Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 22:13

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/72/79/19832425.jpg« Pour les petits guépards, c’est le début d’une grande aventure »


En Afrique, au Kenya, dans l’une des régions les plus sauvages du monde, les animaux vivent libres et loin des hommes. Au sud du fleuve qui divise ces magnifiques terres, règne le clan des lions mené par Fang. La lionne Layla y élève la jeune Mara. Entre chasse et liens familiaux puissants, c’est la vie d’une famille qui s’écrit. Au nord du fleuve, le lion Kali et ses quatre fils rêvent d’étendre leur territoire. Bientôt, les eaux seront assez basses pour que les maîtres du nord tentent leur chance au sud… Dans cet environnement où chacun joue sa survie chaque jour, Sita, une splendide femelle guépard, tente d’élever seule ses petits. Au fil des saisons, tous ces destins vont se croiser à travers une histoire qui n’est ni inventée ni mise en scène, mais captée comme jamais auparavant, de sa bouleversante intimité à sa spectaculaire beauté.


« On ne joue pas avec les lions »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/68/03/64/19955894.jpgDernier né de la galaxie Disney, le label DisneyNature vise à produire et distribuer des films aux consonances animalières et environnementales à des fins pédagogiques. Après « Les ailes pourpres » et « Pollen », place à leur troisième production, « Félins », dont la spécificité est d’avoir été filmé au plus près des animaux sauvages (et donc difficilement approchables) de la savane africaine. Pour mener à bien ce projet, qui a nécessité près de 900 jours de tournage en territoire Masaï, DisneyNature s’est notamment adjoint les services d’Alastair Fothergill, l’un des documentaristes animalier les plus connus et les plus respectés du moment (on lui doit notamment « La planète bleue » et « Un jour sur Terre »). A l’évidence, la qualité première de ce « Félins » réside dans sa beauté visuelle. Filmé comme en immersion au plus près des grands fauves, les images sont tout simplement magnifiques et époustouflantes. Nous invitant à un voyage dans l’Afrique sauvage (ou du moins dans ce qu’il en reste), le film suit en parallèle le destin d’une lionne et d’une guéparde, deux animaux parmi les plus majestueux de la savane. Si le parallèle entre les modes de vie est intéressant (les lions vivent en bandes quand les guépards, comme la plupart des autres félins, sont solitaires), le documentaire se fait saisissant quand il explique la complexité du biotope et sa fragilité. Et tout en nous montrant combien la vie est rude dans la savane, « Félins » nous rappelle surtout que ces espèces, aussi majestueuses soient-elles, sont particulièrement menacées. Seul petit bémol, le film aurait gagné à être un peu moins scénarisé. D’autant que les commentaires de Pascal Elbé se font par moment un peu atones. Il n’en demeure pas moins que ce « Félins » est un très bon documentaire. Un must dans son genre.

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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 21:03

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/04/05/19957689.jpg« Il y a une brebis galeuse et nous devons la trouver »


1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley. Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr, un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales. Parallèlement, Smiley apprend que son ancien chef a réduit la liste des suspects à cinq noms : l’ambitieux Percy Alleline, Bill Haydon, le charmeur, Roy Bland, qui jusqu’ici, a toujours fait preuve de loyauté, le très zélé Toby Esterhase… et Smiley lui-même. Dans un climat de suspicion, de manipulation et de chasse à l’homme, tous se retrouvent à jouer un jeu dangereux qui peut leur coûter la vie et précipiter le monde dans le chaos. Les réponses se cachent au-delà des limites de chacun…


« Sachez qu’ils vous surveillent. Si vous êtes pris, vous ne me connaissez pas. »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/29/36/19866790.jpgAprès une quinzaine d’années durant lesquelles il mit son talent de réalisateur au service de la télévision et du cinéma suédois, Tomas Alfredson accédait à la reconnaissance internationale grâce à son quatrième long métrage, « Morse ». Récompensé lors de plusieurs festivals (Gérardmer, TriBeCa) et couronné d’une nomination aux BAFTA, ce succès lui ouvrait les portes d’une carrière internationale. Pour ses débuts aux manettes d’une grosse production britannique, Alfredson adapte John Le Carré. Et plus précisément « La taupe » (publié en 1974), premier volet de la « Trilogie de Karla » que complètent les romans « Comme un collégien » et « Les gens de Smiley ». Déjà adapté en 1979 par et pour la BBC (avec Alec Guiness dans le rôle de Smiley), le film pourrait faire l’objet d’une suite qui serait d’ores et déjà en préparation. Présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise, « La taupe » obtient trois nominations aux Oscars, dont une pour Gary Oldman dans la catégorie Meilleur acteur.


« Nous sommes l’ultime rempart entre Moscou et la troisième guerre mondiale »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/04/05/19768975.jpgDès l’immédiat après-guerre, la littérature anglaise a popularisé les récits d’espionnage. Il faut dire qu’en la matière, les principaux auteurs du genre (John Le Carré, Grahame Green, Ian Fleming) étaient tous d’anciens espions du Secret Intelligence Service reconvertis en écrivains. Très vite, deux types d’espions ont ainsi émergé dans la culture populaire : celui de Ian Fleming, à la fois viril, séducteur et sophistiqué, et ceux des romans de Le Carré et de Green, souvent des bureaucrates d’apparence assez banale, mais aux capacités cérébrales remarquables. A l’image des héros de « La maison Russie » ou de « The constant gardener », autres best-sellers de Le Carré ayant déjà fait l’objet d’une adaptation au cinéma. Avec « La taupe », Alfredson ressuscite le film d’espionnage à papa. C'est-à-dire à l’ancienne, épuré de tout effet spectaculaire, privilégiant une ambiance faite de décors austères, de costumes d’époque et de dialogues parcimonieux. Le problème, c’est que le réalisateur noie son récit dans une intrigue à tiroirs inutilement complexe et dont la logique finit par échapper, faute d’intérêt, aux spectateurs. Quant aux comédiens, Alfredson a beau avoir devant sa caméra la crème du cinéma anglais (Colin Firth, John Hurt, Tom Hardy, Toby Jones), ceux-ci sont tellement réduits à de brèves apparitions qu’ils ne sont jamais en mesure de sauver – un tant soit peu – le film. Monument d’ennui, cette « Taupe » qui n’accouche que d’une (toute petite) souris déçoit au final énormément.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/04/05/19841005.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/04/05/19841007.jpg

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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 23:19

Dans le cadre de son programme « DVDtrafic », Cinetrafic m’a permis de découvrir et de chroniquer le dvd de « Warrior » de Gavin O’Connor.


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/50/33/19794371.jpg« C’est toi qui est venu me chercher, alors arrête de menacer de me quitter ! »


Ancien Marine brisé, Tommy Conlon rentre au pays et demande à son père de le préparer pour un tournoi d’arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner une fortune. Personne ne sait ce qu’il espère faire de cet argent. Le propre frère de Tommy, Brendan, décide lui aussi de s’engager dans la compétition pour essayer de sauver sa famille. Entre les deux frères, les années n’ont pas adouci les rancœurs.


Immanquablement, les routes de Tommy et de Brendan vont bientôt se croiser. Au-delà de l’affrontement qui s’annonce, pour chacun, quelle que soit la cause qu’ils défendent, il n’est pas seulement question de remporter un prix, mais de mener le combat d’une vie…


« T’as toujours aimé les favoris. Tu t’es jamais intéressé à ceux quisont derrière »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/50/33/19711089.jpgComédien de second plan pendant un temps, Gavin O’Connor prit l’initiative d’élargir assez vite son champ d’activités dans le domaine du cinéma. Tour à tour scénariste et producteur, il s’essaya finalement à la réalisation au milieu des années 90. Il obtient d’ailleurs un joli succès d’estime avec « Libres comme l’air », son deuxième long, couronné par une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice pour Janet McTeer. Depuis lors, O’Connor s’était montré assez discret. Outre une poignée de réalisations pour la télévision, il n’aura signé que deux films en dix ans : « Miracle » (2004, inédit sur nos écrans) consacré à la victoire surprise des hockeyeurs américains aux JO de 1980 et « Le prix de la loyauté » (2008), polar de série B dans lequel famille et justice ne font pas toujours ménage. Quelque peu éclipsé par la sortie du « Fighter » de David O. Russel, la sortie de son « Warrior », qui prend pour toile de fond l’univers du MNA (les Arts martiaux mixtes), a du être repoussée de quelques mois. Le film obtint tout de même une nomination aux Oscars 2012, en l’occurrence pour Nick Nolte dans la catégorie Meilleur acteur dans un second rôle.


« Si quelqu’un s’amuse à faire ça en dehors d’un ring, on l’enferme à vie ! »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/50/33/19711090.jpgPour les cinéastes, le sport a toujours été un sujet leur permettant de défendre des valeurs telles que le respect, le dépassement de soi et la solidarité. Fort de son côté spectaculaire et incroyablement cinématographique, la boxe s’est en la matière taillée la part du lionGentleman Jim », « Raging Bull », « Rocky », « Million dollar baby », « De l’ombre à la lumière »). Avec son postulat shakespearien (l’affrontement de deux frères, thème assez proche du « Fighter » de Russell), « Warrior » s’inscrit dans la grande tradition des films de boxe dans lesquels le ring devient le lieu de rédemption des hommes brisés par la vie et par le destinFighter », « The wrestler »). En cela, le film de O’Connor tient ses promesses, réservant à la fois de vrais moments d’émotions et, à côté, des scènes de combat particulièrement homériques. Mais sa vraie force, « Warrior » la puise dans son ancrage dans la réalité d’une Amérique en crise où le Marine traumatisé par la guerre d’Irak et l’honnête prof menacé de perdre sa maison vont sur le ring non pas pour la gloire mais pour assurer leur survie. Tom Hardy et le méconnu Joel Edgerton frappent un grand coup dans le rôle des deux frangins, formidablement encadrés par le trop rare Nick Nolte, une nouvelle fois impérial. Quant à O’Connor, il nous sert une réalisation impeccable, ponctuée de quelques moments de perfection (la fin du combat final au son d’une musique folk). Plus qu’une bonne surprise, « Warrior » est une grosse claque !

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/50/33/19813548.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/50/33/19711092.jpg

Le DVD : Présenté en VO (sous-titres français optionnels) et en VF, le film est accompagné de plusieurs bonus. Outre la traditionnelle bande-annonce, nous sont proposés les commentaires du film, assurés notamment par le réalisateur et le comédien Joel Edgerton. Une scène coupée (« Le dîner » dans laquelle se font face Nick Nolte et Tom Hardy) est également présente. Le bonus le plus intéressant étant le making-of de trente minutes (« Rédemption : la fabrication du film ») dans lequel l’équipe du film nous raconte la genèse du film et nous familiarise avec l’univers du MNA.


Le DVD de « Warrior » est distribué par la Metropolitan Filmexport et est disponible dans les bacs depuis le 17 janvier 2012.


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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 21:19

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/00/80/19998284.jpg« Suis-je une mauvaise mère ? »


Lynn débarque chez ses parents pour le mariage de son fils aîné, Dylan. Elle est accompagnée de ses deux plus jeunes fils, Ben et Elliot. La propension de ce dernier à mélanger alcool, drogues et médicaments ne le prive pas d'une certaine lucidité sur la joie des réunions de famille. Et la réunion, de fait, est joyeuse : grands-parents réac, tantes médisantes, cousins irrémédiablement beauf.

Sans compter le premier mari de Lynn qui arrive flanqué de sa nouvelle femme tyrannique. Chaque matin annonce décidément un nouveau jour de bonheur. Une comédie sur des adultes en guerre, des ados en crise et le mariage qui les rassemble tous... pour meilleur et pour le pire.


« Tu veux dire que la seule chose qui nous unit, ce sont les pires moments de la vie ? »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/00/80/19846157.jpgLes chiens ne font pas de chats. Après une poignée d’apparitions devant la caméra, un scénario (« Operation endgame », sorti en direct-to-dvd) et un projet avorté (un documentaire sur le peintre Robert Rauschenberg), Sam Levinson, fils du célèbre réalisateur Barry LevinsonGood Morning Vietnam », « Des hommes d’influences » et surtout « Rain man » pour lequel il a obtenu l’Oscar du meilleur réalisateur), se lance à son tour dans la réalisation avec « Another happy day », son premier film. Rencontrée sur le tournage de « Operation endgame », Ellen Barkin en a tellement apprécié le scénario qu’elle a non seulement accepté d’en tenir le rôle principal mais aussi de le produire. Présenté au Festival de Sundance, le film y a remporté le Prix du Meilleur Scénario.


« L’herbe ce n’est pas de la drogue, c’est comme un nounours ! J’ai arrêté les trucs forts, je ne prends plus que des drogues normales pour ados ! »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/00/80/19846159.jpgA ses traits marqués et à sa cinquantaine abîmée, on devine que la vie de Lynn n’a pas toujours été facile. On en a même la confirmation quand on découvre sa famille : un fils toxicomane, une fille suicidaire, des parents mal aimant, ou encore un ex-mari qui la frappait et qui lui a ôté la garde de son aîné. Qu’on se le dise, Lynn a une vie de merde. Alors forcément, elle pleure beaucoup, elle crie beaucoup et se gave de médocs. Pourtant, pour le mariage de son fils, la famille se réunit. A cette occasion, Lynn devra faire face aux critiques et au manque de compassion de sa famille tout en essayant de préserver ses enfants les plus fragiles. Construit sur le mode de « Rachel se marie » (Demme, 2008), Levinson se sert du mariage – cérémonie a priori festive – pour se livrer à un grand règlement de comptes. Bien que pas franchement nouveau, l’exercice aurait pu être jouissif. A condition toutefois de ne pas donner dans une surenchère d’hystérie collective rendant tous les personnages plus détestables les uns que les autres. Surtout, il aurait été bienvenu de sa part de nous donner les clés pour comprendre son intrigue. A commencer par savoir pourquoi tout le monde en veut autant à cette pauvre Lynn (ridicule la scène où le grand-père félicite son ex-gendre d’avoir assumé le fait qu’il battait sa propre fille !). Peu importe alors que Levinson ait devant sa caméra un casting aussi prestigieux (les oscarisés Ellen Burstyn et George Kennedy notamment), les deux heures de son film ressemblent à une torture interminable. La première purge de 2012.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/00/80/19846158.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/00/80/19846156.jpg

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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 22:07

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/64/30/19851856.jpg« Ta transpiration te suit comme ton ombre : prend un bain, fais-toi belle et brûle les draps ! »


L’existence de Jack frise la perfection. Sa vie serait idéale s’il n’y avait pas sa sœur, Julie. Chaque année, son envahissante jumelle débarque pour Thanksgiving et lui pourrit la vie. Cette fois, la panique est d’autant plus grande qu’elle prolonge son séjour et s’installe pour un mois.


Entre guerre des tranchées et chamailleries, le quotidien des jumeaux est explosif. Lorsqu’il devient évident que Julie ne compte pas repartir, Jack décide d’échafauder les plans les plus délirants pour la renvoyer à l’autre bout du pays. Et quand on dit qu’il est prêt à tout, il faut s’attendre au pire…


« Nous partagions le même utérus : nous étions vagin de pallier ! »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/27/36/19999199.jpgMême s’il a toujours peiné à exporter son humour et ses films au-delà des USA, Adam Sandler n’en demeure pas moins là-bas une superstar. Comique favori des américains, il est l’un des poids lourd du box-office local où ses films dépassent régulièrement les 100 millions de dollars de recettes. Il fut un temps pas si lointain où des réalisateurs de renom voyaient même en lui un interprète de génie, n’hésitant pas à lui confier des rôles plus dramatiques et denses, à l’image de P.T. Anderson et son excellent « Punch-drunk love » ou de Judd Apatow et son « Funny people ». Mais à l’évidence, aussi talentueux soit-il, Sandler n’aime pas prendre des risques. Au contraire, il semble préférer la facilité des comédies faciles et interchangeables, qui lui assurent de confortables rentes sans trop faire d’efforts. Ainsi, ces dernières années, hormis une incartade chez son vieux pote Apatow, il n’aura exclusivement travaillé qu’avec Dennis Dugan. Résultat ? Cinq films en cinq ans, allant du potable « Rien que pour vos cheveux » aux très mauvais « Le mytho » et « Copains pour toujours ». Et ils nous reviennent avec « Jack et Julie ». Pour le meilleur et pour le rire. Ou pour le pire ?


« Tout ce que veut faire Al Pacino, c’est jouer au docteur avec ta sœur »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/27/36/19999197.jpgLe seul intérêt de ce « Jack et Julie » résidait dans la double performance d’Adam Sandler qui devait jouer simultanément un jumeau et sa jumelle. Grand classique de la comédie, le travestissement en femme est très prisé à Hollywood (« Certains l’aiment chaud », « Tootsie », « Mrs Doubtfire », « Big mamma ») et à souvent valu les honneurs à leurs interprètes. Malheureusement, le numéro de Sandler est ici franchement grotesque. Son maquillage excessif comme sa vulgarité crasse rendent le Sandler au féminin à l’image de son film : mal dégrossi et  pas drôle. Il faut dire que son scénario, même squelettique, nous renvoie l’image d’une Amérique profonde à la fois beauf, raciste (les mexicains et plus encore la grand-mère mexicaine passent pour des arriérés, les indiens et les SDF aussi), conservatrice (la famille, c’est sacré) et profondément détestable dont Sandler se fait le porte-parole. Le tout, bien entendu, enrobé d’un humour très gras (essentiellement à base de flatulences, même l’oiseau de compagnie s’appelle « Prouty », c’est dire le niveau) et particulièrement lourdingue, qui permet à ce « Jack et Julie » d’atteindre des sommets de nullité. Si Katie Holmes succède à Jennifer Aniston et Nicole Kidman dans le rôle de la potiche inutile (et interchangeable) de service, on se demande en revanche ce que vient faire ici un acteur de la trempe de Al Pacino. L’acteur culte du « Parrain » et de « Serpico », accompagné un court instant de Johnny Depp, cabotine ici de la pire des manières – c'est-à-dire comme une vieille pute – au point de se rendre ridicule et détestable. Quant à Gad Elmaleh, il poursuit sa carrière américaine au rythme d’une apparition muette de deux minutes par film. « Jack et Julie » aura au moins un mérite : même à raison de deux pour le prix d’un, Sandler ne parvient jamais à être drôle. Navrant. 

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/27/36/19857322.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/60/56/19996032.JPG

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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 22:52

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/f/fe/Poster_of_the_movie_Saskatchewan.jpg« Jamais mes ancêtres n’ont vu de Sioux américains dans cette région »


Printemps 1877. De retour d'une saison de chasse, O'Rourke, sergent des Tuniques Rouges de la cavalerie canadienne, et Cajou, indien Cree et frère adoptif d'O'Rourke, tombent sur Grace Markey, seule survivante d'un convoi attaqué par les Sioux.


De retour au fort, O'Rourke informe le commandant Benton que les Sioux ont traversé la frontière canadienne et qu'ils vont tenter de rallier les Crees. Benton reçoit l'ordre de désarmer les Crees et de partir pour Fort Walsh. Au cours de ce périple, O'Rourke prend la situation en main...


« Si on a été capable de maintenir la paix au Canada avec un effectif de moins de 300 hommes, c’est que jusqu’ici on traitait les indiens comme des êtres humains »


labrigadeheroque2.jpgAprès avoir fait ses classes comme acteur, producteur et assistant réalisateur (notamment pour D. W. Griffith) durant la période du cinéma muet, Raoul Walsh prend du galon avec l’avènement du parlant, devenant un réalisateur à part entière. Se spécialisant d’abord dans les films noirs et de gangstersLes fantastiques années 20 », « La grande évasion », « Une femme dangereuse ») et les films de guerreDu sang sur la neige », « Aventures en Birmanie »), il devient l’un des réalisateurs les plus prolifiques des années 30 et 40. Mais plus que tout, c’est dans le western – son genre de prédilection – que Walsh s’illustre le plus. S’imposant comme l’un de ses meilleurs spécialistes, il réalise quelques films majeurs du genre (« La charge fantastique », « La rivière d’argent », « Une corde pour te pendre », « Les aventures du Capitaine Wyatt », « Les implacables ») et offre même son premier rôle à John WayneLa piste des géants » en 1930). Après un début de décennie 50 pour le moins prolifique (pas moins de 11 films réalisés entre 1950 et 1953 !), Raoul Walsh ralentit un peu la cadence et réalise un seul film en 1954, le western « Saskatchewan » (du nom de la province canadienne où il a été tourné), sorti en France sous le titre « La brigade héroïque ».

 

« Si on perd on sera scalpé. Si on gagne on sera pendu. »


i_10409_photo_brigade.jpgBien qu’ils ne soient pas directement liés, « La brigade héroïque » commence là où « La charge fantastique » se terminait quinze ans plus tôt. A savoir juste après la bataille de Little Big Horn (1876), durant laquelle les Sioux allaient s’offrir une victoire symbolique contre l’armée américaine ainsi que le scalp du mythique Custer. En conséquence de quoi les Sioux allaient être traqués et poursuivis par la cavalerie américaine jusqu’en territoire canadien où ils tenteront de rallier à leur lutte les paisibles tribus Cree. Assez inédit dans l’univers du western, ce changement de frontière et d’horizon devait conférer à ce film une touche d’exotisme nordique. Ainsi, les tuniques bleues de la cavalerie américaine (élément à part entière de la mythologie du western, à laquelle le grand John Ford consacrera même une trilogie) laissent ici place aux tuniques rouges de la police montée canadienne, qui n’avaient eu jusqu’ici les honneurs que d’un seul film, « Les tuniques écarlates » de Cecil B. DeMille (1940). En traversant la frontière, Walsh adopte pour l’occasion le point de vue des canadiens : pragmatiques et humains envers les indiens, ceux-ci vivent d’ailleurs en bonne intelligence avec eux. Tout le contraire de l’Amérique, qu’il critique sévèrement au travers du personnage du shérif, à la fois violent (envers la femme), lâche (il veut abandonner le soldat blessé, il tue un indien dans le dos) et manipulateur. Et alors que l’Amérique termine dans un bain de sang ses guerres indiennes, les soldats canadiens seront sauvés des Sioux par l’intervention des Cree. Porté par un très bon Alan Ladd et un Technicolor qui magnifie les superbes décors naturels du Saskatchewan, « La brigade héroïque » s’avère être un très bon western. Et un plaidoyer pour la réhabilitation des indiens, comme ont pu le faire quelques mois avant lui Dalmer DavesLa flèche brisée ») ou Anthony MannLa porte du diable »).

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 16:20

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/55/85/19828422.jpg« Je ne contrôle pas, j’anticipe. Sinon, tu te laisses surprendre et c’est là que les problèmes commencent »


Zachary a 20 ans. Sombre et indépendant, il collectionne les conquêtes amoureuses et les échecs scolaires.

Sarah a 18 ans. Première de la classe, fragile, elle comble ses manques affectifs grâce à une maîtrise parfaite de sa vie.


Rien ne devrait les rapprocher et pourtant, l’année du bac, durant six mois, ils vont vivre un amour contre lequel on ne peut rien, le vrai, le grand, celui qui marque une vie pour toujours.


« Je t’aime jusqu’aux étoiles »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/56/19835127.jpgProductrice expérimentée (notamment pour Antoine de Caunes dont elle a produit « Monsieur N. » et « Désaccord parfait », ou encore pour Pierre Jolivet et ses « Zim anc co. » ou « Je crois que je l’aime »), Marie-Castille Mention-Schaar était passée pour la première fois à l’écriture d’un long en 2009, co-signant le scénario de « La première étoile » avec Lucien Jean-Baptiste. Une expérience qui devait lui donner définitivement le goût d’aller plus loin et de réaliser son premier film. C’est désormais chose faite avec « Ma première fois », un film au titre prédestiné, dans laquelle la réalisatrice a mis beaucoup de son histoire personnelle, faisant notamment référence à son compagnon décédé prématurément.


« Je croyais qu’avec moi tu avais changé »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/56/19835129.jpgIl était une fois le monde merveilleux de Marie-Castille Mention-Schaar : un orphelinat digne du Château de Versailles dans lequel vivaient de pauvres gosses de (très) riches, souffrant tous de de problèmes de communication avec leurs parents si peu présents. Parmi eux, il y a notamment Alice, la pimbêche de l’école. Comprendre par là la bosseuse coincée qui passe sa vie à établir des listes de choses à faire, faire du cheval et se rêver major de Harvard. Jusqu’au jour où débarque Zach. Visiblement trop vieux pour être toujours au lycée, ce bellâtre cynique cultive sa cancritude tout en citant Spinoza (sic) et fait régulièrement le mur avec sa moto (re-sic) pour mener en secret une carrière de mannequin (rien que ça !). En plus c’est un vrai rebelle (without au cause), capable de cogner aussi bien le censeur que son propre père. Et comme les opposés s’attirent, forcément… La suite ? La réalisatrice nous refait le coup de l’oie blanche tombant amoureuse du mauvais garçon en espérant le changer (re-re sic). Commence alors une avalanche (un déluge ?) de clichés ridicules (ils s’aimeront pour la première fois dans un grand champs de fleurs avant de s’endormir sur la tombe de Musset). Et surtout avec des bougies partout, pour faire plus romantique. Et comme si son film n’était pas déjà assez mièvre, la réalisatrice tente de nous rejouer le final de « Love story » en pensant que plus l’agonie de son personnage sera longue, plus elle fera couler de larmes. Un vrai supplice, aussi bien pour l’héroïne (qui, comble du ridicule, sort furtivement de son coma pour dire adieu à son bien-aimé) que pour le spectateur. Mal filmé et pas vraiment bien joué, le film, véritablement embarrassant, a déjà sa place parmi les gros navets de l’année. De mémoire de spectateur, on avait rien vu d'aussi cucul depuis « Twilight ».

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/56/19835128.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/56/19835130.jpg

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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 19:38

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/19846340.jpg« C’est forcément à toi qu’il répond puisque tu es la seule jeune fille à hisser des drapeaux »


Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer... Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier… Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et d’espoir.


« M’occuper de tous ces gens m’empêche de me sentir triste et seule »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/19835312.jpgDans la famille Miyazaki, on connaissait déjà Hayao, le père. Réputé pour ses talents de dessinateur et d’animateur dès les années 60, celui-ci se fait connaître du grand public à la fin des années 70 en tant que réalisateur d’anime (« Le château de Cagliostro » notamment), avant de créer quelques années plus tard les Studios Ghibli. Ceux-ci feront souffler un vent de renouveau sur le monde de l’animation japonaise en développant spécifiquement des longs métrages pour le cinéma. Une vraie révolution dans un pays où l’anime était traditionnellement conçue au format série télé. Imposant son style et son excellence, Miyazaki – et à travers lui les studios Ghibli – enchaîna les succèsMon voisin Totoro », « Le voyage de Chihiro », « Princesse Mononoké »), au point de se voir ouvrir les portes des marchés européens et nord-américains, peu habitué jusqu’ici à ces productions. Travaillant dans l’ombre de son père depuis une dizaine d’années, Goro Miyazaki était passé une première fois à la réalisation en 2006 avec « Les contes de Terremer ». Il nous revient cinq ans plus tard avec sa deuxième réalisation, « La colline aux coquelicots », adapté du célèbre manga shojo (manga pour filles) de Chizuru Takahashi paru en 1980. Pour la petite histoire, c’est Hayao Miyazaki qui en signe le scénario.

 

« Il n’y a rien à faire si ce n’est réprimer ce que l’on éprouve l’un pour l’autre. Faisons comme avant : restons de bons amis »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/20000037.jpgMalgré quelques tentatives (au demeurant réussies) d’Isao Takahata, les studios Ghibli ont toujours privilégié les contes fantastiques et oniriques sur lesquels ils ont bâti leur réputation (la plupart étant signés Hayao Miyazaki, tels « Mon voisin Totoro », « Princesse Mononoké », « Le chateau ambulant ») plutôt que les récits ancrés dans une certaine réalité sociale et historiqueLe tombeau des lucioles », « Souvenirs goutte à goutte », « Mes voisins les Yamada »). De fait, si les débuts de Goro Miyazaki étaient placés résolument dans les pas de son père (« Les contes de Terremer »), son deuxième film semble marquer son émancipation de l’univers paternel. En effet, avec « La colline aux coquelicots », Goro délaisse les créatures imaginaires et merveilleuses de son père pour nous proposer une chronique lycéenne ancrée dans les contestations estudiantines qui marquèrent le Japon des années 60. Sur fond de quête identitaire et de nostalgie, « La colline des coquelicots » nous convie à un joli récit initiatique, dans lequel deux adolescents feront l’expérience du premier amour en même temps que du premier combat « politique ». Si l’histoire semble être un peu plus mature qu’à l’accoutumée, Goro Miyazaki n’en oublie pas pour autant d’y insuffler tout ce qui fait la magie des films Ghibli : des paysages d’une beauté renversante, des couleurs magnifiques, une animation ultra léchée, ainsi que des musiques accrocheuses. De quoi rendre son film émouvant jusque dans la ritualisation des gestes quotidiens (la préparation du repas, le hissage d’un drapeau). Une belle surprise donc, que cette « Colline aux coquelicots », véritable petit moment de grâce et de charme qui habite le spectateur encore longtemps après l’avoir vu. L’élève semble s’affirmer et égaler le maitre !

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/20000034.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/20000040.jpg

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