Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 21:31

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/93/95/19803697.jpg« Ce que je fais dans la vie ? Je conduis »


Un jeune homme solitaire, "The Driver", conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant - et au volant, il est le meilleur ! Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet. C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul. Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal… Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…


« J’ai un truc que les grandes écuries n’ont pas : j’ai un pilote. Avec un volant entre les mains ce gamin peut tout faire »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/93/95/19736496.jpgProdige du cinéma danois, Nicolas Winding Refn réussissait des débuts remarqués en réalisant « Pusher », immense trilogie consacrée aux bas-fonds de Copenhague et aux crapules notoires qui y prospèrent de trafics en tous genres. Fort de ce succès, le réalisateur aura depuis réussi un parcours sans faute, ponctué de grands films aussi originaux qu’exigeantsLe guerrier silencieux », « Bronson »), se construisant au passage une filmographie d’une rare cohérence. Des qualités rares, qui ne passent pas inaperçues. Pour preuve, Ryan Gosling, l’acteur qui monte à Hollywood, a fait appel à lui pour le diriger dans ce « Driver ». Adapté du roman de James Sallis, « Driver » est ainsi son premier film américain. C’est aussi le premier film dont il ne signe pas lui-même le scénario. Présenté en compétition à Cannes, le film repartira auréolé du Prix de la mise en scène.


« C’est rare d’avoir une deuxième chance dans la vie, pas vrai ? »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/93/95/19736493.jpgOutre le fait qu’il soit un grand réalisateur, Nicolas Winding Refn est aussi un cinéphile averti, imprégné de références prestigieuses. Son « Guerrier silencieux » n’était-il pas à ce titre une forme de relecture du « Aguirre la colère de Dieu » de Werner Herzog ? Avec « Drive », il aborde son premier film de commande à sa façon habituelle. Puisant ses références dans le meilleur du film de genre d’hierLe samouraï », « The driver », « L.A. Confidential », « Police Fédérale Los Angeles ») et d’aujourd’huiLa nuit nous appartient », « Collateral », « No country for old men »), il signe un polar efficace et sophistiqué. Tel un pilote chevronné, il s’amuse à passer les vitesses, alternant lenteur générale et accélérations par à-coups, lui permettant de composer une ambiance froide et éthérée qui est pour beaucoup dans la réussite du film. Passant en un éclair de moments de romance pure à la sauvagerie la plus extrême (magnifique scène du baiser dans l’ascenseur qui précède un défonçage de crâne mémorable), son film souffre cependant – et c’est là son seul défaut – d’un certain manque d’originalité dans son intrigue. Un défaut compensé par une mise en scène extrêmement léchée dans laquelle le réalisateur fait montre de toute sa maestria (impressionnante scène du face à face final, qui alterne calme et déferlement de violence). Porté par un casting impérial (Ryan Gosling en héros mutique compose un excellent alter ego du « Samouraï » Costello) et une bande musicale savamment choisie, « Drive » sort du commun de la production cinématographique actuelle et s’impose comme étant un bon film. Un zest d’originalité en plus et on frôlait le chef d’œuvre.


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/93/95/19736492.jpg  http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/83/31/19814320.jpg

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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 22:29

Dans le cadre de son opération « Dvdtrafic », l’excellent site Cinetrafic me propose de chroniquer le dvd de « Krunk out ».


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/a/ac/Knucklehead_movie_poster.jpg/409px-Knucklehead_movie_poster.jpg« Imagine que tu mesures 2,05 mètres et que tu pèses 220 kg à 13 ans : personne n’a envie de te prendre dans ses bras »


Orphelin de naissance, Walter Krunk n’a jamais pu se résoudre à quitter l’orphelinat où il a grandit. Si bien qu’à 35 ans, il est toujours l’homme à tout faire l’orphelinat. Jusqu’au jour où son manque de vigilance le rend coupable de l’incendie qui ravage les cuisine de l’établissement. Incapable de faire face financièrement aux travaux de reconstruction, l’orphelinat est menacé de fermeture. Le hasard faisant bien les choses, Walter croise la route d’un agent de catcheur, endetté jusqu’au cou, à la recherche d’un nouveau poulain. Du haut de ses deux mètres et fort de 200 kg, Walter accepte de relever le défi, pour aider l’orphelinat. Accompagnés de la directrice de l’institution, ils parcourent le pays pour participer à des tournois de catch…


« Ce voyage c’est l’occasion de faire un truc que je n’ai jamais fait et que je ne referais peut-être jamais. C’est l’occasion d’être un héros. »


img_dvd-krunk-out_2r.jpgLes films consacrés aux sports de combat sont légions. Mais en la matière, c’est la boxe qui l’emporte (« Rocky », « Fighter », « Warriors », etc…). De mémoire de cinéphile, on n’avait pas vu de catcheur au centre d’un film depuis « The wrestler » de Darren Aronofsky dans lequel Mickey « The ram » Rourke livrait une incroyable performance. Pourtant, le catch est un sport extrêmement populaire aux Etats-Unis. En conséquence, la WWE, la société qui organise et gère le catch professionnel aux USA, a crée au début des années 2000 la WWE studios, filiale lui permettant de produire des films sur le catch mettant en vedette ses propres stars. Après « Legendary » qui mettait en scène la star du catch John Cena, voici donc « Krunk out », leur deuxième production (restée elle aussi inédite sur nos écrans), portée par The Big Show, quintuple champion du monde. A la réalisation, on retrouve l’expérimenté Michael Watkins, qui a essentiellement officié pour des séries télé comme « X-Files », « Code Quantum » ou encore « Monk ».


« Si tout ce qu’on fait de bien compense le reste alors le bilan est bon »


photo-Krunk-Out-Knucklehead-2010-2Il ne faut pas toujours chercher la petite bête. « Krunk out » n’est pas un chef d’œuvre : il n’en a ni la vocation ni l’ambition. Il assume au contraire d’être une sympathique série B. Une sorte de téléfilm amélioré, à mi-chemin entre les comédies familiales américaines (on repense à certains vieux Schwarzenegger façon « Un flic à la maternelle » ou encore à « Oncle Buck » avec John Candy) et les films de Bud Spencer et Terrence Hill (période « Petit papa baston »). L’humour y est ras des pâquerettes (à base de flatulences notamment) et l’histoire y est convenue et cousue de fil blanc, le tout sur une histoire de road movie qui n’évite pas certains clichés (notamment les méchants motards). Il n’empêche, bien entouré de quelques acteurs expérimentés de séries télé (Denis Farina, Melora Hardin, ou encore Mark Feuerstein), The Big Show assure en gentil géant naïf et maladroit et nous fait passer un moment pas désagréable. Car au fond, « Krunk out » est un film à l’image du catch : un peu lourd, familial et qui n’a d’autre but que de divertir. En la matière, il atteint ses objectifs. Ce qui n’est déjà pas si mal.

 

Le DVD : Le film est présenté en VO (anglais), français, italien et allemand, avec sous-titres optionnels. Côté interactivités, le DVD propose un court bétisier dans lequel l’équipe explique qu’elle s’est bien amusée à tourner le film. Deux reportages (« Bienvenue sur scène » et « De mauvais poil ») reviennent sur la carrière de catcheur de The Big Show ainsi que sur l’ambiance sur le plateau du film. A côté des traditionnels commentaires du film assurés par les acteurs et le réalisateur, une galerie photos du film est également proposée.


Distribué par Zylo, « Krunk out » de Michael Watkins est disponible en DVD et Blu Ray depuis le 4 octobre 2011. Prix HT : DVD : 12,29€ Blu Ray : 16,39€.  


Un grand merci à Cinetrafic de m'avoir permis de réaliser cette chronique. Retrouvez sur Cinetrafic d'autres comédies dans la catégorie film comique ou découvrez la catégorie film à voir.

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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 22:02

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/26/19729056.jpg« Les hommes ne regardent jamais assez à l’intérieur du sexe des femmes »



À l'aube du XXème siècle, dans une maison close à Paris, une prostituée a le visage marqué d'une cicatrice qui lui dessine un sourire tragique.



Autour de la femme qui rit, la vie des autres filles s’organise, leurs rivalités, leurs craintes, leurs joies, leurs douleurs...



Du monde extérieur, on ne sait rien. La maison est close.



« On est ici dans une maison close. La liberté c’est dehors. Pas ici. »



http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/26/19813243.jpgTous les chemins mènent au cinéma. Pour preuve le parcours atypique de Bertrand Bonello : venu de la musique classique, ce musicien professionnel (qui travailla notamment avec De Palmas et Françoise Hardy) délaissa peu à peu ses partitions pour les troquer contre une caméra au cours des années 90. Une quinzaine d’années plus tard, le voilà devenu un cinéaste reconnu et complexe, dont l’œuvre est marquée par un questionnement sur les mystères du désir, de la sexualité et de son industrie. Après nous avoir conduit dans le milieu des films pornographiques (« Le pornographe »), dresser le portrait d’un transsexuel (« Tiresia ») et être parti en quête d’hédonisme (« De la guerre »), il nous invite à « L’Apollonide », une maison close parisienne de la fin du 19e siècle.

 

« Si nous ne brûlons pas, comment éclairer la nuit ? »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/26/19716638.jpgObjet de fascination et de fantasmes tout au long du 19e siècle, la maison close inspira de nombreux artistes de l’époque, qu’ils soient écrivains (Baudelaire, Maupassant) ou peintres (Toulouse-Lautrec, Picasso, Degas, Ingres). A sa manière, Bonello fait revivre entre les murs de l’Apollonide une certaine époque, une certaine ambiance fantasmée faite de lascivité et de sensualité, dans des décors surannés tout en tentures, en velours et en soie. Tel un tableau. Ce n’est ainsi pas un hasard si les clients qu’il imagine dans cette maison sont pour la plupart des réalisateurs (Xavier Beauvois, Jacques Nolot, Louis-Do de Lencquesaing). Mais très vite, l’apparence ouatée et hors du temps des lieux se transforme. Le lupanar que nous présente Bonello est définitivement dépourvu de luxe, de calme et de volupté. En nous peignant leur quotidien telle une chronique (lavages après rapports, maladies, clients sans scrupules aux fantasmes tordus), l’Apollonide devient un lieu étouffant et glauque. Une prison de laquelle ne peuvent s’échapper des filles qui n’ont de joie que le nom. Un lieu où la chair est froide, totalement dépourvue de sensualité, et constamment traversée par des éclairs de mort. On pourra toujours reprocher à Bonello une vision trop parcellaire ou idyllique de la situation (parfaite entente entre les filles, mère maquerelle plutôt sympa et compréhensive, absence totale de référence aux maffias qui faisaient prospérer ce commerce, vision trop parcellaire des violences faites aux femmes…). Mais l’essentiel du film est ailleurs, quelque part entre un esthétisme raffiné poussé à l’extrême et une ambiance ambivalente, à la fois aérienne et pesante comme une chape de plomb, qui marque l’esprit encore longtemps après le générique de fin.

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/26/19813240.jpg http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/26/19813242.jpg

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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 21:59

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/84/05/19808153.jpg« Depuis quand a-t-on cessé d’être un couple ? »


A tout juste quarante ans, Cal Weaver mène une vie de rêve - bonne situation, belle maison, enfants formidables et mariage parfait avec sa petite amie du lycée. Mais lorsqu’il apprend que sa femme, Emily, le trompe et demande le divorce, sa vie « parfaite » s’écroule. Pire, dans le monde des célibataires d’aujourd’hui, Cal, qui n’a plus dragué depuis des lustres, se révèle un modèle d’anti séduction. Passant désormais ses soirées à bouder tout seul au bar du coin, l’infortuné Cal est pris en main comme complice et protégé d’un séduisant trentenaire, Jacob Palmer. Pour l’aider à oublier sa femme et à commencer une nouvelle vie, Jacob tente de faire découvrir à Cal les nombreuses perspectives qui s’offrent à lui : femmes en quête d’aventures, soirées arrosées entre copains et un chic supérieur à la moyenne. Cal et Emily ne sont pas les seuls en quête d’amour: le fils de Cal, Robbie, 13 ans, est fou de sa baby-sitter de 17 ans, Jessica, laquelle a jeté son dévolu… sur Cal ! Et en dépit de la transformation de Cal et de ses nombreuses nouvelles conquêtes, la seule chose qu’il ne peut changer reste son cœur, qui semble toujours le ramener à son point de départ.


« Je t’aide ou je t’euthanasie ? »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/68/61/19793411.jpgIl y a deux ans, les scénaristes John Requa et Glen Ficara (scénaristes notamment de l’excellent « Bad santa ») passaient à la réalisation avec « I love you Philip Morris », une comédie ubuesque franchement dingue inspiré d’une histoire réelle. Une première remarquée, qui sortait des sentiers battus du cinéma US en flirtant avec le politiquement incorrect. De quoi effrayer les producteurs US, conservateurs et frileux, au point que le film ne devait voir le jour qu’à la faveur de l’engagement de Luc Besson. On attendait donc leur second long avec impatience. Les revoilà donc aux commandes de « Stupid Crazy love » dont ils n’assurent que la réalisation, le scénario était l’œuvre de Dan Fogelman, ancien scénariste de chez Disney qui a notamment signé les scénarios de « Cars », « Volt » ou encore « Raiponce ».


« Au lieu de sauter de la voiture j’aurai du me battre pour toi »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/68/61/19725831.jpgGenre phare de la production cinématographique US, la comédie romantique peine à se renouveler et à nous surprendre. On comptait donc sur le punch et le côté irrévérencieux de nos deux compères pour mettre un coup de pied dans l’ordre établi et apporter un peu de fraicheur à ce genre qui tourne si souvent en rond. Une mission a priori à leur portée d’autant qu’ils pouvaient compter sur un casting quatre étoiles regroupant notamment Steve Carell, Julianne Moore ou encore les très prometteurs Ryan Gosling et Emma Stone. Pour tout dire, le film partait plutôt bien. En abordant des thèmes délicats (la crise du couple, celle de la quarantaine), d’un point de vue original (ici c’est la femme qui est touchée par la crise), le début était même assez plaisant. On était ainsi plutôt conquis par le mutisme désabusé de Steve Carell et sa reprise en main façon « Pretty woman » par le jeune playboy arrogant interprété par un Ryan Gosling surprenant d’autodérision. Un amusant quiproquo avec l’excellente Marisa Tomei plus tard, le film basculait alors dans sa seconde partie, se faisant alors plus grave : le don juan patenté tombe amoureux et se range des voitures tandis que le héros manque l’occasion de retrouver sa femme. Trainant un peu la patte, le film amorce alors un virage à 180 degrés, virant même au ridicule le temps d’une improbable (et hallucinante) scène de retrouvailles générales. Complètement en roue libre, le film sombre dans les bons sentiments démonstratifs, le mélo bas de gamme le tout saupoudré de la bonne vieille morale puritaine américaine (le sexe étant forcément lié à certaine idée de culpabilité, le tombeur tombant amoureux de la seule fille qui ne couche pas ; le personnage principal nous rappelant que le mariage c’est pour la vie), au point de devenir embarrassant. Les réalisateurs auraient voulu saborder leur film ou se tirer une balle dans le pied qu’ils n’auraient pu faire mieux. Vraie déception donc pour ce film qui partait bien et dont on attendait beaucoup plus et beaucoup mieux.

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/68/61/19725830.jpg http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/68/61/19777585.jpg

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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 21:21

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/75/73/19706160.jpg« Ne vous inquiétez pas : en vous confiant cette charge, Dieu vous offre son soutien pour mener votre mission à bien »


Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…


« Je vous rappelle que les concepts d’âme et d’inconscient ne peuvent coexister »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/75/73/19736508.jpgDepuis une trentaine d’années, Nanni Moretti développe un cinéma à part dans le paysage cinématographique italien, faisant entendre sa petite musique singulière. Si ses films traitent le plus souvent de questionnements intimes, Nanni Moretti s’est également signalé par son talent d’observateur de la société italienne, dont il prend un grand plaisir à dénoncer les travers et les dérives, s’amusant au passage à jouer les poils à gratter. Habitué des festivals, il a notamment remporté la Palme d’or à Cannes en 2001 pour « La chambre du fils ». Cinq ans après "Le Caïman", pamphlet anti-Berlusconi, le cinéaste revient avec "Habemus Papam", présenté en compétition officielle à Cannes.


« Dieu me prête des capacités que je n’ai pas »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/75/73/19736511.jpgAprès avoir chargé dans les règles de l’art « Il Cavaliere » Berlusconi dans « Le Caïman », Nanni Moretti consacre donc son nouveau film, « Habemus Papam », à l’Eglise catholique et à son chef. Un sujet qui ne lui est pas étranger (il s’était déjà mis en scène voilà vingt-cinq ans en prêtre désabusé dans « La messe est finie ») et qui promettait de faire des étincelles, au point que le Vatican lui refusait d’entrée de jeu de tourner son film à l’intérieur de ses murs. Pourtant, à première vue, on s’étonne de voir un Nanni Moretti aussi peu corrosif. Au point de se demander quelle polémique pourrait bien émerger de ce film. Partant d’un postulat inédit et malin (le nouveau Pape fraîchement élu panique à l’idée d’endosser les nouvelles responsabilités qui lui incombent), « Habemus Papam » se révèle être une gentille farce plus facétieuse que méchante. Pointant les paradoxes de l’Eglise (sacralisation de l’âme mais refus de la psychanalyse) et ses travers un peu archaïques (rejet de la sexualité, du rapport à la mère, de la transparence), le cinéaste s’amuse de ses protocoles (qu’il compare à une pièce de théâtre avec ses comédiens, ses rituels, ses costumes) et dresse surtout, au travers du personnage central, le portrait (forcément) utopique d’un Pape idéal, pétri d’humanité, habité par le doute et dont la place serait au milieu des gens, de la vie, et non cloître dans la prison dorée qu’est le Vatican. Si on s’amuse de la fantaisie de Moretti, qui présente un conclave bienveillant d’où ne dépasse aucune rivalité entre les participants, qui vont même jusqu’à prier pour ne pas être désignés (!), on regrette qu’il étire inutilement certaines de ses embardées burlesques (le tournoi de volley entre cardinaux) qui alourdissent un peu le film, déjà par nature introspectif et lent. Celui-ci s’illumine toutefois grâce à Michel Piccoli en grande forme. Ni le plus grand ni le meilleur film de Nanni Moretti, mais un cru plaisant tout de même.  

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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 22:14

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/58/17/18868081.jpg« Vous préférez miser sur des cartes alors que des centaines de braves gens ont misé leur vie sur vous ? »


Dans les années 1870, deux jeunes maquignons acceptent de conduire un convoi de mormons vers la vallée de San Juan dans l’Utah.

C’est vers cette "Terre promise" qu’ils souhaitent se rendre avec leurs biens et leurs aspirations afin d’y fonder une nouvelle colonie.

Au cours de leur odyssée, ils vont devoir affronter maintes péripéties et accueillir, au sein de leur communauté assez stricte, de pathétiques saltimbanques et de cruels hors la loi.


« Le Seigneur n’a pas mis ces gens sur notre route par hasard. Et il serait mécontent que nous contrecarrions ses plans »


Le-Convoi.jpgSpécialiste toutes catégories du western, le prolifique John Ford consacre la fin des années 40 à la réalisation de sa trilogie dite de la cavalerie. Un chantier de longue haleine, qui comprend « Le massacre de Fort Apache » (1948), « La charge héroïque » (1949) et « Rio Grande » (1950). Des films âpres entre lesquels il réalise des films plus légers. Intercalés entre les deux derniers épisodes de sa trilogie, il réalise successivement « Planqué malgré lui » et « Le convoi des braves ». Écrit avec son fils et son scénariste attitré, ce dernier lui permet de retrouver ses acteurs fétiches (à l'exception notable de John Wayne) qui l'ont accompagné sur sa trilogie pour un projet a priori plus divertissant. Autour de l'indéboulonnable Ward Bond, il donne les rôles principaux aux deux jeunes de la bande, jusqu'ici cantonnés aux seconds rôles: Ben Johnson, un ancien cascadeur qui obtiendra plus tard un Oscar pour son rôle dans la « Dernière séance » de Bogdanovic, et Harry Carey Jr., fils d'une star du muet qui fut un grand ami de Ford.  


« Cet indien que les hommes blancs sont des voleurs. Il est moins bête qu’il n’en a l’air »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/58/17/18408697.jpgAprès la rugosité de sa trilogie de la cavalerie, Ford s'offre une petite recréation avec ce « Convoi des braves », qui, en dépit d'une scène d'ouverture qui se conclut par un meurtre, adopte vite une tonalité assez légère. A l'image du gag du sifflet qui rend fou le cheval du shérif qui se retrouve ainsi désarçonné. Très vite on craint même le pire quand le film nous présente ses jeunes héros tels de grands adolescents droits dans leurs bottes, qui ne fument et ne boivent pas, et qui prennent à cœur de guider à bon port le convoi de gentils pionniers mormons. Mais le cinéma de John Ford n'a jamais laissé la place à la niaiserie, pas plus qu'à la morale bien pensante. En bon routier du genre, il attend ainsi de perdre sa caravane dans le désert pour faire apparaitre les obstacles et faire monter la tension. Celle-ci viendra d'une bande de hors la loi qui prendra en otage le convoi pour mieux échapper à la traque du shérif. Le dénouement, d'une belle efficacité, tiendra toutes ses promesses. Mais c'est surtout par son discours que le film demeure marquant. En présentant le véritable danger comme venant de l'homme blanc, cupide et vil, et non de l'indien, ici plutôt pacifique, Ford prend tout son petit monde à contre pied. Et se révèle d'une incroyable modernité pour l'époque. 

Par Platinoch - Publié dans : Westerns - Communauté : Les anciens d'AlloCiné
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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 00:50

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/57/40/19733268.jpg« Je voulais être comme Xénia, une princesse guerrière. Maintenant je veux devenir une tueuse. »


1992. Colombie. Cataleya, 9 ans, assiste au meurtre de ses parents par des tueurs de la maffia locale. Échappant de justesse au massacre, elle se réfugie aux États-Unis, chez son oncle Emilio, un gangster.

Quinze ans plus tard, elle travaille pour lui comme tueuse à gages. Extrêmement efficace, elle signe ses meurtres d'une orchidée dessinée sur le torse de ses victimes : un message à l'intention des assassins de ses parents. Car Cataleya est bien décidée à aller jusqu'au bout de sa vengeance… quitte à perdre tous ceux qu'elle aime.


« Pour survivre, tu dois être maligne. Et savoir faire autre chose que tirer. »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/57/40/19784592.jpgFut un temps pas si lointain où Luc Besson enchainait les succès et trustait sur son seul nom tout le box-office français. Malheureusement pour lui, sa réussite semble s’être un peu essoufflée au gré des années 2000 et de ses pérégrinations tantôt décevantes (la saga des « Arthur et les Minimoys »), tantôt incompréhensibles (« Angel-A »). Aussi, si le réalisateur ne fait plus autant recette que par le passé, le producteur, lui, n’a pas perdu le sens des affaires et a trouvé un juteux filon. A la tête de sa société EuropaCorp, il produit ainsi des films d’action à la chaine, souvent bourrins mais divertissants, agrémentés de la présence d’une vedette américaine qui lui garantit une belle carrière à l’international. Après Jason Statham (« Le transporteur »), Liam Neeson (« Taken ») ou encore John Travolta (« From Paris with love »), au tour de Zoe Saldana, la princesse Na’vi de « Avatar », de venir cachetonner dans ce « Colombiana », dernier né des productions Besson dont la réalisation est assurée par Olivier Mégaton, un habitué d’EuropaCorp pour qui il a notamment réalisé « Le transporteur 3 ».


« J’arrêterai quand vous comprendrez ce que j’éprouve depuis tant d’années »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/25/12/19735454.jpgLa recette est donc connue. Et elle a le mérite de fonctionner. Du coup, pas question pour Olivier Mégaton de tenter la moindre innovation, ce dernier préférant rester scolairement dans les clous. La seule originalité du film sera donc d’avoir confié le rôle principal de tueur infaillible à une femme. Mais là encore, l’ombre du « Nikita » réalisé par le boss quelques vingt ans plus tôt plane lourdement sur le film. D’autant que celui-ci peine à tenir la comparaison, scénaristiquement comme artistiquement. Au fond, que cette histoire de vengeance soit extrêmement clichée n’a pas tellement d’importance, le réalisateur assumant totalement le côté bourrin de son film. Mais là où il se plante gravement, c’est lorsqu’il tente d’y insérer des bribes de psychologie (la souffrance de l’oncle qui a perdu un fils et qui tente de canaliser la haine de sa nièce, la relation amoureuse que celle-ci entretien avec un peintre, histoire de lui donner une sensibilité et une vulnérabilité qui contraste avec sa profession), qui virent souvent au ridicule. Restent les scènes d’action pure qui, bien qu’improbables, demeurent très efficaces. Au milieu de tout cela, la maigrichonne Zoe Saldana surnage tout en paraissant bien frêle pour ce rôle de tueuse, tandis que Cliff Curtis et Michael Vartan (dans un rôle un peu sans intérêt) cachetonnent grossièrement. Pas foncièrement désagréable, « Colombiana » assure sa partition de divertissement décérébré. Mais souffre quand même d’une large impression de déjà-vu (en mieux).

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/25/12/19735455.jpg http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/25/12/19735451.jpg

Par Platinoch - Publié dans : Films d'action
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Mardi 9 août 2011 2 09 /08 /Août /2011 23:57

« Tu as abattu une légende. Ce qui fait de toi la nouvelle légende à abattre »


Allemagne - Première Guerre mondiale. Le jeune pilote Manfred von Richthofen, alias Le Baron Rouge, est une célébrité au sein de l'armée de l'air allemande.


Sa passion pour l'aviation lui ferait presque oublier que la guerre bat son plein en Europe.


Quand il tombe amoureux de la belle infirmière Käte, il réalise peu à peu que son image est utilisée à des fins de propagande.


Il doit alors faire un choix entre son dégoût pour la guerre et son sens du devoir...


« Je ne veux pas surprendre : je veux être l'emblème de la terreur »

.

Après la nouvelle vague du cinéma allemand des années 70 (animée par Wenders, Herzog ou Fassbinder), celui-ci était devenu particulièrement discret pendant près de vingt ans. Avant de retrouver, depuis une dizaine d'années, un peu de sa vigueur et de sa visibilité à l'international. Un renouveau du à une nouvelle génération de réalisateurs et de comédiens, qui ose braver certains tabous en se replongeant dans l'Histoire allemande du vingtième siècle. A commencer par la période nazie (« La chute », « Sophie Scholl : les derniers jours », « Les faussaires ») et celle du régime communiste de l'ancienne RDA (« Goodbye, Lénine », « La vie des autres »). Avec « Baron rouge », le réalisateur Nikolaï Mülleschön se replonge cette fois dans les affres de la première guerre mondiale. Cette coproduction germano-britannique, entièrement tournée en anglais, est consacrée au célèbre Manfred Von Richtofen, alias le Baron rouge. Pilote émérite de l'armée allemande, il fut l'as des as de la première guerre mondiale, remportant 80 victoires avérées, avant d'être lui-même abattu le 21 avril 1918. Sa jeunesse, son habileté et les conditions troubles de sa mort le feront entrer définitivement dans la légende. Ce « Baron rouge » est le second film à lui être consacré, après « The red baron » de Roger Corman, réalisé en 1971. Malgré son imposant budget de 17 millions d'euros (qui en fait du coup l'un des films les plus chers produit outre-Rhin), le film, qui a été un échec au box-office allemand, reste inédit sur nos écrans.


« Tu es ma plus belle victoire »


Aussi terrible et meurtrière fut-elle, la première guerre mondiale devait révolutionner la façon de faire la guerre. Si les combats faisaient déjà rage pour contrôler la terre et la mer, l'aviation naissante allait faire du ciel le théâtre de batailles d'un nouveau genre. Et les hommes qui se battaient pour sa conquête allaient devenir des chevaliers des temps modernes, avec leurs codes, leurs blasons et leurs joutes. Leurs exploits allaient inspirer durablement les réalisateurs, de Howard Hughes (« Les anges de l'enfer ») à John Guillermin (« Le crépuscule des aigles ») en passant par Roger Corman (« The red baron ») ou plus récemment Tony Bill (« Flyboys »). Ce « Baron rouge » devait toutefois apporter un regard neuf et un point de vu original sur la guerre et sur Von Richtofen, de par la nationalité du réalisateur et du choix de filmer le conflit vu du camp allemand. Malheureusement, le film ne tient pas vraiment ses promesses. La faute notamment à un scénario mal écrit, qui privilégie davantage la relation amoureuse (sans intérêt !) entre Von Richtofen et une infirmière belge ainsi que sa prise de conscience progressive quant à l'absurdité du conflit plutôt que les qualités militaires de ce dernier. De fait, empilant scolairement les saynètes dans l'ordre chronologique, le film vire vite à l'hagiographie, faisant passer le Baron rouge pour un homme sentimental qui se paye le luxe d'étaler ses états d'âme devant le Kaiser. Une vision qui semble à l'opposé de ce que laissent croire les origines du Baron rouge, issu de l'aristocratie prussienne et qui reçut une éducation militaire dès son plus jeune âge. Si le choix d'attribuer le rôle titre à un acteur sans charisme est critiquable, on regrette également l'absence totale de prise de risque de l'auteur, qui refuse de donner son point de vue quant à la mort du héros, toujours objet de controverses aujourd'hui. Dommage, car en dépit de cela, les reconstitutions historiques et les batailles aériennes sont vraiment très réussies et impressionnantes. Mi-figue mi-raison, « Baron rouge » se laisse tout de même regarder. Mais n'est pas à la hauteur de la légende à qui il rend hommage.


Par platinoch - Publié dans : Films de guerre
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