Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 22:01

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/14/51/19825232.jpg« Non seulement ma vie est foutue mais en plus j’ai mal aux couilles ! »


Après des années de supplices, l’heure de la fin du lycée a enfin sonné. Will, Simon, Jay et Neil sont désormais majeurs.


Pour fêter la fin de cette époque désormais révolue, ils décident de partir en vacances tous les quatre.


Direction la Grèce et plus précisément la Crète où le séjour de nos quatre héros sera placé sous un objectif : du sexe, de l’alcool, du fun et encore du sexe !


« En vacances, on n’est jamais trop bourré »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/14/51/19827501.jpgEn France, on connaissait déjà « Les beaux gosses », ados attardés fortement travaillés par leurs hormones. Voici que débarquent sur nos écrans « Les boloss », leurs cousins pas si éloignés d’Outre-Manche. Fort du succès de leur série, « Inbetweenners », les quatre garçons pas du tout dans le vent se voient offrir l’occasion de prolonger leurs aventures sur le grand écran. Le tout sous la direction de Ben Palmer, réalisateur jusqu’ici de nombreux épisodes de la série, qui réalise ici son premier long pour le cinéma.


« Vous êtes les seuls mecs d’ici à ne pas nous traiter de garages à bites, c’est déjà ça ! »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/14/51/19827502.jpgL’adaptation d’une série télé à succès sur grand écran est un exercice des plus périlleux. Les changements de longueur, de rythme, de format sont autant de difficultés qui font que neuf tentatives sur dix se soldent par un échec total (voir au hasard les adaptations ciné de « Sex and the city », « Ma sorcière bien aimée », « Shérif fait moi peur ! » et autres « X-Files »). Visiblement, ces « Boloss » n’échappent pas à la règle. Et ce d’autant plus que la série étant inédite chez nous, le spectateur évolue en terrain inconnu, sans repères aucun quant aux personnages et à l’ambiance générale. Toutefois, il n’est pas difficile de voir que le réalisateur surfe ici sur la vague des teen comedy trash, s’inspirant fortement de « American pie », transposé à la sauce british. Si le film s’avère de fait plus politiquement incorrect (gags sur les handicapés ou les étrangers), les personnages se font vraiment trop crétins pour être crédibles et le film, évoluant en roue libre, peine à trouver son rythme, enchainant les gags scatos à la vitesse grand V (soit du vomi à la pelle et du caca dans le bidet et dans le nez) sans pour autant renouveler un temps soit peu le genre. Si l’absurdité ou le jusqu’au-boutisme de certains gags finissent par nous arracher un sourire (le numéro de danse des quatre loustics vaut son pesant de cacahuètes), le film ne parvient à nous intéresser que durant son dernier tiers, lorsque nos héros se rapprochent d’un groupe de filles plus évoluées et normales qu’ils ne le sont. Autant dire qu’on attandait mieux de ces « Boloss » que ce ramassis d’humour lourdingue et déjà vu.

  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/14/51/19827494.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/14/51/19827497.jpg

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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 13:42

Un grand merci à Cinetrafic de m’avoir permis de chroniquer le dvd de « Conan » réalisé par Marcus Nispel


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/54/82/19785990.jpg« Lorsqu’un cimmérien a soif, c’est de sang »


Pour Conan, le légendaire guerrier cimmérien, ce qui avait commencé comme une vengeance personnelle va se muer en combat épique pour sauver Hyboria d’une puissance maléfique surnaturelle.


Face à ses ennemis, aux terrifiantes créatures et aux épreuves d’exception qui l’attendent, Conan va peu à peu comprendre qu’il est l’ultime espoir d’un peuple…


Voici l'histoire de Conan...


« Aucun homme ne devrait vivre enchainé »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/54/82/19782042.jpgIl a beau être jeune, beau et fort, en pleine possession de ses moyens, Conan n’est pourtant pas un perdreau de l’année. Né en 1932 de la plume de Robert E. Howard, considéré par beaucoup comme l’un des pères de l’heroïc fantasy, il voit ses aventures paraitre pendant plusieurs années sous forme de nouvelles. Tombé dans l’oubli, jusqu’à ce que le personnage soit pastiché (petite cervelle et muscles hypertrophiés) avec succès par l’auteur Lyon Sprague de Camp. Renouant avec le succès, le personnage voit ses aventures adaptées dès les années 70 sous forme de comics par Marvel. Il faudra attendre 1982 et « Conan le barbare » de John Milius pour voir le célèbre barbare débarquer au cinéma sous les traits d’Arnold Schwarzenegger. Reprise par le réalisateur Richard Fleischer, spécialiste du cinéma d’aventures (« Les vikings », « Soleil vert », « Barrabas »), la franchise connaitra deux films supplémentaires : « Conan le destructeur » (1984) et « Kalidor » (1985). Depuis lors, les rumeurs d’un retour des aventures de Conan au cinéma se sont multipliées. Les noms de Oliver Stone, Robert Rodriguez ou encore Brett Rattner ont ainsi souvent été associés au projet, sans que celui-ci n’aboutisse jamais. Finalement, le film se concrétisera sous la direction du réalisateur allemand Marcus Nispel, qui s’offre un nouveau remake après avoir signé ceux de « Vendredi 13 » et « Massacre à la tronçonneuse ».


« Tu as eu ta chance, tu n’en auras pas une autre »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/32/99/19785985.jpgTout le monde ne s’en souvient peut-être pas, mais les 80’s virent un bref engouement pour l’Heroïc Fantasy. Sans doute le succès de « Star Wars » n’y fut pas étranger. Toujours est-il que les films plus ou moins réussis, comme « L’histoire sans fin », « Legend », « Ladyhawke » ou « Willow », se sont succédés sur les écrans. C’est dans ce contexte que la saga « Conan » débarqua sur les écrans. Et de mémoire, la musculature excessive de Schwarzy, son slip en peau de bête, son collier en corne et son épée nous avait laissé le souvenir un peu too much, pour ne pas dire furieusement kitsch. De ce fait, à moins de vouloir réveiller une certaine nostalgie chez les cinéphiles de plus de trente ans, l’idée de remettre le héros au goût du jour ne semblait pas d’une pertinence folle. En bon tâcheron spécialiste du remake, Nispel puise dans ses références (le générique introductif sur la genèse du masque tout droit tiré du « Seigneur des anneaux », la tentative désespérée du gamin pour sauver son père façon « Il était une fois dans l’ouest ») pour étoffer son récit et lui donner des allures de grand film. Malheureusement, ces clins d’œil ne parviennent jamais à masquer l’absence d’un scénario digne de ce nom, à même de transcender cette banale histoire de vengeance et de libération, peuplée de personnages très stéréotypés (la sorcière démoniaque, le méchant roi, la nymphette à protéger qui sert de faire-valoir sexy, le voleur dont les talents de crocheteurs de serrures serviront au héros). Car d’une manière assez générale, le gros défaut de ce « Conan », c’est son absence de souffle épique, renforcée par un niveau général d’interprétation pas toujours convaincant. Reste des scènes de combat plutôt réussies (avec les hommes sable ou encore le combat final sur la roue qui dévisse le long du précipice), qui font de ce « Conan » un nanar regardable à défaut d’inoubliable.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/54/82/19782047.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/78/54/82/19782055.jpg

Le DVD : Présenté en VO (sous-titres français) et VF, le film est accompagné de nombreux bonus. Outre les traditionnelles bandes-annonces, deux versions de commentaires, par le réalisateur et par les comédiens, sont proposées. Deux documentaires (d’une dizaine de minutes chacun), « Les préparatifs d’une bataille rangée » et « La chorégraphie des combats », reviennent quant à eux sur la préparation des scènes de combats, de leur création par les cascadeurs jusqu’à la préparation des comédiens – Jason Momoa et Rachel Nichols en tête – qui les interprètent.


Distribué par Metropolitan Filmexport, le DVD de « Conan » est disponible depuis le 17 décembre 2011.

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Par Platinoch - Publié dans : Films d'action - Communauté : 1 article = 1 film
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 21:35

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19841064.jpg« J’ai vu ton frère quand tu as chanté : tu as fait pleurer un homme »


Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup.

Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie...


« Ton ordinateur est bourré de saloperies. Il y a même des trucs, je ne sais pas ce que c’est »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19869834.jpgCertaines choses paraissent prédestinées. Inéluctables. Avec un nom pareil, l’artiste plasticien Steve McQueen devait inévitablement faire tôt ou tard du cinéma. Toutefois, à la différence de son illustre homonyme, c’est derrière la caméra qu’il trouvera sa place. Avec « Hunger », film coup de poing sur le sacrifice de Bobby Sands et des prisonniers politiques de l’IRA, lancés dans une tragique grève de la faim pour faire entendre leur voix à un pouvoir anglais trop prompt à imposer la sienne, il fera une entrée remarquée, saluée en grande pompe par la critique. Après ce premier essai éprouvant, McQueen pensait ne pas avoir les épaules pour renouveler l’expérience. Il nous revient pourtant trois ans plus tard avec « Shame », son deuxième long métrage, traitant là encore d’un sujet tabou : l’addiction au sexe. Présenté en compétition à la Mostra de Venise, « Shame » a été récompensé de la Coupe Volpi du meilleur acteur pour Michael Fassbender. Le réalisateur et son acteur fétiche devraient se retrouver pour la troisième fois sur le prochain projet de McQueen, « Twelve years a slave », au générique duquel devrait également apparaître Brad Pitt.


« Dans la vie, en amour, il faut s’engager. Il faut se donner une chance. »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19869825.jpgLe moins que l’on puisse dire c’est que Steve McQueen a le goût des sujets difficiles. Après avoir abordé dans « Hunger » le sacrifice des militants emprisonnés de l’IRA, il s’attaque avec « Shame » à l’addiction sexuelle. Deux sujets a priori diamétralement opposés. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, les deux films ont étrangement beaucoup de similitudes. Notamment dans le choix de ces personnages extrêmes, jusqu’au-boutistes, dont McQueen prend un mal(sa)in plaisir à filmer l’agonie jusqu’à leur inéluctable chute. A ceci près que si Bobby Sands apparaissait comme un personnage christique dans son combat et sa souffrance, Brandon semble animé par des forces plus sombres. Handicapé du sentiment, incapable d’aimer ou de s’attacher à qui que ce soit, Brandon passe son mal de vivre et sa souffrance dans la consommation compulsive de sexe. Un plaisir immédiat aussi basique que sordide, sans tendresse ni partage. Le sujet était sulfureux et appelait certainement à une approche quelque peu psychologique du personnage. Malheureusement, il n’en est rien, McQueen se bornant à nous faire un film d’ambiance, triste comme la pluie et lent comme la mort, dans lequel la chair nue apparaît dans tout ce qu’elle a de plus sordide. A l’image de son personnage principal dont il dresse un portrait détestable et auquel on ne parvient de fait jamais à s’attacher, pas plus qu’à sa sœur. S’appuyant sur son sens du cadre (voir la scène d’ouverture) et de l’esthétisme (la scène de la chanson dans le bar), McQueen essaye en vain de combler par la forme l’absence totale de fond de son film, qui s’achève dans une mais inutile scène à la symbolique lourdingue où se côtoient une orgie de sexe et un bain de sang. 100 minutes plus tard, on se dit que McQueen a beau avoir de réels talents de plasticiens, il lui manque quand même une chose primordiale qui s’appelle l’inspiration. Car peu importe qu’il filme son héros en train d’étaler sa merde sur les murs ou de répandre son foutre, ses films ne suscitent rien d’autre – pas même le malaise – qu’un ennui et un agacement profonds.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19869823.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19796316.jpg

 

Critique réalisée dans le cadre du festival d'automne.

Par Platinoch - Publié dans : Drames - Communauté : 1 article = 1 film
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 23:39

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/80/32/19820611.jpg« En matière d’amour, je suis pour le partage des richesses »


Au moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus.


Surtout, elle débouche sur des comportements très différents : certains se laissent consumer par la passion, d’autres n’osent pas faire face et assumer leurs sentiments, d’autres encore ne peuvent se résoudre à renoncer aux désirs qu’ils ont pour d’autres.


Mais le plus dur reste encore de trouver l’être aimé. Celui avec qui se produira la parfaite alchimie…


« Je ne veux pas te tromper, c’est au-delà de mon corps. Mon corps a gagné je ne peux plus lutter »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/80/32/19805623.jpgFormé à la prestigieuse FEMIS, Emmanuel Mouret avait eu l’honneur de voir son film de fin d’études – « Promène-toi donc tout nu ! » - bénéficier d’une sortie en salles. Un privilège rare, qui lançait de la meilleure façon sa carrière de réalisateur débutant. Depuis, Mouret en parcouru du chemin, réalisant six longs, pour certains présentés à Cannes. Six longs métrages par lesquels il aura su imposer sa petite musique singulière. Mélange d’influences aussi variées que Sacha Guitry, Eric Rohmer ou Woody Allen, le style Mouret, résolument littéraire et écrit, demeure sans égal dans le panorama cinématographique français actuel. Après son charmant « Fais-moi plaisir », largement influencé par le cinéma de Blake Edwards, il nous revient avec un film choral au casting prestigieux : « L’art d’aimer ».

 

« Etait-ce une faute de la désirer malgré lui ? »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/80/32/19805621.jpgDe l’amour, de l’amour encore et toujours. Telle pourrait être la devise d’Emmanuel Mouret qui n’en finit plus de film en film d’explorer la carte du tendre. A l’inverse de Sun Tzu qui nous enseignait « L’art de la guerre », Mouret, lui, nous initie (une nouvelle fois) à « L’art d’aimer ». Selon le cinéaste, il s’agit d’un art en soi puisque a priori accessible à chacun sans pour autant qu’il y ait en la matière de « recette » universelle. Ainsi il n’y a pas une seule façon d’aimer, mais une multitude de façons de faire, chacun agissant selon son propre ressenti. Variation légère sur l’amour et le désir (thèmes centraux de l’œuvre de Mouret), « L’art d’aimer » explore différents comportements amoureux au travers d’histoires et de couples différents. Malheureusement, par manque d’imagination de l’auteur, tous issus d’un même microcosme parisien privilégié (tous sont libraires dans les beaux quartiers, habitant de magnifique et immenses appartements). Si certaines saynètes se révèlent aussi drôles que réussies (le trio Godrèche/Depardieu/Stocker, le couple Cluzet/Bel, voire le segment Ulliel/Navarre/Mouret), l’ensemble – et c’est là l’une des grandes faiblesses du film à sketchs – se révèle extrêmement inégal, la plupart des autres saynètes s’avérant dans l’ensemble assez fades. Sauvé pour l’essentiel par quelques dialogues biens huilés et par le jeu de ses comédiens (mention spéciale aux toujours géniales Julie Depardieu et Pascale Arbillot), « L’art d’aimer » est un Mouret en mode mineur. Inégal et parfois un peu décevant, il n’en demeure pas moins agréable pour autant.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/80/32/19805624.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/80/32/19805622.jpg

  Article publié dans le cadre du Festival d'automne.

Par Platinoch - Publié dans : Comédies romantiques - Communauté : 1 article = 1 film
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 21:50

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/68/36/19827489.jpg« Je resterai le temps qu’il faudra »


« The Lady » est une histoire d’amour hors du commun, celle d’un homme, Michael Aris, et surtout d’une femme d’exception, Aung San Suu Kyi, qui sacrifiera son bonheur personnel pour celui de son peuple.


Rien pourtant ne fera vaciller l’amour infini qui lie ces deux êtres, pas même la séparation, l’absence, l’isolement et l’inhumanité d’une junte politique toujours en place en Birmanie.


« The Lady » est aussi l’histoire d’une femme devenue l’un des symboles contemporains de la lutte pour la démocratie.


« Nous sommes convaincus que vous seule pouvez mener le pays vers la démocratie »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/68/36/19815565.jpgPour toute une génération, le nom de Luc Besson reste associé aux années 80. A l'époque le tout jeune cinéaste fait souffler un vent de fraicheur sur le cinéma français en réalisant des films d'action modernes, à l'efficacité américaine, qui envoient aux oubliettes le cinéma de papa. Tout le monde se souvient de « Subway », de « Nikita » ou de « Léon ». Et puis à force d'être considéré comme un petit génie, Besson a pris le melon et s'est mis à faire des rêves de grandeur démesurés. Rêvant d'Amérique, il partit donc à Hollywood, réaliser quelques gros films qui ne rencontreront pas le succès escomptés (le très bon « Cinquième élément », le moins bon « Jeanne d'Arc »). Laissant finalement à d'autres tacherons le soin de réaliser des films d'action nanaresques à la chaîne via sa société de production (la saga des « Taxi », du « Transporteur » et autres « Banlieue 13 »), Besson prit tout le monde à revers durant les années 2000 en s'essayant à des genres où on ne l'attendait pas. Mais force est de constater que de « Angel-A » à la saga des « Minimoys », le cinéaste semble avoir perdu son inspiration et son mordant. Enchainant les films avec une boulimie rare (4 films en deux ans), il nous revient cette fois avec « The lady », consacré à l'opposante birmane et Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi. Un projet initialement porté par l’actrice malaisienne Michelle Yeoh, qui a proposé à Besson de le réaliser.


« Votre père a gagné la bataille pour l’indépendance. A vous de finir ce qu’il a commencé»


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/68/36/19815548.jpgMême s’il s’était déjà un peu frotté à l’exercice avec son « Jeanne d’Arc », Besson aux commandes d’une biographie politique, cela pouvait surprendre. Et ce d’autant plus s’agissant d’un biopic consacré à Aung San Suu Kyi. Mondialement reconnue pour ses engagements pacifiques, « l’Orchidée d’acier », condamnée à vivre en résidence surveillée depuis plus de vingt ans par la junte birmane, est devenue l’une des figures mondiales de la lutte pour la liberté et la démocratie. A l’image de ses pairs Gandhi (immortalisé au cinéma par Attenborough) ou Mandela (dont la vie et le combat ont inspiré de nombreux films comme « Invictus », « Goodbye Bafana » ou « Mandela and De Klerk »), cette femme de convictions méritait qu’on lui consacre un film. A elle et à son combat. Malheureusement, Besson oublie un peu ce dernier jusqu’à se focaliser presque exclusivement sur la séparation forcée d’avec son mari et ses enfants. Filmant ainsi l’absence, la solitude, les combats menés depuis Londres et le monde libre par un mari dévoué, le film vire trop souvent au mélo, trouvant son point d’orgue dans la (très) longue agonie de celui-ci, privé jusqu’au bout de voir sa femme. Parfois caricatural (lorsqu’il présente les militaires au pouvoir), (trop) souvent elliptique (rien sur le pourquoi des révoltes étudiantes de 1988 ou de celle des bonzes en 2007, qui arrivent comme des cheveux sur la soupe), le film de Besson souffre surtout d’une vision trop réduite du combat politique de Aung San Suu Kyi, qui se résume ici à un meeting public et une tournée en province. Toutefois s’il manque d’une manière générale d’un peu de souffle épique, « The lady » réserve tout de même quelques jolis moments, à l’image de la scène où l’héroïne joue du piano en même temps que le concert qui lui est dédié par l’académie Nobel à la radio. On en retiendra aussi la belle prestation de Michelle Yeoh, dont la ressemblance physique avec Aung San Suu Kyi est des plus impressionnantes. Un peu léger par rapport à la gravité du combat qu’il narre, « The Lady », qui n’en demeure pas moins un film acceptable, a au moins le mérite de médiatiser un peu le combat toujours en cours de Aung San Suu Kyi. C’est déjà ça.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/68/36/19815553.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/68/36/19820516.jpg

Par Platinoch - Publié dans : Biopics - Communauté : 1 article = 1 film
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 22:11

Dans le cadre de son programme « Un dvd contre une critique », Cinetrafic m’a permis de découvrir le dvd du nouveau film de Robert Redford, « La conspiration ».


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/13/76/19853106.jpg« Ce procès en fera beaucoup plus pour maintenir la paix que n’importe quel bout de papier »


Printemps 1865. Les troupes unionistes sont sur le point de faire tomber les dernières poches de résistance confédérées. La fin de la guerre de Sécession est proche, pour ne pas dire imminente. Et c’est le Nord qui l’emportera. Une victoire symbolisée par deux hommes : le chef des armées unionistes, le Général Ulysses Grant, et le Président des Etats-Unis, Abraham Lincoln. Pourtant, Washington, la capitale fédérale aux portes des territoires confédérés, grouille de sympathisants sudistes qui souhaitent encore en découdre, persuadés que le conflit peut encore tourner. Parmi eux, un célèbre comédien de l’époque, John Wilkes Booth, met en marche un terrible complot : organiser l’assassinat du Président et de trois autres décisionnaires majeurs pour désorganiser l’Union. Toutefois, s’il parvient à assassiner le Président, ses complices ne réussiront pas à mener à bien leur mission. Il s’en suivra un procès militaire, une première pour juger des civils, par lequel le gouvernement voudra faire montre de son inflexibilité et ramener l'ordre public.


« Si tu perds ce procès on dira que tu as failli à ta tâche. Et si tu le gagnes tu seras traité comme un traitre. Quelque soit l’issue tu seras perdant »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/13/76/19824846.jpgOn savait que la multiplication des sorties en salles chaque semaine empêchaient la plupart des films de trouver leur public: à peine sortis, ils quittent déjà les écrans pour faire de la place à d'autres. Désormais, la saturation est telle (certaines semaines, pas moins de 15 films sortent!) que de nombreux films sont privés de sorties en salles et sortent directement en DVD. Le plus étonnant, c'est qu'on trouve parmi eux de nombreux films valables, dotés de réalisateurs ou de castings prestigieux, qui auraient largement mérités d'être exploités dans nos salles. A l'image de « La conspiration », le nouveau film réalisé par Robert Redford (rappelons tout de même qu'il a obtenu l'Oscar du meilleur réalisateur pour « Des gens comme les autres »), qui s'appuie sur un casting de première bourre (James McAvoy, Robin Wright-Penn, Evan Rachel Wood, Kevin Kline, Tom Wilkinson...).

 

« Pourquoi me suis-je battu pour l’Union si les droits n’y sont plus respectés ? »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/13/76/19824860.jpgQu'il s'agisse du choix de ses rôlesLes hommes du Président », « Les trois jours du Condor », « Nos plus belles années », « Brubaker », « Votez McKay! ») ou de ses prises de position publiques, Robert Redford a toujours été considéré comme un artiste engagé et humaniste. Avec son ami Paul Newman, ils ont ainsi longtemps incarné la conscience morale d'Hollywood. Pas étonnant donc de voir le Robert Redford réalisateur s'attaquer à des sujets politiques à la fois sensibles et polémiquesLions et agneaux »). Avec « La conspiration », il revient sur l'affaire de l'assassinat du président Abraham Lincoln et plus précisément sur le procès des comploteurs qui s'en est suivi. Premier président de l'histoire des Etats-Unis à être assassiné dans l'exercice de ses fonctions, Lincoln a ainsi acquis une certaine aura posthume, devenant de fait pour de nombreux américains une sorte d'icône mythique, de figure tutélaire de la nation. Difficile dans ces conditions de traiter d'un sujet sous l'angle de la contestation. Car c'est bien connu, on ne touche pas aux mythes. Prenant parti pour Mary Surratt, seule femme jugée et condamnée lors de ce procès en dépit d’une implication secondaire dans le complot, Redford charge violement contre ce procès qu’il considère injuste et s’interroge sur le fondement démocratique des Etats-Unis : une démocratie peut-elle se construire sur l’injustice et le sang ? Dénonçant tour à tour la partialité des juges (et leur manque d’indépendance), la cruauté des châtiments (traitement des accusés qui s’apparente à de la torture), ou encore l’hypocrisie des dirigeants qui voulaient par ce procès réglé à l’avance réaffirmer la puissance de l’Etat et de la démocratie et rétablir l’ordre dans un pays loin d’être pacifié. L’Amérique ne sort pas grandie de ce portrait, d’autant plus que la comparaison avec les pratiques encore tolérées par l’administration Bush dans sa guerre contre le terrorisme semble assez évidente. Mais avec son idéalisme légendaire, il conclut son film en rappelant l’importance d’avoir une presse libre et indépendante, seule à même de contrebalancer le pouvoir aux mains des politiques. Derrière son film historique, Redford signe un là un grand film politique et un vibrant plaidoyer pour la justice et la démocratie.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/13/76/19824845.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/44/38/19671263.jpg

Le DVD: Edité par CTV International, le film est proposé en VO (ST français) et VF. Il est accompagné de sa bande-annonce, d'une galerie de photo et du traditionnel making-of. D'une durée d'environ dix minutes, celui-ci permet au réalisateur de revenir sur la genèse du projet et sur le tournage du film. Mais le vrai plus du DVD, c'est la présence d'un documentaire très intéressant de plus d'une heure consacré à l'assassinat de Lincoln, aux comploteurs et à leur procès. Construit en parallèle du film, les intervenants n'hésitent pas à contredire un peu la vision de Redford, notamment concernant la responsabilité de Mary Surratt.

Le DVD est dans les bacs depuis le 24 novembre 2011. Sa bande-annonce est visible ici.

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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 17:49

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/79/42/69/19821550.jpg« Vous n’êtes pas ici en pays conquis »


Avril 1988, Île d'Ouvéa, Nouvelle-Calédonie. 30 gendarmes retenus en otage par un groupe d'indépendantistes Kanak. 300 militaires envoyés depuis la France pour rétablir l'ordre. 2 hommes face à face : Philippe Legorjus, capitaine du GIGN et Alphonse Dianou, chef des preneurs d’otages. À travers des valeurs communes, ils vont tenter de faire triompher le dialogue. Mais en pleine période d'élection présidentielle, lorsque les enjeux sont politiques, l’ordre n’est pas toujours dicté par la morale... Une épopée violente et trouble qui marque le retour de Mathieu Kassovitz devant et derrière la caméra.


« C’est de la torture, ça. One fait pas ça, nous. On ne tombe pas dans le piège. »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/79/42/69/19844681.jpgJeune premier prometteur au début des années 90, Mathieu Kassowitz ne tarda pas à céder à la tentation en passant derrière la caméra. D’abord avec « Métisse » puis, surtout, avec « La haine », il accéda à la reconnaissance du public, de la critique et de ses pairs, qui vit en lui un jeune réalisateur surdoué et en phase avec la jeunesse de l’époque. Une fois digéré l’échec de « Assassin(s) » et le succès des « Rivières pourpres », la carrière américaine s’ouvrit à lui presque naturellement. Malheureusement, tout ne se passa pas là-bas comme il l’espérait et deux énormes ratages plus tard – « Gothika » et « Babylon A.D. », Kassowitz mit un terme à son rêve américain. De retour chez nous, le bonhomme s’est fait un peu attendre. Mais le voilà, plus de dix ans après sa dernière réalisation française, qui nous revient avec « L’ordre et la morale ». Adapté des récits du Capitaine Legorgus, ex-chef du GIGN, le film revient sur les dramatiques évènements de la grotte d’Ouvéa, intervenus en Nouvelle-Calédonie en 1988. Considéré par ses détracteurs comme l’une des dernières résurgences de la politique coloniale française, le sujet semble encore un peu tabou de nos jours. Au point que le réalisateur ait mis dix ans à trouver les financements nécessaires pour monter son film, dont la sortie a été interdite en Nouvelle-Calédonie, par peur de raviver certaines tensions.


« Les négociations ont toujours pris plus de temps que les armes »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/79/42/69/19796545.jpgL’ordre et la morale. Deux concepts par nature opposés qui résument assez la dualité de toute décision politico-militaire. Jusqu’où peut-on aller pour rétablir l’ordre ? A partir de quand une action devient elle injuste et donc illégitime ? Est-il légitime dès lors d’obéir aux ordres si ceux-ci apparaissent comme injustes ? Voilà en substance le débat ouvert par le nouveau film de Kassowitz. Fort de ses sorties médiatiques et de ses prises de positions libertaires, il exhume ici le drame de la grotte d’Ouvéa en prenant le parti de jouer les redresseurs de tort sur un sujet déjà à la base bien polémique. En clair, selon le réalisateur, le drame aurait pu être évité s’il n’avait pas lui-même été instrumentalisé par nos dirigeants, alors enivrés par l’effervescence de l’entre-deux tours de la présidentielle de 1988, voyant là une occasion inespérée de faire preuve d’une fermeté à même de rassurer l’opinion. La description que nous fait Kassowitz de cette partie de poker menteur opposant à distance l’Elysée et le gouvernement (via son représentant sur place, le ministre Bernard Pons) se révèle être d’ailleurs la partie la plus intéressante du film. Pour le reste, on regrette pleinement qu’il aborde ce sujet déjà grave et complexe avec une rare malhonnêteté intellectuelle. Faisant preuve d’un hallucinant manichéisme lorsqu’il présente les insurgés Kanaks comme de bons pères de famille bienveillants dépassés par les évènements, le cinéaste fausse totalement les débats. De même lorsqu’il omet de remettre cet évènement dans le contexte néo-calédonien des années 80 (quid de la vague de pillages à la base des tensions ? De l’attaque des forces françaises contre les frères Djibaou ? Du référendum Pons de 87 où les néo-calédoniens ont rejeté à la quasi unanimité l’indépendance ?). Après, chacun aura son idée propre sur la question. Mathieu Kassowitz semble minimiser pour sa part de façon grotesque l’attaque de la gendarmerie de Fayaoué et l’assassinat inutile de cinq gendarmes, désarmés de surcroit. De même qu’il minimise le refus répété des insurgés de libérer les otages et de se rendre alors même qu’ils sont définitivement lâchés par le FLNKS, qui ne les jamais véritablement soutenus. Ce que Kassowitz oublie de dire aussi, c’est que contrairement aux populations indigènes de nos anciennes colonies, les néo-calédoniens ont le droit de vote, des représentants élus dans les instances nationales, le même accès que les métropolitains aux prestations sociales et aux services publics, et que de ce fait ils sont soumis aux mêmes droits et devoirs que tout autre français. Ce qui rend cette attaque meurtrière forcément illégitime. Dès lors, quelques soient les qualités (les magnifiques décors mélanésiens, l’interprétation des acteurs) ou les défauts du film (les références disproportionnées à « Apocalypse now » pour traiter d’un évènement de bien moindre ampleur, une narration trop factuelle et trop linéaire), plus rien n’y fait. Il n’est plus possible d’adhérer à la réflexion dès lors que l’équité de ce qui s’apparente à un procès à charge n’est plus respectée. Grosse déception.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/79/42/69/19768141.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/79/42/69/19764730.jpg

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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 23:03

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/94/21/19796503.jpg« Faire fausse route ? C’est un comble pour un ministre des transports ! »


Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix.

Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’Etat dans un monde toujours plus complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique…

Tout s’enchaîne et se percute. Une urgence chasse l’autre. A quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils, dans un Etat qui dévore ceux qui le servent ?


« Ton seul problème c’est de mettre du fond. Tu es flou. Ton histoire reste à écrire »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/94/21/19796505.jpgPendant longtemps, les films consacrés à la politique furent l’apanage du seul cinéma américain. Dès les années 30, CapraMr. Smith au Sénat »), FordLa dernière fanfare ») et d’autres (« Votez McKay ! »), ont ainsi pris un malin plaisir à nous décrire les coulisses de la vie politique américaine. A partir des années 70, ce devint même plus virulent, s’attaquant ouvertement et frontalement aux dérives du système politique local et aux hommes en place. A l’image des films de PakulaLes hommes du président ») ou de StoneJFK », « Nixon »). A l’inverse, en France, le sujet sembla tabou durant de nombreuses décennies. Certes, il y avait bien une poignée de réalisateurs comme Costa Gavras pour dénoncer les régimes fascisants étrangers. Mais jamais rien sur la France. Il aura finalement fallu attendre les années 2000 pour voir les cinéastes s’intéresser à ce sujet. Les films se sont ainsi multipliés, alternant le bon (« Le candidat ») et le moins bon (« Président »), allant même jusqu’à traiter de présidents anciens (« Le promeneur du Champs de Mars ») ou de l’actuel occupant de l’Elysée (« La conquête »). Auteur de débuts remarqués il y a trois ans avec « Versailles », dans lequel il évoquait la vie des marginaux vivant à l’ombre du pouvoir et de l’opulence, Pierre Schoeller nous revient avec « L’exercice de l’Etat », film consacré au quotidien d’un ministre en fonction. Récompensé du Prix de la critique internationale à Cannes, « L’exercice de l’Etat » est le deuxième volet d’une trilogie consacrée au(x) pouvoir(s) et dont le troisième volet devrait être consacré à la Révolution Française.


« On ne fait pas une révolution avec des doutes »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/94/21/19835094.jpgPour beaucoup le pouvoir et l’autorité sont incarnés (à tort ?) par le Président de la République. Au sommet du système politique national, celui-ci ferait presque oublier les membres de son gouvernement. Le choix du réalisateur de suivre le quotidien d’un ministre « ordinaire » (c'est-à-dire pas le plus médiatisé ni le plus en vue), en l’occurrence celui des transports, n’en rendait son film que plus surprenant et intrigant. Sans occulter l’aspect bureaucratique de la chose politique, le réalisateur s’efforce de montrer un homme toujours en action et dans l’action. Qu’il débarque en pleine nuit sur les lieux d’une catastrophe routière ou qu’il brave les syndicats afin de vendre l’action gouvernementale, le ministre est un homme définitivement pressé, pressurisé et constamment sur la route. Mais là où le film de Schoeller se fait passionnant, c’est quand il nous montre les coulisses du pouvoir : la rivalité entres les ministres/courtisans, les coups bas, les stratégies électorales, les compromissions morales (lorsque le ministre accepte de défendre une réforme à laquelle il est intérieurement opposé)... Bien qu’étant en permanence entouré de gens, de conseillers aux dents longues ou de journalistes, le ministre est avant tout un homme seul. Le film de Schoeller sonne ainsi étonnement juste et vrai, malgré quelques longueurs inutiles mais sans conséquences (la longue scène de la beuverie). Sa réflexion sur la politique et les hommes qui la pratiquent, tiraillés entre convictions personnelles et carrières personnelles, est tout autant pertinente. Au final, le portrait dressé de nos chers politiciens est tantôt fascinant tantôt effrayant (lorsque le ministre évacue toute émotion aux funérailles de son chauffeur, l’abordant comme un évènement politique et médiatique), au point de se dire que ces hommes-là ne sont pas comme nous. Ils demeurent des animaux politiques, évoluant dans un monde brutal où intérêts général et personnel se confondent et où tous les coups sont permis. Passionnant et terrifiant.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/94/21/19835095.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/94/21/19835092.jpg

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