Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 23:50

« Loup ? Sorcier ? Qui es-tu ? »


Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma qui semble abandonné, mais qui est plein de merveilles.

Les trois amis inventent, se documentent, dessinent, se déguisent. Et ils jouent toutes les histoires dont ils ont envie dans une nuit magique où tout est possible...

Ils créent ainsi six contes, qui les mèneront au moyen-âge, en Afrique, aux Antilles, en pays Aztèque ou encore au Tibet.

Au programme donc: Le loup-garou, Ti'Jean et la belle sans-connaitre, L'élu de la ville d'or, Le garçon tam tam, Le garçon qui ne mentait jamais, La fille-biche et le fils de l'architecte.


« Une jolie fille c'est plus intéressant qu'une ville d'or »


Ovni dans l'univers de la production pour enfants, orfèvre dans le monde de l'animation, Michel Ocelot trace soigneusement son chemin en marge des géants du genre, faisant entendre sa petite voix singulière. Révélé il y a près de quinze ans par son « Kirikou et la sorcière », il a su imposer son style tout en ombres chinoises, hors des modes, en une poignée de films (« Princes et princesses », « Kirikou et les bêtes sauvages », « Azur et Azmar »). Cinq ans après son dernier long, il nous propose ses « Contes de la nuit », compilation de contes courts initialement prévus pour la télévision. En attendant de s'attaquer au troisième volet des aventures de Kirikou.


« C'est moi qui décide puisque nous inventons l'histoire »


« Les contes de la nuit ». Avec un titre pareil, on attendait de ce film de la féerie, de l'évasion et du rêve. Malheureusement, « Kirikou » mis à part, c'est toujours un peu pareil avec Michel Ocelot : on est toujours bluffé par la beauté formelle et visuelle de ses films, mais profondément déçu par leur contenu assez pauvre. Et ces « Contes de la nuit » n'échappent hélas pas à la règle. Pourtant, ces six contes nous promettaient de nous faire voyager aux quatre coins du monde à des époques différentes. Mais hélas, le voyage s'avère bien fade tant ceux-ci se révèlent particulièrement naïfs et simplistes. Entrecoupés de séances redondantes et pénibles dans le théâtre où ils sont conçus, ces contes manquent d'intérêt et se perdent en caricatures ridicules (l'accent de Ti'Jean, le garçon Tam-tam). Et comme si ce n'était pas assez, Ocelot finit de nous achever (et son film avec) de par sa propension à nous assener des morales à deux balles. On apprendra ainsi que mentir c'est mal. Faire la guerre et tuer aussi. Et que l'argent ne fait pas le bonheur et n'est rien comparé à l'amour. Les (très) jeunes spectateurs seront peut-être sensibles à ces messages ô combien engagés. Les autres seront obligés de passer leur chemin. La vacuité du film est d'autant plus regrettable que, visuellement, on reste sous le charme de l'esthétisme du théâtre d'ombres de Michel Ocelot ainsi que de la beauté de ses couleurs flamboyantes. A ce titre, son travail rappelle celui du Douanier Rousseau, à qui il emprunte également sa naïveté. Quoi qu'il en soit, ces qualités ne sauvent pas le film de l'ennui profond qu'il suscite.

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Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 17:47

« Aujourd'hui, ce jeune homme sorti de nulle part a entre les mains un pouvoir considérable.Mais que va-t-il en faire ? Lui seul le sait »


Propulsé à la tête du groupe W après le décès de son père adoptif, Largo Winch décide, à la surprise générale, de le mettre en vente afin de créer une ambitieuse fondation humanitaire.


Mais le jour de la signature, il se retrouve accusé de crimes contre l'humanité par un mystérieux témoin.


Pour prouver son innocence, Largo devra retourner sur les traces de sa vie passée, au coeur de la jungle birmane.

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« Nério ne voulait pas un fils. Il voulait un héritier »

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Bien que la démarche initiale soit sensiblement la même (mettre une histoire en images), l'adaptation d'une bande-dessinée sur grand écran est un exercice des plus périlleux et des plus difficiles. Beaucoup s'y sont essayés, la plupart s'y sont cassés les dents, ratant allègrement leur adaptation. Citons en vrac la saga des « Astérix », le « Lucky Luke » de James Huth, le « Blueberry » de Jan Kounen, « Le petit Nicolas » de Tirard, « Les Dalton » de Philippe Haim ou encore le « Iznogoud » de Patrick Braoudé. Il fallait donc beaucoup d'audace et de folie pour se risquer à tenter d'adapter une saga aussi culte que celle de Jean Van Hamme et Philippe Francq. Un défi que Jérôme Salle (jusque là auteur d'un seul film, le très maitrisé « Anthony Zimmer ») allait réussir contre toute attente : son « Largo Winch » étant une adaptation plutôt réussie et fidèle des deux premiers albums de la saga. Cette réussite appelait obligatoirement une suite. A peine deux ans après le premier opus, il nous revient avec le second, « Largo Winch 2 », libre adaptation des albums 7 et 8, « La forteresse de Makiling » et « L'heure du tigre ».


« Homme sans ennemi, homme sans valeur »


Le succès du premier film était sans nulle doute en partie du au fait que Jérôme Salle parvenait à rester fidèle à l'histoire et à l'esprit  de la BD originelle. Mais surtout, ce « Largo winch » proposait un savoureux cocktail d'action, d'aventures, d'explosion et de cascades avec une efficacité toute américaine comme on en voit rarement dans le cinéma européen. En ouvrant ce deuxième opus par une course poursuite automobile effrénée, le réalisateur jouait la carte de la continuité en démarrant son film comme il terminait le précédent, c'est-à-dire pied au plancher. Pourtant, en dépit des apparences, ce « Largo Winch 2 » privilégie une approche plus psychologique du héros. L'heure est venue pour lui de faire face à des responsabilités (héritage, amour, paternité) et à des choix (quel devenir pour lui et pour son empire ?). Et apprendre qu'il a beaucoup d'ennemis. Si Jérôme Salle prend beaucoup de libertés par rapport à l'histoire originale, celle-ci s'avère toujours aussi riche en rebondissements et permet d'introduire des personnages importants de la saga, tels Simon Ovronnaz ou Cochrane. L'action n'est pas en reste, notamment grâce à l'attaque d'un camp militaire en pleine jungle ou à l'impressionnant combat en chute libre que livre Largo. Seuls bémols, le second degré trop appuyé du périple thaïlandais du majordome et certains choix de casting pas toujours convaincants (Sharon Stone est trop sexy pour jouer un juge international, le regretté L aurent Terzieff paraissant physiquement trop frêle pour être réellement menaçant). Rien de préjudiciable toutefois pour ce film qui assure une nouvelle fois un spectacle efficace et de qualité. En attendant un troisième opus ?


 

Le Blu-ray : Edité par Pathé, cette édition combo Blu-ray/DVD est particulièrement léchée et complète. Le film est ainsi présenté au choix en version française (seules les dialogues entre population Karen ne sont pas doublés) ou originale (comprenant du français, de l'anglais et du thaïlandais) sous-titrée. Les sous-titres pour les malentendants sont également disponibles. L'image bénéficie de son côté d'un traitement HD absolument impeccable.

Côté bonus, outre le traditionnel commentaire du film (ici par Jérôme Salle et Tomer Sisley), cette édition propose un passionnant making-of de plus d'une heure. Particulièrement complet, il nous explique la genèse du projet, son élaboration (notamment la construction du village Karen ou encore les impressionnantes scènes d'action) et son tournage. Reprises également en modules individuels, les interventions du réalisateur (qui explique notamment comment il s'est progressivement éloigné du scénario des albums de la BD), des comédiens (dont le court témoignage posthume de Laurent Terzieff) et du scénariste, apportent des éclairages importants sur la construction du film et des témoignages du tournage. Deux reportages particulièrement sont consacrés aux deux moments de bravoure du film : la poursuite en voiture (on apprend ainsi qu'une voiture conduite depuis le toit a été spécialement conçue pour le film) et le combat en parachute (tourné par les vrais acteurs à raison de six sauts par jour pendant dix jours !). Ces reportages sont accompagnés de storyboard et des maquettes 3D réalisés préalablement au tournage. En plus du clip de la chanson « Father and Son », reprise de Cat Stevens par le groupe Puggy, on trouve également une galerie de photos.

Un grand merci à Pathé et à l'agence Cartel pour m'avoir permis de réaliser la chronique de ce Blu-ray.

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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 18:22

Ce n'est pas parce qu'on parle ici de cinéma qu'il faut rester fermé ou insensible aux autres arts !

 

Aussi, amis lecteurs, pour ceux d'entre vous qui seraient sur Paris cet été, je vous conseille d'aller voir cette excellente pièce qu'est « Molière sur le divan » par la Compagnie Malomains, qui se joue jusque fin aout au théâtre du Lucernaire !

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Par platinoch
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 22:02

Un grand merci à l'agence Le K, Studio 37 et Universal qui m'ont permis de voir et de chroniquer le dvd du film « La permission de minuit » de Delphine Gleize qui sort dans les bacs le 5 juillet.


« Pendant que tu te poses des questions, les médecins, eux, ils cherchent »


C'est une amitié hors normes. David a 50 ans, Romain en a 13...

David, professeur en dermatologie, fou de son métier, le soigne et l'opère depuis qu'il a 2 ans. Atteint d'une déficience génétique rare, Romain vit à l'écart de la lumière du jour. C'est "un enfant de la lune".


Rien ne semble pouvoir les séparer jusqu'au jour où David obtient une mutation qu'il n'attendait plus. Comment annoncer à Romain son départ ?

Le jour de la séparation approche, une nouvelle épreuve pour l'un et pour l'autre.


« On fait tout ce qu'on peut pour que tu aies du temps »


Le  nom de Delphine Gleize ne vous dit peut-être rien. Pourtant, la réalisatrice, formée à la FEMIS, s'est montrée particulièrement active au cours de la décennie écoulée. En effet, après avoir réalisé de nombreux courts métrages (retenus pour la plupart à Cannes et récompensé d'un César), elle a signé trois longs en dix ans : « Carnages » (2002), « L'homme qui rêvait d'un enfant » (2006, denier film avec Darry Cowl) et le documentaire « Cavaliers seuls » (2009). Discrète et appliquée, elle s'est ainsi toujours mise au service de sujets graves et difficiles. Son quatrième long, « La permission de minuit », ne déroge pas à la règle puisqu'il a pour toile de fond la maladie dite « des enfants de la lune ». Une maladie génétique rare, caractérisée par une hypersensibilité de la peau à la lumière du soleil, obligeant ces enfants à vivre cachés de la lumière du jour.


« Parfois je m'emmerde. Vous ne seriez pas là ce serait pire »


« La permission de minuit » : l'expression renvoie à des choses positives, liées à l'adolescence. Une autorisation exceptionnelle de déroger à la règle pour sortir avec ses amis. Sauf que pour Romain, atteint de la maladie des enfants de la lune, l'exception fait office de norme. Nocifs pour sa santé, il fuit les rayons du soleil et vit une fois la nuit tombée. Son existence d'adolescent est donc marquée par une certaine solitude. Et par la mort, qui rôde et qui menace, inéluctablement. L'amitié qui le lit à David, le professeur hospitalier qui le suit depuis son enfance, n'en sera donc que plus forte et plus singulière. Aussi âpre soit-il, Delphine Gleize filme son sujet avec beaucoup de pudeur. Avec une précision chirurgicale (notamment des dialogues très bien écrits), elle impose une mise en scène froide et distanciée, qui lui permet de traiter de la maladie avec recul, sans jamais verser dans le pathos ou le misérabilisme. Certes, l'ombre de la maladie et de la mort plane sur l'histoire. Mais en aucun cas, on ne verra qui que ce soit se plaindre. Pas plus qu'on ne nous en montrera les conséquences physiques. Ce qui importe davantage à la réalisatrice, c'est le quotidien de Romain, la façon qu'il a d'apprivoiser sa maladie, de vivre son adolescence et ses premiers émois. D'une manière plus générale, son film nous touche par l'espoir qu'il suscite, à chaque fois qu'il nous montre que la vie prend le dessus sur le reste. Porté par des acteurs au diapason (Emmanuelle Devos, Vincent Challal), on saluera tout particulièrement la performance toute en finesse de Vincent Lindon, émouvant jusque dans ses silences et ses non-dits. Après « Welcome », le comédien prouve une nouvelle fois qu'il affectionne et qu'il excelle dans les sujets sociaux forts. Quant à ce joli film, il a le mérite de mettre dans la lumière une maladie rare qui y est allergique. 

Le DVD : L'édition DVD de « La permission de minuit » est particulièrement riche et soignée. Outre le traditionnel commentaire audio du film, il comprend notamment un exhaustif making-of (23 minutes), une galerie photos et cinq scènes coupées. Mais les deux vrais plus de cette édition sont sans doute le court métrage « Les méduses » (17 minutes) réalisé par Delphine Gleize en 2000, ainsi que la présence des trois titres principaux de la BO présentés en pistes audio, morceaux assez planants qui contribuent grandement à l'ambiance si particulière du film.

Par platinoch - Publié dans : Drames
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Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 20:10

« T'as redoublé deux fois ? T'es un vrai killer ! »


L'élève Ducobu s'est encore fait renvoyer d'une école.

Cette fois, pour éviter de finir en pension, il n'a plus qu'une seule chance : réussir à Saint-Potache.

Pour s'en sortir, ce cancre attachant va devoir se surpasser et mettre au point les tricheries les plus ingénieuses et les plus spectaculaires jamais imaginées.

La partie est loin d'être gagnée.

En effet Mr Latouche, son redoutable professeur, est un adversaire coriace et Léonie, la première de la classe sur qui il tente de copier, ne va pas rester longtemps sous son charme…


« J'ai l'impression qu'un océan de médiocrité s'est abattu sur cette classe ! »


Art populaire s'il en est, la BD a souvent mis à l'honneur les enfants et plus encore les écoliers. Histoire de toucher le jeune public, féru de ce type de lecture, en lui proposant des histoires qui lui parlent. Histoire aussi de permettre aux dessinateurs de faire ressurgir leur part d'enfance, âge où toutes les bêtises, surtout les plus régressives, sont permises. On connaissait déjà « Le petit Nicolas », « Titeuf » ou encore « Le petit Spirou » (les deux premiers ayant déjà eu droit à des adaptations pour le grand écran). On connaissait moins « L'élève Ducobu ». Pourtant, avec deux millions d'albums écoulés, le cancre au pull jaune et noir crée en 1992 par Zidrou et Godi fait incontestablement parti des références du genre. Il n'en fallait pas plus pour voir ses aventures transposées sur grand écran. Scénariste de « La beuze » et de « Neuilly sa mère ! », c'est Philippe de Chauveron qui s'y colle, réalisant avec « L'élève Ducobu » sont troisième film, après « Les parasites » (1999) et « L'amour aux trousses » (2005).


« On n'est pas à la foire à la saucisse, on est à l'école ! »


Le petit Nicolas et Le petit Spirou avaient en commun de traiter de l'enfance avec une certaine tendresse. Dans un style actuel, Titeuf, lui, se retrouve confronté à des sujets assez sérieux comme la sexualité. Des subtilités un peu oubliées (ou mal rendues) lors de leur transposition au cinéma. L'élève Ducobu n'a rien de tout cela. Pour tout dire, c'est juste un petit gros, cancre patenté et fumiste, qui a fait de la tricherie sa raison d'être. Dès lors, ses relations avec les autres gamins ou avec les adultes, sel habituel de ce genre de production, sont inexistantes. Elles laissent la place à une avalanche de gags répétitifs et pas drôles, dans lesquels Ducobu s'emploiera à trouver tous les subterfuges pour berner son prof (classeur à trous pour mieux voir, pistolet à antisèches, oreillette planquée dans un sonotone). Tentatives qui lui vaudront invariablement le coin et le bonnet d'âne. Et on ne parlera pas de la caricature de maison de repos pour profs dépressifs. On vous avait prévu, ça ne vole pas haut ! Le salut de cette médiocrité humoristique viendra des apparitions d'Elie Semoun, qui excelle toujours en dragueur maladroit. Dommage cependant qu'il ne se renouvelle pas un peu. Pour le reste c'est le néant absolu. S'il parvient à berner un temps son instituteur, ça n'aura pas pris avec nous. Ducobu ? Recalé !


Par platinoch - Publié dans : Comédies
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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 21:35

« Je pense que les hommes sont plus romantiques que les femmes : elles passent leur vie à rêver au prince charmant et finissent par épouser le premier qui a un bon job et qui restera »


Dean et Cindy, la trentaine, sont mariés depuis quelques années. Ensemble, ils ont une petite fille. Pourtant, leur couple bat sérieusement de l'aile. Traversant une période de turbulences, ils doivent prendre la décision de continuer ou de se séparer.

A travers une galerie d'instants volés, passés ou présents, l'histoire d'un amour que l'on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s'échappe… Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d'une nuit, pour sauver leur mariage vacillant.


« Essaye de réfléchir à ce que tu dis plutôt que de dire ce que tu penses » 


Le cinéma américain se laisserait-il « Sundanciser » ? Chaque année, c'est la même rengaine : le festival de Sundance promeut un ou deux films qui font le tour des grands festivals internationaux avant de finir auréolés d'une ou deux nominations aux Oscars. Certains le méritent incontestablement (« Little miss sunshine », « Half Nelson », « Winter's bone ») mais la plupart de ces films paraissent tout de même très surestimés (« Juno », « (500) jours ensemble », « Precious »). Outre « Winter's bone », l'autre film révélé cette année à Sundance était donc « Blue Valentine », le deuxième long du documentariste Derek Cianfrance. S'inspirant du divorce de ses propres parents, le réalisateur a gardé cette histoire en gestation pendant une dizaine d'années, rédigeant pas moins de 57 versions du scénario. « Blue Valentine », dont le titre renvoie à une chanson de Tom Waits, a concouru au Festival de Cannes dans la catégorie « Un certain regard ». Il a également obtenu des nominations aux Golden Globes (meilleur acteur et meilleure actrice) et aux Oscars (meilleure actrice pour Michelle Williams).


« Je ne rêvais pas d'être un mari ni un père. Mais au fond, c'est que je voulais sans le savoir. Et je travaille tous les jours pour rendre cela possible »


« Blue Valentine », c'est avant tout le portrait d'un couple au bord de la rupture. L'autopsie d'une histoire d'amour qui fut autrefois passionnée et qui a laissé la place à un champ de ruines. Sur la base d'un récit éclaté, alternant temps présent et passé par le biais de nombreux flashbacks, Derek Cianfrance tente de sonder l'intimité de ce couple afin de comprendre comment il en est arrivé au point de rupture. Autant le dire, il s'agit là d'une vraie fausse bonne idée tant le sujet et le procédé ont été en vogue ces dernières années. Difficile en effet pour ce film de tenir la comparaison avec des films aussi brillants que le très touchant « Before sunset », le magnifique « Conversation(s) avec une femme », « Les noces rebelles » ou encore « 5x2 » de Ozon. Si « Blue Valentine » réserve quelques moments de grâce (notamment la scène de la rencontre dans la maison de retraite ou celle de la deuxième rencontre, dans le bus, qui doivent tout à la sincérité et à l'émotion de Ryan Gosling), on peine toutefois à y adhérer pleinement en raison du personnage de Cindy (on a toujours autant de mal avec le jeu de Michelle Williams), mal dégrossi et mal écrit, qui rend l'ensemble bancal. En outre, on peine à comprendre réellement son mal être et ses intentions (pourquoi annoncer à Dean qu'elle a croisé son ex dans le supermarché ? Pourquoi ne pas lui dire que son travail nécessite de déménager ?). Sur la forme, le film est pénalisé par un montage un peu trop facile, jouant un peu trop sur les oppositions (enchainement d'une scène où le sexe est triste avec une scène de sexe joyeux, le mariage avec la scène de la séparation, etc…). L'ensemble, beaucoup trop long et trop lent, souffre également des tics inhérents au ciné indé américain : photographie particulièrement terne et desaturée, accumulation de détails faisant le portrait d'une Amérique profonde particulièrement glauque, ambiance dépressive. Reste l'interprétation de Ryan Gosling, toujours extraordinairement à fleur de peau, et la belle bande musicale. Trop peu pour sauver ce film de l'ennui profond qu'il suscite.

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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 08:11

Cinq ans presque jour pour jour après son lancement, « Le Cinéma de Platinoch » franchit le cap du million de visites. L'auteur de ce blog réalise ainsi son rêve de devenir millionnaire avant ses trente ans!

 

Un grand merci, donc, à vous amis lecteurs fidèles ou simplement de passage, qui prenez le temps de lire mes élucubrations et qui avez rendu tout cela possible.

 

Un merci plus particulier aux lecteurs de la première heure: Bob Morane bien sûr, Brigitte, Fritz, Mélissa, Anna, Ffred, Kleinhase, Ashtray-girl, Mymp, Vincent ainsi qu'aux membres plus récents: Chris, Christophe, Ben, Copa, et les autres...


 

UN GRAND MERCI!



Par platinoch
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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 20:44

Dans le cadre de son concours « Blogueurs, faites votre cinéma ! », Priceminister m’a proposé de critiquer le dvd du film « Secrets et mensonges » de Mike Leigh.

« T’as pas demandé à venir au monde mais je n’ai pas demandé à t’avoir non plus ! »

A la mort de sa mère adoptive, Hortense, une jeune femme noire de vingt-sept ans, décide de partir à la recherche de sa véritable mère. Elle apprend avec stupéfaction que sa vraie mère, Cynthia, est blanche et qu'elle a une fille de vingt ans, Roxanne, avec laquelle elle vit.

Quant à Cynthia, elle est paniquée quand elle apprend l'arrivée de cette enfant oubliée depuis longtemps.

Palme d'or au Festival de Cannes en 1996 et Prix d'interprétation féminine.

« Vous avez légalement le droit de rechercher votre mère naturelle mais elle n’a peut-être pas trop envie de vous voir »

Metteur en scène de théâtre, Mike Leigh fait ses classes audiovisuelles à la BBC durant les années 70. Au même titre que Ken Loach et Stephen Frears, réalisateurs avec lesquels il participe dès les années 80 au renouveau du cinéma social anglais. S'intéressant au quotidien de classes ouvrières et populaires de l'Angleterre post-thatcheriste, il signe des films souvent assez durs traités sur le mode de la tragi-comédie. Son quatrième film, « Naked », est récompensé du Prix de la mise en scène et du Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 1993, lui permettant d'accéder à la reconnaissance internationale. La Croisette continuera à lui porter bonheur puisque son film suivant, « Secrets et mensonges », y obtient trois ans plus tard la Palme d'or au terme d'une compétition des plus relevée (face notamment à « Fargo », « Breaking the waves », « Crash », « Le huitième jour », « Ridicule » ou encore « Un héros très discret ») ainsi que le Prix d'interprétation féminine pour Brenda Blethyn. Une performance que le film ne rééditera pas aux Oscars, repartant bredouille de la cérémonie malgré ses cinq nominations.

« Ce qu’on n’a jamais eu ne peut pas nous manquer »

On connaissait son talent de chroniqueur de la société anglaise. Avec « Secrets et mensonges », Mike Leigh affine surtout son talent de portraitiste. A l’image de son personnage de photographe, qui parvient à immortaliser en un instant la vérité de ses modèles, Mike Leigh suit donc en parallèle les trajectoires de trois personnages liés par le sang mais que le destin, les secrets et les mensonges ont séparés. Trois destinées en quête de rédemption, donc. Trois êtres cabossés par la vie qui aspirent à voir leurs chemins converger. Mais pour cela, il faudra accepter de faire ressurgir la vérité, de crever les abcès. De se défaire des secrets et des mensonges. De ce que l’on a caché et falsifié au cours des années. Avec délicatesse, le cinéaste filme les silences et les non-dits qui ont fini par miner et briser la vie des protagonistes. Il use d’une infinie finesse pour décrire les rapports entre ses personnages et notamment cette étonnante scène de retrouvailles entre une mère et sa fille, neuf minutes de vérité brute, durant lesquelles Brenda Blethyn fait preuve d’une étonnante et désarmante sincérité. Très peu écrit, le film de Mike Leigh doit une grande partie de sa spontanéité aux talents d’improvisateurs de ses comédiens, trouvant son apogée dans un final dantesque aux accents terriblement british. Traitant avec beaucoup de subtilité des thèmes de l’adoption et de l’identité, « Secrets et mensonges » soulève de grandes questions : l’abandon d’un enfant ne peut-il pas être aussi une chance qui lui est donnée de sortir de sa condition sociale ? Le droit de connaitre ses racines est-il inaliénable ? L’une des belles qualités du film réside dans les beaux rôles de femmes qu’il dessine. A ce titre, les comédiennes sont toutes excellentes, Brenda Blethyn et Marianne Jean-Baptiste (Toutes deux nommées à l’Oscar de la meilleure actrice) en tête. Une fois de plus, Mike Leigh tient toutes ses promesses avec ce film qui mérite amplement sa Palme d’or.

 



Par platinoch - Publié dans : Drames
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