Dimanche 23 juillet 2006 7 23 /07 /Juil /2006 01:02

Voilà un film qu'on ne présente plus et que je n'ai pas vu, pour une fois, par hasard. Il faut dire qu'il m'a été extrêment bien "vendu", autant  par les critiques dans la presse, lors de sa réédition en salle puis en dvd, que par l'insistance de quelque(s) personne(s) (spéciale dédicace à John, mon père). Après cela, que dire de plus pour présenter ce film cultissime, grand classique parmi les classiques pour tout cinéphile qui se respecte??? Pas grand chose, si ce n'est qu'il est donc réalisé par le grand Ettore Scola, auteur trois ans plus tard d'un des plus grands films italiens de tous les temps, "Une journée particulière". On peut également dire qu'il est porté par deux des plus grands acteurs italiens de l'après-guerre, Nino Manfredi et Vittorio Gassman. Et comme tous les films de Scola, il dresse un véritable portrait social de l'Italie d'après-guerre, à travers quelques anti-héros grandiloquents et jamais très sympathiques mais toujours regardés avec tendresse.

Mars Distribution

"Nous voulions changer le monde, mais c'est le monde qui nous a changé"

Car ce film, c'est avant tout l'histoire de trois hommes, trois camarades, dont l'amitié a été forgée dans les maquis des partisans (à priori une amitié solide donc) italiens contre les occupants nazis. Leur destin, sur les trente années suivantes, se suivra au gré de leurs rencontres, souvent fortuites, et sera peuplé de mensonges, de non-dits, et de désir pour la même femme qui mettra à mal leur amitié. Sur un scénario extrêment bien construit, Scola nous expose tour à tour les points de vue et les états d'âme des trois personnages, et la façon dont ils ont su concilier les idéaux pour lesquels ils se sont battus et ont risqué leur vie, et les réalités du quotidien. Sur cette base, Scola nous dresse un portrait assez amer, de trois hommes finalement assez individualistes, qui n'ont pas su être conciliant et trouver le bonheur. A l'exception d'Antonio, magnifiquement interprété par Nino Manfredi, qui épouse finalement la femme dont il est amoureux, mais qui n'a pas su, faute de tempérance sortir de sa condition, les deux autres personnages semblent s'être perdus en chemin, que ce soit Nicola, l'intransigeant militant communiste qui a sacrifié femme et enfant au nom de son militantisme, ou Gianni (Superbe Gassman), tout de dédain et de cynisme, qui a lui aussi laissé partir l'amour ainsi que ses idéaux pour une situation sociale en or.

"Le monde n'est pas si petit, il aura fallu 25 ans pour se retrouver"

La grande force de ce film est d'arriver à faire le parallèle entre le destin de ces anciens frères de sang, et celui de l'Italie de l'après-guerre, tiraillée politiquement entre les deux extrêmes, et très instable. Avec un scénario des plus intelligents et des dialogues remarquables, dont la grandilloquence n'a d'égale que l'amertume des personnages, Scola pose une grande question humaine sur la valeur des idéaux (faut-il y rester obstinément fidèle quitte à y sacrifier son propre bonheur?) sans vraiment y répondre. Sa mise en scène, très fluide compte tenu de la relative complexité du récit qui voit se succéder différentes époques, est comme toujours impeccable, et inventive, l'effet de mise en lumière hors du temps des personnages pour qu'ils expriment leurs pensées intimes à la manière de la pièce de théâtre que Luciania et Antonio vont voir, apporte beaucoup de poésie à l'ensemble.

"Notre génération est dégueulasse"

La perfection du jeu des acteurs principaux apporte une touche d'humanité supplémentaire, la palme revenant à Vittorio Gassman, génial en salaud plein de mépris, de suffisance, de cynisme, et finalement bien plus lucide et vulnérable que l'on croit. La scène où il s'imagine mourrir par balle en maquisard dans les bras de ses deux compagnons, comme celle où il discute avec sa défunte femme, en sont les plus grandes preuves.

Vittorio Gassman. Mars Distribution

"Je croyais que le grand amour reste le grand amour"

Avec ce "Nous nous sommes tant aimés", Ettore Scola signe un film d'une grande maturité, traitant de l'amitié, de la vie, des illusions et des idéaux. Si ses personnages apparaissent finalement, avec beaucoup d'amertume, comme étant des perdants (aucun d'entre eux n'a réussi le savant mélange entre convictions politiques et concessions menant à l'épanouissement d'une vie), il les traite avec beaucoup d'empathie, ce qui leur confère une grande humanité. Certaines scènes sont d'une force rare, comme le dernier repas des retrouvailles, 25 ans plus tard autour du même plat de pâtes, où Gianni fait croire qu'il est un pauvre gardien de parking alors qu'il est riche (ce dernier repas et cette trahison étant presque christiques). C'est sur ce constat désabusé que s'achève cette oeuvre majeure, sur une Italie qui a alors un peu "le cul entre deux chaises", et qui préfigure déjà la période noire des années 70-80. Un film formidable, à voir absolument.



Par platinoch - Publié dans : Films Politiques/Historiques
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Dimanche 9 juillet 2006 7 09 /07 /Juil /2006 02:07

La bonne surprise cinématographique de ce début d'été, il en faut bien une, s'appelle "Slevin" et nous vient des USA. Pourtant, une fois n'est pas coutume, guidé par les critiques plus que mitigées de la presse spécialisée, je m'étais définitivement décidé de ne pas aller le voir. D'autant que la présence de Bruce Willis au générique, dont les derniers films ont autant marqué l'Histoire du cinéma que les derniers Terrence Hill/Bud Spencer, ne m'incitait pas du tout à y aller. Mais il y a des jours où on a vraiment envie de se faire une toile et où les horaires qui coincident avec vos obligations ne vous laissent pas beaucoup de choix...Je me glisse donc dans la petite et inconfortable salle 7 du Rex, et autant vous le dire, rendons à César ce qui lui appartient, j'ai failli rater un très bon moment de ciné!

"Charlie Chaplin qui participe à un concours de sosie à Monte-Carlo et qui finit troisième, ça c'est une histoire extraordinaire!"

Car ce "Slevin" a en lui quelque chose de racé et de profondément fort. Bien sûr il faut être objectif, ce film n'est pas un chef d'oeuvre et ne marquera pas l'Histoire du Cinéma. Bien sûr, cette énième histoire de vengeance et de maffia n'apporte pas grand chose au genre. Néanmoins, il a une qualité majeure qui est double, à savoir d'avoir un très bon scénario nourri d'excellents dialogues, et un recul suffisant pour mener jusqu'au bout ses spectateurs sans pour autant se prendre réellement au sérieux. Une vraie ambiance rock'n'roll en quelque sorte!

Le scénario est ainsi assez jouissif. Bien sûr qu'on devine assez rapidement la véritable identité et les motifs réels de l'énigmatique héros. Bien sûr que cette histoire de vengeance totalement alambiquée n'apporte rien de neuf sous la comète. Mais le style électrique et personnel, la manière dont l'intrigue est menée, et des répliques totalement improbables et décalées suffisent pour assurer un très bon spectacle au cours duquel on se prend totalement au jeu du réalisateur Paul McGuigan, précédemment réalisateur de "Rencontre à Wicker Park" honnete remake de l'excellent "l'Appartement". Ainsi, l'énigmatique et génial "Kansas City Shuffle" ou l'humour décalé et le recul avec lequel Josh Hartnett va chercher les coups des sbires des uns et des autres se révèlent parfaitement joussifs.

"- Tu me fais penser à James Bond  - C'est le plus beau compliment qu'on m'ait jamais fait!"

Outre le scénario complètement barge et son esprit rock'n'roll (un peu comme dans les Tarantino, sans pour autant se prendre trop au sérieux), le film jouit aussi d'une distribution assez hétéroclite mais aux petits oignons. Josh Hartnett brille parfaitement dans ce rôle de héros énigmatique et lunaire, passant en un rien de temps et dans une parfaite crédibilité du héros décalé et pince sans rire au vengeur ultra-violent, et Lucy Liu lui renvoie très bien la pareille, dans ce rôle de petite héroïne sexy, curieuse et insouciante. Bruce Willis (toujours dans le même rôle?!), dans un rôle central mais secondaire, semble avoir enfin trouvé suffisement d'autodérision pour être supportable. Même chose pour Morgan Freeman. Quand à Ben Kingsley, c'est un vériable plaisir de le voir à l'affiche de ce genre de film, d'autant qu'il demeure toujours aussi impeccable, quelque soit le rôle. Un casting des plus réussis, donc, et dont l'importance est capitale dans la réussite de ce film.

"Me tuer en état de légitime défense, c'est casher?"

Au sortir de la salle, il faut bien l'admettre, on a un sérieux sourire accroché aux lèvres, regrettant, comme toujours, d'avoir été sophiste parmi les sophistes, et d'avoir failli manqué ce bon film. Car la dose d'autodérision et son relatif aspect "rebelle" font que l'on passe un très agréable moment de cinéma. Certes, on assiste pas à une révolution ni à un film majeur, mais un divertissement original, drôle et rondement mené, ce qui est assez rare, sont autant de qualité suffisement rare au cinéma par les temps qui courent. Et n'est-ce pas aussi cela la marque des bons films? Un divertissement à recommander chaudement!!!



Par platinoch - Publié dans : Films d'action
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Samedi 1 juillet 2006 6 01 /07 /Juil /2006 15:49

Il n’en faut pas forcément beaucoup pour faire entrer un film dans la légende. Et à l’heure des effets spéciaux outranciers et parfaits de réalisme, des superproductions où les décors ne sont plus que numériques, et des films d’animations, il faut reconnaître que « L’Aventure du Poséidon » n’a pas pris une ride ! Et pourtant. Ce film, réalisé en 1972, durant la période phare du film « catastrophe » dont Hollywood raffolait alors (on se souvient ainsi à la même époque de films tels que « La Tour infernale »), a été fait « avec les moyens du bord », et des effets spéciaux un peu cheap semblant friser l’amateurisme aujourd’hui. Mais c’est comme ça… le film ne vieillit pas, et même lorsque l’on fait un remake à gros budget aujourd’hui, on se rend compte qu’il n’arrive pas à la cheville de l’original.

 

« On s’en est sorti sans Toi jusqu’ici, ne te bats contre nous maintenant »

 

La première qualité de ce film, c’est son casting extraordinaire. Il réunit ce qui se fait quasiment de mieux pour l’époque à Hollywood en terme de « gueules ». Le rôle principal, celui du Révérend Scott, revient à la star montante, le génial Gene Hackman, fraîchement oscarisé pour sa performance hallucinante dans le mythique « French Connection » deux plus tôt. Dans ce rôle du pasteur autoritaire, baroudeur et grande gueule, qui s’impose la mission de sauver la vie de ses compagnons d’infortune, Gene Hackman livre une prestation (comme toujours !) incroyable d’énergie et d’humanité, notamment dans sa façon de remettre en cause sa foi et la religion qui ne leur vient pas en aide et qui semble au contraire semer les embûches sur leur chemin. Un rôle presque Christique. Il est parfaitement entouré par des valeurs sûres de Hollywood, à commencer par Ernst Borgnine, légendaire méchant des westerns des années 50 et 60 (« Vera Cruz », « Johnny Guitar » entre autres), véritable aboyeur et grosse personalité qui lui donne parfaitement le change. Parmi les autres seconds rôles, on peut noter des acteurs tels que Red Buttons (touchant en vieux garçon solitaire malgré lui et très humain), Leslie Nielsen, Roddy McDowall (formidable en courageux serveur blessé), ou encore Shelley Winters. Un tel casting offrait sur le papier une crédibilité au film, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les acteurs ont su se montrer à la hauteur de leur réputation.

 Le second atout majeur de ce film, c’est son scénario. Film choral par excellence, les scénaristes réussissent à donner suffisamment de place et de densité en peu de temps à leurs personnages pour les faire exister. Pour la trame "catastrophe", il en va de même: s'ils prennent un événement extraordinaire, dont la crédibilité reste discutable, ils prennent le parti de ne pas se perdre en explications pseudo-scientifiques inutiles, et on se laisse prendre aisément dans leur jeu. De même, ils savent exploiter intelligemment tous les ressorts du genre, pourtant archis usés jusqu’à la corde, pour susciter l’angoisse et l’étouffement chez les spectateurs. Ainsi, rien ne nous est épargné, des labyrinthes dans des conduits étroits jusqu’aux goulots d’étranglements, avec en prime la course contre le niveau de l’eau qui monte, ou les passerelles au-dessus du vide ou des flammes…le spectacle est assuré et  on vit pleinement ce drame aux côtés des interprètes. Et puis, chose rare à Hollywood, les scénaristes, pour renforcer la sensation d’angoisse et donner du réalisme et de l’humanité à leur film, n’ont pas hésiter à sacrifier quelques-uns de leurs héros, et pas forcément les plus détestables.

 

« Tu n’as pas eu assez de vies, il te faut d’autres sacrifices…alors prends la mienne ! »

 

Au final, l'Aventure du Poséidon, reste un film culte passant haut la main le cap de chaque décennie. L'excellence de son scénario et de la performance de ses comédiens donnent au film ce petit plus, qui lui permet de passer du statut de "série B catastrophe" au film réussi. Cinématographiquement parlant, il sert encore de référence aujourd'hui, et son remake, pourtant de facture correcte, s'annonce comme la chronique d'un nauffrage annoncé. On ne doit donc pas toucher aux monuments...un must du genre!!!



Par platinoch - Publié dans : Films Catastrophes
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Dimanche 25 juin 2006 7 25 /06 /Juin /2006 02:28

Annoncé depuis un petit moment dans la presse, la sortie de ce "Paris je t'aime" était donc un petit évènement attendu. D'autant qu'après un passage assez médiatique à Cannes, le film avait dans sa poche une grande partie de la critique. J'entre donc dans la salle, accompagné comme souvent du petit Kiki, compagnon de fortunes et d’infortunes cinématographiques. Et là, sans le savoir encore, nous étions partis pour deux heures d'un ennui profond!!! Chronique du premier film descendu sur ce blog.

"Mademoiselle, voulez-vous prendre un café avec moi? juste un café?"

L'idée de départ était pourtant bonne. Réunir le gratin cinématographique mondial pour célébrer l'amour et Paris à travers une vingtaine de saynètes, le projet semblait prometteur. D'autant que sur le papier, les producteurs ont réussi à réunir du beau monde, aussi bien chez les réalisateurs (les frères Coen, Walter Salles, Wes Craven, Alexander Payne, Denis Podalydes ou encore Olivier Assayas) que chez les comédiens (Natalie Portman, Gena Rowlands, Nick Nolte, Ben Gazarra, William Defoe, Gérard Depardieu, Juliette Binoche...). Mais voilà, le problème de ce genre de pari, c'est que chaque saynète a peu de temps (elles ont toutes été réalisées en deux jours et deux nuits) pour être développé et mettre en place une histoire et un univers un peu spécifiques, et des personnages. Et comme l'ensemble doit rester cohérent, et sur le même thème, on sombre souvent dans les clichés et la carte postale très niaise façon Amélie Poulain. Paris est toujours symbolisé par les mêmes choses: la Tour Eiffel, la Joconde, Montmartre (seuls "Place des fêtes" et "14ème arrondissement" sortent un peu des sentiers battus en découvrant des lieux moins touristiques)... Les mentalités n'évoluent pas, et ce spectacle sent fort la carte postale typique de Paris que l'Office de tourisme Parisien pourra vendre aux Américains et aux Asiatiques.

Ben Gazzara, Gérard Depardieu et Gena Rowlands. Victoires International

"Elle criait, des fois à raison, des fois sans raison"

Le deuxième point négatif à mon sens, c'est le manque de qualité scénaristique de ces courts métrages. Certes, les réalisateurs se voient offrir un laps de temps très court pour réaliser leur saynète, mais à quoi bon réunir autant de talents si c'est pour produire des courts métrages aussi formatés, d'une platitude et d'une niaiserie désolantes. Si certains sortent du lot et arrivent à produire des oeuvres très personnelles et originales, c'est notamment le cas de "Tour Eiffel" et de ses mimes, réalisé par le metteur en scène des « Triplettes de Belleville », l'ensemble reste quand même ras des pâquerettes. Nous assistons ainsi à des spectacles inégaux, allant du pas terrible, comme « Montmartre », « Quartier des enfants rouges », « Pigalle », ou « Quartier latin », au plus mauvais (qui sont les plus clichés et sans saveurs), comme « Parc Monceau », « Place des victoires », « Père Lachaise », ou encore « Loin du 16ème », la palme du plus spectacle le plus phénoménalement absurde et ridicule revenant de loin à « Porte de Choisy ». Au milieu de ça, quelques segments émergent, aussi bien par leur originalité (« Tour Eiffel », « Quartier de la Madeleine »), que par l’émotion qu’ils arrivent à dégager en si peu de temps par l’originalité de leurs thèmes, comme « Place des fêtes », « Bastille », ou « 14ème arrondissement ».

Elijah Wood. Victoires International

Les réalisateurs se démarquent également les uns des autres par la forme qu’ils donnent à leur segment. Là encore, on va du moins heureux comme « Parc Monceau » qui est le seul à avoir été tourné en plan séquence, aux plus réussis comme « Bastille », muet avec une voix off qui raconte l’histoire et les sentiments des personnages à l’écran, ou « Quartier de la Madeleine », pour lequel Vincenzo Natali utilise approximativement le même procédé que pour « Sin City », à savoir un noir et blanc stylisé, où seul le rouge du sang ressort. Mais dans l’ensemble, la créativité visuelle a été laissée aux oubliettes.

« Vous prenez combien pour regarder ? »

L’interprétation n’est pas non plus toujours au rendez-vous, comme on était en droit de l’attendre devant une telle distribution. Bien sûr, il y a toujours les valeurs sûres qui survolent aisément l’ensemble, comme Gena Rowlands et Ben Gazzara, qui forment un magnifique couple que la vie a éloigné, ou Fanny Ardant et Bob Hoskins, qui forment un couple moins crédible, mais dont le jeu savoureux assure largement le spectacle. Même chose avec Sergio Castellitto. Et puis il y a aussi la relève des jeunes acteurs qui tient bien la route, emmenés par l’excellent Elijah Wood, et la toujours aussi charmante Natalie Portman, auxquels se joignent les Gaspard Ulliel, Cyril Descours, ou Maggie Gyllenhaal. Enfin, nous pouvons citer les quasi inconnus qui brillent comme Seydou Boro ou Margo Martindale (une des rares non francophones à faire l’effort de jouer en français avec Maggie Gyllenhaal). Mais tous ne tiennent pas la route comme il se doit. La palme du jeu le plus terne revenant à notre Juliette Binoche nationale, aussi émouvante qu’un peigne, et au jeu subtil comme une brique. Dans sa lignée, les Steve Buscemi, Willem Dafoe, Ludivine Sagnier, ou Nick Nolte, sont totalement à côté de leurs pompes.

Natalie Portman et Melchior Beslon. Victoires International

A la sortie, il reste un film beaucoup trop long, dont la succession de saynètes laisse place à un vrai mal de tête, et qui semble un peu brouillon du fait qu’aucune de ces histoires n’a le temps d’être développée réellement. De même, il reste une grande déception tant la réunion de tout ces talents et tant l’idée de base de ce film laissaient présager une œuvre vraiment originale et de qualité. Quelques-uns de ces segments laissent ainsi un bon arrière goût, loin des grands crus, mais agréables tout de même, les autres, bâclés pour la plupart, sont trop niais ou prévisibles pour interpeller positivement les spectateurs. Et cette vision de ce Paris de carte postale complètement désuet, qui avait déjà rendu insupportable « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain », est encore ici trop présent et écœurant. Une grosse déception.



Par platinoch - Publié dans : Comédies romantiques
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Samedi 24 juin 2006 6 24 /06 /Juin /2006 00:52

"C'est officiel, on ne peut pas marcher sur le soleil"

Trente ans que l'on attendait ça. Trente ans qu'on guettait en vain Alors que les britaniques avaient eu les Monthy Pythons et nous la troupe du Splendid, qui en leur temps, et dans des registres différents, avaient révolutionné l'humour au cinéma, le cinéma se desespérait de trouver une véritable relève à ces bandes devenues cultes. Et puis voilà, quelques parties de Kamoulox plus tard sur une chaine cablée confidentielle, deux hurluberlus sortis de nulle part sont arrivés...

"J'ai rencontré ta mère un mercredi, tu es né un mercredi, j'ai gratté le ticket gagnant un mercredi...mercredi est vraiment mon chiffre porte-bonheur"

Après le prometteur "Qui a tué Pamela Rose?", pastiche des polars US tournés dans l'Amérique profonde, et en réalité tourné en Seine-et-Marne (!), Kad et Olivier sont revenus à l'assault avec un film ambitieux, doté d'une vraie trame scénaristique leur permettant de laisser libre court à leur folie et à leur fantaisie. Car autant prévenir, rien ne sera épargné aux spectateurs: des références ultras pointues aux films de genre, en passant par les scènes et les sketches les plus improbables, surréalistes et hilarants!!! En vrac, il y a un casting pour le film "Charlemagne contre les ninjas", l'échangeur de Rosny, Teddy le dindon ou encore un ordinateur de bord avec la voix d'Enrico Macias!!!

"Pour les fourmis, nous sommes des géants, mais pour l'univers, nous sommes des fourmis"

Si la tache de faire un film à la fois sérieux et de qualité, et en même temps complètment déjanté pouvait sembler irréalisable, on peut dire que Eric Lartigau s'en sort haut la main. Il faut dire qu'il s'appuie sur un scénario solide. Cette histoire de loterie offrant deux tickets pour un voyage dans l'espace afin de financer la recherche spatiale, tient largement la route. Le développement des personnages, de leur histoire et de leur caractère est tout aussi bien traité, permettant à leurs interprètes de prendre un maximun de libertés outrancières dans les gags. Par ailleurs, les décors, costumes et effets spéciaux, n'ont rien à envier aux grosses productions européennes du genre. Sans en mettre plein la vue, ils permettent de donner une certaine crédibilité à l'ensemble.

"Quand j'ai vu Schumacher rentrer dans Battiston, je me suis dit "plus jamais ça", j'ai laché la patisserie et je suis devenu vigile!"

L'interprétation est également formidable. Si Olivier est finalement peut être l'élément le moins remarquable de la joyeuse bande, c'est obligatoirement Kad qui crève l'écran. N'ayant peur de rien, il joue toutes les expressions avec un naturel hallucinant, et plus que tout, il est capable de passer du pire corniaud à l'homme le plus émouvant du monde en quelques secondes. Derrière, le duo est épaulé par un casting impressionnant, dont la qualité première semble être l'enthousiasme et le plaisir communicatif de faire ce film. Guillaume Canet est ainsi formidable, dans ce double rôle pour lequel il casse son image de jeune premier en n'hésitant pas à s'enlaidir. André Dussolier est lui aussi, semble-t-il, ravi de jouer dans ce film, loin de ses rôles habituels, et il irradie de crédibilité et de malice dans ce rôle pastiche du patron pré-retraité confronté à la plus grosse catastrophe qu'il puisse lui arriver. Drôlissime. Quand aux anciens Robins des bois, Marina Foïs et PEF, ils excellent dans des rôles qu'on leur connaissait déjà (la nunuche et le maladroit). Ils assurent également pas mal de fous rire.

Olivier Barroux, Marina Foïs, Guillaume Canet et Kad Merad. Gaumont Columbia Tristar Films

"J'aurais voulu revoir une dernière fois Pnom Pehn"

Ultra référencé et pastiché, des dialogues hilarants et sans temps morts: ce film est une réussite totale. Car si on rit pendant presque deux heures, on en oublie hélas trop facilement la qualité du travail d'écriture et de réalisation. D'autant que ce film a fière allure également par ses effets spéciaux. Dommage qu'il n'ait pas rencontré son public. Il a même été un relatif flop au box-office. Reste un dvd à venir, qu'on pourra se repasser cent fois en redécouvrant encore des détails hilarants qu'on avait manqué jusque là, et des bonus qui seront probablement à se pisser dessus. En espérant que le duo nous gratifiera d'un troisième film aussi marrant!



Par platinoch - Publié dans : Comédies
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Jeudi 22 juin 2006 4 22 /06 /Juin /2006 16:22

Le Cinéma a ceci de formidable qu'il nous surprend en permanence. On entre au hasard d'une salle en pensant voir un petit film anodin pour ne pas dire un navet, et on ressort en ayant l'impression d'avoir vu un très bon film, où le réalisateur se livre émotionellement, et de surcroit en prenant le parti d'un format assez risqué (pour ne pas dire "casse-gueule"!), loin des films lisses, uniformisés et aseptysés, dont nos salles regorgent. Car ce "Conversation(s) avec une femme", sans être ni un ovni, ni une révolution cinématographique, n'en reste pas moins un film très personnel, émouvant, et culoté.

MK2 Diffusion

"Dix années à courrir, le coeur battant, après ces femmes qui te ressemblaient mais qui n'étaient pas toi"

D'un point de vue scénaristique, le film apparait au premier abord comme assez classique. Le récit commence dans une salle de mariage new-yorkaise, à l'ambiance guindée et assez austère, durant laquelle un homme, seul, observe une femme, à priori seule aussi, avant de l'aborder. Jusqu'ici rien de révolutionnaire. La conversation qui s'en suit en revanche se fait sur un mode de séduction assez poussé et charmant, et surtout révèle au fur et à mesure un passé commun aux deux protagonistes qui ne sont, de toute évidence, en aucun cas des inconnus l'un pour l'autre. Elle se poursuit le temps d'une nuit, de débats en ébats amoureux, et le passé commun, monté en une sorte de toile mystèrieuse, ne se dévoile finalement clairement qu'à la fin où l'on apprend que ces deux-là ont été follement amoureux et mariés lorsqu'ils étaient tout jeune, avant une séparation douloureuse et abrupte dix ans plus tôt. Dix ans durant lesquels ils n'ont pas eu de contacts. Dix années de frustration, qui exacerbent leurs retrouvailles.

Le génie de ce scénario réside dans la qualité des dialogues, toujours impeccables, et qui font mouche systématiquement, et dans le côté très réel des sentiments exprimés. Ainsi, les personnages passent du jeu de séduction le plus pur, et le plus rieur, au jeu de destruction le plus mesquin, à savoir lequel blessera l'autre en premier et le plus fort, expression la plus basique de la frustration et des regrets.

MK2 Diffusion

"Ne fais pas ton malin, j'ai horreur que tu fasses ton malin"

L'autre atout de ce film, c'est sa mise en scène, très personnelle. Hans Canosa a choisi, avec culot, un certain nombre de partis pris, qui auraient pu plomber sérieusement son premier film. Car celui-ci est avant tout construit comme une pièce de théâtre, avec deux uniques personnages, à huis-clos, qui dialoguent pendant une heure et demie. Mais la qualité du scénario et de l'interprétation lui permettent d'atteindre ses buts sans soucis. Cette construction est renforcée par le procédé du "split screen", divisant en permanence l'écran en deux parties, afin de nous montrer systématiquement la réaction des deux personnages. Il s'en sert aussi de temps en temps pour exposer des flash-backs sur la vie du couple. Ce procédé, qui a l'avantage de renforcer la séparation physique du couple, est utilisé ici à bon escient, même s'il est un peu fatigant pour les yeux et pour la bonne appréciation du film.

Ce film révèle aussi deux comédiens extraordinaires, qui sont pour beaucoup dans la beauté de ce film. Il y a tout d'abord Helena Bonham-Carter, magnifique manipulatrice et séductrice, qui mène totalement ce jeu de séduction. Et puis il y a la révélation, Aaron Eckhart, jusqu'ici inconnu au bataillon, et qui arrive incroyablement, en un instant, à passer du séducteur charmeur à l'amoureux désabusé et pudique.

MK2 Diffusion

"Si tu dois partir, n'emporte que ces mots: je t'aime"

Bilan des courses: si ce film pouvait à priori ressembler par son scénario à d'autres réalisations telles que "Before Sunset" voire "Eternal Sunshine of the spotless mind", Hans Canosa arrive, par ses choix, à faire un film très personnel et très attachant. En s'appuyant sur un scénario et des dialogues au plus près de la réalité des sentiments humains, il se démarque de ces prédécesseurs. En posant simplement la question - sans y répondre - de savoir si l'amour est éternel et s'il peut reprendre après s'être arrêter, il propose une variation très émouvante, à laquelle chacun est libre de répondre. Un excellent film.



Par platinoch - Publié dans : Comédies romantiques
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Mercredi 21 juin 2006 3 21 /06 /Juin /2006 00:40

"- Tu vas à un enterrement? - Peut être"

Genre très prisé aux USA et finalement peu utilisé chez nous, "Walk the line" est un biopic retraçant la vie de Johnny Cash, icône de la musique Roch/Folk, au moins aussi connu qu'Elvis outre-Atlantique, et finalement assez peu populaire chez nous. C'est dire si à priori ce film ne devait pas spécialement nous interpeller. Et pourtant voilà... une fois les premières minutes lancées, on est skotché à son siège et on ne peut plus en décoller, bluffé par ce destin hors du commun et par l'interprétation extraordinaire de Joaquin Phoenix.

2005 Twentieth Century Fox

Le film n'a pourtant rien d'original dans la construction de son récit. En effet, il commence par un drame qui marque l'enfance de manière indélébile, puis se poursuit sur une ascension rapide et une descente aux enfers avant de finir sur la résurréction du personnage central. En y regardant de plus près, on peut voir que les récents biopics à succès "Ray" ou "Aviator" se construisent également de la même manière. De même, ce film traite d'une période déjà largement traitée lors de nombreux biopics tels que "La Bamba" sur Ritchie Valens, "Great Balls of fire" sur Jerry Lee lewis ou "The Doors" sur Jim Morrison, autres légendes rocks des années 50-60. A priori donc, rien de bien neuf sous la comète.

"I'm goin' to Jackson, I'm gonna mess a- round"

Mais voilà, "Walk the line" marche mieux que tous les autres réunis. Il est attachant, formidable, et provoque de nombreuses émotions, au point que l'on souhaite que le film dure encore quelques minutes de plus!

La recette miracle? Elle relève bien évidemment du savant mélange de plusieurs éléments. Ainsi, et en tout premier lieu, elle tient du parti pri scénaristique: l'histoire est traitée à auteur d'homme, et on ne cherche pas à rendre le héros sympathique à tout prix. Il est pri dans sa totalité, cabossé par la vie, avec ses qualités et ses défauts. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui le rendent finalement attachant. On est ainsi bien loin de l'angélisme de "La Bamba", où Ritchie Valens, en apparaissant trop gentil et parfait, finissait par agacer quelque peu et perdre tout son relief. De même, le film occultait toutes les dérives et les excès poudreux et éthyliques du milieu rock de l'époque. Ce qui altérait aussi un peu la crédibilité du film. "Walk the line" est ainsi un vrai portrait d'un milieu et d'une époque: celle des vrais rebelles, d'une Amérique opulente, de l'épopée du Rock, mais aussi de la drogue, de l'alcool, et des jeunesses qui brûlent trop vite.

"I felt in to a burning ring of fire"

Outre ce portrait, le film marche également sur le brassage des thèmes: on est skotché par les passages musicaux, totalement jouissifs, et on se laisse prendre par la tendre histoire d'amour compliquée entre le rockeur drogué et depressif et la belle chanteuse qui saura le dompter.

Mais le point fort de ce film, c'est la qualité de la performance des deux interprètes principaux, véritablement hallucinante!!! Si Reese Whiterspoon se revèle enfin comme une bonne actrice, loin des navets auxquels on la croyait abonnée, c'est véritablement Joaquin Phoenix qui est LA révélation du film. Tout en sensibilité et en pudeur, cet acteur à fleur de peau, se revèle tantôt animal, en macho à la virilité exacerbée, tantôt ultra émouvant, tout en félure contenue. Sa performance n'est pas sans rappeler le jeu subtil et sensible d'un Montgomery Clift, dont Joaquin Phoenix s'impose comme étant le successeur naturel. Sa performance prend une dimension supplémentaire, quand on sait que comme Cash, Joaquin a perdu son frère (l'acteur River Phoenix) dans des circonstances toutes aussi douloureuses.

Mais la vraie prouesse des acteurs réside dans leur interprétation de la bande originale, les standards du maître Johnny Cash. Joaquin Phoenix y est phénoménal, sa voix se confondant presque par moment avec celle de l'original. Les duos avec Reese Whiterspoon accentuent la profonde alchimie qui lie le couple formé à l'écran par les deux jeunes interprètes.

Bilan des courses: un film fantastique, mené sur un rythme enlevé, et servi par deux comédiens extraordinaires. Bien sûr, on pourra trouver quelques défauts à ce film, comme la mise en scène, un peu "bateau", ou peut être quelques traits de caractère de Johnny Cash qui ont pu être revus de manière édulcorée par les scénaristes. Mais l'ensemble est tellement attachant et la musique tellement extraordinaire, qu'au final, on ne peut qu'adorer cet excellent film.



Par platinoch - Publié dans : Biopics
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Mardi 20 juin 2006 2 20 /06 /Juin /2006 22:52

"Tout ce que je voulais, c'était me promener avec elle"

Je dois avouer que j'étais assez méfiant en allant voir ce film. Non pas que je fasse une overdose de Clovis Cornillac ou une réaction épidermique à Edouard Baer, loin de là... Mais il faut avouer que les adaptations de séries tv sur grand écran, très en vogue depuis quelques années aussi bien outre-Atlantique que chez nous, nous ont surtout donné à voir de gros navets bien bêtes et méchants (promis, je donnerais aucun nom...c'est plus fort que moi "ma sorcière bien aimée" était vraiment trop mauvais!!!). D'autant que celui-ci est signé Jérôme Cornuau, dont le nom jusqu'ici était associé à d'inoubliables "chefs d'oeuvre" pour adolescentes prépubères, tels que "Bouge". C'est donc un peu à reculons que je me suis glissé dans la salle. Au final, je ressors en me disant que j'avais assisté à un très bon film, probablement le meilleur film français de 2006, qui renoue avec le genre du vrai bon cinéma populaire.

TFM Distribution

La première qualité qui séduit dans ce film, c'est l'histoire. Tout en prenant leur distance avec la série originale (seuls les noms des mobilards sont gardés), les scénaristes ont réussi à combiner vérités historiques (les empruns russes, Jaurès, Bonnot et sa bande, les tensions de l'avant-guerre) et fiction, sorte de polar, complot politique et économique mené par les affairistes et les politiciens français et russes. Et le tout tient définitivement bien la route. La seconde qualité, ce sont les personnages du film. Ils sont nombreux, bien différents, mais sur deux heures de film, on peut dire qu'il n'y a pas à proprement parler de héros, et tous ont suffisement de place dans le scénario pour développer leur personnalité, et surtout, chose rare dans ce type de cinéma, leur faiblesse. Nous sommes à la veille de la plus grande boucherie de l'Histoire, et nos héros, quelqu'ils soient (policiers ou anarchistes), se sentent déjà entrainés dans cette valse de plus en plus rapide de tourments.

Jérôme Cornuau et son équipe ont parfaitement su restituer cette atmosphère si pesante et particulière qui caractérisait cette époque. Ils n'oublient rien, ni des troubles anarchistes, ni des immigrés (italiens et russes, ces derniers rappelant les prémices de la Révolution d'Octobre qui s'annonce déjà) fuyant une Europe au bord de l'explosion, ni de ce mélange de modernité (surtout technique) et d'archaïsme (la Démocratie n'existe pas encore réellement, la société est encore profondément ancrée dans un régime du XIXème siècle). Pour ce faire, ils ont su habilement s'appuyer sur de parfaits décors, costumes et accessoires, sans pour autant que cela soit éxubérant.

"Imagine-toi seulement dix ans sans soleil"

Il a su également s'entourer d'un casting "idéal', réunissant non seulement de grosses pointures (qu'on attendait pas forcément dans ce type de film, comme Olivier Gourmet ou Edouard Baer), mais (et c'est l'énorme qualité du film) en plus en les employant à bon escient. Même si au premier abord, certains semblent utiliser à contre emploi. Edouard Baer est ainsi magnifique en flic à la fois violent, macho, et très à fleur de peau. De même Jacques Gamblin est un fantastique Bonnot, totalement habité par le personnage. Quant à Thierry Frémont, il est probablement le meilleur acteur français du moment, et le démontre une fois de plus. Le reste de la distribution, de Cornillac, tout en pudeur, à Diane Kruger, tout en contraste (de la beauté diaphane à la plus sanguinaire criminelle), est excellente. Il faut dire qu'ils interprètent des personnages complets, justement pas stéréotypés, à la fois forts, et avec des failles, tous habités par un profond désespoir face au drame annoncé d'une Histoire en marche qu'on ne peut arréter. De ce fait, entre autre, on ne peut se réjouir lors de la mort d'un Bonnot que le film rend particulièrement romantique au sens premier du terme, ou de celle d'Achille Bianchi, moins traitre qu'on ne le pense.

Edouard Baer et Gérard Jugnot. Les Films Manuel Munz - Bruno Calvo

"Puisque votre société imbécile et corrompue me refuse le droit de survivre, tant pis pour elle, tant pis pour vous"

Le résultat est donc sans demie mesure, le film étant beaucoup plus intelligent et profond qu'il n'y parait, tout en ménageant subtilement quelques moments d'action et d'humour. Le final s'inscrit dans une réalité historique désenchantée, puisqu'il n'y a ni vainqueurs ni vaincus: beaucoup de gens seront ruinés par le scandale des empruns russes, et la guerre aura quand même lieu.

Mais au final, ce film reste quand même un échec niveau rentabilité. Il finit péniblement aux alentours de 800.000 entrées, alors que son budget, colossal, aurait sans doute nécessité le double d'entrées pour devenir rentable. Il était question avant sa sortie d'une suite sur laquelle les scénaristes plenchaient déjà. Mais nul doute que le relatif échec de ce premier opus refroidisse les producteurs...Affaire à suivre. En attendant, on pourra se repasser le Dvd pour se consoler. Et si ça ne suffit pas, on pourra également siffler le cultissime thème du générique!!!



Par platinoch - Publié dans : Films noirs/Policiers/Thrillers
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