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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 22:09

Un grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Arte Editions pour m’avoir permis de découvrir le bluray des « Parapluies de Cherbourg » de Jacques Demy, dans le cadre de l’opération dvdtrafic.

« Cette jeune fille il se pourrait que je l’aime »

Cherbourg, novembre 1957. Madame Emery et sa fille, Geneviève, tiennent une boutique appelée Les parapluies de Cherbourg. Geneviève est amoureuse de Guy, mécanicien dans un garage. Sa mère désapprouve la relation quand elle l'apprend. Le jeune homme est élevé par sa tante (et marraine) Élise, gravement malade. Il est appelé pour faire son service militaire en Algérie. Les deux amoureux doivent se quitter. Enceinte, désemparée parce qu'elle a peu de nouvelles de Guy, Geneviève est exposée au charme de Roland Cassard, un négociant en pierres précieuses de passage. Après quelques mois, avec l'insistance de sa mère, elle accepte de l'épouser, quittant ainsi Cherbourg…

« Tu crois aimer mais l’amour c’est autre chose : on ne tombe pas amoureuse d’un visage dans la rue »

Amoureux des arts et cinéphile passionné, le cinéma de Jacques Demy ne devait ressembler à aucun autre. Surtout dans un paysage cinématographique français qui, jusqu’à l’arrivée de la Nouvelle Vague, ne semblait pas laisser spécialement de place aux projets les plus originaux. Il faut dire que Demy rêve de faire une comédie musicale, colorée et virevoltante comme on en fait à Hollywood. Mais le genre, popularisé dès les années 30 (notamment par le duo Astaire/Rodgers) et qui connait son âge d’or dans les années 50, est encore quasi exclusivement l’apanage des anglo-saxons. Les projets de Demy sont ainsi contrariés. Son premier film, « Lola » (1960), avait été écrit initialement comme une comédie musicale. Mais devant la frilosité des producteurs qui refusent de financer un tel projet, Demy doit renoncer aux chansons et à la couleur. C’est finalement avec son troisième long métrage, « Les parapluies de Cherbourg », réalisé deux ans plus tard, qu’il parviendra à réaliser son rêve.

« Il nous reste si peu de temps qu’il ne faut pas le gâcher »

Ce qui frappe avant tout dans les « Parapluies de Cherbourg », c’est la constante liberté du réalisateur qui se joue systématiquement des codes alors en vigueur dans le cinéma français. Couleurs chatoyantes, musique omniprésente : le film ne ressemble clairement à aucun autre. Pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire, à l’image des dialogues intégralement chantés, qui rendent le film parfois difficile à suivre. Reste qu’au-delà du kitsch clairement assumé de l’ensemble et de son apparente légèreté, Demy livre un film mélodramatique rappelant en filigrane le contexte sombre de l’époque (la guerre d’Algérie), auquel il ajoute des éléments intimes de sa propre vie (le héros qui travaille dans un garage puis dans une station-service sont autant de clins d’œil à son père garagiste). Pas toujours facile d’accès par la forme, « Les parapluies de Cherbourg » n’en demeurent pas moins un grand film dramatique. La partition de Michel Legrand marque longtemps, de même que la dernière scène du film, éminemment triste.

Le bluray : Edité par Arte Editions, le film est disponible dans les bacs depuis le 19 novembre 2014. Le film est disponible en VF avec possibilités de sous-titres anglais ou français pour malentendants. Le film est accompagné de nombreux bonus, notamment des modules « chronique d’une restauration », « Il était une fois les parapluies de Cherbourg », « L’univers de Jacques Demy », « Le film vu par Virginie Ledoyen », « Remise du prix Louis Delluc », « Catherine Deneuve et les parapluies », « Jacques Demy et Mag Bodard évoquent la production du film ». Enfin, les bandes-annonces sont également présentes. Une édition véritablement quatre étoiles.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 20:53

Un grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Diaphana pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le film « Under the skin » de Jonathan Glazer dans le cadre de l’opération « dvdtrafic ».

http://fr.web.img5.acsta.net/pictures/14/05/07/15/58/238222.jpg« On ne sait jamais qui s’arrête quand on fait du stop »

En Écosse, au volant d'une camionnette, Laura, une extraterrestre d'apparence humaine, vêtue d'une fourrure, séduit des hommes.

S'étant assurée qu'ils vivent seuls, elle les fait monter dans son véhicule. Elle les entraîne dans une maison sordide où elle les incite à se dénuder.

Tandis qu'ils s'avancent vers elle et qu'elle recule, ils s'enfoncent et disparaissent peu à peu dans le sol devenu liquide.

Leur dépouille va servir à donner apparence humaine à d'autres créatures. Laura reste impassible…

« Tes yeux… Ils ont quelque chose de spécial »

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/03/11/12/44/028213.jpg« Under the skin ». Attention, il ne s’agit pas ici d’une chanson de Sinatra, mais bien du dernier film de Jonathan Glazer, qui est sans doute, depuis une quinzaine d’années, le cinéaste le plus créatif et le plus mystérieux du Royaume-Uni. Venu du théâtre puis du clip, le cinéaste a clairement inscrit son œuvre sous le signe de l’étrange. Pour mémoire, son précédent film, « Birth », prenait pour sujet un enfant essayant de convaincre Nicole Kidman qu’il était la réincarnation de son défunt mari. Cette fois-ci il nous embarque dans un étrange road-movie. Adapté d’un roman de Michel Faber, « Under the skin » suit une extraterrestre à l’apparence humaine qui séduit des hommes pour mieux les tuer. Véritable OVNI, hypnotique autant qu’absconds, le film fascine autant qu’il laisse perplexe. Sidérant de beauté visuelle lorsque les hommes se noient dans un liquide noir, fascinant lorsque l’on sent cette extraterrestre se laissant gagner par une forme d’humanité (qui lui vaut de d’épargner un jeune homme à la tête difforme et de se laisser séduire par un autre homme qui la recueille), ce dernier laisse pourtant parfois totalement de marbre (qui sont ces motards lancés à sa poursuite ?). Surtout lors de la scène finale, qui se révèle franchement décevante. La sensuelle et charnelle Scarlett Johansson est parfaite dans ce rôle de mante religieuse se découvrant progressivement une forme d’humanité. Entouré d’acteurs amateurs, on retiendra également la prestation marquante du jeune homme au visage difforme, qui est particulièrement touchant. Reste donc un film étonnant, étrange, parmi les plus difficiles d’accès qui soient.

Le dvd : Edités par Diaphana, le dvd et le bluray sont disponibles dans les bacs depuis le 29 octobre 2014. Le film est proposé en VO et VOST. Outre la bande-annonce, il est accompagné d’une présentation d’Olivier Père, PDG d’Arte France Cinéma, ainsi que d’un module d’entretiens avec l’équipe du film.

Découvrez plus de films sur Cinetrafic ici et dans la catégorie ce qui se fait de mieux dans le genre au cinéma.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:37

 

Fleming_l_homme_qui_voulait_etre_James_Bond.jpg

Un grand merci à Koba et à Cinetrafic pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd de la minisérie « Fleming, l’homme qui voulait être Bond » de John Brownlow et Don MacPherson, dans le cadre de l’opération dvdtrafic.

En 1939 à Londres, Ian Fleming mène une vie de playboy. Mais ses frasques cachent une fêlure secrète : il possède un complexe d'infériorité par rapport à son père défunt, héros de guerre, et son frère Peter, célèbre aventurier écrivain.

Usant de son charme auprès des femmes, Ian Flemming aime échafauder des stratégies pour obtenir de nouvelles conquêtes. Alors qu'il a pour cible Ann O'Neill, une femme mariée ayant aussi un amant, la déclaration de guerre le surprend.

Tandis qu’Ian Fleming se console avec la jeune Muriel, il se met au service d'un amiral de l'espionnage maritime. Son insubordination, son goût du mensonge et du risque s'avèrent utiles...

photo-Fleming-L-homme-qui-voulait-etre-James-Bond--copie-2.jpgLa soixantaine fringante et dynamique (la cinquantaine, si on ne compte que ses exploits cinématographiques), James Bond, le plus célèbre des agents secrets au service secret de sa majesté, n’en finit plus d’enchainer les aventures passionnantes et d’attirer les foules. Avec toujours ce même cocktail de charme, d’action, de gadgets et de jolies pépées. En dépit de quelques épisodes ratés avec Timothy Dalton, 007 n’a jamais été un has-been. L’effet du Dom Perignon sans doute. Ou plus certainement le talent de son créateur, Ian Fleming, auteur aux idées novatrices. Cela méritait bien de lui consacrer un biopic. D’autant que le grand public ne connaissait pas grand-chose du père de James Bond. Un honneur que lui a finalement décerné la BBC sous forme d’une minisérie de 4 épisodes. Malicieux, les scénaristes de la minisérie ont opté pour une vision « romancée » de la vie de Fleming, notamment s’agissant de ses activités au sein du British Departement of Naval Intelligence, où il servit durant la seconde guerre mondiale. Mêlant réalité et fiction (notamment une mission en territoire ennemi à la recherche des travaux allemand sur l’énergie atomique), le film nous dresse le portrait d’un Fleming intrépide, en avance sur son époque. Mais plus que tout, en nous le présentant tel un séducteur patenté, aventureux autant qu’aventurier, et totalement insubordonné, les scénaristes établissent un drôle de parallèle avec sa future créature, l’agent James Bond. En dépit d’effets parfois un peu sheap (les scènes d’action sur le terrain comme cette escapade au cœur de l’Allemagne en pleine débacle), l’histoire se laisse suivre de façon plutôt plaisante. Tout juste regrettera-t-on quelque peu la place trop importante donnée à son histoire d’amour avec la vénéneuse Ann. A noter également un casting au diapason, emmené par un excellent Dominic Cooper, bien entouré ici par Lara Pulver, Anna Chancellor, la très jolie Annabelle Wallis ou encore la toujours excellente Lesley Manville.

 photo-Fleming-L-homme-qui-voulait-etre-James-Bond-Fleming-2 455837.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Le dvd : édité par Koba Films, « Fleming, l’homme qui voulait être James Bond » est disponible en dvd depuis le 26 novembre 2014. Proposé en VF et VOST, la minisérie est accompagnée d’une biographie de Ian Fleming ainsi que d’un quizz relatif à James Bond.

Découvrez plus de films sur Cinetrafic dans les catégories « n’entre pas dans le top des séries de tous les temps » et « série tv créée cette année ».

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 21:23

Un grand merci à TF1 Vidéo pour m’avoir permis de chronique le dvd du film « Odd Thomas contres les créatures de l’ombre » de Stephen Sommers.

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/571/21057174_20131113104941919.jpg« Essaye de revenir vivant pour le diner. Car moi je ne vois pas les morts ! »

Odd Thomas, cuisinier dans un fast-food d'une petite ville du désert californien, est un médium ayant le pouvoir de voir et parler aux morts. Il utilise ce don afin d'aider ces derniers à passer de l'état de fantômes errants à esprits en paix en résolvant certains des problèmes qu'ils ont eus de leur vivant.

Ce don lui permet également de voir des bodachs, des sortes de créatures invisibles aux yeux humains attirées par la mort et la souffrance.

À la suite d'un rêve prémonitoire, il voit un homme rentrer dans son restaurant, entouré d'une quinzaine de bodachs. Il va devoir trouver la signification de tout cela car pour lui cela ne présage rien de bon...

« Ce n’est pas un don, c’est un cadeau ! »

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/544/21054498_20131101104451631.jpgIl y a des fois où la programmation des distributeurs nous étonne. Alors que la mode est aux aventures de science-fiction adolescentes, « Odd Thomas contre les créatures de l’ombre » se contente chez nous d’une sortie en direct-to-dvd. Pourtant, le film n’est pas signé d’un néophyte ni d’un manchot, puisqu’il est l’œuvre de Stephen Sommers, l’un des spécialistes des blockbusters à succès (les sagas « La momie » et « Le roi scorpion », « Van Helsing » ou encore « G.I. Joe : le réveil du Cobra »). Avec « Odd Thomas », Sommers s’attaque à l’adaptation de la saga littéraire de Dean Koontz. Reprenant un peu la trame de l’excellent « Fantômes contre fantômes » de Peter Jackson, le film brasse les références de quelques perles du genre (« Sixième sens », « La momie ») pour créer une atmosphère prenante dans une ambiance adolescente et bon enfant, souvent deuxième degré, rappelant le ton de certaines séries. Contre toute attente, le résultat est vraiment enthousiasmant, entre comédie bon enfant et thriller SF accrocheur. Le tout porté par des comédiens attachants (Anton Yelchin, la belle Addison Timlin) accompagnés par un Willem Defoe qui trouve là un très bon rôle à contre-emploi. La fin du film semble entrouvrir la voie à une suite. On espère qu’elle aura bien lieu !

 http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/571/21057185_20131113105819736.jpg http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/571/21057183_20131113105819173.jpg

Le dvd : Dans les bacs depuis le 12 novembre 2014, le film est disponibles aux formats dvd et bluray. Proposé en VF et VOST, le film est accompagné d’un making-of reprenant les interviews des comédiens.

 

 

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 21:04

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/224/21022400_20130724161858724.jpgUn grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Metropolitan Filmexport pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd de « The sex list » de Maggie Carey.

« Si je m’étais mieux préparée, si j’avais moins bu, si je m’étais protégée et si j’avais des sous-vêtements sexys, on aurait sans doute baiser ! »

Brandy était l’intello du lycée, et à force de bosser, elle est passée à côté d’une bonne partie de son adolescence, surtout niveau garçons et niveau sexe…

Pour le plus grand plaisir de père. Bien décidée à se rattraper à la fac, Brandy, aidée par ses deux meilleurs potes, établit une liste assez « hot » des trucs qu’elle doit faire pour rattraper son retard…

« Est-ce qu’au moins tu t’es servie du lubrifiant que t’as offert ta mère ? »

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/96/91/58/20496149.jpgDans les comédies US des années 80, les héros étaient le plus souvent gentils, naïfs, résolument positifs et le plus souvent quasi asexués. Revoir en pagaille les gentils « Retour vers le futur », « Gremlins », « Karaté kid », « 16 bougies pour Sam » ou autre « La folle journée de Ferris Bueller ». Vingt ans plus tard, la comédie US est devenue beaucoup moins pudibonde et ses héros franchement obsédés du cul ! Le cultissime « American pie » des frères Weitz devait ainsi donner le ton aux comédies des quinze années à venir, de « (s)ex list » à « Supergrave » en passant par « Sex academy ». Autrement dit, ce « Sex list » de Maggie Carey est le suivant d’une longue lignée de comédie trash. En cela, son héroïne se mettant au défi de perdre son berlingot avant de rentrer en fac n’est pas sans rappeler le pacte de Jimbo et de ses potes dans « American Pie ». Si la suite n’est qu’une succession de gags plus ou moins graveleux ou déjà vus, on aime en revanche que ce soit une femme qui ait dirigé ce film, y imposant sa sensibilité et surtout un vrai message féministe sur la liberté des femmes à disposer de leur corps sans pour autant devoir être considérée comme des moins que rien. On apprécie également la performance enthousiaste de Aubrey Plaza. Sans être hyper innovante, cela suffit à faire de « The sex list » une bonne petite comédie vraiment sympathique.

 

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/558/21055823_20131107154757291.jpghttp://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/558/21055811_20131107154720149.jpg

Le dvd : disponible dans les bacs depuis le 18 juin 2014, le dvd propose le film en VF ainsi qu’en VOST. Celui-ci est accompagné des commentaires de la réalisatrice et du comédien Bill Hader. Parmi les autres bonus, on retrouve des scènes coupées ainsi que trois courts modules : « La liste de la réalisatrice », « Des insanités plein la bouche » et « A refaire ».

Plus de films à découvrir sur Cinetrafic dans les catégories film de fille et comédie romantique 2014.

 

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Published by Platinoch - dans Comédies
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:06

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/198/21019805_20130716115805416.jpgUn grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Epicentre Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Ilo Ilo » d’Anthony Chen.

« La bonne arrive. Sois gentil avec elle. Ne nous fait pas honte. »

A Singapour, Jiale, jeune garçon turbulent vit avec ses parents. Les rapports familiaux sont tendus et la mère, enceinte de son deuxième enfant et dépassée par son fils, décide d’embaucher Teresa, une jeune Philippine. Teresa est vite confrontée à l’indomptable Jiale, et la crise financière asiatique de 1997 commence à sévir dans toute la région…

« Je suis ta nourrice ? Ta mère m’a engagée pour m’occuper de toi. Je ne fais que mon travail. Ce n’est pas une raison pour me brutaliser. »

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/008/21000802_20130423155628913.jpg« Ilo Ilo ». A l’origine, le nom est celui d’une province des Philippines. De celle-là même d’où venait la nourrice du réalisateur Anthony Chen quand il était petit. On l’aura ainsi compris, le réalisateur singapourien a mis beaucoup de lui-même et de sa propre histoire dans son premier long métrage. Pour autant, il ne s’agit pas ici d’un film autobiographique mais bien d’une chronique familiale autant que sociale, à portée plus volontiers universelle. En effet, à travers son film et ses personnages, Anthony Chen s’intéresse à l’évolution des rapports familiaux au sein de notre monde libéral ainsi qu’aux répercussions de l’économie sur la société et la structure familiale. Comme on peut s’en douter, le constat est particulièrement amer, la société courant après le travail et l’argent pour assurer son  confort matériel (les parents – comme la nourrice – préférant confier leur progéniture à un tiers afin de pouvoir gagner leur vie ; le surveillant principal de l’école du héros, qui se laisse acheter en échange de tuyaux hippiques) au détriment de la famille et, plus encore, de toutes notions de bonheur et d’épanouissement personnel. Tout d’abord insupportable (on pense à l’atroce gamin capricieux de l’émouvant « Jiburo »), le gamin finit par nous émouvoir dans sa peur de se sentir abandonner. Mais c’est surtout la condition de sa nourrice (et à travers elle, de tous les travailleurs immigrés), sorte d’esclave des temps modernes (confiscation de son passeport, aucune intimité, corvéable à merci, aucun égard à son intention) qui nous frappe le plus. Si la chronique de l’enfance et de la famille sont parfois traitées de façon un peu maladroite, c’est surtout sa portée quasi « documentaire » sur les rapports sociaux à Singapour qui s’avère la plus intéressante. En cela, on apprécie tout particulièrement le regard humaniste que le réalisateur pose sur son sujet. A noter pour la petite histoire que « Ilo Ilo » est le premier film singapourien à avoir été récompensé au Festival de Cannes. En l’occurrence, il a obtenu la Caméra d’Or à la Quinzaine des réalisateurs lors de l’édition 2013.

 http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/007/21000795_20130423155627179.jpg http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/007/21000797_20130423155627663.jpg

Le dvd : édité par Epicentre Films, le dvd propose le film en VOST (soit un mélange de mandarin et d’anglais). Celui-ci est accompagné d’un making-of, d’un entretien avec le réalisateur et son directeur de la photographie, ainsi que d’un court métrage du réalisateur, « Ah Ma », réalisé en 2007. Le film est disponible dans les bacs depuis le 1er avril 2014.

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 20:14

Un grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Metropolitan FilmExport pour m’avoir permis de chroniquer le blu ray de « American bluff » de David O. Russell dans le cadre de l’opération Dvdtrafic.

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/13/12/17/13/00/199998.jpg« Nous devons entuber tous ces gens. Ce sera notre plus belle arnaque ! »

Entre fiction et réalité, American Bluff nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique des années 70.

Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent ainsi obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte….

« Tu sais, si le pays était gouverné par des gens comme toi, nous vivrions comme en Europe de l’est ou au Guatemala ! »

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/237/21023767_20130731192953439.jpgMéconnue en France, l’affaire « Abscam » est connue en Amérique comme l’un des scandales politico-médiatique les plus retentissants. Ou comment le FBI s’est notoirement acoquiné avec des escrocs pour tenter de piéger et de faire tomber des politiciens corrompus par la mafia. En son temps, Louis Malle rêvait déjà de s’attaquer à cette histoire digne d’une farce. Mais sans suite. Plus récemment, c’est Ben Affleck qui fut également, un temps, intéressé par cette histoire. Mais il passa son tour préférant s’atteler au projet « Argo ». Au final, c’est donc David O. Russell qui, avec « American bluff », en signera une très libre adaptation.

« Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire. Comme ce tableau : c’est un faux. Et pourtant les gens se pressent pour le voir. Alors qui est le maitre ? L’artiste ou le faussaire ? »

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/237/21023787_20130801122910567.jpgPour réussir un grand film, il faut trois éléments majeurs : un bon sujet, un scénario solide capable de mettre ce dernier en valeur, et une réalisation efficace. S’agissant des deux premiers points, on peut aisément dire que David O. Russel a bénéficié pour son film de l’un des meilleurs scénarios hollywoodiens de ces dernières années. Pour le coup, si on doit trouver une faille dans ce film, celle-ci est due à sa réalisation. Ou plutôt au goût disproportionné du réalisateur pour l’emphase qui le pousse à trop soigner la forme (la reconstitution des années 70 et des looks de ses personnages, trop de bouclettes en général!) et à étirer son récit sur plus de 2h20 en multipliant les intrigues à tiroirs. Cela aurait pu se justifier. Mais ici, ces intrigues secondaires qui se rajoutent (l’intrigue amoureuse entre Adams et Cooper, le personnage de Jennifer Lawrence) façon mille-feuille viennent surtout parasiter et embrouiller inutilement une histoire déjà fort complexe en soi. Dommage, car cette (libre) adaptation de l’affaire Abscam comportait plusieurs degrés de lecture. Au-delà de ses quelques moments de bravoure (la scène de négociation avec la mafia et un faux émir devient immédiatement un classique du genre), la farce ubuesque rappelle de manière plus générale les liens troubles unissant la police, les politiciens et la mafia aux Etats-Unis, permettant ainsi au réalisateur de s’interroger sur les notions de bien et de mal (l’accord passé entre les politiciens et la mafia devant permettre de créer des emplois dans une région sinistrée). Derrière, le film bénéficie d’un casting de haute volée, qui plus est à la hauteur de sa réputation. Christian Bale nous livre ainsi une nouvelle performance caméléon absolument incroyable, bien aidé par une Amy Adams au top de son talent. Un très bon film, qui manque de peu le titre de chef d’œuvre.

 http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/01/07/18/45/342948.jpg  http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/233/21023325_20130801122652732.jpg

Le blu ray : Edité par Metropolitan FilmExport, le film est disponible en dvd et blu ray depuis le 5 juin 2014. Le film est disponible en VOST et en VF. Il est composé d’un large module de scènes coupées comprenant une fin alternative. Les autres bonus se composent notamment d’un making-of et d’une documentaire sur l’avant-première parisienne du film.

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 18:25

Un grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Metropolitan FilmExport pour m’avoir permis de chroniquer « Les brasiers de la colère » de Scott Cooper dans le cadre de l’opération « dvdtrafic ».

« Ton frère serait plus en sécurité en Irak »

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/13/12/17/13/08/318843.jpgÀ Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux.

Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe.

Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux. Peu après la libération de Russell, Rodney disparaît.

Pour tenter de le sauver, Russell va devoir affronter DeGroat et sa bande. Il n’a pas peur. Il sait quoi faire. Et il va le faire, par amour pour son frère, pour sa famille, parce que c’est juste. Et tant pis si cela peut lui coûter la vie.

« J’ai donné ma vie à ce pays. Et j’ai eu quoi en échange ? »

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/01/07/11/52/492444.jpgDe Scott Cooper, on ne connaissait que son premier film, le très joli « Crazy heart », balade folk et mélancolique pour laquelle le grand Jeff Bridges fut récompensé de l’Oscar du meilleur acteur. Quatre ans plus tard, on le retrouve ainsi aux commandes d’un film noir aux antipodes de son premier essai, « Les brasiers de la colère ». Longtemps associés au projet, les réalisateurs Ridley Scott et Rupert Sanders (« Blanche-Neige et les sept nains ») ont finalement successivement renoncé, laissant la place à Cooper. De même, Leonardo Di Caprio fut longtemps pressenti pour le rôle principal avant de laisser la place à Christian Bale. A noter qu’il s’agit du dernier film produit par feu Tony Scott.

 « Quatre séjours en Irak ? Pourquoi tu viens te battre jusqu’ici ? »

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/02/05/11/37/036491.jpgLa guerre d’Irak aura été aux années 2000 ce que la guerre du Vietnam aura été durant les années 70 : un traumatisme profond pour l’Amérique et pour ses soldats. On ne compte ainsi plus les films traitant du traumatisme subi par les hommes qui auront servi là-bas. D’ailleurs, la relation entre les deux frères des « Brasiers de la colère » n’est pas sans rappeler celle des héros du « Brothers » de Jim Sheridan. Pour autant, ce traumatisme ne sert que de toile de fond à cette intrigue qui tend résolument vers le polar. Sombre et tortueux, ce récit de vengeance sur fond de combats clandestins l’est totalement. Mais la vraie bonne idée du réalisateur est de l’avoir situé dans l’Amérique profonde de la rust belt, au milieu des hauts fourneaux, des rednecks et des laissés pour compte qui ne verront jamais autre chose que l’envers du rêve américain. Avec ses friches industrielles, ses bookmakers véreux et les « gueules » de ses habitants, le décor tient ici un rôle essentiel, renforçant le sentiment de désespérance qui traverse le film de part en part. D’autant que Cooper ponctue son film de quelques scènes particulièrement fortes et violentes (l’exécution sauvage dans les bois, les bouleversantes retrouvailles du héros avec son ex). Le tout porté par un Christian Bale habité, qui retrouve un rôle faisant penser par moment à celui qu'il tenait dans The machinist. Avec beaucoup d’habileté, le réalisateur mène son film de main de maitre, nous tenant en haleine malgré une fin somme toute assez prévisible. Seul petit bémol toutefois, le regret de voir le réalisateur disposer d’un tel casting et de ne pas développer davantage certains personnages (les personnages de Sam Sheppard et de Forrest Whitacker sont ainsi sacrifiés).

 http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/02/05/11/39/315227.jpg  http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/02/05/11/40/212756.jpg

 

Le blu ray : Edité par Metropolitan FilmExport, le blu ray est disponible dans les bacs depuis le 15 mai 2014. Le film est proposé en VF et en VOST. Celui-ci est notamment accompagné de quatre modules documentaires : L’origine du projet, un entretien avec le réalisateur, un entretien avec le compositeur ainsi que les techniques des scènes de combat.

A découvrir sur Cinetrafic les films de l’année 2014 ainsi que d’autres films à voir ici !

 

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 23:35

Un grand merci à Cinetrafic et à Potemkine (page Facebook) pour m’avoir permis de chroniquer, dans le cadre de l’opération « dvdtrafic », le bluray des « Rencontres d’après minuit » de Yann Gonzalez.

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/355/21035588_20130902155928563.jpg« Il faut toujours suivre les indices de nos rêves. Surtout quand ils font peur »

..

Au cœur de la nuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une orgie.

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Sont attendus La Chienne, La Star, L’Etalon et L’Adolescent.

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« Je veux rester à vos côtés. Comme un vieux chat tendre. Et sexuel. »

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http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/296/21029636_20130821105605298.jpgSelon le vieil adage, la nuit tous les chats sont gris. Le film de Yann Gonzalez nous prouve le contraire : ses rencontres d’après-minuit sont peuplées de personnages hauts en couleur : un jeune couple qui cherche à se raccrocher à la vie, leur domestique travesti, un jeune homme en quête de sensations fortes ou encore un écrivain raté dont la vie semble dictée par ses attributs trop volumineux. Tout cela pourrait n’être que trivial. Et pourtant. « Les rencontres d’après-minuit » est un avant tout un film triste. Une sorte de trip étrange et onirique, rappelant le cinéma seventies d’Alain Robbe-Grillet, traversé ci et là d’éclairs de mélancolie et de touches de romantisme échevelé. Gonzalez s’amusant à brouiller les pistes de son film, jouant sur les ruptures (l’orgie attendue n’aura pas lieu, le récit laissant place à un exutoire durant lequel chacun des protagonistes ouvrira son cœur pour laisser apparaître sa vulnérabilité et ses failles), renforçant ainsi la dimension étrange et fantasmagorique de son récit. Après, sur le fond, son récit est souvent insaisissable. Certaines embardées laissant le spectateur de marbre (le coup de la résurrection du héros grâce à la magie du domestique travesti). Et ce d’autant plus que l’ambiance se fait de plus en plus lourde, les bribes d’érotisme (essentiellement des baisers) et de grivoiserie (Cantona exhibant ses attributs) laissant vite place à une atmosphère pleine de mélancolie et d’amertume. Le sexe se faisant dès lors rare et triste. Maisc’est au finalplus sur sa forme que le film nous touche. Grâce à son esthétisme extrême, sa musique ou encore à ses jeux de lumières.  Finalement, qu’on l’aborde comme un drame expérimental ou une romance éthérée, « Les rencontres d’après-minuit » est avant tout un OVNI dans la production cinématographique actuelle. Une expérience originale à côté de laquelle il serait dommage de passer.

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/014/21001473_20130425104314045.jpg http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/014/21001475_20130425104314435.jpg

Le blu-ray : Edité par Potemkine dans une très belle édition combo blu-ray et dvd, le film est disponible en VF et dispose également de sous-titres pour les malentendants. Parmi les suppléments, on trouve notamment trois scènes commentées ainsi qu’un module sur les essais des costumes. Mais la partie la plus intéressante est sans nul doute la présence de quatre courts-métrages du réalisateur, Yann Gonzalez. Enfin, le CD de la bande-originale du film vient parfaire cette magnifique édition.

Le blu-ray de même que le dvd des « Rencontres d’après minuit » sont disponibles dans les bacs depuis le 4 mars 2014.

Retrouvez plus de films sur Cinetrafic dans la catégorie listes de films 2014.

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 16:54

Un grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Epicentre Films Editions pour m’avoir permis de chroniquer le dvd du film « La dernière fois que j’ai vu Macao » de Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra de Mata, dans le cadre de l’opération « Dvdtrafic ».

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/006/21000683_20130423121922043.jpg« Macao ne s’arrête jamais. C’est l’une des villes les plus densément peuplées du monde. C’est aussi l’une des villes où l’on se sent le plus seul »

Trente ans plus tard, je me rends à Macao où je ne suis jamais revenu depuis mon enfance. J’ai reçu un mail à Lisbonne de Candy, une amie dont je n’avais plus de nouvelles depuis longtemps.

Elle disait s’être encore aventurée avec les mauvais garçons et elle me priait de venir à Macao où se passaient des choses effrayantes, selon ses propres mots.

Fatigué, après des heures de vol, j’approche de Macao à bord du ferry qui me fera remonter le temps, jusqu’à la période la plus heureuse de ma vie.

« J’eu un étrange sentiment que je ne pu expliquer. Comme si l’ombre de la mort planait sur Macao »

la-derniere-fois-que-j-ai-vu-macao.jpgLa dernière fois que j’ai vu Macao, c’était dans un film datant de 1952 signé par le grand Josef Von Sternberg (remplacé en cours de route par Nicholas Ray). Celui-ci s’intitulait « Macao le paradis des mauvais garçons ». Une sombre histoire de flic infiltré et de soldat à la dérive engagé dans un combat contre la pègre locale pour les beaux yeux d’une chanteuse de cabaret qui envoute les hommes en entonnant le célèbre « You kill me ». Soixante ans plus tard, Robert Mitchum est mort, « You kill me » est chantée par un transsexuel portugais perdu dans un cabaret sordide tandis que Macao a été depuis rétrocédée à la Chine. Même les héros sont absents de l’écran. Un peu comme leur compatriote Miguel Gomes s’amusait à faire un parallèle entre son film « Tabou » et celui réalisé 80 ans plus tôt par Murnau, Joao Pedro Rodrigues et Joao Rui Guerra de Mata, s’amuse de cet étrange parallélisme entre leur film et celui de Von Sternberg. Pour autant, même s’il est toujours ici question de mafia et de fuite en avant, la comparaison s’arrête ici. Car finalement, la trame narrative n’est ici que secondaire. Les réalisateurs filmant, sans acteurs face caméra, la ville telle qu’elle est aujourd’hui. Une ville de buildings surpeuplée, où se côtoient casinos high-tech, friches industrielles et vestiges coloniaux portugais. Leurs pérégrinations, sur le chemin du souvenir (l’un des réalisateurs à grandi à Macao), donnent lieu à une succession d’images à la symbolique forte (les chiens errants). Objet cinématographique non-identifié et pas forcément facile d’accès, « La dernière fois que j’ai vu Macao » n’en demeure pas moins un film étrange, mystérieux, à la beauté formelle envoutante.

Le dvd : Edité par Epicentre Films Editions, le film est disponible en portugais, accompagné de sous-titres français et anglais. Il est accompagné de nombreux bonus tels que qu’un entretien avec les deux réalisateurs, leur biographie et surtout deux courts-métrages (« China, China » et « Auber rouge ») qui ont compté dans l’élaboration de ce film. « La dernière fois que j’ai vu Macao » est disponible dans les bacs depuis le 4 février 2014.

D’autres films à découvrir dans les catégories film d’auteur et les docus sur Cinetrafic !

 

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