Samedi 26 mai 2012
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Un grand merci à Cinetrafic et à
Metropolitan Filmexport qui m’ont permis, dans le cadre de la 7e édition de l’opération « Un DVD contre une critique », de découvrir
« Sans compromis » d’Aaron Harvey.
« Ça fait sept ans que je travaille avec toi. Que je prends soin de toi. Pour autant, je ne t’ai jamais fait
confiance ! »
Mel règne sur le trafic de stupéfiant et son business est très lucratif depuis qu’il a recruté Tess, Dawn et Kara.
Mais depuis peu, des concurrents tentent d’utiliser sa filière pour faire circuler leurs propres marchandises.
Tess et ses amies sont alors chargées d’intercepter les chargements non autorisés alors qu’un mystérieux tueur psychotique élimine implacablement tout le
monde sur son passage...
« Le meilleur conseil que Maman m’ait donnée ? Assure-toi qu’il a
bien mis une capote ! »
Après un premier essai raté du côté du film d’horreur (« The evil
woods » en 2007, inédit chez nous), le réalisateur Aaron Harvey nous revient avec son deuxième film, « Sans compromis ». Petit polar de série B sans prétention, le film sort chez
nous directement en DVD. Et ce malgré un gros casting, dans lequel on retrouve entre autres Bruce Willis, Forrest Whitacker (Oscar du meilleur acteur pour « Le dernier roi d’Ecosse »),
Brad Dourif (nommé à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour « Vol au-dessus d’un nid de coucou ») ou encore Malin Ackerman.
« Tu ne trouves pas ça étrange qu’il nous refile ce boulot alors qu’on a
merdé le précédent ? »
Jeune trentenaire, Aaron Harvey est de cette génération de cinéastes qui a été
bercée par les délires de Quentin Tarantino et de son pote Robert Rodriguez, les deux sales gosses du cinéma américain qui ont remis au goût des années 90/2000 le cinéma dit d’exploitation. Pas
étonnant donc de le voir s’essayer au thriller de série B. L’occasion pour lui d’étaler ses références « Tarantinesques » : récit tordu, répétitions des flashbacks, abondance
de dialogues le plus souvent décalées (voir les discussions entre les trois filles, ou celle où Bruce Willis disserte sur les noix de pécan) et ambiance se voulant « rock’n’roll ».
Malheureusement, si ses intentions sont bonnes, Harvey ne maitrise pas totalement son sujet. A l’image de son intrigue, trop tordue pour si peu (sans spoiler, le switch est totalement
prévisible), qui sacrifie de surcroit inutilement certains personnages secondaires (comme le shérif interprété par Brad Dourif, qui apparait trente secondes au milieu du film et autant après le
générique, mais qui ne sert strictement à rien). Mais surtout, « Sans compromis » souffre un peu de la comparaison avec les nombreux films récents jouant un peu dans le même registre,
tels « Mi$e à prix » (Joe Carnahan), « Slevin » (McGuigan) ou encore « Shoot’em up » (Davis), qui claquaient tout de même beaucoup plus. Bilan mitigé donc pour ce
« Sans compromis », qui se laisse tout de même regarder sans déplaisir.
Le DVD : Distribué par
Metropolitan FilmExport, le film est disponible en VO(ST) ou en VF. Unique bonus du DVD, la version commentée du film par le réalisateur. « Sans compromis » est dans les bacs depuis le
24 avril 2012.
Découvrez aussi plein d’autres films sur Cinetrafic dans la catégorie Film d’action ainsi que celle de la Sortie
cinéma.
Par Platinoch
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Publié dans : Films noirs/Policiers/Thrillers
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Vendredi 25 mai 2012
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Un grand merci à Cinetrafic et à BAC Films qui, dans le cadre de la 7e opération « Un dvd pour une critique »,
m’ont permis de découvrir et de chroniquer « The devil’s double » de Lee Tamahori.
« Tu lui appartiens. Décides-toi vite. Sinon, une voiture viendra chez toi et
emmènera ta famille à Abou Ghraib. Si Dieu le veux, ils mourront vite »
Bagdad, 1987. Le pays est en proie à la trahison et à la corruption, ce qui fait les beaux jours du Prince Noir Oudaï Hussein, fils aîné de Saddam.
Personnage sans foi ni loi, il ne pense qu'à son plaisir immédiat et n'hésite pas à s'emparer des biens d'autrui et à coucher avec n'importe quelle femme qui lui plaît - même lorsqu'elle est
mariée. Personne n'a jamais osé lui tenir tête… Lorsque Latif Yahia, lieutenant d'Oudaï, est convoqué au palais de Saddam, il se voit contraint d'obéir à un ordre délirant : devenir la doublure
d'Oudaï - son "fiday" - sous peine de voir exécuter toute sa famille. N'ayant pas le choix, Latif commence sa nouvelle vie, en "jouant" le rôle d'Oudaï Hussein, un des hommes les plus puissants
et les plus haïs du pays. Il apprend à lui ressembler, imitant sa manière de marcher et de s'exprimer. Il découvre aussi la démesure de l'univers d'Oudaï - ses femmes faciles, ses voitures de
course, et l'argent qui coule à flot. Mais il lui faut surtout savoir à qui il peut accorder sa confiance, dans un monde où la moindre erreur de jugement peut s'avérer fatale. Il comprendra
bientôt qu'il ne peut compter que sur Sarrab, concubine d'Oudaï, pour l'aider à sortir de ce cauchemar…
« Travaillez avec zèle et vous ferez partie de la famille »
D’abord perchman puis premier assistant réalisateur (notamment de Oshima sur «
Furyo »), le néo-zélandais Lee Tamahori passe à la réalisation pour la première fois en 1995 et signe le très remarqué « L’âme des guerriers ». Un succès qui lui ouvrira les portes
d’Hollywood où il se spécialisera dans le film d’action, tels « Les hommes de l’ombre » (1996), « Meurs un autre jour » (2002), « xXx2 » (2005) ou encore «
Next » (2007). Après quatre ans d’absence, il revient aux commandes de « The devil’s double », une production belgo-néerlando-canadienne, adaptation du roman de Latif Yahia
Al-Salihi, qui fut le sosie « officiel » de Oudaï Hussein. Sorti directement en DVD chez nous, le film a néanmoins bénéficié d’une sortie en salle aux Etats-Unis après avoir été présenté au
Festival de Sundance.
« Je n’ai pas choisi cette vie. C’est lui qui m’a choisi comme il t’a choisie toi »
Dans la famille Hussein, on connaissait surtout Saddam, le tyran mégalomane et
sanguinaire, qui dirigea l’Irak de sa main de fer de 1979 jusqu’à sa chute, provoquée par la seconde guerre du Golfe, en 2003. On connaissait moins Oudaï, son fils ainé et successeur désigné.
Inspiré du roman en partie autobiographique de Latif Yahia, qui fut son sosie et sa doublure, « The devil’s double » nous plonge dans les arcanes du système baasiste irakien et plus
précisément dans les pas de Oudaï. On y découvre un quotidien fait de fastes, de luxe (voitures de sport, costumes de marques, montres…), de sexe, de drogue et d’excès en tout genre. Alors même
que pendant ce temps, le peuple irakien enterre ses morts de deux guerres successives et souffre de privations. Mais surtout, loin de l’image médiatique qu’il voulait (se) donner, on découvre en
Ousaï un véritable psychopathe pervers et cynique, adepte des viols, de la torture et des meurtres. En bon adepte d’un cinéma spectaculaire, Lee Tamahori s’emploie à filmer quelques morceaux de
bravoure (l’enlèvement d’adolescentes, le meurtre particulièrement sauvage d’un ami de son père) qui donnent à son récit des allures de films de gangsters. A ce titre, la descente aux enfers du
héros (et son aliénation), doublure du diable malgré lui, n’en est que plus sombre et oppressante. Assez violent, on comprend qu’un tel film ait pu effrayer les distributeurs. Toutefois, «
The devil’s double » est un film fort et intense (à l’image de la prestation bluffante de Dominic Cooper) qui mérite d’être découvert. Une bonne surprise !
Le DVD : Disponible en VO(ST) et en VF, le film est accompagné de « Nous les irakiens » (53
minutes), un documentaire passionnant d’Abbas Fahdel, qui filme le quotidien d’une famille irakienne avant et pendant la seconde guerre du Golfe. D’autres modules plus techniques – « Les
coulisses du tournage », « Dominic Cooper dans la peau de Udaï et de Latif », « Focus sur les décors », « L’importance des costumes et du maquillage » - complètent cette édition définitivement
riche en suppléments.
« The devil’s double » est distribué par BAC Films. Il est disponible dans les bacs depuis le 2 mai 2012.
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Sortie cinéma.
Par Platinoch
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Publié dans : Films noirs/Policiers/Thrillers
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Vendredi 11 mai 2012
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22:01
« Vous avez de la chance d’être encore des enfants, profitez-en !
»
La cloche sonne et c’est la libération pour l’élève Ducobu : enfin les vacances, loin de Latouche et de ses dictées diaboliques !!! BD, Club Mickey,
glaces à gogo... Ducobu a à peine le temps de se réjouir que son père lui annonce un tout autre programme : ils partent avec la famille Gratin. Avec Léonie et sa mère, c’est plutôt réveil aux
aurores, musées et révisions. Et pour couronner le tout... Ducobu tombe sur Latouche et Mademoiselle Rateau venus eux aussi en vacances au camping. Le Cauchemar !!! Heureusement le hasard met sur
son chemin une carte mystérieuse. Grâce à son ingéniosité, Ducobu en décode l’énigme et se lance à la recherche d’un trésor de pirates perdu. Le roi de la triche devient le roi de l’aventure et
les vraies vacances peuvent commencer !
« Vous trichez même en vacances ? Décidément, vous êtes indécrottable ! »
Scénariste de comédies ès nanars (« La beuze », « Neuilly sa mère
! »), Philippe de Chauveron était passé à la réalisation en 1999 avec « Les parasites », qui ne laissa pas un grand souvenir. Pas plus que son deuxième film, « L’amour aux
trousses » (2005), pourtant porté par Jean Dujardin et Pascal Elbé. Finalement, c’est avec « L’élève Ducobu » (2011), adaptation de la BD à succès de Zidrou et Godi, qu’il connaitra
le succès. Flairant très tôt le bon filon, il commençât à écrire cette suite pendant le tournage même du premier opus. A noter qu’à la différence du premier film, celui-ci bénéficie d’une
histoire originale, se s’appuyant sur aucun album de la saga dessinée.
« Amusez-vous maintenant ! »
On avait déjà eu droit aux adaptations cinématographiques des aventures de «
Titeuf » et du « Petit Nicolas ». Revoilà donc le gros Ducobu, dont les cancreries « sophistiquées », clairement destinées au (très) jeune public, nous avaient laissé un
souvenir plutôt pénible. Ce deuxième opus ne semblait donc pas franchement nécessaire et n’annonçait rien qui vaille. Pourtant, force est de constater que De Chauveron s’est efforcé d’améliorer
un peu son sujet en n’alignant plus les gags comme de vulgaires vignettes de BD mais en essayant de les lier par un semblant d’histoire. Forcément, le récit y gagne en fluidité. Même si le
réalisateur fait un peu dans la répétition (le premier film voyait Ducobu triompher des loups dans les bois, cette fois il triomphe d’un « Pource » dans la garrigue). Pour autant, le niveau de ce
« Ducobu » à la plage reste tout de même assez faible, entre les stratagèmes pas drôles du héros pour gagner le concours du club pour enfants (on n’échappe ni à la course en sac ni au
concours de pâtés de sable) et une chasse au trésor un peu ringarde. D’autant plus qu’à l’instar du premier film, le gamin qui hérite du rôle titre n’est jamais franchement convaincant.
Finalement, comme dans le premier opus, les rares moments qui parviennent à nous décrocher un sourire sont à mettre au crédit du tandem Elie Semoun/Joséphine de Meaux, accompagnés ici par Bruno
Salomone. Ça ne vole pas haut quand même.

Par Platinoch
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Publié dans : Comédies
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Mercredi 2 mai 2012
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18:00
« Vu de l’Empire State Building, Paris c’est flou ! »
Marion est désormais installée à New York, où elle vit avec Mingus, un journaliste de radio, leurs deux enfants qu’ils ont eus de relations antérieures
et un chat. Le couple est très amoureux ! Marion est toujours photographe et prépare son exposition. Son père, sa sœur et son petit copain (qui est en fait l’ex de Marion et qui n’était pas prévu
du tout) débarquent à New York pour le vernissage. Le choc des cultures mais surtout les personnalités débridées des trois arrivants vont provoquer un véritable feu d’artifice entre Mingus, un
vrai « newyorker », Marion disjonctée sur les bords, son père qui ne parle pas un mot d’anglais, sa sœur toujours en phase avec ses problèmes freudiens, et son petit ami… no comment ! Vous pouvez
deviner la suite, ou pas…
« Avant, quand je pensais aux Français, je pensais à Godard, Renoir, aux surréalistes. Maintenant, je pense à d’étranges pratiques sexuelles avec une
brosse à dents »
Décidément, Julie Delpy aime les films qui marchent par deux. A l’image de
l’excellent diptyque « Before sunrise »/« Before sunset ». Six mois seulement après la sortie du « Skylab », elle nous revient avec « 2 days in New York », suite informelle de « 2 days in Paris »
sorti sur nos écrans en 2007. Souvenez-vous : elle débarquait alors à Paris pour présenter son boyfriend à sa famille et lui faire découvrir notre belle capitale. Malheureusement, le choc des
cultures était (forcément) au rendez-vous et l’encombrante famille Delpy (des parents grivois et envahissants, une sœur nympho, un ex embarrassant) créait des tensions dans le couple. Au tour
cette fois de la famille Delpy de venir rendre visite à Marion et de découvrir la grosse pomme. Reste que cinq ans plus tard, pas mal de choses ont changé : l’héroïne est devenue mère, a perdu la
sienne et a changé de boyfriend, vivant désormais avec Mingus, un animateur de radio black. Vous suivez toujours ?
« Tu abandonnerais les enfants à ton père juste pour tirer un coup ? »
Qui dit nouveau compagnon, dit nouvelles présentations. Et c’est là que le bât
blesse : Julie Delpy reproduit peu ou prou les mêmes quiproquos et les mêmes malaises que dans son volet parisien en abusant encore une fois (et plus que de raison) des clichés sur les français.
Papy Delpy, saucissons et camemberts scotchés sur le corps, est toujours aussi grivois (il pète et parle de cul et de branlette à tout va). Frangine Delpy est toujours la nympho de service (elle
se balade à poil et chauffe Mingus à peine arrivée, avant de faire bruyamment l’amour dans la salle de bain). Quant à l’ex Delpy, il est toujours aussi vulgaire (dans l’ascenseur) et sans-gêne.
Si la caricature trouvera probablement un écho favorable auprès du public américain, celle-ci, bien lourdingue, peinera davantage à faire rire le public français. Pourtant, tout n’est pas à jeter
dans le film de Julie Delpy. A l’image de son introduction avec le spectacle de marionnettes, pleine de malice. Mais c’est quand la réalisatrice dévoile ses doutes et ses interrogations (sur la
vie, la mort, la maternité, l’art, le temps qui passe…) dans une scène très faustienne (excellent Vincent Gallo) que le film trouve ses moments les plus intéressants. A noter aussi la belle
performance de Chris Rock, qui apporte un peu de calme au milieu d’un film trop souvent hystérique. Loin de l’univers de son pote Adam Sandler, il prouve qu’il est capable de bonnes choses.
Finalement, Paris et New York sont un peu les deux facettes de la réalisatrice. Et bien que le premier opus ne nous ait pas emballés outre mesure, on comprend son désir de faire cette suite. Qui
demeure tout de même très inégale (en dépit de quelques bonnes choses). Et pas forcément nécessaire.
Par Platinoch
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Publié dans : Comédies
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Vendredi 27 avril 2012
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15:10
« Il est important de savoir quand on est
battu »
Lorsque son père, le Roi, meurt, Blanche Neige est en danger. Sa belle-mère,
cruelle et avide de pouvoir, l’évince pour s’emparer du trône. Quand la jeune femme attire malgré tout l’attention d’un Prince aussi puissant que séduisant, l’horrible marâtre ne lui laisse
aucune chance et la bannit. Blanche Neige se réfugie alors dans la forêt…
Recueillie par une bande de nains hors-la-loi au grand cœur, Blanche Neige va
trouver la force de sauver son royaume des griffes de la méchante Reine. Avec l’aide de ses nouveaux amis, elle est décidée à passer à l’action pour reconquérir sa place et le cœur du
Prince…
« Epouse-le sans plus attendre car bientôt arrivera le jour où tu me
demanderas qui est la plus belle. Et crois-moi tu n’aimeras pas la réponse »
Il était une fois l’un des contes les plus célèbres du monde. Et pour cause,
« Blanche Neige », publié en 1812, eut le suprême honneur de devenir le premier film d’animation de l’Histoire. Et par là même le premier grand classique des studios Disney. Vu
depuis sa sortie en 1937 par plusieurs générations d’enfants, le pari de retoucher à ce grand classique était forcément des plus risqués. C’était sans compter sur le réalisateur Tarsem Singh
(« Les immortels ») et son goût du contre pied. Bien décidé à revisiter l’œuvre à sa manière, il nous propose ici une surprenante relecture du conte des frères Grimm pour le
coup très « second degré », un peu dans l’esprit de « Shrek » ou de « La véritable histoire du petit chaperon rouge ». Exit donc la frêle et naïve
princesse, le prince chantant, les animaux qui font le ménage ou encore la pomme empoisonnée. Tarsem Singh leur préfère un univers plus décalé, dans lequel la princesse est une combattante, le
prince un peu à côté de la plaque et les nains totalement débonnaires (voire même un peu obsédés !). Le tout étant saupoudré d’un véritable fond féministe (ici, ce sont les femmes qui
prennent le dessus sur les hommes et qui rompent les maléfices en donnant un baiser). Et de belles trouvailles visuelles (la très belle introduction en animation, le combat contre les pantins).
Mais la réussite du film ne serait probablement pas celle-là sans le délicieux numéro de Julia Roberts, qui compose (visiblement avec beaucoup de plaisir) une reine à la fois cruelle, cynique et
égocentrique. Cabotinant avec beaucoup d’autodérision (excellente scène du soin pour le corps !), elle est beaucoup dans la réussite de cette étonnante comédie. Qui s’impose contre toute
attente comme l’une des bonnes surprises de ce printemps. En attendant la version « sérieuse » signée Rupert Sanders (avec Kristen Stewart et Charlize Theron), qui sortira dans un
mois.
Par Platinoch
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Publié dans : Comédies
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Jeudi 26 avril 2012
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/2012
17:35
« J’appelle qui pour t’apprendre
l’humilité ? »
Océan Pacifique… Au large d’Hawaï, l’US Navy déploie toute sa puissance. Mais
bientôt, une forme étrange et menaçante émerge à la surface des eaux, suivie par des dizaines d’autres dotées d’une puissance de destruction inimaginable.
Qui sont-ils ? Que faisaient-ils, cachés depuis si longtemps au fond de l’océan
? A bord de l’USS John Paul Jones, le jeune officier Hopper, l’Amiral Shane, le sous-officier Raikes vont découvrir que l’océan n’est pas toujours aussi pacifique qu’il y paraît. La bataille pour
sauver notre planète débute en mer…
« Nous ne sommes pas seuls. Un jour on finira par tomber sur eux. A moins
que ce soit eux qui ne tombent sur nous »
Certains films sont inspirés par des romans. D’autres par l’actualité. D’autres
encore par des faits divers. Certains mêmes sont inspirés par d’autres films. Désormais, même des jouets pourront servir de source d’inspiration. Signe qu’Hollywood n’a plus grand-chose à
raconter pour se renouveler, le procédé s’est multiplié ces dernières années. Après « Transformers » et « G.I. Joe », place donc à
« Battleship », nouvelle production Hasbro qui s’inspire d’un jeu de toucher-couler. Aux commandes duquel on retrouve Peter Berg, ersatz de Michael Bay à qui l’on doit les
explosifs mais décevants « Bienvenue dans la jungle », « Le royaume » ou encore « Hancock ».
« J’ai un mauvais pressentiment. Du genre on a besoin d’une autre
planète ! »
Décidément, l’Amérique n’a pas de bol. A chaque fois que les aliens débarquent,
c’est pour leur pomme ! Et en plus, la plupart du temps, ils sont belliqueux et veulent nous détruire ! Heureusement, grâce à leur armée moderne suréquipée et au courage de leurs
soldats, ils s’en sortent toujours. Voilà en gros pour la trame de ce gros navet boursoufflé à la gloire de l’Amérique, qui pompe allègrement ses références dans les blockbusters crétins comme
« Independance day », « Transformers » ou encore « World Invasion ». A ceci près qu’il n’apporte rien de nouveau : les aliens sont
toujours des humanoïdes (deux bras, deux jambes, deux yeux, un nez et une bouche), toujours en avance technologique sur nous, Brooklyn Decker remplace Megan Fox, et l’armée US ne doit une
nouvelle fois son salut qu’à la rédemption d’une tête brulée, accompagnée par son équipe « United colors of Benetton » caricaturale à souhait (le black amputé mais ultra courageux,
l’asiatique super ingénieux – limite fourbe). Ainsi qu’à un vieux cuirassé de la seconde guerre mondiale manœuvré par des vétérans (sic). Marine un jour, Marine toujours. 130 longues minutes
d’explosions et de second degré lourdingue (« mais j’ai sauvé le monde et vous me refusez la main de votre fille ? ») plus tard, l’Amérique a une nouvelle fois sauvé le
monde, se gargarisant de ses nouveaux héros (en vrac, le héros musclé de « John Carter », Rihana, ou encore un vrai mutilé de la guerre d’Irak). Dieu les bénisse. Et nous avec,
d’avoir supporté ce bon gros navet, aussi gavant qu’un burritos poulet, jusqu’à la dernière minute.
Par Platinoch
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Publié dans : Science-Fiction/Heroïc Fantasy
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Mardi 10 avril 2012
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10
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22:53
« Si je dois mal gagner ma vie, autant faire un métier qui me
plait ! »
Cloclo, c’est le destin tragique d’une icône de la chanson française décédée à
l’âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner.
Star adulée et business man, bête de scène et pro du marketing avant l’heure,
machine à tubes et patron de presse, mais aussi père de famille et homme à femmes…
Cloclo ou le portrait d’un homme complexe, multiple ; toujours pressé,
profondément moderne et prêt à tout pour se faire aimer.
« Si dans dix ans je ne suis pas le nouveau Samy Davis Jr, j’aurai raté ma
vie ! »
Genre cinématographique jusqu’ici plutôt américain, le biopic se fait progressivement une place dans le paysage cinématographique français.
Après « La môme » Piaf, Coluche « L’histoire d’un mec » et Gainsbourg (Vie héroïque), au tour de Claude François, autre icône populaire au destin
foudroyé, de voir sa vie racontée sur grand écran. De prime abord, le sujet avait de quoi laisser perplexe : « Cloclo », le chanteur à minettes ringard, avec ses cols
pelle à tarte et ses « claudettes » dénudées, héros de cinéma ? Pour couronner le tout, le projet était confié à Florent Emilio Siri, plutôt spécialiste jusqu’ici des films
d’action (« Nid de guêpes », « Otages », « L’ennemi intime »).
« Si les gens me voient vivre comme tout le monde, il est où le
rêve ? »
Pourtant, en dépit d’un récit un peu trop linéaire (reprenant toutes les étapes de
la success story : les galères, l’ascension vers la gloire et la chute prématurée), force est de constater que la vie du chanteur est assez cinégénique : sa jeunesse égyptienne prise
dans les tourments de la grande Histoire, ses relations conflictuelles avec un père autoritaire, ses années de galère… Et toujours cette folle énergie, cette obstination, cette foi inébranlable
en son destin qui forcent le respect. Tour à tour showman génial, businessman visionnaire (il est le premier à créer son label et ses produits dérivés), star hyper mégalo ou maniaque obsédé par
le contrôle de sa vie (son faux malaise sur scène, son fils caché), le film nous montre le personnage dans toute sa complexité. Si ses zones d’ombres (son égo surdimensionné, sa jalousie maladive
qui le pousse à punir ses compagnes successives pour ne pas lui donner un amour exclusif ou pour lui avoir fait de l’ombre) rendent le personnage souvent peu attachant, le film, qui prend le
parti de ne jamais être ni hagiographique ni à charges, lui confère tout de même une certaine humanité au détour de son éternelle insatisfaction (il se trouve laid, déteste sa voix, se croit
« mal aimé », n’ose pas aborder son idole Sinatra alors même que celui-ci a repris sa chanson). S’il souffre parfois de quelques longueurs inutiles (notamment au deux tiers,
lorsqu’il nous décrit ses activités commerciales et l’affaire de son fils caché) et de quelques enchainements pas toujours heureux (l’écriture de « Comme d’habitude » semble un peu
tomber comme un cheveu sur la soupe), le film se révèle (étonnamment) aussi plaisant qu’une chanson populaire. Reste l’impeccable performance des acteurs, Jérémie Rénier en tête, dont la
ressemblance au chanteur confère à l’ensemble une certaine authenticité. De quoi lui permettre à coup sûr d’être en bonne position pour les Césars.

Par Platinoch
-
Publié dans : Biopics
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Vendredi 30 mars 2012
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22:39
« Le premier amour doit être le même partout. Mais ailleurs, il aurait un parfum différent »
Harriet, une jeune anglaise expatriée, vit avec son petit frère, Bogey, et ses
trois sœurs cadettes dans une grande maison de la région de Calcutta en Inde. Son père dirige une manufacture de toile de jute tandis que sa mère s’occupe de la famille et attend un sixième
enfant.
Un jour d’automne, le ‘Capitaine John’ rentre de la guerre et vient habiter une
maison voisine. Invité à une fête, il y rencontre Harriet, ainsi que Mélanie une belle métisse indienne et Valérie. Les trois jeunes filles vont toutes trois tomber sous le charme du bel
étranger…
« Personne n’est laid. Quand on regarde bien, on voit de la beauté
partout »
Jean Renoir ou la malédiction de l’artiste incompris. Après l’échec de sa « Règle du jeu » en 1939, pourtant reconnu depuis comme l’un des plus grands
chefs d’œuvre du septième art, le cinéaste quitte la France en 1941 pour rejoindre Hollywood. Malheureusement pour lui, en dépit de sa renommée et de son talent reconnu, il ne parviendra pas à
s’adapter aux exigences et aux méthodes des studios qui se contentent de lui confier des films de commande de série B. Après un dernier échec américain (« La femme sur la
plage »), il est remercié par la RKO qui va jusqu’à la dédommager afin qu’il ne tourne pas le dernier film prévu par son contrat. C’est alors qu’il découvre « Le
fleuve », un roman de Rumer Godden, une romancière anglaise installée en Inde et dont les écrits ont déjà inspiré « Le narcisse noir » à Powell et Pressburger. Peu
satisfaite du résultat, elle refuse de voir un autre de ses romans porté à l’écran et Renoir use de nombreux subterfuges pour réussir à la convaincre. Reste que les studios ne sont pas intéressés
par le sujet et que les financements manquent. Et avec eux, les stars. Renoir rêve de confier le rôle du capitaine à Marlon Brando, il sera finalement obligé de confier le rôle à un acteur
amateur, après avoir essuyé un dernier refus de Mel Ferrer. Tourné durant plus de six mois sur les bords du Gange, le film restera comme le premier film en Technicolor de Renoir et le premier
film en couleurs tourné en Inde. A noter que Renoir prendra comme assistant un certain Satyaijit Ray, qui deviendra peu de temps après l’une des figures majeures du cinéma indien. « Le
fleuve » a été récompensé du Prix international de la Mostra de Venise en 1951.
« Je ne sais pas à quel monde tu
appartiens »
Etouffé par les studios hollywoodiens, Jean Renoir retrouve sur le tournage du « Fleuve » une totale indépendance à
laquelle il n’avait pas goûté depuis près de dix ans. Ce film est donc une véritable libération pour le cinéaste, qui nous invite à cette occasion à un voyage initiatique au cœur de l’Inde.
D’apparence assez tranquille, ce « Fleuve » est plus tortueux qu’il n’y parait. Pour preuve, celui-ci est constitué en fait de deux films distincts. Le premier, inspiré du
roman de Rumer Godden, est consacré aux premiers émois amoureux de trois jeunes filles qui voient débarquer un jeune vétéran américain. Le second, lui, prend la forme d’un documentaire sur
l’Inde, nous initiant à sa culture, ses us et coutumes et ses croyances. La passion et la raison, donc, qui par un tour de force se retrouvent imbriquées ensemble de façon complémentaire et
indissociable. Qu’importe finalement que l’intrigue sentimentale ou que la chronique familiale paraissent désuètes : « Le fleuve » est un film d’ambiance, une expérience
sensuelle et sensorielle, une ballade exotique magnifiée par l’utilisation du Technicolor dans laquelle on se laisse volontiers porter. A ce titre, le fleuve dégage quelque chose de
rassurant : il est un lien entre les hommes, un refuge, une artère de vie. Il est aussi le symbole séculaire du cycle de la vie, où se côtoient la vie et la mort (la mort du petit frère fait
place à la naissance à venir d’un autre enfant), et qui nous rappelle comme dans les croyances hindoues que tout n’est qu’un éternel recommencement. S’il n’est pas véritablement passionnant sur
le fond, « Le fleuve » de Renoir n’en demeure pas moins une œuvre visuellement magnifique et une expérience pour le moins envoûtante.
Le Blu-ray :
Distribuée par Carlotta Films, cette riche édition propose le film en VO et en VOST français. Elle est accompagnée
d’une interview de Martin Scorsese (qui est à l’origine de la restauration du film), qui nous explique son amour pour le film et pour l’œuvre de Renoir. On y trouve également le passionnant
documentaire « Autour du fleuve ». D’une durée d’une heure, celui-ci retrace la genèse du film ainsi que de son tournage en s’appuyant sur les témoignages des derniers survivants de
l’équipe (le producteur décédé depuis, un caméraman, ou encore Radha, l’une des jeunes actrices du film). Une partie BD-Rom compile encore quelques documents relatifs au film. Le blu-ray et le
dvd du « Fleuve » sont disponibles dans les bacs depuis le 21 mars 2012.
Découvrez d’autres oeuvres sur Cinetrafic dans la catégorie amour impossible ainsi que celle consacrée au Film d amour.
Un grand merci à Cinetrafic et à
Carlotta Films !
Par Platinoch
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