lycée, ce bellâtre cynique cultive sa cancritude tout en citant
Spinoza (sic) et fait régulièrement le mur avec sa moto (re-sic) pour mener en secret une carrière de mannequin (rien que ça !). En plus c’est un vrai rebelle (without au cause),
capable de cogner aussi bien le censeur que son propre père. Et comme les opposés s’attirent, forcément… La suite ? La réalisatrice nous refait le coup de l’oie blanche tombant amoureuse
du mauvais garçon en espérant le changer (re-re sic). Commence alors une avalanche (un déluge ?) de clichés ridicules (ils s’aimeront pour la première fois dans un grand champs de fleurs
avant de s’endormir sur la tombe de Musset). Et surtout avec des bougies partout, pour faire plus romantique. Et comme si son film n’était pas déjà assez mièvre, la
réalisatrice tente de nous rejouer le final de « Love story » en pensant que plus l’agonie de son personnage sera longue, plus elle fera couler de larmes. Un vrai supplice,
aussi bien pour l’héroïne (qui, comble du ridicule, sort furtivement de son coma pour dire adieu à son bien-aimé) que pour le spectateur. Mal filmé et pas vraiment bien joué, le film,
véritablement embarrassant, a déjà sa place parmi les gros navets de l’année. De mémoire de spectateur, on avait rien vu d'aussi cucul depuis « Twilight ».

Par Platinoch
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Publié dans : Drames
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Dimanche 29 janvier 2012
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19:38
« C’est forcément à toi qu’il répond puisque tu es la seule jeune fille à hisser
des drapeaux »
Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son
père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus.
C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer... Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la
sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier… Dans
un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et
d’espoir.
« M’occuper de tous ces gens m’empêche de me sentir triste et seule »
Dans la famille Miyazaki, on connaissait déjà Hayao, le père. Réputé pour
ses talents de dessinateur et d’animateur dès les années 60, celui-ci se fait connaître du grand public à la fin des années 70 en tant que réalisateur d’anime (« Le château de Cagliostro
» notamment), avant de créer quelques années plus tard les Studios Ghibli. Ceux-ci feront souffler un vent de renouveau sur le monde de l’animation japonaise en
développant spécifiquement des longs métrages pour le cinéma. Une vraie révolution dans un pays où l’anime était traditionnellement conçue au format série télé. Imposant son
style et son excellence, Miyazaki – et à travers lui les studios Ghibli – enchaîna les succès (« Mon voisin Totoro », « Le voyage de Chihiro », « Princesse
Mononoké »), au point de se voir ouvrir les portes des marchés européens et nord-américains, peu habitué jusqu’ici à ces productions. Travaillant dans l’ombre de son père depuis une
dizaine d’années, Goro Miyazaki était passé une première fois à la réalisation en 2006 avec « Les contes de Terremer ». Il nous revient cinq ans plus tard avec sa deuxième réalisation, «
La colline aux coquelicots », adapté du célèbre manga shojo (manga pour filles) de Chizuru Takahashi paru en 1980. Pour la petite histoire, c’est Hayao Miyazaki
qui en signe le scénario.
« Il n’y a rien à faire si ce n’est réprimer ce que l’on éprouve l’un pour l’autre. Faisons comme avant : restons de bons amis »
Malgré quelques tentatives (au demeurant réussies) d’Isao Takahata, les studios
Ghibli ont toujours privilégié les contes fantastiques et oniriques sur lesquels ils ont bâti leur réputation (la plupart étant signés Hayao Miyazaki, tels « Mon
voisin Totoro », « Princesse Mononoké », « Le chateau ambulant ») plutôt que les récits ancrés dans une certaine réalité sociale et historique (« Le
tombeau des lucioles », « Souvenirs goutte à goutte », « Mes voisins les Yamada »). De fait, si les débuts de Goro Miyazaki étaient placés résolument dans
les pas de son père (« Les contes de Terremer »), son deuxième film semble marquer son émancipation de l’univers paternel. En effet, avec « La colline aux
coquelicots », Goro délaisse les créatures imaginaires et merveilleuses de son père pour nous proposer une chronique lycéenne ancrée dans les contestations estudiantines qui
marquèrent le Japon des années 60. Sur fond de quête identitaire et de nostalgie, « La colline des coquelicots » nous convie à un joli récit initiatique, dans lequel
deux adolescents feront l’expérience du premier amour en même temps que du premier combat « politique ». Si l’histoire semble être un peu plus mature qu’à l’accoutumée, Goro Miyazaki n’en oublie
pas pour autant d’y insuffler tout ce qui fait la magie des films Ghibli : des paysages d’une beauté renversante, des couleurs magnifiques, une animation ultra léchée, ainsi que des
musiques accrocheuses. De quoi rendre son film émouvant jusque dans la ritualisation des gestes quotidiens (la préparation du repas, le hissage d’un drapeau). Une belle surprise donc, que
cette « Colline aux coquelicots », véritable petit moment de grâce et de charme qui habite le spectateur encore longtemps après l’avoir vu. L’élève semble s’affirmer et égaler le maitre
!
Par Platinoch
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Publié dans : Films d'animation/Dessins animés
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Samedi 21 janvier 2012
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« Même les grands hommes peuvent être corrompus »
Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J.
Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré.
Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.
« Un jour tu deviendras l’homme le plus puissant du pays »
En marge de sa longue carrière de comédien, Clint Eastwood aura su mener
une prolifique carrière de réalisateur. Avec 35 films au compteur réalisés en quatre décennies, on peut dire que le vieux Clint n’aura pas chômé. Surtout, il aura à peu près réussi à
aborder tous les genres, du western (« Impitoyable », « Pale rider ») au film de guerre (« De l’or pour les braves », « Lettres d’Iwo Jima ») en passant par le
polar (« L’échange »), le film noir (« Minuit dans le jardin du bien et du mal », « Mystic river »), le film musical (« Honkytonk man », « Bird ») ou
encore la romance (« Breezy », « La route de Madison »). Après avoir touché un peu au genre du biopic avec « Bird » et « Invictus », il nous revient avec «
J. Edgar », qu’il consacre au mythique directeur du FBI, J. Edgar Hoover (1895-1972). Pour retracer la vie et la carrière de ce personnage hors normes,
recordman de longévité à la tête d’une agence fédérale (de 1924 à 1972 – 48 ans ! – soit sous huit présidents différents) et véritable figure de la vie politique américaine, Eastwood
s’est adjoint les services du scénariste Dustin Lance Black, oscarisé pour le scénario d’un autre biopic politique: « Harvey Milk » de Van Sant.
« Quand la morale décline et que les dirigeants ne font rien, le mal triomphe »
De la fenêtre de son bureau, Hoover aura assisté, tel un témoin, à l’Histoire
américaine contemporaine. De l’investiture de Roosevelt et son cortège de voitures « primitives » à celle de Nixon et ses voitures modernes.
Deux scènes, mises en perspectives par un subtil effet de miroir, qui symbolisent à merveille ce que fut Hoover : un monument, une figure, qui traversa et participa à cinquante années de
vie politique américaine. Et pas des moindres, puisque ce furent durant ses cinquante années que les Etats-Unis passèrent du statut de simple puissance de second plan (et isolationniste
de surcroit !) à celui de superpuissance moderne, hégémonique et impérialiste. Mais au-delà de son incroyable longévité, ce qui fait l’intérêt de ce personnage hors normes, c’est surtout
sa personnalité trouble, faite de contradictions et de zones d’ombres. Ainsi, s’il fut un ardent défenseur de l’Amérique blanche et protestante, de la morale conservatrice WASP et un
raciste patenté, Hoover n’en fut pas moins un homme secret, aux méthodes de gangsters (espionnage des personnalités politiques de premier plan qu’il faisait chanter ensuite), et qui vécut tout sa
vie dans le déni, refoulant son homosexualité et son amour pour son adjoint, Clyde Tolson. C’est d’ailleurs de cet aspect là que le cinéaste traite
principalement, avec plus (la bagarre entre Hoover et Tolson qui finit par un baiser) ou moins (la scène too much où il enfile la robe de sa mère) de
réussite. Mais s’il est difficile de retracer la vie d’un tel homme en 2h, il est toutefois très réducteur de le limiter à sa seule homosexualité refoulée. Peu aidé il est vrai par une
narration en flashbacks qui rend l’œuvre extrêmement décousue et difficile à suivre, le film se borne à évoquer quelques affaires (le kidnapping du fils Lindbergh,
Martin Luther King) en faisant l’impasse sur les plus importantes (le McCarthysme, sa guerre ouverte contre le clan Kennedy) ou sur ses
relations ambigües avec la mafia. Ne reste que l’interprétation, dominée par un impeccable Di Caprio, pour sauver les meubles. Encore faut-il faire abstraction des maquillages
vieillissants grotesques, faisant passer le vieux Tolson pour une marionnette des guignols. Un (gros) raté de plus, donc, pour Eastwood qui n’a rien fait de bon depuis «
Gran Torino ».
Par Platinoch
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Publié dans : Biopics
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Jeudi 19 janvier 2012
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« Les avis sur Venise divergent : certains la trouvent trop calme, d’autres la trouvent trop bruyante. Mais
tous la trouvent belle ! »
Jane, alerte quadragénaire américaine, mais toujours célibataire, arrive à Venise pour y passer ses vacances.
Rêvant depuis toujours de découvrir la Cité des Doges, elle arrive euphorique en ville.
Mais le romantisme de celle-ci lui fait davantage ressentir le poids de sa solitude jusqu’à ce qu’elle rencontre un antiquaire vénitien, le passionné
Renato. Mais il y a un hic, le bel italien est marié…
« Il y avait sur ce bateau qui cherchait au plus profond d’elle-même quelque chose. Comme une sorte de merveilleux miracle magique et mystique. Trouver
ce qui lui avait manqué toute sa vie »
La carrière de David Lean se divise aisément en deux
périodes bien distinctes : d’une part sa période anglaise (du début des années 40 jusqu’au milieu des années 50) faite de mélos intimistes le plus souvent filmés en noir et
blanc, et de l’autre, sa période hollywoodienne (du milieu des années 50 jusqu’aux années 80) constituée de grandes fresques flamboyantes en Technicolor. A cheval sur ses deux
périodes, « Vacances à Venise », tourné en 1955, fait office de trait d’union dans la carrière de Lean. Considéré par son auteur comme étant le film préféré de sa propre
filmographie, « Vacances à Venise » possède le minimalisme de sa période anglaise tout en annonçant son évolution vers un cinéma visuellement plus riche (tournage en décors naturels, en
Technicolor, avec une grande star américaine : Katherine Hepburn). Adapté d’une pièce de Arthur Laurents qui a triomphé à Broadway trois ans plus tôt, « Vacances à Venise » eut
le rare privilège d’être tourné directement dans la ville. En effet, bien que peu encline à laisser une équipe de tournage perturber l’activité touristique, la municipalité a néanmoins
donné son autorisation en contrepartie d’une importante contribution financière destinée à la restauration du patrimoine versée par la production. A noter, pour l’anecdote, que lors de la scène
où elle chute dans le canal, Katherine Hepburn a contracté une sérieuse conjonctivite qui la suivra jusqu’à la fin de sa vie.
« Pourquoi toujours chercher à comprendre ? Les plus belles choses n’ont pas besoin d’être comprises »
S’il y a bien une constante dans le
cinéma de David Lean, c’est son goût pour les histoires d’amour passionnées autant qu’impossibles. De « Brève rencontre » aux « Amants passionnés » en passant par «
Le docteur Jivago », il fut ainsi l’un des maitres du mélo romantique et flamboyant. En cela, il ne déroge pas à la règle puisqu’il est aussi question d’amours impossibles dans «
Vacances à Venise ». Surfant sur la vogue très 50’s des comédies romantiques prenant pour cadre l’Italie (« Vacances romaines » triompha quelques mois plus tôt, avant «
C’est arrivé à Naples » ou plus tard « Avanti ! »), Lean nous fait suivre le voyage d’une vieille fille américaine dans la capitale des amoureux. Au fil
de ses périgrinations dans la ville des Doges, l’héroïne se laissera porter par la beauté du lieu et l’atmosphère très « Dolce Vita » qui y règne. De ses rencontres (un couple de
touristes bas du front, des amoureux « seuls au monde », un gamin des rues malicieux, un bel antiquaire) cependant ressurgiront son mal-être et sa pensante solitude. Si « Vacances à
Venise » reprend les thèmes de prédilection du cinéaste, on y retrouve aussi ses principaux défauts. A commencer par un récit au rythme terriblement lent et beaucoup trop étiré en longueur
alors même que l’histoire, assez basique, ne le justifiait pas. Toutefois, il en ressort un joli et émouvant portrait de femme, à la fois libre, indépendante et désenchantée, magnifiquement
interprétée par Katherine Hepburn, qui reçut pour l’occasion une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Quant à Lean, toujours en avance sur son temps, il signe là un beau
film féministe, s’affranchissant pour l’occasion des standards moraux de l’époque en imposant un personnage de femme libre et forte, au cœur d’une romance purement sexuelle et
extraconjugale.
Par Platinoch
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Jeudi 5 janvier 2012
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« Vous n’avez pas à inciter madame à ne pas payer ses dettes
»
Claire, Jeune juge au tribunal de Lyon, fait la connaissance de Céline, une jeune mère célibataire victime de surendettement.
Lui rappelant les problèmes de sa propre mère, elle est touchée par la situation de la jeune femme.
Décidée à agir, elle rencontre Stéphane, juge chevronné et désenchanté, qu'elle entraîne dans son combat contre le surendettement. Quelque chose naît
entre eux, où se mêlent la révolte et les sentiments, et surtout l'urgence de les vivre.
« Nos clients se foutent d’être informés, ce qu’ils veulent c’est de l’argent »
On croyait sa cause perdue. Il faut dire qu’en près de vingt ans de carrière,
Philippe Lioret s’est allègrement compromis dans la réalisation de drames pompeux et tire-larmes, à l’image des infâmes « L’équipier » ou « Je vais bien ne t’en fais
pas ». Confondant sensibilité et guimauve, émotions et mièvrerie, l’homme s’était forgé (contre son gré ?) la réputation d’être le spécialiste français du mélodrame
sirupeux et lacrymal. Et puis, en 2009, alors qu’on n’y croyait plus, il y eut le petit miracle « Welcome ». Osant pour la première fois se défaire de la
naïveté de ses précédents films, Lioret s’emparait d’un vrai sujet de société controversé (les dramatiques conditions de vie des immigrés clandestins bloqués à Calais et
l’application par l’Etat du délit de solidarité à l’encontre de ceux qui leur viennent en aide) au terme duquel il délivrait un bouleversant plaidoyer humaniste. Ebranlé par
l’engagement du réalisateur (et de son comédien principal, Vincent Lindon), on en venait à revoir un peu les jugements qu’on avait pu émettre sur lui. Forcément
très attendu, « Toutes nos envies », son nouveau film, devait permettre de confirmer (ou non) l’évolution du réalisateur vers un cinéma plus engagé et plus politique.
« Le crédit c’est la consommation et la consommation c’est le système. Et le système on y touche pas »
A première vue, le choix d'adapter le roman « D'autres vies que la mienne
» (publié en 2009) de l'excellent Emmanuel Carrère, semblait très pertinent. Il faut dire qu'il offrait au réalisateur un vrai grand sujet de société – le scandale du
crédit à la consommation et son corolaire, le surendettement – à même de lui permettre de poursuivre dans la voie d'un cinéma plus volontiers social et engagé. D'ailleurs, Lioret
ne tarde pas à rentrer dans le vif de son sujet: à peine le temps d'introduire dès les premiers plans le personnage de la mère courage qu'il nous entraine avec elle dans la spirale
infernale du surendettement. De là, il s'attaquera de front à son sujet, mettant à jour en l'espace de quelques scènes les abus scandaleux des organismes de crédit – couverts par l'Etat
au nom de la sacrosainte consommation – et l'impuissance de la justice à les combattre. Virulente et sans appel, la charge trouve même son point d’orgue le temps d’un savoureux réquisitoire mené
par le juge Vincent Lindon, auteur ici d’une nouvelle prestation impeccable. Et puis, alors que la croisade menée par ces deux juges idéalistes s’annonçait passionnante, Lioret abandonne
brutalement son sujet principal pour démarrer un autre film, consacré à la maladie incurable de la jeune héroïne et à son issue fatale. Se sabordant lui-même, il se
focalise alors exclusivement sur la relation ambigüe que l’héroïne entretient avec son collègue, et plus encore sur la relation malsaine qu’elle noue avec sa protégée surendettée qu’elle impose à
sa famille comme une épouse et une mère de substitution à même de la remplacer une fois partie. Et tandis que commence la (très) longue agonie de son héroïne qui n’en finit plus de
mourir, on regrette amèrement que Lioret soit retombé dans ses travers mélodramatiques, qui plombent un film qui aurait du être bien meilleur s’il avait eu la rigueur de s’en tenir à son sujet
initial.
Par Platinoch
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Publié dans : Drames
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Mardi 3 janvier 2012
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Un grand merci à Cinetrafic qui m’a permis de chronique le dvd du
« Sang des templiers » de Jonathan English.
« Il y a une valeur dans toute mort. J’en donnerai une à la votre.
»
En 1215, le roi d’Angleterre, Jean, a été contraint de signer la Magna Carta, un document qui assure la liberté du peuple et constitue désormais la base
du droit commun en Angleterre. Furieux d’y avoir été forcé, il lève une armée de mercenaires et commence à piller le pays pour reprendre le pouvoir. Il est sur le point d’atteindre Londres et de
remporter la victoire, mais un dernier obstacle se dresse encore sur sa route : le château de Rochester.
À l’intérieur, rassemblée par le baron Albany, une petite bande de guerriers rebelles s’est jurée de retenir le roi Jean jusqu’à l’arrivée des renforts.
Elle compte un chevalier Templier ; Isabel, la dame du château, mais aussi des mercenaires endurcis comme Beckett et des jeunes soldats tels Guy, qui va goûter à la bataille pour la première fois
– et peut-être bien la dernière. Chacun a ses espoirs, ses démons et ses secrets. De part et d’autre de la muraille, les deux camps sont prêts à tout pour l’emporter et l’heure de l’affrontement
approche...
« Tuer un homme n’a rien de noble. Ni pour la liberté. Pas même pour Dieu »
Crée en 1129, l’Ordre du Temple avait pour mission de défendre la Terre Sainte et
de protéger les pèlerins. Pour ce faire, il pouvait compter sur ses chevaliers templiers, redoutables guerriers aguerris, qui devaient disparaître en même temps que l’Ordre en 1312. Forts
de leurs combats durant les croisades et du mystère qui entoura la disparition de l’Ordre, les templiers devinrent des figures mythiques de l’époque médiévale. De quoi inspirer nombre de légendes
dans la culture populaire. Et de cinéastes qui vantèrent leur héroïsme et leur bravoure, aussi bien dans des films historiques (« Kingdom of heaven ») que dans des films
d’aventures (« Indiana Jones et la dernière croisade », « Benjamin Gates et le trésor des templiers ») ou de SF (« Le dernier des templiers »). Après avoir
inspirés des réalisateurs de la trempe de Steven Spielberg ou Ridley Scott, au tour de l’anglais Jonathan English (déjà auteur de deux longs restés inédits en France) de
succomber à l’attrait des chevaliers templiers avec « Le sang des templiers ». Un film d’action historique totalement indépendant, qui nécessita qu’une réplique du célèbre
château de Rochester soit entièrement réalisée au Pays de Galles.
« Un templier offre sa virginité à Dieu alors que l’épouse en souffre à côté de son mari »
Dans son récent « Robin des bois », Ridley Scott
revenait sur la fronde des barons anglais qui déboucha sur la signature de la Grande Charte, qui mit un terme à la monarchie absolue. « Le sang des templiers » pourrait être une
sorte de suite chronologique, s’intéressant à ce qui se passa après, lorsque le roi Jean tenta de reprendre sa parole et de soumettre les barons. Partant d’un épisode historique
réel (le siège par les troupes du roi du château de Rochester) avec lequel il prend un certain nombre de libertés (le château était défendu par une grosse centaine
d’hommes et non une quinzaine, les français arrivèrent plusieurs mois après la bataille, le baron ne fut pas exécuté), English nous livre un film d’action médiéval très efficace et sans
temps morts (chose rare pour un film de plus de 2h !). Hyper référencé, son film emprunte par ailleurs beaucoup au genre du western (qui ce soit dans le côté sacrificiel
de ses personnages façon « Les sept mercenaires » ou dans le fait qu’ils soient assiégés comme dans « Alamo » ou « Rio Bravo »), ce qui contribue pour beaucoup
à l’efficacité générale du film, qui, pour une fois, ne joue pas la carte du manichéisme ou de la mauvaise foi historique (les français ne sont pas ici les méchants). Porté qui
plus est par un casting au diapason, notamment par le méconnu mais parfait James Purefoy (faux air de Hugh Jackman, aperçu dans « Salomon Kane
») ainsi que le génial Paul Giamatti et la belle Kate Mara (qui remplace Megan Fox, initialement prévue), « Le sang des
templiers » est, dans son genre, une vraie réussite !

Le DVD : Edité par Metropolitan Filmexport, le film est présenté en VF et en VO
(sous-titres français disponibles). Outre les bandes-annonces, il est également accompagné d’un commentaire audio, de photos et de notes de production. Le vrai plus, c’est son making-of (10
minutes) dans lequel le réalisateur et les acteurs présentent les personnages, le tout accompagné d’images du tournage.
« Le sang des templiers » est édité par Metropolitan
Filmexport et sera disponible le 4 janvier 2012.
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d’action et dans la catégorie Film 2011.
Par Platinoch
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Publié dans : Films d'action
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Lundi 2 janvier 2012
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« Certains jurent que le monde a perdu sa magie. Comment alors expliquer que
le monde entier se réunisse un même jour pour fêter l’espoir d’une nouvelle année ? »
"Happy New Year" célèbre l’amour, l’espoir, le pardon, les secondes chances et
les nouveaux départs, à travers les histoires entremêlées de couples et de célibataires, racontées au milieu du rythme effréné et des promesses de la ville de New York pendant la nuit la plus
éclatante de l’année.
Les dernières heures de l'année sont parfois les plus riches en
émotion...
« Qui vas-tu embrasser à minuit ? »
Vieux routier du cinéma hollywoodien, Gary Marshall a fait son trou voici
trente ans en signant quelques-unes des comédies romantiques les plus cultes des années 80 et 90. A commencer par « Pretty woman » et sa fausse suite « Just
married ». Une vingtaine de films en tout, parmi lesquels « Le kid de la plage », « Frankie et Johnny » ou encore « Princesse malgré
elle », qui lui auront permis de s’imposer comme l’un des spécialistes du divertissement et de la romcom. A près de 80 ans, toutefois, le réalisateur semble avoir le plus grand mal à se
renouveler. Peinant à renouer avec le succès, celui-ci semble plus que jamais en bout de course même s’il refuse de jeter l’éponge. Alors, à défaut de scénario valable ou de belles
histoires à nous raconter, il s’amuse à combler le vide en réunissant à l’écran de gros castings, où se côtoient les acteurs à la mode du moment. Telle était la recette miracle
de « Valentine’s day », grand chassé-croisé amoureux durant le jour de la Saint-Valentin dans lequel se croisaient notamment Ashton Kutcher, Julia Roberts,
Bradley Cooper, Anne Hathaway ou encore Jessica Alba. Fort de son succès, il décide de remettre le couvert avec « Happy new year ».
« Le nouvel an, c’est une nouvelle chance qui nous ait
donné »
Même recette, même principe, seul le jour change puisque la
Saint-Valentin fait place au 31 décembre. Pour le reste, Marshall nous ressort la même narration à tiroirs, faisant succéder les vignettes et les personnages, laissant le soin aux
spectateurs de deviner qui finira avec qui lorsque les douze coups de minuit sonneront. Dans un New York de strass et de paillettes, le réalisateur compile les situations les plus
clichées (la rencontre dans l’ascenseur entre deux opposés qui s’attirent, le rendez-vous hasardeux donné par une inconnue l’année précédente, le mourant solitaire qui espère voir la
nouvelle année) dont les protagonistes ne sont que de riches nantis et des stars du showbiz (en vrac une vice-présidente d’une géant de l’événementiel, une star de la chanson et
sa choriste, un riche héritier…). Carte postale terriblement artificielle et clichée (le discours ad nauseum d’Hilary Swank), « Happy new year »
capitalise tout ce qu’il peut sur son casting gonflé à bloc où les stars d’hier (De Niro, Pfeiffer, Elizondo) côtoient les valeurs montantes du cinéma
actuel (Hilary Swank, Halle Berry) et celles de la télé (Zac Efron, Katherine Heigl, Sarah Jessica Parker, Ashton Kutcher).
Immanquablement, le cabotinage de certains (la private joke sur les chaussures et la robe de Sarah Jessica Parker, le tour de chant spécial midinettes d’un Bon
Jovi à la chevelure éclaircie) suffira à séduire ou du moins à satisfaire les spectateurs les moins exigeants. Les autres sortiront gênés de ce spectacle affligeant, qui
s’apparente davantage à un énorme spot publicitaire (comme si Nivea, Philips ou Sony ne suffisaient pas, Michael Bloomberg vient faire son auto-promo tandis que
Carla Gugino réussit durant le « best-of » du générique final à nous vendre le dvd de l’opus précédent !) qu’à un vrai film de cinéma. Sous la houlette du
tâcheron Marshall, Hollywood nous souhaite donc une bonne année. Et nous rappelle que même les vedettes ont des impôts à payer. A votre bon cœur, m’sieurs dames !

Par Platinoch
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Publié dans : Comédies romantiques
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