Lundi 19 septembre 2011
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« Depuis quand a-t-on cessé d’être un couple ? »
A tout juste quarante ans, Cal Weaver mène une vie de rêve - bonne situation,
belle maison, enfants formidables et mariage parfait avec sa petite amie du lycée. Mais lorsqu’il apprend que sa femme, Emily, le trompe et demande le divorce, sa vie « parfaite » s’écroule.
Pire, dans le monde des célibataires d’aujourd’hui, Cal, qui n’a plus dragué depuis des lustres, se révèle un modèle d’anti séduction. Passant désormais ses soirées à bouder tout seul au bar du
coin, l’infortuné Cal est pris en main comme complice et protégé d’un séduisant trentenaire, Jacob Palmer. Pour l’aider à oublier sa femme et à commencer une nouvelle vie, Jacob tente de faire
découvrir à Cal les nombreuses perspectives qui s’offrent à lui : femmes en quête d’aventures, soirées arrosées entre copains et un chic supérieur à la moyenne. Cal et Emily ne sont pas les seuls
en quête d’amour: le fils de Cal, Robbie, 13 ans, est fou de sa baby-sitter de 17 ans, Jessica, laquelle a jeté son dévolu… sur Cal ! Et en dépit de la transformation de Cal et de ses nombreuses
nouvelles conquêtes, la seule chose qu’il ne peut changer reste son cœur, qui semble toujours le ramener à son point de départ.
« Je t’aide ou je t’euthanasie ? »
Il y a deux ans, les scénaristes John Requa et Glen Ficara (scénaristes notamment de
l’excellent « Bad santa ») passaient à la réalisation avec « I love you Philip Morris », une comédie ubuesque franchement dingue inspiré d’une
histoire réelle. Une première remarquée, qui sortait des sentiers battus du cinéma US en flirtant avec le politiquement incorrect. De quoi effrayer les producteurs US,
conservateurs et frileux, au point que le film ne devait voir le jour qu’à la faveur de l’engagement de Luc Besson. On attendait donc leur second long avec impatience. Les revoilà donc
aux commandes de « Stupid Crazy love » dont ils n’assurent que la réalisation, le scénario était l’œuvre de Dan Fogelman, ancien scénariste de chez
Disney qui a notamment signé les scénarios de « Cars », « Volt » ou encore « Raiponce ».
« Au lieu de sauter de la voiture j’aurai du me battre pour
toi »
Genre phare de la production cinématographique US, la comédie romantique peine à se renouveler
et à nous surprendre. On comptait donc sur le punch et le côté irrévérencieux de nos deux compères pour mettre un coup de pied dans l’ordre établi et apporter un peu de fraicheur à ce genre qui
tourne si souvent en rond. Une mission a priori à leur portée d’autant qu’ils pouvaient compter sur un casting quatre étoiles regroupant notamment Steve Carell,
Julianne Moore ou encore les très prometteurs Ryan Gosling et Emma Stone. Pour tout dire, le film partait plutôt bien. En abordant des
thèmes délicats (la crise du couple, celle de la quarantaine), d’un point de vue original (ici c’est la femme qui est touchée par la crise), le début était même assez
plaisant. On était ainsi plutôt conquis par le mutisme désabusé de Steve Carell et sa reprise en main façon « Pretty woman » par le jeune playboy
arrogant interprété par un Ryan Gosling surprenant d’autodérision. Un amusant quiproquo avec l’excellente Marisa Tomei plus tard, le film basculait alors dans sa seconde
partie, se faisant alors plus grave : le don juan patenté tombe amoureux et se range des voitures tandis que le héros manque l’occasion de retrouver sa femme. Trainant un
peu la patte, le film amorce alors un virage à 180 degrés, virant même au ridicule le temps d’une improbable (et hallucinante) scène de retrouvailles générales. Complètement en roue libre, le
film sombre dans les bons sentiments démonstratifs, le mélo bas de gamme le tout saupoudré de la bonne vieille morale puritaine américaine (le sexe étant forcément lié à certaine idée de
culpabilité, le tombeur tombant amoureux de la seule fille qui ne couche pas ; le personnage principal nous rappelant que le mariage c’est pour la vie), au point de devenir
embarrassant. Les réalisateurs auraient voulu saborder leur film ou se tirer une balle dans le pied qu’ils n’auraient pu faire mieux. Vraie déception donc pour ce film qui partait bien et dont on
attendait beaucoup plus et beaucoup mieux.
Par Platinoch
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Publié dans : Comédies romantiques
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Dimanche 18 septembre 2011
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« Ne vous inquiétez pas : en vous confiant cette charge, Dieu vous offre son soutien pour mener votre mission à bien »
Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur.
Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du
nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est
bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…
« Je vous rappelle que les concepts d’âme et d’inconscient ne peuvent
coexister »
Depuis une trentaine d’années, Nanni Moretti
développe un cinéma à part dans le paysage cinématographique italien, faisant entendre sa petite musique singulière. Si ses films traitent le plus
souvent de questionnements intimes, Nanni Moretti s’est également signalé par son talent d’observateur de la société italienne, dont il prend un grand plaisir à dénoncer les travers et
les dérives, s’amusant au passage à jouer les poils à gratter. Habitué des festivals, il a notamment remporté la Palme d’or à Cannes en 2001 pour « La chambre du fils
». Cinq ans après "Le Caïman", pamphlet anti-Berlusconi, le cinéaste revient avec "Habemus Papam", présenté en compétition officielle à Cannes.
« Dieu me prête des capacités que je n’ai
pas »
Après avoir chargé dans les règles de l’art
« Il Cavaliere » Berlusconi dans « Le Caïman », Nanni Moretti consacre donc son nouveau film, « Habemus Papam », à l’Eglise catholique et à son
chef. Un sujet qui ne lui est pas étranger (il s’était déjà mis en scène voilà vingt-cinq ans en prêtre désabusé dans « La messe est
finie ») et qui promettait de faire des étincelles, au point que le Vatican lui refusait d’entrée de jeu de tourner son film à l’intérieur de ses murs.
Pourtant, à première vue, on s’étonne de voir un Nanni Moretti aussi peu corrosif. Au point de se demander quelle polémique pourrait bien émerger de ce film. Partant d’un
postulat inédit et malin (le nouveau Pape fraîchement élu panique à l’idée d’endosser les nouvelles responsabilités qui lui incombent), « Habemus Papam » se révèle être
une gentille farce plus facétieuse que méchante. Pointant les paradoxes de l’Eglise (sacralisation de l’âme mais refus de la psychanalyse) et ses travers un peu archaïques (rejet de la
sexualité, du rapport à la mère, de la transparence), le cinéaste s’amuse de ses protocoles (qu’il compare à une pièce de théâtre avec ses comédiens, ses rituels, ses costumes) et dresse
surtout, au travers du personnage central, le portrait (forcément) utopique d’un Pape idéal, pétri d’humanité, habité par le doute et dont la place serait au milieu des gens, de la vie,
et non cloître dans la prison dorée qu’est le Vatican. Si on s’amuse de la fantaisie de Moretti, qui présente un conclave bienveillant d’où ne dépasse aucune rivalité entre les
participants, qui vont même jusqu’à prier pour ne pas être désignés (!), on regrette qu’il étire inutilement certaines de ses embardées burlesques (le tournoi de volley entre
cardinaux) qui alourdissent un peu le film, déjà par nature introspectif et lent. Celui-ci s’illumine toutefois grâce à Michel Piccoli en grande forme. Ni le plus grand ni le meilleur
film de Nanni Moretti, mais un cru plaisant tout de même.
Par Platinoch
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Publié dans : Drames
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Lundi 5 septembre 2011
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« Vous préférez miser sur des cartes alors que des centaines de braves gens ont misé leur vie sur vous ? »
Dans les années 1870, deux jeunes maquignons acceptent de conduire un convoi de
mormons vers la vallée de San Juan dans l’Utah.
C’est vers cette "Terre promise" qu’ils souhaitent se rendre avec leurs biens et
leurs aspirations afin d’y fonder une nouvelle colonie.
Au cours de leur odyssée, ils vont devoir affronter maintes péripéties et
accueillir, au sein de leur communauté assez stricte, de pathétiques saltimbanques et de cruels hors la loi.
« Le Seigneur n’a pas mis ces gens sur notre route par hasard. Et il
serait mécontent que nous contrecarrions ses plans »
Spécialiste toutes catégories du western, le prolifique John Ford consacre la fin des années 40 à la réalisation de sa trilogie dite de la cavalerie. Un chantier de
longue haleine, qui comprend « Le massacre de Fort Apache » (1948), « La charge héroïque » (1949) et « Rio Grande » (1950). Des
films âpres entre lesquels il réalise des films plus légers. Intercalés entre les deux derniers épisodes de sa trilogie, il réalise successivement « Planqué malgré
lui » et « Le convoi des braves ». Écrit avec son fils et son scénariste attitré, ce dernier lui permet de retrouver ses acteurs fétiches (à l'exception notable de
John Wayne) qui l'ont accompagné sur sa trilogie pour un projet a priori plus divertissant. Autour de l'indéboulonnable Ward Bond, il donne les rôles principaux aux deux
jeunes de la bande, jusqu'ici cantonnés aux seconds rôles: Ben Johnson, un ancien cascadeur qui obtiendra plus tard un Oscar pour son rôle dans la « Dernière séance »
de Bogdanovic, et Harry Carey Jr., fils d'une star du muet qui fut un grand ami de Ford.
« Cet indien que les hommes blancs sont des voleurs. Il est moins bête
qu’il n’en a l’air »
Après la rugosité de sa trilogie de la cavalerie, Ford s'offre une petite recréation avec
ce « Convoi des braves », qui, en dépit d'une scène d'ouverture qui se conclut par un meurtre, adopte vite une tonalité assez légère. A l'image du gag du sifflet
qui rend fou le cheval du shérif qui se retrouve ainsi désarçonné. Très vite on craint même le pire quand le film nous présente ses jeunes héros tels de grands adolescents droits
dans leurs bottes, qui ne fument et ne boivent pas, et qui prennent à cœur de guider à bon port le convoi de gentils pionniers mormons. Mais le cinéma de John Ford n'a jamais laissé la
place à la niaiserie, pas plus qu'à la morale bien pensante. En bon routier du genre, il attend ainsi de perdre sa caravane dans le désert pour faire apparaitre les obstacles et faire monter la
tension. Celle-ci viendra d'une bande de hors la loi qui prendra en otage le convoi pour mieux échapper à la traque du shérif. Le dénouement, d'une belle efficacité, tiendra
toutes ses promesses. Mais c'est surtout par son discours que le film demeure marquant. En présentant le véritable danger comme venant de l'homme blanc, cupide et vil, et non de l'indien, ici
plutôt pacifique, Ford prend tout son petit monde à contre pied. Et se révèle d'une incroyable modernité pour l'époque.
Par Platinoch
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Publié dans : Westerns
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Samedi 27 août 2011
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« Je voulais être comme Xénia, une princesse guerrière. Maintenant je veux devenir une tueuse. »
1992. Colombie. Cataleya, 9 ans, assiste au meurtre de ses parents par des
tueurs de la maffia locale. Échappant de justesse au massacre, elle se réfugie aux États-Unis, chez son oncle Emilio, un gangster.
Quinze ans plus tard, elle travaille pour lui comme tueuse à gages. Extrêmement
efficace, elle signe ses meurtres d'une orchidée dessinée sur le torse de ses victimes : un message à l'intention des assassins de ses parents. Car Cataleya est bien décidée à aller jusqu'au bout
de sa vengeance… quitte à perdre tous ceux qu'elle aime.
« Pour survivre, tu dois être maligne. Et savoir faire autre chose que
tirer. »
Fut un temps pas si lointain où Luc Besson enchainait les succès et trustait sur son seul nom
tout le box-office français. Malheureusement pour lui, sa réussite semble s’être un peu essoufflée au gré des années 2000 et de ses pérégrinations tantôt décevantes (la
saga des « Arthur et les Minimoys »), tantôt incompréhensibles (« Angel-A »). Aussi, si le réalisateur ne fait plus autant recette
que par le passé, le producteur, lui, n’a pas perdu le sens des affaires et a trouvé un juteux filon. A la tête de sa société EuropaCorp, il produit ainsi des films d’action à la chaine, souvent
bourrins mais divertissants, agrémentés de la présence d’une vedette américaine qui lui garantit une belle carrière à l’international. Après Jason Statham (« Le
transporteur »), Liam Neeson (« Taken ») ou encore John Travolta (« From Paris with love »), au tour de Zoe
Saldana, la princesse Na’vi de « Avatar », de venir cachetonner dans ce « Colombiana », dernier né des productions Besson dont
la réalisation est assurée par Olivier Mégaton, un habitué d’EuropaCorp pour qui il a notamment réalisé « Le transporteur 3 ».
« J’arrêterai quand vous comprendrez ce que j’éprouve depuis tant
d’années »
La recette est donc connue. Et elle a le mérite de fonctionner. Du coup, pas question pour
Olivier Mégaton de tenter la moindre innovation, ce dernier préférant rester scolairement dans les clous. La seule originalité du film sera donc d’avoir confié le rôle principal
de tueur infaillible à une femme. Mais là encore, l’ombre du « Nikita » réalisé par le boss quelques vingt ans plus tôt plane lourdement sur le film. D’autant
que celui-ci peine à tenir la comparaison, scénaristiquement comme artistiquement. Au fond, que cette histoire de vengeance soit extrêmement clichée n’a pas tellement d’importance, le réalisateur
assumant totalement le côté bourrin de son film. Mais là où il se plante gravement, c’est lorsqu’il tente d’y insérer des bribes de psychologie (la souffrance de l’oncle qui a perdu un
fils et qui tente de canaliser la haine de sa nièce, la relation amoureuse que celle-ci entretien avec un peintre, histoire de lui donner une sensibilité et une vulnérabilité qui contraste avec
sa profession), qui virent souvent au ridicule. Restent les scènes d’action pure qui, bien qu’improbables, demeurent très efficaces. Au milieu de tout cela, la maigrichonne
Zoe Saldana surnage tout en paraissant bien frêle pour ce rôle de tueuse, tandis que Cliff Curtis et Michael Vartan (dans un rôle un peu sans
intérêt) cachetonnent grossièrement. Pas foncièrement désagréable, « Colombiana » assure sa partition de divertissement décérébré. Mais souffre quand même d’une large
impression de déjà-vu (en mieux).
Par Platinoch
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Publié dans : Films d'action
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Mardi 9 août 2011
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« Tu as abattu une légende. Ce qui fait de toi la nouvelle légende à abattre »
Allemagne - Première Guerre mondiale. Le jeune pilote Manfred von Richthofen, alias Le Baron Rouge, est une célébrité au sein de l'armée de l'air
allemande.
Sa passion pour l'aviation lui ferait presque oublier que la guerre bat son plein en Europe.
Quand il tombe amoureux de la belle infirmière Käte, il réalise peu à peu que son image est utilisée à des fins de propagande.
Il doit alors faire un choix entre son dégoût pour la guerre et son sens du devoir...
« Je ne veux pas surprendre : je veux être l'emblème de la terreur »
Après la nouvelle vague du cinéma allemand des années 70 (animée par Wenders, Herzog ou Fassbinder), celui-ci était devenu particulièrement discret pendant près de vingt ans. Avant de retrouver, depuis une dizaine d'années, un peu de sa vigueur et de sa visibilité à
l'international. Un renouveau du à une nouvelle génération de réalisateurs et de comédiens, qui ose braver certains tabous en se replongeant dans l'Histoire allemande du vingtième siècle.
A commencer par la période nazie (« La chute », « Sophie Scholl : les derniers jours »,
« Les faussaires ») et celle du régime communiste de l'ancienne RDA (« Goodbye, Lénine »,
« La vie des autres »). Avec « Baron rouge », le réalisateur Nikolaï Mülleschön se replonge cette fois dans les affres de la première guerre mondiale. Cette coproduction germano-britannique,
entièrement tournée en anglais, est consacrée au célèbre Manfred Von Richtofen, alias le Baron rouge. Pilote émérite de l'armée allemande, il fut l'as des as de la première guerre mondiale,
remportant 80 victoires avérées, avant d'être lui-même abattu le 21 avril 1918. Sa jeunesse, son habileté et les conditions troubles de sa mort le feront entrer définitivement dans la
légende. Ce « Baron rouge » est le second film à lui
être consacré, après « The red baron » de Roger Corman, réalisé en 1971. Malgré son
imposant budget de 17 millions d'euros (qui en fait du coup l'un des films les plus chers produit outre-Rhin), le film, qui a été un échec au box-office
allemand, reste inédit sur nos écrans.
« Tu es ma plus belle victoire »
Aussi terrible et meurtrière fut-elle, la première guerre mondiale devait révolutionner la façon de faire la guerre. Si les combats faisaient déjà rage pour contrôler la terre
et la mer, l'aviation naissante allait faire du ciel le théâtre de batailles d'un nouveau genre. Et les hommes qui se battaient pour sa conquête allaient devenir
des chevaliers des temps modernes, avec leurs codes, leurs blasons et leurs joutes. Leurs exploits allaient inspirer durablement les réalisateurs, de Howard Hughes (« Les anges de l'enfer ») à John Guillermin
(« Le crépuscule des aigles ») en passant par Roger Corman (« The
red baron ») ou plus récemment Tony Bill (« Flyboys »). Ce
« Baron rouge » devait toutefois apporter un regard neuf et un point de vu original
sur la guerre et sur Von Richtofen, de par la nationalité du réalisateur et du choix de filmer le conflit vu du camp allemand. Malheureusement, le film ne tient pas vraiment ses promesses.
La faute notamment à un scénario mal écrit, qui privilégie davantage la relation amoureuse (sans intérêt !) entre Von
Richtofen et une infirmière belge ainsi que sa prise de conscience progressive quant à l'absurdité du conflit plutôt que les qualités militaires de ce dernier. De fait, empilant
scolairement les saynètes dans l'ordre chronologique, le film vire vite à l'hagiographie, faisant passer le Baron rouge pour un homme sentimental qui se
paye le luxe d'étaler ses états d'âme devant le Kaiser. Une vision qui semble à l'opposé de ce que laissent croire les origines du Baron rouge, issu de l'aristocratie prussienne et qui reçut une
éducation militaire dès son plus jeune âge. Si le choix d'attribuer le rôle titre à un acteur sans charisme est critiquable, on regrette également l'absence
totale de prise de risque de l'auteur, qui refuse de donner son point de vue quant à la mort du héros, toujours objet de controverses aujourd'hui. Dommage, car en dépit de cela, les
reconstitutions historiques et les batailles aériennes sont vraiment très réussies et impressionnantes. Mi-figue mi-raison, « Baron rouge » se
laisse tout de même regarder. Mais n'est pas à la hauteur de la légende à qui il rend hommage.

Par platinoch
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Publié dans : Films de guerre
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Lundi 8 août 2011
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« Il va falloir que je te cache. Si mon père te trouve, il va devenir dingue »
Yannis a 14 ans et vit sur une petite île grecque qui a su demeurer sauvage. Depuis la mort de sa mère, la relation qui l'unit avec son père, Démosthène,
s'est durcie.
Lors d'un voyage à Athènes, il sauve d'une mort probable un jeune pélican du nom de Nicostratos.
Contraint de l'élever en cachette pour soustraire à la colère paternelle, Yannis devient bien malgré lui une vedette dans son île qui se trouve
transformée par le tourisme grâce à ce magnifique pélican blanc, le plus grand oiseau d'Europe !
C'est un été unique, celui dont on se souvient tout le reste de sa vie. Yannis y découvrira
l'amour que son père lui porte et qu'il n'avait jamais su lui témoigner.
« Au début, la cohabitation entre la chèvre et le pélican était difficile : ce fut corne pour bec et bec pour
corne »
En marge des dessins animés et autres films d'animation qui font le bonheur des jeunes spectateurs, les cinéastes ont su développer un autre genre de films dédié à ce public si
particulier, à savoir les films animaliers. Un genre très codifié dont les ficelles varient peu, si ce n'est l'espèce animale au centre du récit. Généralement centrés sur l'amitié
improbable entre un enfant et un animal sauvage, ces contes initiatiques sont l'occasion pour les enfants de faire l'apprentissage de l'amitié, de la nature ou encore des responsabilités.
« Le petit prince » semble avoir fait des émules. Au
point d'être décliné à toutes les espèces. Après les loups (« Survivre avec les loups », « Loup »), les renards (« L'enfant et le renard ») ou encore les orques (« Sauvez Willy »), place donc au pélican avec « Nicostratos ». Adapté du roman à succès d'Éric Boisset (paru en
1998), il s'agit du deuxième long d'Olivier Horlait. Quatre ans après un premier projet assez similaire, « Sunny et l'éléphant », le réalisateur
continue donc d'explorer un genre qui, semble-t-il, le passionne.
« Ne tinquiète pas, on ne va pas nous séparer »
S'il reste dans les clous, Olivier Horlait innove en plaçant au centre de son récit une espèce peu vue au cinéma : le pélican. Moins commune et moins sauvage dans l'imaginaire
collectif que le loup ou le renard, le pélican se révèle être pourtant, contre toute attente, une espèce cinégénique, qui se prête étonnement bien à la comédie (maladresse, chahutage avec
la chèvre) tout en faisant preuve d'une grâce inattendue (en vol notamment). Autour de ce drôle d'oiseau, le réalisateur tricote une histoire assez
classique, abordant les thèmes habituels du genre tels que le passage à l'adolescence, la découverte des responsabilités, de l'amour, ou encore la difficulté à communiquer avec son père.
Sans révolutionner le genre, Olivier Horlait réussit cependant sans trop de difficultés à nous embarquer dans son récit doux-amer. Alternant les moments
amusants (les bêtises de l'oiseau) et les moments émouvants (la relation entre l'enfant et son père, la blessure du pélican), « Nicostratos » se révèle ainsi particulièrement
attachant. Le cadre enchanteur des iles grecques et la qualité générale des interprètes (mention spéciale à Emir
Kusturica, qu'on n'attendait pas dans ce registre) finissent de nous séduire. Et même s'il ne casse pas trois pattes à un pélican, ce « Nicostratos » demeure une bonne surprise et s'impose comme un bon film du genre.
Par platinoch
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Publié dans : Comédies
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Lundi 1 août 2011
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« Les criminels sont souvent comme des rhumes de cerveau : inopinés, on ignore quand on les attrape ! »
Sherlock Holmes et le docteur Watson sont invités à une soirée des Ballets russes, sur l'initiative de la danseuse étoile Madame Petrova : celle-ci
voudrait d'Holmes un enfant qui ait son intelligence et lui offre en échange un violon Stradivarius.
Le détective refuse, prétextant que Watson est son « compagnon ». Un peu plus tard, un cocher amène à leur domicile une jeune femme amnésique
qui vient d'échapper mystérieusement à la mort et n'a sur elle qu'un indice, l'adresse des deux hommes.
Cette personne, retrouvant la mémoire, déclare s'appeler Gabrielle Valladon et demande à Holmes, qui accepte, d'enquêter sur la disparition de son
mari.
Le frère du détective, Mycroft Holmes, un agent du Gouvernement, le dissuade de poursuivre ses recherches.
« Tout l'art de se dissimuler est de pouvoir se retrouver à la bonne place au moment souhaité »
Maitre du film noir dans les années 40, Billy Wilder s'impose dans les années 50 comme le prince de la comédie burlesque américaine. Il enchaine ainsi les succès à un rythme
effréné (près d'un film par an), tels « Sabrina », « Ariane », « Sept ans de réflexion », « Certains l'aiment chaud » ou encore « La
garçonnière ». Pourtant, avec l'arrivée des années 60, sa carrière commence à s'essouffler, annonçant son déclin. L'envie et le génie sont
pourtant toujours là. Mais le public, lui, ne le suivra pas alors que ses comédies se font plus graves et plus mélancoliques. Après l'échec commercial de
« La grande combine » (1966), il met quatre ans à écrire et réaliser « La vie privée de Sherlock Holmes ». Passionné par le héros crée par
Sir Arthur Conan Doyle, Wilder rêve depuis toujours de lui consacrer un film. Et en la matière il voit les choses en grand, prévoyant de réaliser une grande fresque, entrecoupée d'un
entracte (comme c'était souvent le cas une dizaine d'années plus tôt, notamment pour les grands péplums tels que « Spartacus » ou
« Ben Hur » ou pour les grandes fresques de David Lean). Son scénario initial prévoyait ainsi de
nombreuses intrigues annexes, sous forme de flash-back, permettant de cerner la personnalité complexe du célèbre détective. Mais le premier montage du film,
dépassant les 3h30 de durée, n'obtient pas l'aval des producteurs qui le contraignent à sacrifier ces fameuses séquences (qui sont aujourd'hui pour la plupart perdues). Sorti sur les
écrans en 1970 dans un format ramené à une durée de deux heures, le film sera un échec commercial, en dépit d'une critique enthousiaste.
« Nous avons tous de temps à autre de pareils échecs. Par chance, le Docteur Watson ne relate jamais les miens ! »
Plus encore que ses enquêtes, ce qui fascine le plus Wilder chez Sherlock Holmes, c'est sa personnalité. Complexe et torturé, le détective n'est pas un redresseur de tort ni
un justicier mais un esprit brillant qui prend un plaisir proportionnel à la complexité du problème à résoudre. Construit en deux parties clairement distinctes,
le film se fait d'abord déroutant dans son entame. Wilder prend ainsi le temps de planter son décor (très belle reconstitution de la Londres victorienne) et de mettre en place ses
personnages (Robert Stephens et Colin Blakely remplacent Peter O'Toole et
Peter Sellers, un temps envisagés), quitte à s'appesantir un peu sur la drôle de relation entre Watson et Holmes et sur les zones d'ombre de ce dernier (sa
misogynie, son addiction à la cocaïne). Longue à se mettre en place, déconcertante, cette première partie réserve néanmoins quelques moments de grande
drôlerie (la danse de Watson) et quelques bons mots (l'échange entre Watson et Holmes au sujet de l'ambigüité sexuelle de ce dernier). Et puis le film
s'accélère avec l'arrivée impromptue d'une femme amnésique (formidable Geneviève Page) au domicile de Holmes, faisant basculer le film dans l'enquête à proprement parlée. Celle-ci, conduisant le trio de Londres à Inverness, réserve son lot de rebondissements aussi truculents
qu'improbables, mêlant pêle-mêle le monstre du Loch Ness, des moines trappistes ou encore la Reine Victoria. Mais l'essentiel du film est ailleurs. Quelque part
dans le portrait doux-amer que dresse Wilder du célèbre détective. Loin de la surenchère héroïque des récits de Watson, Wilder fait tomber le masque de Holmes et nous révèle un homme faillible,
vulnérable et profondément mélancolique. A ce titre, les deux dernières scènes du film, toutes en non-dits, sont deux petits bijoux d'émotion feutrée qui en disent long sur le personnage
de Holmes. Quant à Wilder, non content de réaliser la meilleure adaptation de Sherlock Holmes, il signe un beau film, dont l'élégance n'a d'égale que la
finesse.
Par platinoch
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Publié dans : Films noirs/Policiers/Thrillers
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Dimanche 31 juillet 2011
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23:50
« Loup ? Sorcier ? Qui es-tu ? »
Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma qui semble abandonné, mais qui est plein de
merveilles.
Les trois amis inventent, se documentent, dessinent, se déguisent. Et ils jouent toutes les histoires dont ils ont envie dans une nuit magique où tout
est possible...
Ils créent ainsi six contes, qui les mèneront au moyen-âge, en Afrique, aux Antilles, en pays Aztèque ou encore au Tibet.
Au programme donc: Le loup-garou, Ti'Jean et la belle sans-connaitre, L'élu de la ville d'or, Le garçon tam tam, Le garçon qui ne mentait jamais,
La fille-biche et le fils de l'architecte.
« Une jolie fille c'est plus intéressant qu'une ville d'or »
Ovni dans l'univers de la production pour enfants, orfèvre dans le monde de l'animation, Michel Ocelot trace soigneusement son chemin en marge des géants du genre, faisant entendre sa
petite voix singulière. Révélé il y a près de quinze ans par son « Kirikou et la sorcière », il a su imposer son style tout en ombres
chinoises, hors des modes, en une poignée de films (« Princes et princesses », « Kirikou et les bêtes
sauvages », « Azur et Azmar »). Cinq ans après son dernier long, il nous propose ses
« Contes de la nuit », compilation de contes courts initialement prévus pour la
télévision. En attendant de s'attaquer au troisième volet des aventures de Kirikou.
« C'est moi qui décide puisque nous inventons l'histoire »
« Les contes de la nuit ». Avec un titre pareil, on attendait de ce film de la féerie, de l'évasion et du rêve. Malheureusement,
« Kirikou » mis à part, c'est toujours un peu pareil avec Michel Ocelot : on est
toujours bluffé par la beauté formelle et visuelle de ses films, mais profondément déçu par leur contenu assez pauvre. Et ces « Contes de la
nuit » n'échappent hélas pas à la règle. Pourtant, ces six contes nous promettaient de nous faire voyager aux quatre coins du monde à des époques différentes. Mais hélas,
le voyage s'avère bien fade tant ceux-ci se révèlent particulièrement naïfs et simplistes. Entrecoupés de séances
redondantes et pénibles dans le théâtre où ils sont conçus, ces contes manquent d'intérêt et se perdent en caricatures ridicules (l'accent de Ti'Jean, le garçon Tam-tam). Et comme si ce n'était pas assez, Ocelot finit de nous achever (et son film avec) de par sa propension à nous assener des morales à deux balles. On apprendra ainsi que
mentir c'est mal. Faire la guerre et tuer aussi. Et que l'argent ne fait pas le bonheur et n'est rien comparé à l'amour. Les (très) jeunes spectateurs seront peut-être sensibles à ces messages ô
combien engagés. Les autres seront obligés de passer leur chemin. La vacuité du film est d'autant plus regrettable que, visuellement, on reste sous le charme de
l'esthétisme du théâtre d'ombres de Michel Ocelot ainsi que de la beauté de ses couleurs flamboyantes. A ce titre, son travail rappelle celui du Douanier Rousseau, à qui il emprunte également sa
naïveté. Quoi qu'il en soit, ces qualités ne sauvent pas le film de l'ennui profond qu'il suscite.
Par platinoch
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Publié dans : Films d'animation/Dessins animés
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