Jeudi 5 janvier 2012
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22:00
« Vous n’avez pas à inciter madame à ne pas payer ses dettes
»
Claire, Jeune juge au tribunal de Lyon, fait la connaissance de Céline, une jeune mère célibataire victime de surendettement.
Lui rappelant les problèmes de sa propre mère, elle est touchée par la situation de la jeune femme.
Décidée à agir, elle rencontre Stéphane, juge chevronné et désenchanté, qu'elle entraîne dans son combat contre le surendettement. Quelque chose naît
entre eux, où se mêlent la révolte et les sentiments, et surtout l'urgence de les vivre.
« Nos clients se foutent d’être informés, ce qu’ils veulent c’est de l’argent »
On croyait sa cause perdue. Il faut dire qu’en près de vingt ans de carrière,
Philippe Lioret s’est allègrement compromis dans la réalisation de drames pompeux et tire-larmes, à l’image des infâmes « L’équipier » ou « Je vais bien ne t’en fais
pas ». Confondant sensibilité et guimauve, émotions et mièvrerie, l’homme s’était forgé (contre son gré ?) la réputation d’être le spécialiste français du mélodrame
sirupeux et lacrymal. Et puis, en 2009, alors qu’on n’y croyait plus, il y eut le petit miracle « Welcome ». Osant pour la première fois se défaire de la
naïveté de ses précédents films, Lioret s’emparait d’un vrai sujet de société controversé (les dramatiques conditions de vie des immigrés clandestins bloqués à Calais et
l’application par l’Etat du délit de solidarité à l’encontre de ceux qui leur viennent en aide) au terme duquel il délivrait un bouleversant plaidoyer humaniste. Ebranlé par
l’engagement du réalisateur (et de son comédien principal, Vincent Lindon), on en venait à revoir un peu les jugements qu’on avait pu émettre sur lui. Forcément
très attendu, « Toutes nos envies », son nouveau film, devait permettre de confirmer (ou non) l’évolution du réalisateur vers un cinéma plus engagé et plus politique.
« Le crédit c’est la consommation et la consommation c’est le système. Et le système on y touche pas »
A première vue, le choix d'adapter le roman « D'autres vies que la mienne
» (publié en 2009) de l'excellent Emmanuel Carrère, semblait très pertinent. Il faut dire qu'il offrait au réalisateur un vrai grand sujet de société – le scandale du
crédit à la consommation et son corolaire, le surendettement – à même de lui permettre de poursuivre dans la voie d'un cinéma plus volontiers social et engagé. D'ailleurs, Lioret
ne tarde pas à rentrer dans le vif de son sujet: à peine le temps d'introduire dès les premiers plans le personnage de la mère courage qu'il nous entraine avec elle dans la spirale
infernale du surendettement. De là, il s'attaquera de front à son sujet, mettant à jour en l'espace de quelques scènes les abus scandaleux des organismes de crédit – couverts par l'Etat
au nom de la sacrosainte consommation – et l'impuissance de la justice à les combattre. Virulente et sans appel, la charge trouve même son point d’orgue le temps d’un savoureux réquisitoire mené
par le juge Vincent Lindon, auteur ici d’une nouvelle prestation impeccable. Et puis, alors que la croisade menée par ces deux juges idéalistes s’annonçait passionnante, Lioret abandonne
brutalement son sujet principal pour démarrer un autre film, consacré à la maladie incurable de la jeune héroïne et à son issue fatale. Se sabordant lui-même, il se
focalise alors exclusivement sur la relation ambigüe que l’héroïne entretient avec son collègue, et plus encore sur la relation malsaine qu’elle noue avec sa protégée surendettée qu’elle impose à
sa famille comme une épouse et une mère de substitution à même de la remplacer une fois partie. Et tandis que commence la (très) longue agonie de son héroïne qui n’en finit plus de
mourir, on regrette amèrement que Lioret soit retombé dans ses travers mélodramatiques, qui plombent un film qui aurait du être bien meilleur s’il avait eu la rigueur de s’en tenir à son sujet
initial.
Par Platinoch
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Publié dans : Drames
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Mardi 3 janvier 2012
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21:29
Un grand merci à Cinetrafic qui m’a permis de chronique le dvd du
« Sang des templiers » de Jonathan English.
« Il y a une valeur dans toute mort. J’en donnerai une à la votre.
»
En 1215, le roi d’Angleterre, Jean, a été contraint de signer la Magna Carta, un document qui assure la liberté du peuple et constitue désormais la base
du droit commun en Angleterre. Furieux d’y avoir été forcé, il lève une armée de mercenaires et commence à piller le pays pour reprendre le pouvoir. Il est sur le point d’atteindre Londres et de
remporter la victoire, mais un dernier obstacle se dresse encore sur sa route : le château de Rochester.
À l’intérieur, rassemblée par le baron Albany, une petite bande de guerriers rebelles s’est jurée de retenir le roi Jean jusqu’à l’arrivée des renforts.
Elle compte un chevalier Templier ; Isabel, la dame du château, mais aussi des mercenaires endurcis comme Beckett et des jeunes soldats tels Guy, qui va goûter à la bataille pour la première fois
– et peut-être bien la dernière. Chacun a ses espoirs, ses démons et ses secrets. De part et d’autre de la muraille, les deux camps sont prêts à tout pour l’emporter et l’heure de l’affrontement
approche...
« Tuer un homme n’a rien de noble. Ni pour la liberté. Pas même pour Dieu »
Crée en 1129, l’Ordre du Temple avait pour mission de défendre la Terre Sainte et
de protéger les pèlerins. Pour ce faire, il pouvait compter sur ses chevaliers templiers, redoutables guerriers aguerris, qui devaient disparaître en même temps que l’Ordre en 1312. Forts
de leurs combats durant les croisades et du mystère qui entoura la disparition de l’Ordre, les templiers devinrent des figures mythiques de l’époque médiévale. De quoi inspirer nombre de légendes
dans la culture populaire. Et de cinéastes qui vantèrent leur héroïsme et leur bravoure, aussi bien dans des films historiques (« Kingdom of heaven ») que dans des films
d’aventures (« Indiana Jones et la dernière croisade », « Benjamin Gates et le trésor des templiers ») ou de SF (« Le dernier des templiers »). Après avoir
inspirés des réalisateurs de la trempe de Steven Spielberg ou Ridley Scott, au tour de l’anglais Jonathan English (déjà auteur de deux longs restés inédits en France) de
succomber à l’attrait des chevaliers templiers avec « Le sang des templiers ». Un film d’action historique totalement indépendant, qui nécessita qu’une réplique du célèbre
château de Rochester soit entièrement réalisée au Pays de Galles.
« Un templier offre sa virginité à Dieu alors que l’épouse en souffre à côté de son mari »
Dans son récent « Robin des bois », Ridley Scott
revenait sur la fronde des barons anglais qui déboucha sur la signature de la Grande Charte, qui mit un terme à la monarchie absolue. « Le sang des templiers » pourrait être une
sorte de suite chronologique, s’intéressant à ce qui se passa après, lorsque le roi Jean tenta de reprendre sa parole et de soumettre les barons. Partant d’un épisode historique
réel (le siège par les troupes du roi du château de Rochester) avec lequel il prend un certain nombre de libertés (le château était défendu par une grosse centaine
d’hommes et non une quinzaine, les français arrivèrent plusieurs mois après la bataille, le baron ne fut pas exécuté), English nous livre un film d’action médiéval très efficace et sans
temps morts (chose rare pour un film de plus de 2h !). Hyper référencé, son film emprunte par ailleurs beaucoup au genre du western (qui ce soit dans le côté sacrificiel
de ses personnages façon « Les sept mercenaires » ou dans le fait qu’ils soient assiégés comme dans « Alamo » ou « Rio Bravo »), ce qui contribue pour beaucoup
à l’efficacité générale du film, qui, pour une fois, ne joue pas la carte du manichéisme ou de la mauvaise foi historique (les français ne sont pas ici les méchants). Porté qui
plus est par un casting au diapason, notamment par le méconnu mais parfait James Purefoy (faux air de Hugh Jackman, aperçu dans « Salomon Kane
») ainsi que le génial Paul Giamatti et la belle Kate Mara (qui remplace Megan Fox, initialement prévue), « Le sang des
templiers » est, dans son genre, une vraie réussite !

Le DVD : Edité par Metropolitan Filmexport, le film est présenté en VF et en VO
(sous-titres français disponibles). Outre les bandes-annonces, il est également accompagné d’un commentaire audio, de photos et de notes de production. Le vrai plus, c’est son making-of (10
minutes) dans lequel le réalisateur et les acteurs présentent les personnages, le tout accompagné d’images du tournage.
« Le sang des templiers » est édité par Metropolitan
Filmexport et sera disponible le 4 janvier 2012.
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d’action et dans la catégorie Film 2011.
Par Platinoch
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Publié dans : Films d'action
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Lundi 2 janvier 2012
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22:16
« Certains jurent que le monde a perdu sa magie. Comment alors expliquer que
le monde entier se réunisse un même jour pour fêter l’espoir d’une nouvelle année ? »
"Happy New Year" célèbre l’amour, l’espoir, le pardon, les secondes chances et
les nouveaux départs, à travers les histoires entremêlées de couples et de célibataires, racontées au milieu du rythme effréné et des promesses de la ville de New York pendant la nuit la plus
éclatante de l’année.
Les dernières heures de l'année sont parfois les plus riches en
émotion...
« Qui vas-tu embrasser à minuit ? »
Vieux routier du cinéma hollywoodien, Gary Marshall a fait son trou voici
trente ans en signant quelques-unes des comédies romantiques les plus cultes des années 80 et 90. A commencer par « Pretty woman » et sa fausse suite « Just
married ». Une vingtaine de films en tout, parmi lesquels « Le kid de la plage », « Frankie et Johnny » ou encore « Princesse malgré
elle », qui lui auront permis de s’imposer comme l’un des spécialistes du divertissement et de la romcom. A près de 80 ans, toutefois, le réalisateur semble avoir le plus grand mal à se
renouveler. Peinant à renouer avec le succès, celui-ci semble plus que jamais en bout de course même s’il refuse de jeter l’éponge. Alors, à défaut de scénario valable ou de belles
histoires à nous raconter, il s’amuse à combler le vide en réunissant à l’écran de gros castings, où se côtoient les acteurs à la mode du moment. Telle était la recette miracle
de « Valentine’s day », grand chassé-croisé amoureux durant le jour de la Saint-Valentin dans lequel se croisaient notamment Ashton Kutcher, Julia Roberts,
Bradley Cooper, Anne Hathaway ou encore Jessica Alba. Fort de son succès, il décide de remettre le couvert avec « Happy new year ».
« Le nouvel an, c’est une nouvelle chance qui nous ait
donné »
Même recette, même principe, seul le jour change puisque la
Saint-Valentin fait place au 31 décembre. Pour le reste, Marshall nous ressort la même narration à tiroirs, faisant succéder les vignettes et les personnages, laissant le soin aux
spectateurs de deviner qui finira avec qui lorsque les douze coups de minuit sonneront. Dans un New York de strass et de paillettes, le réalisateur compile les situations les plus
clichées (la rencontre dans l’ascenseur entre deux opposés qui s’attirent, le rendez-vous hasardeux donné par une inconnue l’année précédente, le mourant solitaire qui espère voir la
nouvelle année) dont les protagonistes ne sont que de riches nantis et des stars du showbiz (en vrac une vice-présidente d’une géant de l’événementiel, une star de la chanson et
sa choriste, un riche héritier…). Carte postale terriblement artificielle et clichée (le discours ad nauseum d’Hilary Swank), « Happy new year »
capitalise tout ce qu’il peut sur son casting gonflé à bloc où les stars d’hier (De Niro, Pfeiffer, Elizondo) côtoient les valeurs montantes du cinéma
actuel (Hilary Swank, Halle Berry) et celles de la télé (Zac Efron, Katherine Heigl, Sarah Jessica Parker, Ashton Kutcher).
Immanquablement, le cabotinage de certains (la private joke sur les chaussures et la robe de Sarah Jessica Parker, le tour de chant spécial midinettes d’un Bon
Jovi à la chevelure éclaircie) suffira à séduire ou du moins à satisfaire les spectateurs les moins exigeants. Les autres sortiront gênés de ce spectacle affligeant, qui
s’apparente davantage à un énorme spot publicitaire (comme si Nivea, Philips ou Sony ne suffisaient pas, Michael Bloomberg vient faire son auto-promo tandis que
Carla Gugino réussit durant le « best-of » du générique final à nous vendre le dvd de l’opus précédent !) qu’à un vrai film de cinéma. Sous la houlette du
tâcheron Marshall, Hollywood nous souhaite donc une bonne année. Et nous rappelle que même les vedettes ont des impôts à payer. A votre bon cœur, m’sieurs dames !

Par Platinoch
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Publié dans : Comédies romantiques
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Vendredi 30 décembre 2011
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18:42
« Mon tableau devra raconter de nombreuses histoires. Et être assez grand pour
toutes les raconter toutes »
Année 1564, alors que les Flandres subissent l’occupation brutale des Espagnols, Pieter Bruegel l’Ancien, achève son chef d’œuvre "Le Portement de la
croix", où derrière la Passion du Christ, on peut lire la chronique tourmentée d’un pays en plein chaos.
Le film plonge littéralement le spectateur dans le tableau et suit le parcours d’une douzaine de personnages au temps des guerres de
religions.
Leurs histoires s’entrelacent dans de vastes paysages peuplés de villageois et de cavaliers rouges. Parmi eux Bruegel lui-même, son ami le collectionneur
Nicholas Jonghelinck et la Vierge Marie.
« Je ne supporte plus le despotisme des mercenaires étrangers »
Homme à tout faire et artiste accompli, le polonais Lech Majewski est
connu pour être à la fois réalisateur, auteur, poète, homme de théâtre et compositeur. Passionné par les arts, il avait déjà co-écrit et produit le film « Basquiat », réalisé en
1995 par Julian Schnabel et consacré au célèbre artiste plasticien. Pour ce « Bruegel, le moulin et la croix », adapté du livre de Michael Francis Gibson et
consacré au tableau « Le portement de la croix » réalisé par le peintre flamand en 1564, il passe lui-même derrière la caméra.
« Si seulement le temps pouvait être arrêté »
Peuplé de près de 500 personnages, « Le portement de la croix »
fait partie des œuvres les plus riches de Bruegel l’ancien. Des plus complexes également. Voulant nous faire littéralement pénétrer le tableau et en percer son mystère, Majewski réalisait donc
son film en filmant ses comédiens sur fond vert pour les incruster dans le décor même du tableau. Très surprenants, les premiers plans du film s’avèrent convaincants et visuellement très
beaux. Pour tout dire, le spectateur est véritablement immergé dans l’œuvre de Bruegel. L’expérience est en cela impressionnante. Et puis, le
réalisateur décide de nous conter une histoire. Celle du tableau en lui-même, expliqué par Bruegel lui-même à son ami Jonghelink. Et par extension, celle des
personnages qui le peuplent, permettant ainsi de dresser en parallèle un autre tableau – historique cette fois – de la vie dans les Flandres occupées par les espagnols au XVIème siècle.
Le projet étant sur la forme passionnant bien qu’un peu fou. Le problème, c’est que Majewski fait le choix de nous raconter les histoires individuelles des personnages du tableau sans
paroles et sans dialogues mais uniquement par leurs gestes coutumiers. Les saynètes interminables se succèdent en nous montrant ainsi un meunier qui moud le grain, des bucherons qui
coupent du bois, des enfants qui chahutent, des gens qui mangent, des femmes qui nettoient leur maison, un homme que des miliciens exécutent… La beauté visuelle du projet n’y peut rien,
l’ennui le plus assommant qui soit finit par rattraper le spectateur même le plus averti au bout d’une dizaine de minutes. Visuellement très beau, donc, mais trop expérimental dans son approche
narrative pour susciter un quelconque intérêt.

Par Platinoch
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Publié dans : Inclassables
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Jeudi 29 décembre 2011
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« Pour une fois qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire à Lorient…
»
Dans une petite ville au bord de l’océan, après que l'une d'elle soit tombée enceinte accidentellement, seize adolescentes d’un même lycée prennent
ensemble une décision inattendue et incompréhensible aux yeux des garçons et des adultes : elles décident de tomber enceintes en même temps.
Avec la folle ambition de recréer un monde idéal. Et surtout pour tuer l'ennui et la solitide. Ce film est inspiré d’un fait divers survenu en
2008.
« Ce sera comme si j’avais deux vies. Je vivrais à 200%. Et j’aurai quelqu’un qui m’aimera à vie. Et sans conditions »
Ces dernières années, le cinéma français s’est beaucoup penché sur l’adolescence,
et plus encore sur les adolescentes et leur éveil à la sensualité. De « Et toi t’es sur qui ? » à « Naissance des pieuvres » en passant par « Un amour de
jeunesse ». Venues du documentaire, les sœurs Muriel et Delphine Coulin adaptent pour leur premier long un fait divers américain survenu en 2008 lorsque 17 filles d’un même
lycée de Gloucester tombèrent enceinte en même temps. Autant le dire, « 17 filles » achève l’observation naturaliste des adolescentes entamée par les films précités pour imposer un
regard sans complaisance et résolument moins enthousiaste à leur égard. Car « 17 filles », c’est un peu « Naissance des pieuvres » qui se réveillerait avec une sacrée
gueule de bois.
« Tu te crois maline. Mais tu es idiote »
Prenant pour cadre une ville sinistrée, sans avenir, dont la jeunesse peine à se
défaire et à en partir, les réalisatrices suivent une poignée de lycéennes, qui a défaut de pouvoir mettre les voiles se met à vivre d’utopies. Entrainées par l’une de leur camarade
tombée accidentellement enceinte, 16 filles vont « programmer » simultanément leur grossesse, s’imaginant (re)créer un monde idéal, une communauté où l’ennui et la solitude n’auraient pas
leur place. Un rêve absurde et fou, imaginé par des adolescentes en total décalage avec le monde et ses (dures) réalités (aucune ne travaille, elles n’ont pas d’argent, fuient les
responsabilités, continuent de fumer, boire, sortir malgré leur état), qui ne se rendent pas comptent qu’elles glissent sur la mauvaise pente. Filmé avec beaucoup d’empathie, « 17
filles » ne porte jamais de jugement sur ses personnages. Et c’est justement cette absence de parti pris, cette absence de regard critique, qui dérange et rend le film assez
agaçant. A l’image de cette bande d’adolescentes aux corps de femmes mais à la mentalité de gamines, insupportables tant dans leur naïveté que dans l’expression de leur rébellion. Qu’on
se le dise, dans l’ensemble, il y a quand même des coups de pied au cul qui se perdent ! Mais plus encore, c'est l'absence totale d'amour, dans la conception de ces enfants, qui rend ce
récit particulièrement glauque et troublant. Pour le reste, si la réalisation se fait assez inégale (too much cette scène finale toute droit sortie de « Mémoires de nos pères »
d’Eastwood dans laquelle les jeunes filles noient leur innocence dans la mer), elle réserve toutefois quelques jolis moments de sincérité (la discussion de l’héroïne avec son
frère qui revient de la guerre). Et même s’il est souvent glaçant et agaçant, « 17 filles » ne laisse jamais indifférent.
Critique publiée dans le cadre du Festival d'automne
Par Platinoch
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Publié dans : Drames
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Mardi 27 décembre 2011
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« Non seulement ma vie est foutue mais en plus j’ai mal aux
couilles ! »
Après des années de supplices, l’heure de la fin du lycée a enfin sonné. Will,
Simon, Jay et Neil sont désormais majeurs.
Pour fêter la fin de cette époque désormais révolue, ils décident de partir en
vacances tous les quatre.
Direction la Grèce et plus précisément la Crète où le séjour de nos quatre
héros sera placé sous un objectif : du sexe, de l’alcool, du fun et encore du sexe !
« En vacances, on n’est jamais trop
bourré »
En France, on connaissait déjà « Les beaux
gosses », ados attardés fortement travaillés par leurs hormones. Voici que débarquent sur nos écrans « Les boloss », leurs cousins pas si éloignés
d’Outre-Manche. Fort du succès de leur série, « Inbetweenners », les quatre garçons pas du tout dans le vent se voient offrir l’occasion de prolonger leurs aventures sur le
grand écran. Le tout sous la direction de Ben Palmer, réalisateur jusqu’ici de nombreux épisodes de la série, qui réalise ici son premier long pour le cinéma.
« Vous êtes les seuls mecs d’ici à ne pas nous traiter de garages à bites,
c’est déjà ça ! »
L’adaptation d’une série télé à succès sur grand écran est un
exercice des plus périlleux. Les changements de longueur, de rythme, de format sont autant de difficultés qui font que neuf tentatives sur dix se soldent par un échec total (voir au
hasard les adaptations ciné de « Sex and the city », « Ma sorcière bien aimée », « Shérif fait moi peur ! » et autres
« X-Files »). Visiblement, ces « Boloss » n’échappent pas à la règle. Et ce d’autant plus que la série étant inédite chez nous, le spectateur évolue
en terrain inconnu, sans repères aucun quant aux personnages et à l’ambiance générale. Toutefois, il n’est pas difficile de voir que le réalisateur surfe ici sur la vague des
teen comedy trash, s’inspirant fortement de « American pie », transposé à la sauce british. Si le film s’avère de fait plus politiquement incorrect
(gags sur les handicapés ou les étrangers), les personnages se font vraiment trop crétins pour être crédibles et le film, évoluant en roue libre, peine à trouver son rythme, enchainant
les gags scatos à la vitesse grand V (soit du vomi à la pelle et du caca dans le bidet et dans le nez) sans pour autant renouveler un temps soit peu le genre. Si l’absurdité ou
le jusqu’au-boutisme de certains gags finissent par nous arracher un sourire (le numéro de danse des quatre loustics vaut son pesant de cacahuètes), le film ne parvient à nous
intéresser que durant son dernier tiers, lorsque nos héros se rapprochent d’un groupe de filles plus évoluées et normales qu’ils ne le sont. Autant dire qu’on attandait mieux de
ces « Boloss » que ce ramassis d’humour lourdingue et déjà vu.
Par Platinoch
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Publié dans : Comédies
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Lundi 26 décembre 2011
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13:42
Un grand merci à Cinetrafic de m’avoir permis de chroniquer le
dvd de « Conan » réalisé par Marcus Nispel
« Lorsqu’un cimmérien a soif, c’est de sang »
Pour Conan, le légendaire guerrier cimmérien, ce qui avait commencé comme une vengeance personnelle va se muer en combat épique pour sauver Hyboria d’une
puissance maléfique surnaturelle.
Face à ses ennemis, aux terrifiantes créatures et aux épreuves d’exception qui l’attendent, Conan va peu à peu comprendre qu’il est l’ultime espoir d’un
peuple…
Voici l'histoire de Conan...
« Aucun homme ne devrait vivre enchainé »
Il a beau être jeune, beau et fort, en pleine possession de ses moyens,
Conan n’est pourtant pas un perdreau de l’année. Né en 1932 de la plume de Robert E. Howard, considéré par beaucoup comme l’un des pères de l’heroïc fantasy, il voit ses
aventures paraitre pendant plusieurs années sous forme de nouvelles. Tombé dans l’oubli, jusqu’à ce que le personnage soit pastiché (petite cervelle et muscles hypertrophiés) avec succès par
l’auteur Lyon Sprague de Camp. Renouant avec le succès, le personnage voit ses aventures adaptées dès les années 70 sous forme de comics par Marvel. Il faudra attendre
1982 et « Conan le barbare » de John Milius pour voir le célèbre barbare débarquer au cinéma sous les traits d’Arnold Schwarzenegger. Reprise par le réalisateur Richard
Fleischer, spécialiste du cinéma d’aventures (« Les vikings », « Soleil vert », « Barrabas »), la franchise connaitra deux films supplémentaires : «
Conan le destructeur » (1984) et « Kalidor » (1985). Depuis lors, les rumeurs d’un retour des aventures de Conan au cinéma se sont multipliées. Les noms de
Oliver Stone, Robert Rodriguez ou encore Brett Rattner ont ainsi souvent été associés au projet, sans que celui-ci n’aboutisse jamais.
Finalement, le film se concrétisera sous la direction du réalisateur allemand Marcus Nispel, qui s’offre un nouveau remake après avoir signé ceux de « Vendredi 13 » et «
Massacre à la tronçonneuse ».
« Tu as eu ta chance, tu n’en auras pas une autre »
Tout le monde ne s’en souvient peut-être pas, mais les 80’s virent un bref
engouement pour l’Heroïc Fantasy. Sans doute le succès de « Star Wars » n’y fut pas étranger. Toujours est-il que les films plus ou moins réussis, comme « L’histoire sans
fin », « Legend », « Ladyhawke » ou « Willow », se sont succédés sur les écrans. C’est dans ce contexte que la saga « Conan » débarqua sur les
écrans. Et de mémoire, la musculature excessive de Schwarzy, son slip en peau de bête, son collier en corne et son épée nous avait laissé le souvenir un peu too much, pour ne pas dire
furieusement kitsch. De ce fait, à moins de vouloir réveiller une certaine nostalgie chez les cinéphiles de plus de trente ans, l’idée de remettre le héros au goût du jour ne semblait pas d’une
pertinence folle. En bon tâcheron spécialiste du remake, Nispel puise dans ses références (le générique introductif sur la genèse du masque tout droit tiré du «
Seigneur des anneaux », la tentative désespérée du gamin pour sauver son père façon « Il était une fois dans l’ouest ») pour étoffer son récit et lui donner des allures
de grand film. Malheureusement, ces clins d’œil ne parviennent jamais à masquer l’absence d’un scénario digne de ce nom, à même de transcender cette banale histoire de vengeance et de
libération, peuplée de personnages très stéréotypés (la sorcière démoniaque, le méchant roi, la nymphette à protéger qui sert de faire-valoir sexy, le voleur dont les talents de
crocheteurs de serrures serviront au héros). Car d’une manière assez générale, le gros défaut de ce « Conan », c’est son absence de souffle épique, renforcée par un
niveau général d’interprétation pas toujours convaincant. Reste des scènes de combat plutôt réussies (avec les hommes sable ou encore le combat final sur la roue qui dévisse le
long du précipice), qui font de ce « Conan » un nanar regardable à défaut d’inoubliable.
Le DVD : Présenté en VO (sous-titres français) et VF, le film est accompagné de nombreux bonus. Outre
les traditionnelles bandes-annonces, deux versions de commentaires, par le réalisateur et par les comédiens, sont proposées. Deux documentaires (d’une dizaine de minutes chacun), « Les
préparatifs d’une bataille rangée » et « La chorégraphie des combats », reviennent quant à eux sur la préparation des scènes de combats, de leur création par les cascadeurs jusqu’à la préparation
des comédiens – Jason Momoa et Rachel Nichols en tête – qui les interprètent.
Distribué par Metropolitan Filmexport, le DVD de «
Conan » est disponible depuis le 17 décembre 2011.
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Par Platinoch
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Publié dans : Films d'action
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Lundi 19 décembre 2011
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21:35
« J’ai vu ton frère quand tu as chanté : tu as fait pleurer un
homme »
Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle,
celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup.
Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son
appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie...
« Ton ordinateur est bourré de saloperies. Il y a même des trucs, je ne
sais pas ce que c’est »
Certaines choses paraissent prédestinées. Inéluctables. Avec un
nom pareil, l’artiste plasticien Steve McQueen devait inévitablement faire tôt ou tard du cinéma. Toutefois, à la différence de son illustre homonyme, c’est derrière la caméra qu’il
trouvera sa place. Avec « Hunger », film coup de poing sur le sacrifice de Bobby Sands et des prisonniers politiques de l’IRA, lancés dans une tragique grève
de la faim pour faire entendre leur voix à un pouvoir anglais trop prompt à imposer la sienne, il fera une entrée remarquée, saluée en grande pompe par la critique. Après ce premier essai
éprouvant, McQueen pensait ne pas avoir les épaules pour renouveler l’expérience. Il nous revient pourtant trois ans plus tard avec « Shame », son deuxième long métrage,
traitant là encore d’un sujet tabou : l’addiction au sexe. Présenté en compétition à la Mostra de Venise, « Shame » a été récompensé de la Coupe Volpi du meilleur
acteur pour Michael Fassbender. Le réalisateur et son acteur fétiche devraient se retrouver pour la troisième fois sur le prochain projet de McQueen, « Twelve
years a slave », au générique duquel devrait également apparaître Brad Pitt.
« Dans la vie, en amour, il faut s’engager. Il faut se donner une
chance. »
Le moins que l’on puisse dire c’est que Steve McQueen a le goût
des sujets difficiles. Après avoir abordé dans « Hunger » le sacrifice des militants emprisonnés de l’IRA, il s’attaque avec « Shame » à l’addiction
sexuelle. Deux sujets a priori diamétralement opposés. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, les deux films ont étrangement beaucoup de similitudes. Notamment dans
le choix de ces personnages extrêmes, jusqu’au-boutistes, dont McQueen prend un mal(sa)in plaisir à filmer l’agonie jusqu’à leur inéluctable chute. A ceci près que si Bobby
Sands apparaissait comme un personnage christique dans son combat et sa souffrance, Brandon semble animé par des forces plus sombres. Handicapé du sentiment, incapable d’aimer ou de
s’attacher à qui que ce soit, Brandon passe son mal de vivre et sa souffrance dans la consommation compulsive de sexe. Un plaisir immédiat aussi basique que sordide, sans tendresse ni
partage. Le sujet était sulfureux et appelait certainement à une approche quelque peu psychologique du personnage. Malheureusement, il n’en est rien, McQueen se bornant à nous faire un film
d’ambiance, triste comme la pluie et lent comme la mort, dans lequel la chair nue apparaît dans tout ce qu’elle a de plus sordide. A l’image de son personnage principal dont il dresse un
portrait détestable et auquel on ne parvient de fait jamais à s’attacher, pas plus qu’à sa sœur. S’appuyant sur son sens du cadre (voir la scène d’ouverture) et de
l’esthétisme (la scène de la chanson dans le bar), McQueen essaye en vain de combler par la forme l’absence totale de fond de son film, qui s’achève dans une mais
inutile scène à la symbolique lourdingue où se côtoient une orgie de sexe et un bain de sang. 100 minutes plus tard, on se dit que McQueen a beau avoir de réels talents de plasticiens, il
lui manque quand même une chose primordiale qui s’appelle l’inspiration. Car peu importe qu’il filme son héros en train d’étaler sa merde sur les murs ou de répandre son foutre, ses films ne
suscitent rien d’autre – pas même le malaise – qu’un ennui et un agacement profonds.
Critique réalisée dans le cadre du festival d'automne.
Par Platinoch
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Publié dans : Drames
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