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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 07:54

Un grand merci à Diaphana et à Darkstar pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Les chansons que mes frères m’ont apprises » de Chloé Zhao.

« Si on veut dresser un cheval, il faut respecter sa liberté »

Johnny vient de terminer ses études. Lui et sa petite amie s'apprêtent à quitter la réserve indienne de Pine Ridge pour chercher du travail à Los Angeles. La disparition soudaine du père de Johnny vient bousculer ses projets. Il hésite également à laisser derrière lui Jashaun, sa petite sœur de treize ans dont il est particulièrement proche. C'est tout simplement son avenir que Johnny doit maintenant reconsidérer…

« Ce sera bizarre d’être à la fac toute seule loin de vous. Seule pour la première fois. »

On dit qu’un regard extérieur permet parfois d’apprécier plus justement une réalité. De poser sur elle un regard neuf. Loin des fastes et des lumières déformantes d’Hollywood, Chloé Zhao, jeune chinoise venue étudier le commerce et la production aux Etats-Unis et que rien ne semblait prédestiner à une carrière de réalisatrice, choisit pour son premier film de suivre le quotidien d’une réserve d’indiens Lakota, l’une des composantes du peuple Sioux qui vit encore dans le Dakota du Sud. Une communauté qu’elle connait particulièrement bien pour avoir vécu pendant près de quatre ans dans la réserve de Pine Ridge. Original sur le fond comme sur la forme, son film fut très remarqué lors de ses présentations à Cannes et à Sundance.

« Crazy Horse a dit que tout semblait s’être arrêté à Wounded Knee. Mais que tout recommencerait à la septième génération. La tienne. »

Avec « Les chansons que mes frères m’ont apprises », Chloé Zhao filme l’envers du rêve américain. La face cachée du mythe de la conquête de l’ouest et des pionniers. L’Amérique des laissés pour compte. Plus d’un siècle après la fin des guerres « indiennes », elle s’intéresse donc à ce qu’il reste des populations originelles de l’Amérique que l’Histoire semble avoir oublié, au travers du regard et des interrogations d’un adolescent de 17 ans et de sa petite sœur de 11 ans qui viennent de perdre leur père. Avec son style très dépouillé et très contemplatif qui n’est pas sans rappeler celui de Terrence Malick, la réalisatrice cadre ses personnages au plus près et s’interroge sur le devenir de cette communauté méconnue et perdue entre attachement à ses traditions ancestrales, à sa culture et les difficultés à s’adapter à son époque et au monde qui l’entourre. Certes, les pick-up ont remplacé les chevaux. Les maisons ont remplacé les tipis. Même l’Eglise a fini par supplanter les croyances anciennes. Pourtant, en dépit de tout cela, la communauté parait fermée, vivant en marge du reste du monde, à noyer dans un alcool pourtant prohibé son chômage massif et son absence totale d’avenir. Une sorte de ghetto à ciel ouvert dont il semble impossible de s’échapper. Malgré les magnifiques paysages sauvages du Dakota, les regards d’enfants encore plein d’espoir, il ressort de ce beau film doux-amer une profonde et émouvante mélancolie qui hante durablement le spectateur. Chloe Zhao signe là une belle balade pleine de pudeur et de nostalgie. Une réalisatrice en devenir à suivre assurément.

 

***

Le dvd : Le film est présenté en VO (versions 5.1 et 2.0) avec sous-titres français. Côté bonus, le film est accompagné d’un entretien avec la réalisatrice, Chloe Zhao, ainsi que des scènes coupées et un court-métrage antérieur de la réalisatrice.

Edité par Diaphana, « Les chansons que mes frères m’ont apprises » est disponible en dvd dans les bacs depuis le 27 janvier 2016.

Le site internet de Diaphana est disponible ici. Sa page Facebook est ici.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 21:21

Un grand merci à l’Atelier d’images et à The Corporation pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray de « Jeanne d’Arc » de Victor Fleming.

« Connaissez-vous la prophétie ? On dit qu’une pucelle de Lorraine sauvera la France »

France 1428. Jeanne, jeune et innocente paysanne, est guidée par des voix célestes. Elle est alors convaincue que la volonté de Dieu est de libérer la France de l’oppression anglaise. Portée par sa foi et son courage, elle demande une audience auprès de Charles VII, le dauphin de France pour pouvoir lever une armée. Découvrez l’incroyable histoire de Jeanne d’Arc, sainte libératrice de France au destin tragique.

« J’ai parlé haut et fort pour que l’on me suive. Je croyais la victoire belle. Elle s’avère horrible. »

De façon très étonnante, le mythe de Jeanne d’Arc a réussi à traverser les âges et les époques sans prendre (trop) de rides. De tous temps, il a en tous cas réussi à passionner les artistes et les conteurs de tous bords, qu’ils soient peintres (Ingres), auteurs (Péguy, Voltaire, Brecht) ou cinéastes (Cecil B. DeMille, Preminger, Rivette ou encore Besson). Encore jeune comédienne (et pas encore star de Cinéma), la jeune Ingrid Bergman interprète sur les planches la pièce « Joan of Lorraine » de Maxwell Anderson, tombant ainsi sous le charme de ce personnage de femme libre et jusqu’au-boutiste, qui, comme elle, endura une jeunesse ponctuée de difficultés (Ingrid Bergman perdit notamment ses parents alors qu’elle n’était encore qu’une enfant) et de pauvreté avant de connaitre un destin hors normes. Dès son arrivée à Hollywood, à la fin des années 30, Bergman rêve de reprendre le rôle de la Pucelle d’Orléans sur grand écran. En vain. Ce n’est qu’une fois libérée de son contrat avec le producteur David O. Selznick qu’elle pourra développer ce projet de façon indépendante. L’actrice créera ainsi pour l’occasion sa propre société de production et engagera le réalisateur Victor Fleming, le spécialiste des épopées en Technicolor qui est alors l’une des valeurs sûres de l’époque (il signa coup sur coup quelques années plus tôt « Le magicien d’Oz » et « Autant en emporte le vent ») et dont ce sera le dernier film (il décède deux mois après la fin du tournage). Nommé sept fois aux Oscars (dont meilleure actrice pour Bergman et meilleur acteur dans un second rôle pour José Ferrer), le film remportera deux statuettes (meilleurs costumes et photographie). Il marque surtout la fin d’un cycle puisqu’un an plus tard, Ingrid Bergman quittera Hollywood pour l’Europe, abandonnant mari et enfants pour Roberto Rossellini, provocant un vif scandale qui lui vaudra d’être blacklistée à Hollywood pendant près de sept ans.

« Pour moi vous êtes plus qu’une reine. Vous êtes la France. Et la France est à vous. Vous avez trouvé une France agonisante et vous l’avez abreuvé de victoires. Vous avez formé une nouvelle Nation. »

« Jeanne d’Arc » est un film d’un autre temps. D’une époque où l’on se servait du Technicolor pour donner vie à des fresques historiques épiques dotées d’une dimension morale et religieuse particulièrement prégnante. Comme à son habitude, Victor Fleming découpe son film en de nombreuses scénettes reprenant dans l’ordre chronologique les principaux évènements constitutifs de l’épopée de Jeanne d’Arc, de sa jeunesse à Domrémy jusqu’au bûcher de Rouen. Très bien documenté et très respectueux des détails, le film livre une fresque particulièrement minutieuse et fidèle de la vie de la célèbre Pucelle et de sa légende. Toutefois, aussi respectueux soit-il, le film souffre également du côté quelque peu austère de son sujet. Ainsi, si la première moitié du film, consacrée à la construction et à l’ascension du mythe de Jeanne (son départ de Lorraine, la libération d’Orléans, le couronnement de Charles VII) se révèle plutôt prenante, la seconde partie, consacrée au procès et aux doutes de Jeanne, se fait plus statique, même si elle a le mérite de montrer finement l’iniquité de ce dernier. En dépit des affres du temps, qui lui ont donné un petit coup de vieux (les scènes de bataille notamment), le film brille par la beauté de ses décors et de ses costumes (très belle reconstitution) ainsi que par la performance habitée de son interprète principale, Ingrid Bergman. Et annonce indirectement les grandes fresques historico-bibliques qui fleuriront sur les écrans au cours de la décennie suivante.

 

***

Le blu-ray : « Jeanne d’Arc » est proposé dans une très belle et très riche édition. Tout d’abord, le film est disponible dans ses deux versions, à savoir la version cinéma (100 min.) et surtout la version intégrale et restaurée (145 min.). Dans les deux cas, le film est présenté en VO avec des sous-titres français. Côté bonus, le film est accompagné d’un entretien avec Marine Baron (biographe d’Ingrid Bergman), d’une analyse des deux montages du film et de divers documents d’archives, notamment des extraits d’interviews d’Ingrid Bergman et de sa fille Isabella Rossellini, ou encore une chronique radiophonique datant de la sortie du film en 1949.

Edité par l’Atelier d’Images et The Corporation, « Jeanne d’Arc » est disponible en dvd et en blu-ray. Le film est disponible dans les bacs depuis le 2 février 2016.

La page Facebook de The Corporation est disponible ici.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 19:04

Un grand merci à Marco Polo Production pour m’avoir permis de découvrir et de chronique le blu-ray du film « Vice » de Brian A. Miller.

« Ils ont l’air si réels. En fait, ils sont bien plus humains que des robots »

Dans le futur, des humanoïdes sont utilisés comme esclaves par de riches clients afin d’assouvir leurs fantasmes dans des « stations ». Julian dirige une station et est chargé de leur effacer la mémoire chaque nuit. Mais un jour, suite à un dysfonctionnement, l’une des humanoïdes se rappelle les violences et les humiliations quotidiennes dont elle est victime. Prise de panique, dans un sursaut de survie, elle parvient à s’échapper. Elle commence alors à organiser la résistance pour se venger…

« Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de se retrouver face à son créateur »

Jeune réalisateur de films d’action de série B dont la plupart demeurent inédits chez nous (seul « The prince », déjà porté par Bruce Willis, avait eu droit à une sortie direct-to-dvd en 2015), Brian A. Miller signe avec « Vice » son sixième long-métrage en cinq ans. L’occasion de s’essayer au thriller d’anticipation et de SF. « Vice » imagine ainsi un monde futuriste dans lequel des robots reproduisant à la perfection les êtres humains et doués de conscience servent de défouloir aux fantasmes et aux pulsions les plus primaires des humains. Une idée scénaristique qui rappelle dans les grandes lignes celle de « Mondwest », classique de la SF signée il y a plus de 40 ans par Michael Crichton, et qui pose la question morale de savoir ce qui différencie l’Homme de sa copie artificielle la plus perfectionnée. Un questionnement qui a donné lieu à quelques-uns des plus beaux films de l’Histoire de la SF, de « Blade runner » à « AI : Intelligence Artificielle ». Soyons honnêtes, si le film n’a pas bénéficié des moyens colossaux du film de Spielberg ni du souffle poétique du film de Ridley Scott, Brian A. Miller réussit cependant à tenir son scénario pour en faire un honnête et efficace film d’action policier de série B. Le côté parfois un peu manichéen du scénario étant largement compensé par les rebondissements et les scènes d’action. Le très testostéroné Thomas Jane (ex « The punisher ») assurant le show face à Bruce Willis tandis que la très jolie Ambyr Childers assure le côté charme du film.

 

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Le blu-ray : Le film est proposé en VF ainsi qu’en VO. Des sous-titres français sont proposés en option. Attention toutefois, comme pour de nombreuses sorties direct-to-dvd, la VF est en fait une VF québécoise. Aucun bonus n’accompagne le film.

Edité par Marco Polo Production, « Vice » est disponible en dvd et en blu-ray à compter du 3 février 2016.

Le site internet de Marco Polo Production est disponible ici. Sa page Facebook est ici.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 22:07

Un grand merci à TF1 Vidéo ainsi qu’à Thierry Videau pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Mémoires de jeunesse » de James Kent.

« Je dois m’engager. Y aller. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de participer à un évènement de cette envergure. Je ne peux pas me décharger sur les autres. »

Printemps 1914. Jeune femme féministe à l’esprit frondeur, Vera Brittain est résolue à passer les examens d’admission à Oxford, malgré l’hostilité de ses parents particulièrement conservateurs. Décidée à devenir écrivain, elle est encouragée et soutenue par son frère et sa bande d’amis – et notamment par le brillant Roland Leighton dont elle s’éprend. Mais les rêves de Vera se brisent au moment où l’Angleterre entre en guerre et où tous les jeunes hommes s’engagent dans l’armée. Elle renonce alors à écrire pour devenir infirmière. Tandis que la jeune femme se rapproche de plus en plus du front, elle assiste avec désespoir à l’effondrement de son monde.

« Roland ne mourra pas jeune. Il est né pour accomplir de grandes choses »

Passionné d’Histoire et par les grandes figures du vingtième siècle, l’anglais James Kent a tout d’abord débuté une carrière de documentariste par laquelle il obtint une certaine reconnaissance. De quoi attirer l’attention de la télévision qui fit progressivement appel à lui comme réalisateur de fictions historiques, qu’il s’agisse de séries en costumes ou de téléfilms consacrés à la vie de personnalités (H.G. Wells, Margareth Thatcher ou encore Vida Winter). Avec « Mémoires de jeunesse », il franchit une nouvelle étape en réalisant son premier long de cinéma. Le film est une adaptation du best-seller éponyme de la célèbre féministe et pacifiste britannique Vera Brittain (1893-1970), qui fut considéré à sa sortie en 1933 comme le témoignage et le cri de toute une génération sacrifiée. Ce dernier avait déjà fait l’objet d’un projet d’adaptation cinématographique avorté en 1934 avant d’être adapté une première fois en minisérie pour la BBC en 1979.

« J’ai senti au beau milieu de ce paysage de désolation une présence bien plus grande que tout le reste. Alors j’ai su, mon cher ami, que je te reverrai. Dans ce monde ou dans l’autre. »

Les films de guerre se sont longtemps bornés à la Seconde guerre mondiale et à la Guerre du Vietnam, probablement en raison de leur caractère plus contemporaines et plus glorifiantes. Plus lointaine, plus inhumaine, la Première guerre mondiale a toujours eu quelque chose d’indicible. D’inmontrable. De tabou. Passées les années 30 (« A l’ouest rien de nouveau », « Les croix de bois », « La grande illusion », « Sergent York »), les films consacrés à ce conflit se sont faits de plus en plus rares (citons « Les sentiers de la gloire », « Johnny s’en va t’en guerre », « Gallipoli », « Fort Saganne », « La vie et rien d’autre »). Jusqu’à l’approche du centenaire de ce conflit, qui semble avoir relancé l’intérêt des cinéastes pour cette période. « Mémoires de jeunesse » s’inscrit donc dans cette logique du témoignage. Du devoir de mémoire. Avec beaucoup de délicatesse, James Kent tisse donc un joli film historique, comme seuls les britanniques savent les faire, avec une très belle reconstitution de l’époque (type « Downton Abbey »), des beaux paysages de landes et un maniérisme exquis (qui rappelle un peu le « Bright star » de Jane Campion). La force du film tient également à sa vision générale du conflit : il ne comporte à proprement parler aucune véritable scène de bataille. Au contraire, il s’intéresse principalement à cette génération sacrifiée. A cette jeunesse fauchée, brisée, alors que l’avenir s’ouvrait devait elle. A ces jeunes hommes, talentueux, pleins d’ambitions et d’espoirs. A ces jeunes femmes, pleines de rêves et d’amour. A ces familles, qui porteront à jamais le chagrin des vies brisées. C’est avant tout à eux que ce film rend un vibrant et émouvant hommage. D’ailleurs le titre original, « Testament of youth », semble beaucoup plus éloquent. « Mémoires de jeunesse » est également un magnifique portrait de femme libre, progressiste et engagée, à une époque où la condition féminine n’était pas avancée. Il rend également un vibrant hommage à leur courage et à leur engagement dans ce terrible conflit. Pour son premier film, James Kent signe donc un coup de maitre, « Mémoires de jeunesse » étant à la fois un magnifique film historique, pacifiste, et un drame bouleversant.

 

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Le dvd : le film est proposé en VF et en VO. Des sous-titres optionnels en français et en français pour les malentendants sont également proposés. Côté bonus, un court making-of vient compléter cette édition.

Edité par TF1 Vidéo, « Mémoires de jeunesse » est disponible en dvd et en blu-ray dans les bacs depuis le 27 janvier 2016.

La page Facebook de TF1 Vidéo est ici.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 18:43

Un grand merci à Gaumont pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Floride » de Philippe Le Guay.

« Je voudrais bien finir comme un petit légume. Comme un petit oignon qui fait pleurer la cuisinière »

À 80 ans, Claude Lherminier n’a rien perdu de sa prestance. Mais il lui arrive de plus en plus souvent d’avoir des oublis, des accès de confusion.

Un état qu’il se refuse obstinément à admettre. Carole, sa fille aînée, mène un combat de tous les instants pour qu’il ne soit pas livré à lui-même.

Sur un coup de tête, Claude décide de s’envoler pour la Floride. Qu’y a-t-il derrière ce voyage si soudain ?

« Vous avez vu comment elle parle à son petit papa ? »

Ancien élève de l’IDHEC, où il eut comme camarades de promotion Arnaud Desplechin, Eric Rochant ou encore Pascale Ferran, Philippe Le Guay débute sa carrière comme scénariste avant de s’essayer à la réalisation avec « Les deux Fragonard » en 1989. Si le cinéma de Le Guay a longtemps été placé sous le signe de la comédie (« L’année Juliette », « Le coût de la vie », « Du jour au lendemain »), ses films ont pour autant toujours eu un fond de gravité. Comme une légèreté de façade qui viendrait cacher des drames intimes. Un état de fait qui se fait de plus en plus prégnant sur ses derniers films, qu’il s’agisse du grand bourgeois qui réalise la morosité de sa vie et de son couple dans « Les femmes du sixième étage » ou du vieux comédien misanthrope dont les répétitions d’une pièce de théâtre font ressortir l’aigreur et la jalousie dans « Alceste à Bicyclette ».

« Peut-être qu’il perd la mémoire pour ne plus se souvenir des drames »

Son nouveau film, « Floride », est une adaptation de la pièce de théâtre « Le père » de Florian Zeller, interprétée sur scène par Robert Hirsch et Isabelle Gélinas. L’histoire d’un vieil homme au crépuscule de sa vie, qui s’enfonce peu à peu dans la maladie d’Alzheimer et qui s’accroche de façon obsessionnelle à l’idée de la Floride, où sa deuxième fille est partie vivre. Un sujet particulièrement difficile donc, que Philippe Le Guay aborde avec beaucoup de pudeur et de subtilité. Comme toujours chez le réalisateur, le film démarre de façon assez légère malgré un sujet grave. On sourit ainsi des facéties de ce vieil homme gentiment lubrique et loufoque avant de comprendre le mal qui l’atteint. De façon très intelligente, le film se construit sur trois thématiques qui s’entrecroisent. Tout d’abord, il y a la maladie elle-même, qui ne cesse de progresser. Le personnage principal perdant progressivement la raison jusqu’à se retrouver aussi vulnérable qu’un enfant. D’ailleurs, la mise en scène astucieuse de Le Guay finit par brouiller les pistes au point de ne plus savoir ce qui est réel ou fantasmé (le héros a-t-il vraiment pris l’avion pour Miami ou l’a-t-il rêvé ?). En parallèle à cela, le réalisateur s’intéresse également, avec beaucoup d’humanité, aux conséquences de la maladie pour les proches : la difficulté à gérer un homme qui perd peu à peu tout discernement et tout contrôle (terrible scène où le personnage principal se fait déshabiller puis rhabiller comme un enfant par sa fille) au point de devenir violent (aussi bien physiquement que verbalement). L’impossibilité d’avoir une vie privée normale en s’occupant d’un malade. Ou encore la culpabilité de devoir le placer dans une institution spécialisée qui s’apparente au final à un mouroir. La vieillesse est définitivement un terrible naufrage. Reste la troisième thématique, celle du drame intérieur. Comme si les grandes tragédies de la vie étaient indélébiles, impossibles à oublier. Il s’agit peut-être là de la thématique la moins aboutie, à l’image des souvenirs d’enfance pendant la guerre dont on ne comprend pas bien les tenants et les aboutissants. Rien qui ne puisse remettre en cause en tout cas l’équilibre de ce joli film triste formellement très maitrisé et parfaitement interprété par les excellents Jean Rochefort et Sandrine Kiberlain.

 

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Le dvd : Le film est proposé en VF ainsi qu’en audiodescription. Des sous-titres optionnels anglais et français sont également proposés. Côté bonus, outre la traditionnelle bande-annonce, le dvd propose un making-of du film, des scènes coupées, ainsi que le clip de la chanson « Puisque vous partez en voyage » interprétée par Jean Rochefort et Sandrine Kiberlain.

Edité par Gaumont, le dvd du film « Floride » est disponible dans les bacs depuis le 13 janvier 2016.

Le site internet de Gaumont est disponible ici. Sa page Facebook est ici.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 10:32

Un grand merci à Ad Vitam ainsi qu’à l’Agence Cartel pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Les deux amis » de Louis Garrel.

« Il faut qu’on arrête de se voir. Je ne peux pas avoir quelqu’un pour l’instant. »

Clément, figurant de cinéma, est fou amoureux de Mona, vendeuse dans une sandwicherie de la gare du Nord. Mais Mona a un secret, qui la rend insaisissable.

Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul et meilleur ami, Abel, vient l’aider.

Ensemble, les deux amis se lancent dans la conquête de Mona.

« Je suis très libre. Ma vie est très compliquée. Je n’ai de place pour personne »

Petit-fils du comédien Maurice Garrel, fils du réalisateur Philippe Garrel, Louis Garrel est un enfant de la balle, bercé depuis son plus jeune âge à l’ombre du septième art. Il était presque naturel de le voir devenir acteur. Il s’est d’ailleurs construit en une dizaine d’années une jolie filmographie, très orientée vers le cinéma d’auteur (Bernardo Bertolucci, Christophe Honoré, Philippe Garrel, Valeria Bruni-Tedeschi...). Néanmoins, l’envie de passer à la réalisation le titillait depuis un moment. Ainsi, après deux courts-métrages (« Mes copains » en 2008 et « Petit tailleur » en 2010) et un moyen-métrage (« La règle de trois », lauréat du Prix Jean Vigo 2012), il signe avec « Les deux amis », adaptation contemporaine de la pièce « Les caprices de Marianne » d’Alfred de Musset, son premier long-métrage. L’occasion de retrouver son metteur en scène fétiche et complice, Christophe Honoré, qui cosigne le scénario du film.

« Quand tu veux pas qu’une porte se ferme, il faut mettre le pied dans la porte »

« Les deux amis », c’est avant tout l’histoire d’un triangle amoureux. De deux amis qui ont en commun de désirer la même femme. Un thème qu’on peut considérer comme un classique du Cinéma français (les souvenirs de chefs d’oeuvre comme « Jules et Jim » ou « César et Rosalie » ne sont pas bien loin) et que Louis Garrel avait déjà effleuré dans son précédent court-métrage « La règle de trois », porté par le même trio d’acteurs. Mais l’originalité du film repose sur le parti pris scénaristique de ne pas tant focaliser le récit sur les relations amoureuses de Mona mais bien de le recentrer sur la relation d’amitié qui unit Clément et Abel. Avec beaucoup de délicatesse et d’élégance (magnifique photographie), Garrel ausculte donc cette amitié ancienne mise à mal par la rencontre de Mona et la rivalité entre les deux amis. Avec en point d’orgue un magnifique face-à-face entre Garrel (qui pour le coup ne s’est pas donné le beau rôle) et Macaigne, dans lequel ce dernier déclare magnifiquement mettre fin à une amitié devenue ambigüe et toxique. Sur la forme, Garrel signe un film d’où transpire une certaine liberté, rappelant un peu les films de la Nouvelle Vague. Bien qu’ancré dans un réalisme social plutôt mélodramatique (il y est notamment question de prison, d’amitié finissante et d’amours impossibles) et dans des décors impersonnels (gares, prison, douches publiques, hôtel), le récit ose néanmoins quelques belles embardées humoristiques (la rencontre du veilleur de nuit de l’hôtel) et poétiques (l’oiseau offert en cadeau, la scène où le trio fait de la figuration sur le tournage d’une scène de barricade) qui insufflent au film une certaine légèreté ainsi qu’une tonalité singulière. D’autant plus que le réalisateur a la bonne idée d’éviter toute fioriture inutile en misant sur un format plutôt court (1h36). Porté par un trio de comédiens épatants de fraicheur, « Les deux amis » se révèle être au final une très belle surprise. Un film élégant, touchant et attachant.

 

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Le dvd : Le film est proposé en VF ainsi qu’en audiodescription. Côté bonus, outre la bande-annonce du film, une interview des trois comédiens principaux et de la productrice est proposée. Le vrai plus de cette édition repose sur la présence du court-métrage « La règle de trois », précédente réalisation de Louis Garrel.

Edité par Ad Vitam, « Les deux amis » est disponible en dvd dans les bacs à compter du 3 février 2016.

Le site Internet d’Ad Vitam est disponible ici. Sa page Facebook est ici.

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 20:30

Un grand merci à Diaphana Films ainsi qu'à l'agence Darkstar de m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Coup de chaud » de Raphaël Jacoulot.

« C’est plus possible. Pourquoi il ne respecte par les règles comme tout le monde ? Le jour où il fera une vraie connerie, il ne faudra pas se plaindre »

Au cœur d’un été caniculaire, dans un petit village à la tranquillité apparente, le quotidien des habitants est perturbé par Josef Bousou. Fils de ferrailleurs, semeur de troubles, il est désigné par les villageois comme étant la source principale de tous leurs maux jusqu’au jour où il est retrouvé sans vie dans la cour de la maison familiale…

« Non seulement il passe ses journées à ne rien foutre mais en plus il bousille le travail des autres. Pourquoi tu t’amuses à nous pourrir la vie comme ça ? »

On dit que la chaleur est propice à l’inertie. Au repos. Au calme. A l’économie de soi. Chez Raphaël Jacoulot, c’est l’inverse. La chaleur excite, exalte les (re)sentiments. Comme dans son précédent film « Avant l’aube » (2011), le réalisateur, ancien diplômé des Beaux-Arts section Peinture, s’appuie sur le décor et sur le climat pour créer une atmosphère particulièrement lourde qui participera grandement au récit qui influera sur les personnages. D’ailleurs, si « Coup de chaud » s’ouvre par un meurtre, ce n’est pas tant l’intrigue policière en tant que telle qui intéresse le réalisateur mais bien la façon dont la communauté villageoise et les individus qui la composent réagissent face à une série d’évènements et de problèmes. Il y a à l’évidence du Chabrol dans l’observation des membres de communauté provinciale. Du Clouzot aussi, dans cette thématique du bouc-émissaire et dans ce questionnement qui court tout au long du récit pour savoir qui est véritablement victime ou coupable entre celui qui provoque et ceux qui ne prennent jamais les mesures pour éviter le drame. Avec ses allures de western (la brute qui terrorise les villageois, la confrontation entre les deux propriétaires terriens, le maire qui ne parvient pas à faire respecter le calme et l’ordre), le réalisateur construit habilement un récit polycentrique, multipliant les personnages et les intrigues secondaires qui viennent nourrir un climat oppressant dont la tension monte crescendo jusqu’à un final inéluctablement dramatique. Parfaitement écrit (même si la fin pourra laisser perplexes quelques spectateurs), « Coup de chaud » bénéficie également d’une interprétation de très haut vol, à l’image de la performance de Karim Leklou, tantôt amical tantôt inquiétant. Les seconds rôles, Jean-Pierre Darroussin et Carole Franck, n’étant pas en reste. L’air de rien, Raphaël Jacoulot réalise là certainement l’un des meilleurs films noirs à portée sociale de ces dernières années. On attend son prochain film avec impatience!

 

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Le dvd : Le film est disponible en VF. Une piste en audio description ainsi que des sous-titres français optionnels sont également proposés. Côté bonus, une interview du réalisateur, deux making-of ainsi que des scènes coupées viennent compléter cette belle édition.

Edité par Diaphana, « Coup de chaud » est disponible en dvd à compter du 27 janvier 2016.

La page web de Diaphana est ici. Sa page Facebook est ici.

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 22:39

Un grand merci à Seven7 de m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Résistance » de Sergei Mokritsky.

« Je n’ai jamais tué un homme. Je n’ai tué que des fascistes »

En 1941, Hitler décide de s’emparer du port stratégique de Sébastopol.

L’aviation et l’artillerie allemandes vont pilonner sans relâche le dernier bastion de l’armée rouge.

Sous ce déluge de feu, une jeune femme russe va se révéler être une tireuse d’élite hors pair et semer la panique dans le camp allemand. Les combats vont être meurtriers.

Blessée par un éclat d’obus, elle va continuer à se battre sur le terrain diplomatique pour changer le cours de l’histoire.

« Elle était investie d’un talent indispensable à tout tueur d’élite : le don de ne pas se faire remarquer »

La seconde guerre mondiale a donné lieu à pléthore de films. Dont l’écrasante majorité a été produite par les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la France. Naturellement, ces films traitent essentiellement des batailles menées par les alliés occidentaux, chacun glorifiant la bravoure de ses hommes et leur sacrifice. De fait, rares ont été sur nos écrans les films traitant du front de l’est et des batailles en terres soviétiques. Alors même que c’est sur ces terres que cette guerre fut la plus meurtrière et la plus terrible. On se souvient bien sûr du « Le temps d’aimer et le temps de mourir » de Sirk. Des « Croix de fer » de Peckinpah. Ou plus récemment encore « Les insurgés » de Zwick. Mais le film le plus marquant dans ce domaine reste sans doute « Stalingrad » de Jean-Jacques Annaud qui rendait hommage à Vassili Zaïtsev et à travers lui à la bravoure des snipers soviétiques. Avec « Résistance », Sergei Mokritsky rend hommage à une autre héroïne de la lutte armée soviétique, en l’occurrence Lyudmila Pavlichenko, qui fut créditée de 309 victoires en tant que tireur d’élite.

« C’est tellement dommage que les gens ne voient pas la femme qui est en vous »

De prime abord, « Résistance » revêtait un intérêt cinématographie certain : celui de voir enfin un film russe traitant des batailles du front de l’est. Une partie pas forcément facile, puisque les batailles évoquées ici (Odessa et Sebastopol) se sont soldées par des défaites pour l’Armée Rouge. Sur la forme, le résultat s’avère satisfaisant. Sans être omniprésentes et hyper spectaculaires, les scènes de bataille sont correctes, sans jamais trop verser dans le réalisme gore, tandis que la reconstitution de l’époque demeure de bonne facture. Sur le fond en revanche, le résultat est plus compliqué. On sait en effet que la Russie est en proie à un nationalisme exacerbé qui se traduit souvent par la prise de libertés historiques. En la matière, on s’étonnera de cette vision de l’Ukraine soviétique des années 30 particulièrement insouciante et opulente, dans laquelle la suspicion, la peur et la famine (quid de la grande famine ukrainienne de 1933 ?) ne semblent pas exister. Il en va de même avec l’humanisme et la bienveillance qui semblent de mise, même au sein de l’Armée Rouge (qui sacrifia sciemment et sans scrupule des centaines de milliers d’hommes dans des batailles perdues d’avance). Alors bien sûr, quelques détails sont là pour nous rappeler le caractère autoritaire du régime de l’époque (le superviseur de la tournée américaine, le commissaire politique qui décide le retour immédiat de l’héroïne sur le front comme acte de propagande alors qu’elle est grièvement blessée, la petite fille qui interprète un violent appel au meurtre des allemands). A cette vision quelque peu édulcorée de la réalité historique, il faut ajouter le parti pris un peu discutable de donner une importance par moment prépondérante à la vie sentimentale de l’héroïne plutôt qu’au récit de guerre. Un équilibre scénaristique difficile, qui rapproche un peu « Résistance » d’un film comme le « Pearl Harbour » de Michael Bay. Au final, on se retrouve avec un film pas désagréable à regarder mais qui laisse quand même un peu le spectateur sur sa faim. Mokritsky réalise cependant un bel hommage à la bravoure de ces hommes et ces femmes qui se sont sacrifiés pour défendre leur pays. Et un joli portrait de femme.

 

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Le dvd : Le film est proposé en VF et VO. Des sous-titres optionnels français sont également disponibles. Côté bonus, un deuxième dvd contenant le documentaire « La 2e Guerre Mondiale » soit 2 heures d’archives sur le conflit le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.

Edité par Seven7, « Résistance » est disponible en dvd et en bluray. Le film sera disponible dans les bacs le 18 janvier 2016.

Le site internet de Seven7 est disponible ici. Sa page Facebook est ici.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 08:04

Un grand merci à Sony Pictures Entertainment ainsi qu’à l’agence Cartel pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le dvd du film « Sacré Graal ! » des Monty Python dans son édition collector « 40ème anniversaire ».

« Une égratignure ? Mais votre bras est par terre ! »

Le roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde se lancent à la conquête du Graal, chevauchant de fantômatiques montures dans un bruitage de noix de coco cognées. La petite troupe va devoir passer mille épreuves, dont un chevalier à trois têtes, des jouvencelles en chaleur, voire même un terrible lapin tueur.

« Je suis français ! Pourquoi croyez-vous que j’ai cet accent horrible, idiot de roi ? Partez tout de suite ou je recommence à me moquer de vous ! »

Le Londres des années 60 était certainement « the place to be ». Le centre d’une forme de révolution culturelle qui vit l’avènement du rock et de la culture pop. Ainsi, si le rock a eu les Beatles (puis les Stones), l’humour a eu les Monty Python. Une troupe de six comiques qui se sont rencontrés sur les bancs des prestigieuses et élitistes Harvard et Oxford et que rien ne semblaient prédestiner à la gaudriole. Pourtant, durant cinq ans (1969-1974), leur « Flying circus » imposera leur humour burlesque et absurde à la télévision anglaise. De quoi leur entrouvrir les portes du grand écran. Leur premier film, « La première folie des Monty Python » sort en 1971. Film à sketches sans véritable fil conducteur, ce dernier ne rencontre pas le succès escompté. Ils reviennent trois ans plus tard avec « Sacré Graal », film totalement fauché qui ne doit son existence qu’aux financements apportés par leurs amis rockers de Pink Floyd et Led Zeppelin. Plus abouti sur la forme, le film est un succès qui sera suivi par « La vie de Brian » en 1979 et « Le sens de la vie » en 1983.

« Votre ultime épreuve sera de couper ce gros arbre avec un hareng ! »

Il y a quelque chose de très novateur dans l’humour des Monty Python et de fait dans ce « Sacré Graal ». Une forme d’humour, un culot, un ton qui tranche avec ce qui se faisait jusque là au cinéma. Fini les comédies un peu « rigide » à la papa avec Bob Hope. Fini les grimaces un peu lourdingues de Jerry Lewis. Avec « Sacré Graal », les Monty Python imposent leur goût pour l’absurde, le non-sens et le décalage. A l’image de ce chevalier qui se bat à en perdre un à un tous ses membres. Ou du lapin tueur, démon sanguinaire qui décime furieusement l’équipée du Roi Arthur. Et que dire de ces chevaliers de la table ronde, qui galopent en mimant l’allure des chevaux qu’ils n’ont pas, deux demi noix de coco servant à imiter la sonorité des pas de leurs destriers ? Là encore, la créativité décomplexée des Monty Python leur a permis de tirer parfaitement profit de leur absence flagrante de moyens. Mais plus encore, il souffle sur leur film un vent de liberté. Une liberté de dire ce qu’on veut comme on le veut. Et même d’être transgressif (pour l’époque en tout cas) en se moquant délibérément et joyeusement de la religion et de l’Histoire, et notamment des mythes fondateurs de la nation anglaise qu’ils tournent ici en profonde dérision. Quarante ans après sa sortie, le film n’a pas pris une ride et demeure toujours aussi hilarant. Et semble marquer les jalons de tout un pan de cinéma comique à venir, des « ZAZ » à Mel Brooks en passant par Les Nuls.

 

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Le dvd : Le film est proposé en VO et en VF accompagnés de sous-titres optionnels en français et en anglais. Un dvd compose également cette très belle édition. Au programme de celui une flopée de suppléments pour la plupart inédits : Questions/réponses sur « Monty Python - Sacré Graal », Bêtisier et scènes en version longue présentées par Terry Jones, Animations perdues présentées par Terry Gilliam, Commentaires audio scintillants de Terry Gilliam & Terry Jones, avec en sus des commentaires toujours plus révélateurs de John Cleese, Eric Idle et Michail Palin, « En quête des lieux de tournage de Sacré Graal » avec Michael Palin & Terry Jones, Chevaliers Lego : Les Chevaliers de la Table ronde en LEGO, Version spéciale en japonais, Que faire de vos noix de coco (un film éducatif), « BBC Film Night » sur le tournage, 3 chansons à chantonner, Photothèque.

Edité par Sony Pictures Entertainment, l’édition 40ème anniversaire de « Sacrée Graal » est disponible en double dvd, bluray et bluray collector édition limitée « Coffret château fort et catapulte». Ces éditions sont disponibles dans les bacs depuis le 25 novembre 2015.

Le site de Sony Pictures Entertainement est disponible ici. Sa page Facebook est ici.

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 08:36

Un grand merci à TF1 Vidéo ainsi qu’à Thierry Videau Presse de m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le bluray du film « While we’re young » de Noah Baumbach.

« On a la liberté. Ce qu’on en fait importe peu. »

Josh et Cornelia Srebnick, la quarantaine, sont mariés et heureux en ménage. Ils n’ont pas réussi à avoir d’enfants mais s’en accommodent. Alors que Josh s’acharne sur le montage de son nouveau documentaire, il devient évident que l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il lui manque quelque chose… La rencontre de Jamie et Darby, un jeune couple aussi libre que spontané, apporte à Josh une bouffée d’oxygène et ouvre une porte vers le passé et la jeunesse qu’il aurait aimé avoir. Rapidement, Josh et Cornelia délaissent les amis de leur âge pour fréquenter ces jeunes cools, branchés et désinhibé. Josh avoue à Jamie qu’avant de le connaître, il n’éprouvait plus que nostalgie et désintérêt. Cette relation entre deux couples ayant vingt ans d’écart peut-elle apporter un autre souffle ?

« Quoi que tu en penses, tu n’es qu’un vieux avec un chapeau »

Noah Baumbach se lance dans la réalisation de ses premiers films dès le milieu des années 90. Mais ses trois premiers longs passent un peu inaperçus. Il disparait ainsi peu à peu du paysage cinématographique américain durant sept ans, avant de revenir comme co-scénariste de son ami Wes Anderson sur « La vie aquatique » et plus tard sur « Fantastic Mr Fox ». Un retour gagnant, qui lui permet de revenir sur le devant de la scène et de signer dès l’année suivante son retour à la réalisation avec « Les Berkman se séparent ». Trois films plus tard (« Margot at  the wedding », « Greenberg », « Frances Ha ! »), Baumbach s’est imposé comme l’une des figures de proue du cinéma indépendant américain, aux côtés notamment de Wes Anderson ou Todd Solondz. Pour la petite histoire, son nouveau film, « While we’re young », devait initialement être interprété par James Franco, Cate Blanchett, Jesse Eisenberg ou encore Greta Gerwig. Mais pour des raisons d’incompatibilité d’emplois du temps, ils ont finalement laissés place à Ben Stiller, Naomi Watts, Adam Driver et Amanda Seyfried.

« J’admire un tas de gens, j’ai des tas de projets. On veut tous des trucs. ça ne fait pas de nous des pourris ! »

Avec « While we’re young », Noah Baumbach s’intéresse au conflit des générations ainsi qu’au temps qui passe. Son scénario repose ainsi sur la rencontre de deux couples dont l’attirance puis la confrontation donne lieu à un effet de miroir. Celui-ci étant d’autant plus probant que, comme par hasard, les deux couples se ressemblent physiquement beaucoup, permettant une identification facile. Ainsi, le premier couple est composé de deux quadragénaires, englués dans la routine et en proie au premier bilan de leur vie qui fait ressortir leurs échecs respectifs (professionnel pour lui qui court en vain après une reconnaissance qui ne vient pas, personnel pour elle qui n’a pas pu avoir d’enfant). A l’inverse, le deuxième couple, composé de deux jeunes adultes dans la vingtaine, apparait insouciant, léger et spontané. De quoi susciter la nostalgie du premier couple, qui trouve auprès d’eux une nouvelle sensation de jeunesse ainsi que l’illusion de ne pas vieillir. Même s’il faut pour cela en passer par des délires insensés (la séance chamanique). Baumbach s’amuse de ce conflit des générations, ce besoin constant de tuer le père, en rappelant par l’intermédiaire du personnage campé par le revenant Charles Grodin qu’il s’agit là d’un rituel en perpétuel recommencement. A l’image des vieux objets (meubles, vinyles, VHS) jetés aux orties car considérés ringards par les uns et immédiatement récupérés comme vintage par la génération suivante. Mais le réalisateur rappelle aussi qu’il faut se méfier des apparences. Et qu’en la matière, la cool attitude affichée par la jeune génération n’a pas rendu jusqu’ici les relations humaines moins violentes pour autant. Bien au contraire. Il dresse d’ailleurs au passage un constat un peu amer quant à l’évolution de la société, l’idéalisme et l’utopie des années 70 ont ainsi laissé place à une forme de cynisme, mélange d’arrivisme et de cupidité qui ne laissent plus de place à l’éthique. Noah Baumbach signe donc une comédie douce-amère un peu vacharde, mais très bien sentie et surtout très bien écrite et formidablement portée par un impeccable quatuor d’acteurs.

 

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Le bluray : Le film est proposé en VF ainsi qu’en VO. Des sous-titres additionnels français sont également disponibles. Côté bonus, le film est accompagné d’un court making-of.

Edité par TF1 Vidéo, « While we’re young » est disponible en dvd et en bluray. Le film sera dans les bacs dès le 6 janvier 2015.

La page Facebook de TF1 Vidéo est ici.

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